RAMPE D'ESCALIER EN FER FORGÉ, PAR JEAN LA M OU R
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LE MÉTAL DANS LES TEMPS MODERNES
Une tentative de re'surrection a eu lieu depuis quelques anne'es. Les belles grilles du parc de Monceaux ont montré que la serrurerie française n'avait pas perdu les traditions du passe'. Enfin, à nos dernières expositions, on a vu par les ouvrages de MM. Huby, Moreau et Baudry, que, si la serru-
rerie architecturale n'a pas encore toute l'importance qu'on voudrait lui voir, ce n'est pas à nos artisans du métal qu'il faut s'en prendre, mais seulement aux architectes, qui ne semblent pas comprendre assez toute l'importance de cet élément de décoration.
LES BRONZES
« Tout le monde sait, disait M. Guillaume, dans une conférence faite à l'Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l'Industrie, que l'on range sous la dénomination très générale de bronzes une nombreuse série d'alliages dans lesquels le cuivre, dominant dans une proportion très forte, se trouve uni, soit à de l'étain, soit à du zinc, ceux-ci étant purs ou mêlés avec du plomb, soit avec tous ces métaux diversement associés. Il y a aussi des bronzes qui contiennent de l'argent ou de l'antimoine, et quelques-uns dans lesquels on rencontre des traces de fer. Les combinaisons qui peuvent résulter du mélange de ces différents éléments sont nombreuses. Quelles qu'elles soient, leur densité est supérieure à celle du cuivre ; elles sont plus dures et plus tenaces que lui, et cependant plus fusibles; elles coulent mieux aussi lorsqu'elles sont en fusion. Refroidies, elles offrent plus de résistance aux agents extérieurs et leur grain serré les rend susceptibles de recevoir par la main-d'œuvre un fini plus parfait.
« La composition du bronze a une grande importance, car des rapports que l'on établit entre ses parties constitutives résultent les qualités essentielles qu'il doit posséder : ce sont avant tout la fluidité, la ductilité, la résistance.
« Il faut, en effet, que le métal liquéfié pénètre activement dans toutes les parties du moule, en épouse tous les replis; il faut qu'il reçoive sans se briser le travail du marteau, sans se déchirer celui du ciseau ou du burin, sans s'érailler ou s'empâter celui de la lime; il doit avoir la ténacité qui, tout en assurant la solidité des ouvrages, permet à l'artiste de leur donner le caractère et l'effet que la matière comporte; déplus il est nécessaire que la fonte ait naturellement une belle couleur, car on peut vouloir conserver celle-ci; il faut, en tout cas, qu'elle puisse bien prendre la patine.
« La couleur naturelle offre à mon sens un grand intérêt. On n'en tient pas tout le compte qu'il faudrait ; elle peut seconder les vues de l'artiste; il est possible de la fixer. D'un autre côté, la coloration que le bronze contracte par une légère oxydation de la surface, et qui est la patine, cette coloration tient aussi dans la sculpture en bronze une place importante. On arrive artificiellement à donner des teintes qui, bien que factices, sont solides, et on peut par là introduire dans une œuvre une variété que l'art ne répudie point. Mais suivant que la patine, qui est l'effet du temps, se produit avec une couleur légère ou pesante, suivant qu'elle a l'apparence d'un émail brillant ou d'un sédiment terreux, elle devient pour le métal une marque de noblesse ou un signe d'infériorité. Aussi, pour tous ces motifs, s'est-on beaucoup occupé de rechercher et de déterminer les proportions de l'alliage. »
L'antiquité nous a laissé quelques bronzes admirables, aussi bien sous le rapport de l'exécution technique que sous celui
de la conception sculpturale. Il nous suffira de rappeler la belle figure d'Hermès ou Mercure, conservée au musée de Naples. Dans les villes anciennes les ouvrages en bronze étaient beaucoup plus communs que ceux en marbre. Mais comme le bronze est facile a fondre quand on veut l'employer pour d'autres usages, la destruction a été systématique et universelle, tandis que les statues en marbre, ne représentant rien comme valeur intrinsèque, étaient négligées par les pillards. Nous devons à cela d'en avoir conservé un assez grand nombre en marbre, tandis que les ouvrages en bronze sont partout assez rares. Pour les bronzes antiques, le musée de Naples est de beaucoup le plus riche de l'Europe et il le doit aux villes de Pompei et Herculanum, qui, ayant été détruites avant les invasions barbares et ayant ainsi échappé au moyen âge, ont été retrouvées à peu près intactes. Le musée du Louvre, si riche en monuments de marbre, n'a qu'une salle consacrée aux bronzes de l'antiquité. Elle contient une curieuse série d'ustensiles étrusques et romains, parmi lesquels on remarque quelques belles cistes, une collection assez complète d'armes et de candélabres, des chaudrons, des vases de tous genres et de toutes formes, des coupes dont plusieurs sont d'une belle conservation, et quelques objets d'un caractère plus spécial, par exemple les strigiles dont se servaient les athlètes pour se gratter la peau encore tout imprégnée d'huile et de sable, et qui plus tard sont devenus d'un usage général dans les bains publics. Parmi les statuettes, il faut signaler, outre les images des divinités dont quelques-unes sont fort belles, quelques figurines d'acteurs et de mimes, des acrobates faisant divers tours, des masques tragiques ou comiques, des figures grotesques, des figures de gladiateurs et d'auriges, et d'autres personnages du même genre, qui rappellent la passion des anciens pour les spectacles.
Nous avons déjà parlé plus haut des bustes antiques en bronze, mais nous avons omis de signaler à l'attention du lecteur la manière particulière dont les anciens traitaient souvent les cheveux et la barbe, et qui ne semble pas avoir été adoptée par nos statuaires modernes.
« Il n'est pas à ma connaissance, dit M. Guillaume, que l'on ait jamais imité, même de loin, le beau buste de Bacchus, dit le Platon, de Naples, qui offre cet exemple si digne de remarque que les mèches de cheveux et de la barbe sont terminées par des fils de métal roulé qui ont la mobilité et la légèreté des boucles naturelles. Même observation pour la tête de Vespasien qui est au Louvre, et qui porte une couronne dont les feuilles ont été rapportées une à une, ce qui donne à l'image une singulière ampleur. »
Le moyen âge, qui nous a laissé dans l'orfèvrerie de si admirables modèles, est resté en arrière pour les grands ouvrages
LES BRONZES
en bronze, et le xve siècle italien a e'té, à ce point de vue, une véritable résurrection. Florence, indépendamment de ses merveilleuses collections, peut être considérée comme un immense
musée, par le nombre et la qualité des ouvrages en bronze qui décorent ses places publiques et la façade de ses édifices. Sous les arcades du portique appelé la Loggia dé Lan^i on voit