CHAPITRE XII
LUC FOX. i65i.
Départ de Fox. — Ile JVelcome, — Sépulture des naturels, — Retour en Angleterre,
Le dernier vojage dans lequel Baflfin et Bjlot, en 1G16, s'étaient avancés au nord sans obstacles, devait naturellement ranimer les espérances , et faire pénser qu'on allait réussir à trouver le passage tant de fois tenté; il semble, au contraire, qu'il découragea même ceux qui paraissaient auparavant le plus intimement convaincus de son existence.
A l'exception d'une seule tentative faite sous la direction d'un nommé Hawkridge , qui avait navigué avec Bulton , le projet paraît avoir été entièrement abandonné. On sait à peine par quel ordre , sur quel bâiiment , et même en quelle année le capitaine Hawkridge entreprit ce vojage. D'après le frag-
; ( lo )
menl imparfait qu'en donne Fox (j), et qu'il se procura, dit-il, en manuscrit, il est du moins évident qu'il n'a rien ajouté anx dé-.
\ \; ' ^ couvertes déjà faites dans le nord-ouest. : ' • Si l'on tenta un nouvel essai pour décou-
vrir un passage nord-ouest, nous en sommes^ ^ * - •* assurément redevables au capitaine Luc Fox
, qui , comme il nous le dit lui-même , n'avait pas cessé«de solliciter l'envoi d'une nouvelle expédition dans les mers arctiques , depuis l'année 1606, où il eut voulu accompagner 1 * Knight en qualité de maître d'équipage-
A force de zèle et de persévérance , il parvint à décider Henri Briggs et sir JoLq Brooke à présenter une pétition à Charries I/", pour demander à ce monarque de leur prêter un de ses vaisseaux , et de leur accorder sa protection pour entreprendre .vo)'age. Le roi approuva le projet, et accorda gracieusement l'une et l'autre demande. Fox dit qu'on lui permit de choisir , lui-même un bâtiment, et qu'il prit une pi-
nasse de quatre-vingts tonneaux, qu'il nouir
ma le Charles, Elle avait vingt hommes d'équipages et deux mousses, fulapprovisionnée^our dix-huit mois, el bien eq-uipeç.
Sir Thomas Roe et sir John Wolslenholme furent chargés de surveiller l'armement; le maître el les adminisl|^aleurs de l etablissementdela Trinité reçurent Tordre de prêter leur assistance. •»*
- La relation du Toyage est écrite par Fox lui-même , qui pread avec emphase le nom de Fox du ISord-ouest, Il était du comté d'York; c'était un homme fin et de beaucoup de talent, mais d'une vanité démesurée.
La tournure de son journal est si bizarre, et le jargon en est si obscur elsi comique, que dans beaucoup d'endroits il est presque iDintelliijiblc. « Ami lecteur, dit-il en commençant, n'attendez pas de moi des phrases pompeuses et des termes éloquens , car ce n'est pas de la plume d'un homme né sous le climat glacial du nord-ouest, où les sa-
i.vans ne sont pas des plantes indigènes, que peut découler le doux miel de la rhétorique , etc, M • - Fox quitta l'Angleterre , charmé de lui-
même et de réquipement de son vaisseau, w J avais des provisions, dit-ii,pour dixhuit mois. Le boulanger, le brasseur, le boucher et autres, étaient-ils passés maîtres dansleupart ou profession ? Je n'en sais rien ; tnsÀs, ce dont je suis certain , c*est que j'avais d'excellent bœuf bien gras, de la bière forte, du bon pain de froment , de la bonne morue sèche d'Islande, du beurre et du fromage de la première qualité , du vin d'Espagne délicieux , de l'eau-de-vie parfaite, des pois, du blé, de l'avoine, de l'huile, des épices, du sucre , des fruits et du riz ; sans parler de différentes drogues , telles que des sirops , des juleps, des conserves, des antidotes, des bauuïes, des gommes, des onguens, des emplâtres, des huiles, des potions, des pilules purgatives, etc.- M Et, en prenant congé de la cour : « Je reçus , dit-il , du roi une carte de toutes les découvertes foites par mes prédécesseurs, les instructions de sa majesté , ainsi qu'une lettre pour l'empereur du Japon. ^»' '*t ': V . ^■^•^
Les négocians de Bristol , déterminés à ne pas le céder à ceux dé Londres, équi"
J»èrenl, la même année, et pour le même ob* jet, un vaisseau appelé U Marie, dont le commandement futconfiéau capîtaii^Tiioinas Janies.
