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HÉRÉSIE DES ICONOCLASTES. HISTOIRE DE L'HÉRÉSIE

Léon L’Isaurien, principal auteur de cette hérésie, reçut sa haine contre les images des Juifs et des Musulmans. Un mouvement volcanique, qui se manifesta dans les îles de l’Archipel, lui fit voir que Dieu était irrité du culte des images. Il assembla le peuple et taxa ce culte d’idôlâtrie. Il trouva un adversaire zélé dans Germain, patriarche de Constantinople. Après plusieurs mauvais traitements, il le fit chasser du palais patriarchal à l’âge de 80 ans. Le peuple s'irrite, des femmes renversent un officier qui venait de monter sur une échelle pour abattre un crucifix dans le palais impérial,et elles le mettent en pièces. L'empereur les fait mourir. De savants bibliothécaires, combattaient la nouvelle hérésie. Léon les fait brûler avec la bibliothèque, qui contenait 30,000 volumes.

Le Pape St-Grégoire IT,auquel le patriarche de Constantinople en avait appelé, écrivit à l’empereur avec une grande fermeté, et lui assura que les peuples ne rendaient point aux images un culte idolâtre : il l'avertit que c'était aux évêques et non aux empereurs à juger des dogmes ecclésiastiques.

Léon, irrité, envoie deux fois des assassins pour tuer Grégoire. Ceux-ci sont découverts et punis, et l’Italie entière se soulève contre Léon, qui, exaspéré, se livre en

Orient aux plus violentes persécutions contre ceux qui résistent à ses desseins.

St-Jean Damascène, à la cour des Califes, défend admirablement le culte des saintes images. L'empereur trouve moyen de le rendre suspect au Calife. Constantin Copronyme, fils de Léon, marche sur les traces de son père. Il fait assembler à Constantinople un concile où plus de 300 évêques assistent. Ceux-ci, par crainte ou par complaisance, condamnent les saintes images, et malgré la proscription dont ce concile est l’objet de la part des catholiques, l'empereur le fit recevoir dans la plupart des églises d'Orient.

Comme les moines étaient les plus ardents défenseurs des images, Constantin leur déclara une persécution acharnée. Il fit défendre d’embrasser l’état monastique, fit sortir les religieux de leur monastère, voulut les forcer de se marier ; il les faisait marcher dans les rues avec des femmes à côté d'eux ; enfin il exerçait sur eux toutes sortes d’'outrages et de supplices. Leur sang coula à grands flots. Le plus célèbre des martyrs de cette persécution fut St Etienne d'Auxence. (Rohrbacher, tome XI, p. 136 et autres.)

Pendant tout le cours de son règne, Copronyme se livra aux excès qui rappellent les plus cruels tyrans. Il mourut d'une maladie terrible, qui lui fit dire en expirant : ‘Je suis livré vivant à un feu inextinguible.” (p. 100.)

Léon III renouvela les édits de ses prédécesseurs contre les images. Son règne fut court. Il laisse la couronne à son fils Constantin Porphyrogenète sous la tutelle d’Irène. Cette princesse était orthodoxe. Elle demande la convocation d’un concile. Le pape Adrien y consent. Il s'assemble à Nicée en 787 ; c’est le second de cette ville et le 7e œcuménique. Les Iconoclastes furent condamnés et la pratique de l'Eglise solennellement approuvée et justifice. Un siècle se passe avant que ce concile ne fut regardé comme général. Les évêques d'Occident, trompés par une fausse traduction de quelque passage des actes, ne reçurent pas ses décrets ; mais le pape Adrien les expliqua. La question s'étant éclaircie peu à peu, l'autorité du concile de Nicée s'établit généralement.

Vingt six ans après le concile de Nicée, Léon L'Arménien renouvelle l’hérésie des fconoclastes. Cette violente réaction dure depuis 814 jusqu’en 842 sous Léon,

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Michel le Bègue et Théophile. Sous celui-ci il y eut une persécution déclarée contre les orthodoxes. Nicéphore, patriarche de Constantinople, et St Théodose Studite furent de savants et vigoureux défenseurs de l'Eglise ; ils furent l’un et l’autre l'objet de cruelles vexations.

Après la mort de Théophile, sa femme Théodora prend les rênes de l'empire et met fin à l’hérésie. Elle rappelle de l'exil les confesseurs de la foi, et fait anathématiser les Iconoclastes par un concile rassemblé à Constantinople. Depuis cette époque les images ont été honorées dans l’église grecque comme dans l’église latine. — (Voyez Jager : Université catholique, tome XVI, p.280.)

2°.—ÏIMPORTANCE DE L'HÉRÉSIE.

1°. Les Iconoclastes regardaient le culte des images comme une idolâtrie. Il importait grandement à l'Eglise de faire voir qu’une pratique, à laquelle elle se livrait depuis plusieurs siècles, n'était pas digne d’une si odieuse qualification.

2°. Le culte des images n'est autre chose que l'application aux objets sacrés d’un sentiment naturel à l’homme pour tous les objets de son affection et de son respect. Les images excitent à chaque instant le souvenir de ce qu'il y a de plus sacré dans la religion, et portent vivement à la piété. Cet effet est produit chez tous les hommes, même les plus éclairés : mais il est pour le peuple un des plus puissants moyens qui animent et entretiennent sa dévotion. Les images, tableaux, sculptures, etc, sont d’ailleurs des monuments qui, de siècle en siècle, propagent la tradition des dogmes chrétiens, et rendent témoignage de la foi des peuples. Or l'Eglise ne peut renoncer à tous ces avantages du culte des images saintes.

3°: L'hérésie des Iconoclastes était la guerre contre l'art. Le concile assemblé par Copronyme disait : la peinture est un art admirable et impie, un art défendu par le ciel, une invention d’esprit diabolique, qui doit être exterminé de l'Eglise. Aussi le débat s'engagea-t-il sur la nature même de l’art, et donna lieu à de hautes considérations sur ce sujet. La discussion fait honneur aux connaissances et au goût des écrivains catholiques.

L'Eglise, dans cette question,sauva l’art. C’est à l’en-

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couragement qu'elle lui a toujours donné que sont dues les plus belles œuvres qu'il ait produites.

La discussion de l’hérésie des Iconoclastes, à part son intérêt religieux, est la plus solennelle, qui ait eu lieu sur les avantages de l’art pour l’homme et la société.

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