‹ Histoire artistique du métalChapitre 34 sur 120 · LIE · texte numérisé non relu

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avant lui l'avaient employé déjà pour essayer leurs nielles. Tout ce qu'on peut dire, c'est que la plus ancienne empreinte de Florence est celle de la paix de Finiguerra, dont il y a une épreuve à la Bibliothèque nationale de la rue de Richelieu. Ce monument rarissime était resté longtemps ignoré dans nos collections, et ce fut seulement en 1797 que l'abbé Zani en fit la découverte parmi des estampes non cataloguées. Quoique le nom de Finiguerra doive surtout à cette gravure la célébrité qui s'est attachée à lui, il avait en son temps une grande réputation comme orfèvre et il eut occasion de déployer son talent dans plusieurs églises d'Italie, qui lui demandèrent des candélabres et divers objets pour le service du culte.

La plupart des orfèvres faisaient de la peinture en même temps que de la sculpture et c'est chez eux que se sont formés la plupart des maîtres de l'école florentine, qui s'habituaient ainsi dès l'enfance à ne pas restreindre leur activité artistique à une

spécialité. C'est ainsi que Ghirlandajo, avant de se faire connaître par ses fresques, avait fabriqué des lampes d'argent dans l'atelier de son père; il en est de même de Francia, qui était déjà célèbre comme orfèvre à l'époque où il commença à se rendre illustre par ses tableaux.

La gravure en médailles, dont nous n'avons pas encore parlé, eut une grande importance dans le mouvement de la Renaissance italienne. Au xve siècle, le goût pour l'antiquité était très répandu en Italie. Les grands seigneurs, qui étaient tous lettrés, tenaient à honneur de se connaître en médailles et d'en posséder une collection. Ce goût fut même si prononcé que, la spéculation s'en mêlant, plusieurs artistes d'une grande habileté se mirent à imiter ces médailles, et les vendaient à des marchands qui les faisaient passer pour des originaux afin d'en augmenter la valeur. Ces artistes n'étaient peut-être pas tous des faussaires et un grand nombre d'entre eux pouvaient n'avoir en vue qu'un exercice, mais le résultat était le même pour les marchands, et les imitations qui depuis cette époque ont circulé dans le commerce étaient quelquefois si parfaites, que les plus fins connaisseurs s'y trompent encore souvent de nos jours. Les

numismates appellent Padouans les fausses médailles qui ont un mérite suffisant pour tromper les connaisseurs. Ce nom vient d'un artiste de Padoue, qui montra une prodigieuse habileté dans ce genre de plagiat, mais comme la réputation qu'il s'est acquise a donné de la valeur à ses ouvrages, on lui en attribue aujourd'hui beaucoup plus qu'il n'a pu en faire réellement.

En même temps qu'ils faisaient de fausses médailles grecques et romaines, pour le plus grand bonheur des antiquaires, les graveurs italiens reproduisaient sur les médailles contemporaines les traits de tous les personnages illustres de leur temps. Ces portraits, d'une individualité frappante, fournissent des documents précieux pour l'histoire, en même temps qu'ils sont des œuvres d'art très recherchées des amateurs. Un fait qu'il est bon de noter en passant, c'est que les villes de l'Italie méridionale et de la Sicile, qui, dans l'antiquité avaient produit tant de chefsd'œuvre, ont été au contraire d'une stérilité absolue pendant le moyen âge et la Renaissance. C'est dans les villes de l'Italie septentrionale, Pise, Sienne, Florence, Padoue, Mantoue, Vérone, etc., que s'est développé le grand mouvement artistique, qui de l'Italie devait rayonner sur l'Europe.

LE METAL PENDANT LE MOYEN AGE

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