‹ Histoire chimique et naturelle du lupulinChapitre 3 sur 7 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

La matière contenue dans le grain de Lupuiin présente une composition très-complexe; les principes qui la constituent peuvent se classer en deux groupes.

Les uns, en effet, sont volatils et s’obtiennent par la distillation avec l’eau; les autres sont fixes, ou du moins, non volatils avec la vapeur aqueuse.

Le produit de la distillation se compose d’une eau franchement acide au papier de tournesol, et sur laquelle nage une huile essentielle colorée quelquefois en un très-beau vert.

Il n’est pas inutile, je crois, de consigner de suite une observation qui m’a frappé tout d’abord, observation qui trouvera, du reste, son explication plus loin; c’est que, le rapport entre la quantité d’huile essentielle et l’acide de la liqueur distillée varie suivant les qualités du Lupuiin mis en opération. Le, Lupuiin, aussi frais que possible, fournit toujours une liqueur peu acide et une plus grande quantité d’huile essentielle que le Lupuiin plus ancien, lequel donne, au contraire, plus d’acide et moins d’huile essentielle; celle-ci est alors plus épaisse et plus résineuse que la précédente.

Ainsi, la quantité d’huile essentielle que j’ai obtenue avec des Lupulins de dates différentes a varié depuis 1 pour 100 jusqu’à 0,61, c’est-à-dire près de moitié.

Acide volatil du Lupulin-

Si après avoir séparé L’huile essentielle du liquide acide obtenu , comme je l’ai dit, par la distillation du Lupulin avec l’eau, on sature ce liquide avec du carbonate de soude et qu’on l’évapore à siccité, il laisse pour résidu une masse de nature savonneuse, se liquéfiant par la chaleur et devenant très-solide par le refroidissement ; se laissant difficilement pénétrer par l’eau , mais finissant par s’y dissoudre complètement ; se comportant enfin comme les combinaisons d’acide gras avec les alcalis.

Cette masse dissoute dans une petite quantité d’eau, puis traitée par l’acide sulfurique étendu de son poids d’eau ou l’acide phosphorique sirupeux, donne du sulfate ou du phosphate de soude, qui reste en solution dans la liqueur aqueuse, à la surface de laquelle vient nager un liquide brun huileux répandant l’odeur piquante et désagréable des acide butyrique et valérianique.

Soumis à la distillation, ce liquide entre en ébullition vers+130°; la température s’élève successivement jusque vers j 175°, où elle reste stationnaire pendant quelque temps; puis elle finit par s’élever à -j-180° -j- 200 °.

Il est facile d’obtenir par plusieurs rectifications successives un produit bouillant vers 175° et distillant sans altération vers cette température ; les premières portions entraînent 1 eau en excès que l'on peut séparer ainsi assez facilement.

Cet acide, obtenu à l’état de pureté, est un liquide légèrement oléagineux, très-fluide, incolore, d’une odeur forte et persistante d’acide valérianique; sa saveur est acide et piquante; il produit une tache blanche sur la langue, à la manière des acides gras énergiques; il ne se solidifie pas par un froid de —16°, et reste même parfaitement limpide; il brûle facilement avec une flamme fuligineuse.

La densité de cet acide a été trouvée à -j- 15° 0,9403.

i° o, 9 4oî — Poids de l'eau io, 5 ao — Poids de l'acide 9,891 2 » o, 9 4o5 — 9>779 5 — 9,198

Cette densité se rapporte avec celle de l’acide valérianique qui a été trouvée de 0,937 à 4- 16°,5.

La combustion par l’oxyde de cuivre a donné pour le charbon et l’hydrogène les nombres suivants :

N» ». Matière o,3a85 — CO 3 =c 0,700 — HO = 0,293

N» a. — o,45i - CO 3 = 0,969 — HO = o,4o35

N a i. N» ï. Moyenne.

Ces nombres se rapportant parfaitement avec la formule de l’acide valérianique hydraté C 10 H 10 O* qui donne par le calcul

Cet acide ajouté à une dissolution d’acétate de cuivre, se comporte comme l’acide valérianique, il forme à l’instant même un précipité d’un sel vert de cuivre insoluble dans le véhicule ( 1 ). Ce précipité lavé à l’eau puis repris par l’alcool bouillant laisse déposer un sel d’un très-beau vert.

Ce sel séché pendant quinze jours sur l’acide sulfurique n’a rien perdu de son poids. Il a fourni à l’analyse les nombres suivants : 0B r » ra -,571 de sel ont donné à la calcination 0,169 de CuO,

d’où CuO = 39,599 »/„. '

Dosage du charbon et de l’hydrogène.

Sel employé 08 ram ,673.

CO* = 1,110 d’où C = 0,30-169 ou .44,97 °l°

HO = 0,416 — H = 0,04621 ou 6,867 "/»

Le calcul pour le valérianate de cuivre d C 10 H e O 3 C u O donne :

CuO = 30,07 °/» — C = 45, >9 — H 6,767.

(1) C’est un des caractères que M. Larocque, ancien préparateur de chimie à l’École de pharmacie, a donné pour distinguer les acides valérianique et butyrique.

On voit que dans cette analyse le dosage de l’oxyde de cuivre est légèrement inférieur à celui que donne la formule ; cela tient à ce que la calcination est assez difficile à opérer sans perte, parce que ce sel se décompose avec une espèce de fulguration qui fait perdre une certaine quantité d’oxyde que l’on voit parfaitement entraîné avec les vapeurs. On ne peut remédier à cet inconvénient qu’en humectant le sel avec un peu d’acide nitrique avant la calcination.

Sel d’argent.

Ce sel a été obtenu par précipitation d’une dissolution d’acide saturé par l’ammoniaque. Après complète dessiccation sur l’acide sulfurique il a donné à l’analyse les nombres suivants :

Dosage de l’argent Os ram >523 de sel Ag obtenu =0,271 d’ou 51,81*/,.

Dosage du charbon et de l’hydrogène.

N» i Sel employé 0,847 CO 1 = o,885 d’ou C = 0,241339 ou 28,493°/ 0 HO =o,334 — H = 0,037107— 4,38i —

N» ..0,949 CO* = 0,993 - C —0,27079 - a8,53-

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