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eux, c'est dans leur ville, c’est par des hommes tirés du milieu d’eux, les cardinaux, les membres des congrégations sacrées, les légats et nonces apostoliques, que se gouverne l'univers catholique.—C'est ainsi que Rome est toujours l'émperium sine fine. Les romains sont toujours comme les appelait leur poëte les maîtres des choses. ÆRomanos rerum dominos. — Avec le pape le peuple romain est toujours le peuple roi, et Rome la reine encore du monde.
Les institutions politiques peuvent, comme ce qui vient de se passer le démontre, se modifier dans un sens plus favorable à la liberté ; mais sices modifications ne laissent pas au gouvernement un caractère démocratique ou constitutionnel, les avantages douteux attachés à ces dernières formes pour un peuple du caractère du peuple romain, balanceraient-ils tout ce que Rome gagne de gloire, de richesse, de puissance et de bonheur réel avec le Souverain Pontife. — Otez à Rome son pape, mettez à la place un grand duc ou un président, ce peuple perdra à ses propres yeux et aux yeux des étrangers toute grandeur, tout respect : dès lors il n’y aura plus de peuple romain. Rome deviendra ce qu'est devenue Athènes.
Si l’on croit le pape le vicaire de J.-C., ne peut-on pas espérer qu'il gouvernera sagement l’Etat.-—-Quelle garantie de justice, de bon gouvernement supérieure à celle-là.
Les droits civils et politiques ne sont pas tout; ne peut-il pas exister une ville de paix, de piété, de sciences, dégagée des luttes de l’ambition : Rome est cette cité, figure de la cité de Dieu. (Voir La destinée providentielle de Rome, Æevue Canadienne, tom. I)