Fox quitta Deplford le 5 mai, doubla le cap Farewell le i3 juin aa milieu d épais brouillards; le tempss étant éclairci, il aperçut un banc de gros poissons de l'espèce de la baleine, qui suivaient leur chef. Le 20 J il découvrit la terre au nord de la baie de Lumley , dont le nom lui rappelle le souvenir du lord Lumley. Fox paraît se plaire beauconp dans ces souvenirs, à propos desquels il rapporte des anecdotes , et il s'en trouve presque à chaque page de son journal. ,
Le 20 , il arrive à la hauteur du cap Chidlej, et se hâte de traverser le détroit d'Hudson. Vers lextrémilé occidentale du détroit, il fut souvent tourmenté par la glace; il remarqua qu'il y en avait de deux espèces; la première, qu'il appelle glace montagneuse, flottait par grandes masses quelquefois plus grosses qu'une grande église; et l'autre , qu'il wommçgiaec hachée,
flottait par môrcçaux qui avaient depuis un tu deux picd« juiqu'à deux acres de loar gdéàrt ét mi ou deux pieds de haoteor au-dessus de la surfaee de l'eao. L'une des .montagnes de glace,' plus grandes que les autres, avait srfr son tommet un rocher pesant ^is moins cent quintaux avec pliNÎeuks 9ùim pierres plus petites.
Lé lo juillet , il n était encore qu'à la hauteur de l'île de Salisbttty, où il vemâis qiia que la toussdle av«i peids sa ^vertii sénsitive, ce tjuil attribue à l'âpreté de Fatf qui s'insinue entre laiguille et son poini attractif, oo*teiii»tWli4leey »4-ilqiic^ù^^ rnoDlagnes de Tun ou dèranlre côté, dont le fer peut arrêter l'agililé des aiguilles qui re dirigeât ver» lew» points respeclifc ; tnais c'est une discnsMcm qûHl abandonne à la philosophie*
•ti j^^Q juillet, pit»deCan?>V5H^a«'f-iVfl'*/, la chalèu¥ fut auisi grande qu'elle l'est ja^* maisen Angleterre ; et, à mi«oil, il y avait |Bji|IMr beaucoup de petits-danseurs {c'est liàii qu'il appelle l*aorore boréale). £n sm" vânt la côte orieulalè de PAméiique» îï
trouva une île dans laquelle il y avait plusieurs sépultures des nalnreU; il la norh-; ma Sir Thomas Rowes' Welcomc (la bienvenue de sir Thomas Rowe ) ; il donna à une autre île le nom dé Ri-ooke Cobham, et à un petit groupe celui de Briggs his mathematiches ( les mathématiques de Briggs), Dans les tombeaux de Tîle TVel^ come,' il vit beaucoup de corps enveloppé^ dans des peaux d'orignals , et placés sous des pierres, la tête tournée vers l'ouest; le plus grand de ces corps n'avait pas plus de quatre pieds de longueur; ils étaient en- ^«lourés de piancfies de neuf à dix pieds de long et de- quatre pouces d'épaisseur; on en remplit la chaloupe pour les brûler à bord du vaisseau. Auprès des corps étaient déposés des arcs, des flèches, des dards, des lances, et d'autres armes en bois. Un grand nonïbre de dards avaient des pointes de fer, mais il yen avait un avec une pointe de cuivre; d'où Fox conclut que des chrétiens étaient sans doutç venus dans celte tle avant lui.
Le 9 août , Fox entra dans le porl Nelson; il y trouva nne croix qui avait été érigée par ' ' Button, et sur laquelle on lisait encore son Dom. De la rivière de Nelson , Fox se dirigea au sud-ouest; et, le 29 août, il rencontra le capitaine James. Il alla à bord de son bâtiment, où il fut fêlé et bien accueilli :
' mais il ne s'en montre pas reconnaissaut, car> voici comme il s'exprime sur le compte du capitaine James j «Le capitaine parlait assez bien sur l'art de la navigation, les observalipus, les calculs, etc. , et il me fit voir « plusieurs instrumens; je vis qu'il était versé dans les mathématiques : mais, lorsque je découvris qu'il n'était pas homme de mer, je ^ blâmai beaucoup ceux qui lui avaient con-
* seillé de prendre un pareil bâlimcnt pour un , ^ voyage d'une si grande importance , lorsqu'il aurait peut-être deux hivers à passer à bord avant d'êlre de retour en Angleterre.
