HIstoire Chromologiue Des Voyages
Départ d^Elseneur. — 3ïunk bouleverse ioùté ta géçgraphie de la haie. d^Hid^ èon, iJes maladies attaquent l equi*^
-^Munh survit avec dptx auU^ seulet ' ment* — tU ramènent en Dane^rck Ig
Les découvertes d'Hudson et de Baffin ti-t
ter^lents eoidmfefî do Groënland ^ perduetdepuis tant de siècles > firent peut-élre aussi loive à lean . jeoit Vespoir de tr«uveir dani cette diréiction le passage m lon<^ - temps cherché vers les Indes. En conséquence , Chnsliaa lY fit équiper^ en 1619 , deux .taisieaiix pour nd vojage de décowejeUba, et en donoa le eoôimaDdenient à an maria expérimenté nommé Jean Munk. Il paraît ^oe l'équipage était en grande partie composé de ^telots anglais qui avaient sans doute déjà fait ce voyage , soit dans une expédition dej4écouyerles, soit pour la pèche des baleines.
. '* Vonk quitta Elsenewr ie 18 niai; le 30 juin, il doubla le cap Farewell, et s'efforça de remonter le détroit de Davis , dans Tinlentitm » à ce qul^rah, de suivre la même route que Baffin ëtBjlot ; mats ses bfttimens étaient si fréquemment arrêtés par la glace, qn'U revint le long de la côte occidentale da ' détroit jusqu'à son extrémité méridionale* Il traversa le détroit d'iludson, dont il trouva à propos de changer le nom en celui de détroit de Christian* {fretum (AnsHaniy^
la partie seplcntrionale de ce qu^on appelle Jâ baie d'Hudson, recul le nom de Mai^ Christianeumj et Munk, ou ledileur de son voyage, a joint à la relation de son voyage une carte dans Jaquelle tonte la géographie delà mer d'Hudson et de ses îles est bouleversée. Il vit la côte de l'Amérique par 65« 20' ; la grande quantité déglaces qu'il y rencontra le força, le 7 seplenibre , de chercher un abri dans une ouverture entre les terres ; il l'appela le Havre d'hiver de Munk y et donna au pays environnant le nom de Nouveau - Danemarck, Ce havre doit être celui qu'on a nommé depuis Chesterfield,
^L'année étant très-avancée, et Munk fie voyant pas d'apparence de pouvoir traverser la mer et le détroit d'Hudson , prit d'abord la précaution de construire des cabanes pour son équipage , et reconnut ensuite les terres voisines , qui heureusement lui fournirent une grande quantité de gibier, tel qu'ours blancs, renards noirs, lièvres, perdrix et autres oiseaux. Lé 27 nov. , il vit dans le ciel trois soleils distincts , et deuj: aulre^
également distincts le 24 janvier 1620. Lé iS décembre, il y avait ed une éclipse de lune, et, la nuit, cet astre fut environné d'un cercle transparent et traversé par une croix qui le divisait en quartiers. Ce phénomène l'ut regardé comme le présage des malheurs qui accablèrent bientôt Téquipage.
L'hiver avait commencé avec une telle rigueur que le vin, Teau-de-vie et la bière étaien t en lièremen t gelés, et que les tonneaux crevaient par l'excès du froid. Le scorbut commença à se manifester à bord des deux bâtimens, dont l'un avait quarante - huit hommes d'équipage , et l'autre seize (1). Le printemps n'apporta aucun changement au sort de ces malheureux. Leur pain et leurs provisions étaient épuisées, et aucun d'eux n'avait assez de force pour prendre les canards, les oies et les perdrix qui venaient
(1) Un manuscrit danois dit que la maladie fut principalement occasionnée par l'usage immodéré des liqueurs spiritueuses, dont on sait que les eiTe Is sont surtout funestes dans les climats froids. •
- • • (8) autour d'eux en troupes intiomtrables. lis furent réduits à l'état le plus déplorable et le plus désespéré; enfin, la mortalité devint presque générale.
