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Maîtres de l’Asie, de l'Egypte, de l'Afrique, de l'Espagne, les Mahc nétans avaient envahi les Gaules, la victoire prodigieuse (1) de Charles Martel mit un terme à leur conquête et sauva l'Occident.
Lorsqu'on considère les causes de la propagation du Mahométisme, soit en Arabie, soit dans les pays conquis par les Musulmans, on ne voit rien que d’humain, de ma-
| tériel dans cette propagation. Il n’en est point ainsi de la * M diffusion de la doctrine chrétienne qui avait contre elle ses | | dogmes mystérieux, sa morale contrariant les penchants | fl Î
de
les plus enracinés de la société, et qui eut à lutter contre trois siècles d'horribles persécutions auxquelles elle n’opposa jamais la violence. Pascal a dit : ‘‘ Au lieu de conclure que puisque Mahomet a réussi, J.-C. a bien pu réussir, il faut dire que puisque Mahomet a réussi, le christianisme eût dû périr, s’il n’eût été soutenu par une force divine. ”
Au point de vue chrétien, ies succès du Mahométisme s'expliquent comme une punition des peuples,que les armes | des Arabes ont soumis. Les Perses, depuis plus de trois 4 siècles, avaient résisté aux efforts faits chez eux pour introduire le christianisme ; ils avaient horriblement persécuté gl cette religion ; ils devaient être chatiés comme Rome
payenne. Toutes les hérésies, tous les déchirements de
l'Eglise venaient de l'empire de Constantinople ; à mesure
que cet empire détachait les liens qui l’unissait à Rome,
il se voyait envahir par quelque conquête nouvelle des Sarrasins ou des Turcs. L'Afrique était la plaie de l’Eglise par ses dérèglements, ses divisions ; le schisme et l'hérésie y dominaient. L'Espagne offrait un épouvantable scandale par les mœurs des princes, du peuple et même du clergé—il lui fallait un châtiment exemplaire; mais comme la foi était demeurée intacte chez elle, elle ne périt pas entièrement : le catholicisme l'a sauvée, et augmentant graduellement de forces, elle a fini pa: chasser ses envahisseurs.
Rohrbacher, tome X, p. [., applique à la puissance mahométane la prédiction de Daniel concernant la corne qui s'élève parmi les dix autres qui devaient sortir de la tête de la quatrième bête.
À (1) Entre Tours et Poitiers 732.