Notre conversation eût élé peu intéressante, si nous ne nous fussions entretenus des fautçsi
* de nos prédécesseurs. »
Après avoir côtoyé pendant très-long-
temps le fond de la bai« d'Hudson , mais inutilement. Fox se dirigea de nouveau vers le nord, le 4 septembre, nommant le dérnier cap qu'il doubla, TTohtenholme' s Vltimiim Vale; « car je crois fermement; dit-il, que sir John Wolslenholme ne dépensera pas davantage d'argent pour faire reconnaître cette baie. » Le 8, il était près delà terre sur laquelle est Carejs Swan's- Nest. Plus loin, au nord, il donne à un cap , sous le 64° 46' de latitude, le nom de pro^ montoire du roi Charles, et à un autre, huit lieues plus au nord, celui de cap Marie, Il appelle trois îles situées au nordnouest du promontoire, les îles de la Trinité; un pro-f montoire situé à quelques minutes du cercle polaire , Lord Weston's Portland; un autre, cap Dorchester, et la terre qui était au-delà Fox His Farthest (le nec - plus - ultra dù Fox).
Le 25 septembre, .Fox songe qu'il n'a fait qu'un pauvre voyage, et que le mieux qu'il lui reste à faire est de retourner eu Angleterre. 11 quitta donc le détroit d'fïud- II. 2
Ci8)
«bn; et arriva ainL Dunes le 3i octobre»' fi'ayant perdu personne de son équipage; :
Fox se plaint de n'avoir reço aucooe ré^
compense. Dans le fait Je résultat du voyage ne répondit pas à l'espoir de ceux qui l'a-* valent fait entreprendre. Cependant il isou* tient avec force qu*il existe très-probablemeot UD passage nord-ouest, et qu'on le trouyera dans le ff^elcom de sir Thomas Moe (i), où il remarqua que la marée ve* uait du nord , et s'élevait plus haut que dans .aucune autre partie de la baie d'Hudson; il vit aussiiin grand nombre de baleines vers cet endroit > ce qu'il regarde comme une .preuve de sa proximité avec la grande mer* B est assez svrpreiHint que Fox^ qui avait évi> dèïnment beaucoup de sagacité, .n'ait p^ persisté , dès qu'il arriva sur la côte de l'Amérique > à remonter le courant au nord '
(i) Lenom de fFèlcomê lui d'abord donné pir Fox à nne He; mais depnîs il a été appliqué in^s- tincteihentli la. côte nord-est de PAmérique et aa détroit sitné entre cette c6te et l'Ile SoutliaiD]ptoii , mai* plus géuérâlemeut au détroit.
«t'^âavajit lénîar^ qu'il ariivsùt, âd lieu
d jfci j lBi Bm vpe au midi. Lorsqu'il arriva pour la secoode fpis daos le Welcome, la saisoa \ é>ait trc^ |i^ur ip^il p^t coi^Ainti?
• CHAPITRE Xm.
THOMàS ÏAMES. ie5i.
Arrivée dans Vile de la Béêolution. ^ Ignorance du capitaine et de son équi* page. — • Leur embarras au milieu des glaees.^MMX qu^ile éprouvenU — périencee sur la fonte des glacée.
Ije capitaine James reçut de Gharies F' les mêmes avantages que Fox. Il partit de Bristol surla iWarw> bâtiment de soixantedix tonneaux, le 5 mai i65i ; doubla le cap Farewell le 9 juin, et, le 17, vil Wle de la EésohUion. Les glaces avaient souvent retardé sa marche ; l'air était continuellement couvert de bibuiUards épais; la mer* paraissait noirâtre; le froid était si perçant, qu'il affectait la boussole, et retardait le moUTement de TaiguUle magnétise- £0
• ( ai )
tmersant le détroit d'Hudsôn, le vaisMioi
fat presque toujours assiégé par les glaces, quelquefois entraîné de côté et d'autre; eofia , livvé àk merci 4e. U matée et des^ eoiiiÉif^ iPoiinrajoélerau péfiïd'ODepareiHe situation^ les voiles étaient complètement gelées, etilagros glaçons. penclaieAit aux eordagptô. C • ^ Si Pox était vain des connaissances qu'il avait acquises étjid iaaA Je s voyages de ses prédéoesséorsy James parait lVrek .4tét encore plus de son ignorance entière sur tout ce qu'on avait fait avant lui. Non seu-«*. lement U a avait jamais la les relations des Tojageâffs .qui l'ayaient précédé i mais il nous apprend lui-même qu'il refosa absolument de prendre à bord aucun marin qui eât déjà été wfiofé^ o^dane m yi^age de décou verlesdansle ncM^ è» à la pèche de la baleine. La conséquence fut que, lorsqui(^ le bâtiment se- trouva entouré de glaces personne ne siMit cotniaièBl le gouverner;
et non seulement l'équipage: entier fut livré anx plus vives alarmes, mais le manqua
fatales pour le bâtiment et ceux qui le mou^ taientrcar^ en s'efibrçaot d'éviter la glacé,le uavire se trouva arrêté sur une pointe de rocher 9 et la marée, en se r<^ant» le hissa SQspenda par le milieu» etrl^uoW au point jqu'il était impossible de rester à bord sans s'exposer au danger d'être submergé.
