‹ Histoire buissonnièresChapitre 7 sur 21 · LA SYMPHONIE DU MARCHÉ · texte numérisé non relu

LA SYMPHONIE DU MARCHÉ

A mon ami Jacques Offenbach.

Quelle jouissance plus douce que le réveil par un beau matin, — après une nuit de bon sommeil passée en une confortable chaise de poste, — dans une petite ville pour vous nouvelle et par un grand jour de marché!

Le brouhaha des voix et le sage ralentisse-

62 HISTOIRES BUISSONNIERES.

ment de ]a voiture par les cahots sur le pavé citadin ont d^abord entr'ouvert vos yeux : Torchestre commence à prendre Paccord. La prudence du postillon s'avance pas à pas par la foule des paysannes et des ménagères, ouvrant doucement le flot sonore des blanches cornettes et des madras de toutes couleurs. A vos oreilles se croisent, distinctes ou vagues, les interjections en patois divers, et à travers le bruissement confus et la résultante harmonique des voix humaines et des voix des choses, charriages, déchargements, entassements, — v^ous percevez au loin, dans sa métallique clarté, Pallocution mystérieuse pour vous seul de la sonnette du Municipe.

Votre doigt a déjà lâché la détente des stores qui vous tamisaient en une buée rose la

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