ARMERIA REALE DE TURIN
partie. Un capuchon, composé à peu près de la même manière, préservait la tête et le cou en retombant sur les épaules, et un système analogue fut également appliqué aux jambes. De véritables mailles serrées se substituèrent peu à peu aux anneaux des premiers temps, auxquels on trouvait l'inconvénient de laisser trop d'espace exposé aux coups de l'ennemi.
Ce genre d'armement arriva à son apogée à l'époque de la bataille de Bouvines (12 14). Seulement comme à cette époque les armes défensives devinrent beaucoup plus pesantes, la cotte de mailles, qui garantissait assez bien de la pointe, ne préservait nullement de la violence du choc. On voulut tenter d'y parer à l'aide de coussins rembourrés, de doublures mate-
PARTIEj~ANTÉRIEURE DU CAPARAÇON DU CHEVAL DE CHRISTIAN II. (MUSÉE HISTORIQUE DE DRESDE.)
LE MÉTAL DANS LES TEMPS MODERNES
lassées qu'on plaçait sous la cotte de mailles, mais la chaleur qui en re'sultait pour l'homme d'armes était littéralement insupportable. On reconnut bientôt que le choc qu'on fait subir à une plaque métallique est réparti sur sa superficie, et les armures formées de plaques furent jugées préférables aux anneaux et aux mailles de fer. La cotte de mailles se raccourcit beaucoup dès le
commencement du xivc siècle; quand on arrive au xve, elle a complètement disparu, et l'armure couvre du haut en bas l'homme d'armes qu'elle est chargée de protéger.
Au xve siècle l'armure est complète ; voici quelles sont les pièces qui la composent :
i° La cuirasse, en deux pièces formant boîte ;
PLAQUES LATÉRALES DE L'ARMURE DU CHEVAL DE CHRISTIAN II. (MUSÉE HISTORIQUE DE DRESDE.)
2° Les épaulières, qui relient le brassard à la cuirasse ; 3° Les bras ou brassards;
40 Les coudières avec les gardes^ qui couvrent la saignée ; 5° Les avant-bras;
6° Les faudes avec leurs gardes, c'est-à-dire les pièces tombantes;
7° Le haubergeon sous la cuirasse et qui paraît sur le basventre ainsi que le post-tergum ; 8° Les cuissots ou cuissards ; 9° Les genouillères ;
io° Les grevières, destinées à garantir les jambes ; 1 1 0 Les souliers ou solerets en lames articulées ; 12° Le gantelet, composé de lames de fer cousues sur un gant de buffle.
C'est donc un total de douze pièces qui composait l'armure sous Charles VII; il est bon de noter que le gantelet était alors d'invention récente. La main était restée jusque-là sans autre abri que le gant de peau.
L'ornementation allemande est souvent un peu lourde : ainsi les célèbres armures qu'on fabriquait à Nuremberg pendant les