Vers la fin dia mois de mai 1620, ceux qiu avaient survécu eurent le désespoir d'apprendre qii'il ne leur restait plus aucune espèce de provisions/et la famine joignit alors ses ravages à ceux de la maladie. Les forces leur manquaient absolument pour poursuivre les animaux qui les entouraient. Munk luimême, réduit à la dernière extréniité , resta seul dans une petite cabane, livré à un si profond désespoir, qu'il n'attendait plus que la mort. A la fin , cependant , pressé par la faim , il eut le courage de se traîner hors de sa cabane pour voir ce qu'étaient devenus ses riialheureux compagnons; il n'en trouva que deux ayant encore un souffle de vie ; tous les autres avaient péri. Ces ti^ois hommes s'exhortèrent l'un l'autre à faire une dernière tentative pour se procurer quelque nourriture.Ils arrachèrent avec leurs ondes la nei«'e endurcie sur la terre , et trouvèrent des racines qu'ils dévorèrent avidement. Ils
devinrent graduellement en état de prendre des pis^aux, et des. poissons à mesure «[u^ la ' glacé 86 détacbail du xivagç. Us pensèrent alors à retourner chez eux ; et , à cet effet y ^ >ils équipèrent Iç petit aavire avec les agrès du 'graod j xefiasièitettt-le détroit d'Hodson » et; a p rès une traversée diffidie» dans laquelle le bâtiment fut presqoe abandonné à luiinéme, .ils aririvëreBt dansoQ.|M>pl deKqr- . ^Clge le 35 septembre. . .
Ils l'ureat reçus en Danemarck comme des homoies sortis du tombeau ; et le récit 4^ leoxtf aventures et de leurs soufiraneés îolére^sa vifemeiil en leur Caveûr; Tel parait • avoir été en effet Tintérêt excité par ces . nouveUesdéicouvertes que Munk> malgré ses souffrances, '.proposa de faire une nouvelle tentative pour découvrir un pat;sag,e au nordouest. Une souscription fut ouverte pour en défrayer les ^épénses» et tout fut prépuré pour son départ. Quand il prit congé de la cour, la conversation tourna sur l'issue dé- . plorahie de sa première entreprise; et le roi, . en lui recommandant d'être plus prudent . que çlaus son premier voyage , seniblaaitri-
buer à quelque faute de êà part la morl dei iiialbeureux dont il avait été si près d« p^^vlager le sort. Ce reproche fit une vive imrpression sur Munk, qui répondit d'une manière moins respectueuse que celle à laquelle roreille royale était accoutumée ; alors }p roi, oubliant sa dignité pour n'écouter que sa fureur, le frappa de sa canne. Rien ne pouvait effacer un pareil outrage, et le malheureux navigateûr mourut , dit-on , de dé-^ sespoir quelques jours après.
Il y a une espèce de teinte romanesque jetée sur une grande partie de la relation du voyage de Munk; les souffrances incroyables de l'équipage ; la conservation miracu^ leuse de trois personnes qui échappent des portes de la mort en mangeant des herbes et des racines ; la manière dont ils se procurent des provisions suffisantes pour entreprendre un voyage si long, et dont ils pai-.
viennent à, ramener Tun des vaisseaux eu.-, Panecnarck; toutes ces circonstances ne sont pas physiquement impossibles, quoiqu'elles ne soient pas très-probables ; enfin , ce qui çoncçrne la conduite du roi, est vrais^en^bla-
blement une de ces histoires qui, sur une BÎfcnpié asisei'tiôn^sont répëléesde bouche en • boiiche et d'écrits eh écrits , sans aTOrr âd^
CUD fondement réel de vérité. Forster assure, lÉiats -sans citer sofi dutorifé, que Je mémé ' *Mimk fbt^ après tôn TëtQ^; ièinploy parie" roi en 1624, 1626 et 3626, dans la mer du nord et sur l'Elbe, et qu*il mourut ie 5 juia 1628 y daes le cours d'une expédition n^tr Talei " '