II
mellement, afin d'empêcher de nouvelles querelles dans l'Eglise, et de ne pas ébranler un grand nombre d'Eutychiens, qui venaient de rentrer dans la foi catholique.
Le pape Jean IV, deuxième successeur d’Honorius, ayant appris que les Grecs se prévalaient de la lettre d'Honorius, fit faire une enquête sur la doctrine de ce pape. Le secrétaire d'Honorius, l'abbé Jean, déclara quel était le sens de cette lettre. D’autres témoignages permirent au pape Jean IV de déclarer dans une lettre à l’empereur, que la doctrine, qu'on prêtait à Honorius, avait été bien étrangère à sa pensée. Maxime, dans sa conférence avec Pyrrhus, justifia, d’après les informations qui lui étaient venues de Rome, la doctrine d'Honorius, et parla même du zèle de ce pape contre le Monothélisme.
Le pape Agathon écrivait en envoyant ses légats au 6e concile : ‘‘ dès l’époque où les évêques de Constantinople tentèrent d'introduire dans l'Eglise cette nouveauté hérétique, nos prédécesseurs, instruits par les doctrines du Seigneur, ne négligèrent jamais de les prier et de les conjurer d'abandonner cette erreur, du moins en se taisant.”
Tous ces témoignages prouvent qu'Honorius n'avait point erré. Mais il a été coupable, en voulant, par une prudence mal entendue, qu'on ne parlât ni d’une, ni de deux volontés en Jésus-Christ.
2. On peut dire de plus qu’il ne donnait pas un jugement doctrinal, puisqu'il ne définit rien: il dit positivement dans sa lettre qu'il ne veut pas qu'on dise qu'il ait défini une ou deux opérations. D'ailleurs sa lettre n’était adressée qu’à Sergius ; elle était à peine connue dans l'Occident. Elle n’est point une de ces déclarations solennelles, qui exposent un point de foi à l'Eglise Universelle.
3. Honorius a été condamné avec tous les sectateurs du Monothélisme, par le 6e concile général.
Bellarmin, Baronius, et plusieurs auteurs graves ont pensé que les Grecs avaient ajouté dans les actes le nom d'Honorius à celui des évêques condamnés. Cette opinion n'est pas très probable. Au reste la condamnation du concile s'explique. Les monothélites s’appuyaient avec force sur la lettre d'Honorius. Cette lettre avait été traduite en grec par eux, et il est à présumer qu'elle l'avait été avec quelque falsification. Ils citaient même une seconde lettre du pape, dont l'authenticité n’a jamais été démontrée.