‹ Histoire authentique de la Commune de Paris en 1871; ses origines, son règne, sa chuteChapitre 5 sur 40 · C. Dupont, Vnrlin, Boursier, Mortier, Gouhicr, La · texte numérisé non relu

C. Dupont, Vnrlin, Boursier, Mortier, Gouhicr, La

valette,Fr. lourde, Rousseau, C h. Lullier.Blancbet,

J. Grollard, Barroud, H. Geresme, Fabre, Pou-

geret.

Quels étaient ces hommes? c'est ce que chacun se demandait; comme les « hommes noirs » du poëte Béranger, ces hommes rouges sortaient de dessous terre. Deux noms seulement dans le nombre rappelaient quelques souvenirs : c'étaient celui d'Assi, le célèbre agitateur du Creuzot, bien connu pour appartenir à Tlnternationale, et de Charles Lullier, cet officier de marine vicieux et déclassé, qui s'était fait arrêter plusieurs fois pour ses excentricités démagogiques.

Comme complément de ces communications du gouvernement qui venait de s'imposer à la ville de Paris et comptait bien s'imposer à la France, on aflicha dans la journée une sorte de manifeste dont Pen-tête portait : « Fédération républicaine de la garde nationale, organe du Comité central. » Ce manifeste fort adroitement composé^ et qui fut reproduit dès le lendemain par le Journal officiel accaparé par l'autorité nouvelle siégeant à PHoIel de Ville, allait au-devant du reproche d'obscurité

1 Voir le n° 2 des Notes et Pièces justificatives*

fait aux noms dos signataires des proclamalions que nous venons de mentionner. On y disait : « Un des plus grands sujets de colère des honnêtes gens qui ont accepté légèrement des calomnies dignes seulement de ceux qui les avaient lancées, est l'obscurité de nos noms. Hélas! bien des noms étaient connus, très-connus, et cette notoriété nous a été bien fatale ! »

Ce manifeste se terminait très-habilement de la sorte : « Nous, chargés d'un mandat qui faisait poser sur nos têtes une terrible responsabilité, nous l'avons accompli sans hésitation, sans peur, et dos que nous voici arrivés au but, nous disons au peuple qui nous a assez estimés pour écouter nos avis qui ont souvent froissé son impatience : Voici le mandat que tu nous as confié. Lh où notre intérêt personnel commencerait, notre devoir finit. Fais ta volonté, mon maître, tu t'es fait libre. Obscurs il y a quelques jours, nous allons rentrer obscurs dans tes rangs, et montrer aux gouvernants que l'on peut descendre la tête haute les marches de ton Hôtel de Ville, avec la certitude de trouver en bas l'étreinte de ta loyale et robuste main. » Assurément ce langage n'était pas vulgaire; il attira assez vivement l'attention du public. Le Comité central et la Commune n'ont pas

toujours été aussi heureux dans leurs publications.

En présence de ces actes, de la hardiesse et de la facilité avec lesquelles le pouvoir révolutionnaire envahissait en quel([ue sorte la ville entière, le gouvernement séant à l'Ecole Militaire prit une sage détermination. In seule, du reste, qu'il pût convenablement adopter en cette occurrence : il fit sortir de Paris toutes les troupes qu'il avait encore sous la main et prit lui-même le chemin de Versailles. M. Thiers quitta Paris le dernier.

Il fallait cependant annoncer a la province, épouvantée de la gravité des événements, que le gouvernement légal, issu du suffrage universel, avait cru devoir quitter la capitale. Le chef du pouvoir exécutif le fit en ces termes, dans une communication officiellement adressée aux autorités départementales :

c( Le gouvernement tout entier est réuni à Versailles; l'Assemblée s'y réunit également. L'armée, au nombre de 40,000 hommes, s'y est concentrée en bon ordre, sous le commandement du général Vinoy. Toutes les autorités, tous les chefs de l'armée, y sont arrivés. Les autorités civiles et militaires n'exécuteront d'autres ordres que ceux du gouvernement légal résidant à Versailles, sous

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peine d'être considérés en élat de forfaiture. Les membres de l'Assemblée nationale ?onL invilés à accélérer leur retour, pour être tous présents à la séance du 20 mars. La présente dépêclie sera livrée h la connaissance du public. »

« Messieurs, dit M. Grévy, président de l'Assemblée, en s'adressant aux députés, chez lesquels se manifestait la volonté énergique , absolue, de mainlenirintact le principe de la souveraineté nationale, messieurs, il semblait que les malheurs de la patrie étaient épuisés. Il n'en est rien. Une criminelle insurrection aggrave encore notre situation, déjà si terrible. Un gouvernement factieux s'est installé à l'Hôtel de Ville. Que la France reste calme, rangée autour de ses élus. Quoi qu'on fasse celte fois, la force restera au droit, et l'Assemblée saura se faire respecter. »

La force est restée au droit, en effet, mais après quelle lutte et quels efforts!

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