. Après avoir fait, mais inutilement > tous le^ efforts possibles pour le rdever^ Téquipagè . descendit sur la glace , et tomba à genoux pour implorer la miséricorde divine.
La marée y en montant, remit le n^Tire.à.
flot. Cependant les glaçons continuaient à s'accumuler de tous côtés à un tel point que^duhautdu mât, il était impossible de ircHr sur la mer l'espace d'un acre qui ne lût couvert de glaces; mais le vent ^en chan^ géant j les dispersa.^ Après beaucoup de dangers et de latignes , le navjuMS arriva à File deSalisburyie 5 juillet; et, lei5, toujours entouré de glace, tandis que l'équipage s'attendait à chaque instant à le voir se briser ' en pièces, il passa entre lès îles de Digges et de Nottingham.
On s'avança lentement vers le>ud-ouest^
^ de la baie d'Hudson. Par suite deVignorafice de Jaaies et de son équipage, le navire était presque continuellement bloqué par les , glaces , et ne pouvait avancer, quoiqu'il déployât toutes les voiles. Il n était pas étonnant que 1 équipage commençât à murmurer et à croire que probablement il passe- * rait l'hiver au milieu de plaines de glaces de neige, surtout lorsque, le i." août, oa \it que l'on n'avait pas beaucoup avancé vers l'ouest. Le 29, on rencontra le navire de Fox. Bieiitôtapres, un ouragan terrible, accompagné de neige et de giêle, mit James " dans le pli^s grand péril. Les vagues venaient se briser sur le vaisseau avec une telle vio-^ lence, que ni le capitaine ni ses compagnons n'avaient jamais vu la mer dans une telle fureur. Le navire faisait eau de toutes parts. Le 13 septembre, James eut encore le malheur d'échouer le navire au miUeu de roches sur la côte de l'Amérique , vers 52° 5o' de latitude. Persuadé que, pour cette fois, c'en était fait du malheureux nar Tiie, il ordonna de jeter dans la chaloupe
flielqoe» outils de charpentier» nabaril de pain, nn baril de pondre « quelques fusils >
des mèches, des hameçons, etc., et envoya ces objets à terre; il sortit cepeodai^t, par m nouveau miracle, de cette position dé* sespérée , et le vaisseau se trouva moins endommagé qu'il ne le craignait. A la fin».
af»rès avoir essuyé tous les dangers po&sibles» James arriva, le 2 octobre, à la hauteur d'une lie qu'il appela Tile du comte de DanhjTt qui est connue a uj ourd 'hui sous le nom dfle Ckarton. Elle est située vers 62^ de latitude.
Âu bout de quelques jours employés à examiner Tile et à déterminer ce qu'il j avait à faire , les maladei» désirèrent aller à terre -, Ton construisit pour eux une cabane qu'on couvrit avec la grande voile. Quelques orignals semblèrent d'abord être les seules ' ressources que Tîle offrait; mais, à l'approcbe de l'hiver , beaucoup de renards noirs parurent tout-à^soup. Le sous-canonnier > occupe à les poursuivre, traversait un étang gelé ; ia glace s entr'ouvrit <sous ses pied».«
il tomba dans l'eau ; et , la barrière épaisse formée par les glaçons se refermantsur lui, ses compagnons ne le revirent plus.
Avant la fin de novembre , tout était couvert de neige, et le bâtiment semblait être une masse de glace. Le 22, le canonnier mourut; il avait eu la jambe coupéé ; et, quoiqu'on entretînt constamment un gran4 feu dans sa chambre , l'appareil gelait sur sa blessure , et sa bouteille d*eau-de-vie sous sa tête. Le danger continuel, auquel les glaces flottantes et les tempêtes réitérées exposaient le navire , détermina les Anglais à le quitter et à transporter à terre toutes les provisions , ce qu'ils exécutèrent le 26 novembre. Leurs nez , leurs joues et leurs doigts étaient gelés au point d'être blancs comme du papier, et ils avaient sur tout le corps des ampoules aussi grosses que des noix. Un puits, qu'ils avaient creusé, se gela; ils regardaient la neige fondue, comme trop malsaine pour en faire usage. Le froid leur coupait la respiration au point qu'ils avaient de la peine à parler. Toute l'eau-de-
lie, llioile, le vinaigre , enfio tons les li*^
qnides élaient devenus durs coin aie du boisj on les coupait avec une hache. La cabane était eolièremeol gelée dans rintéiieur i et, & trois pieds do feu , il. gelait à pierre fendre. Tout cela arriva avant le milieu de décembre« et soôs uiie latitude ^ui est à- peu jprëscelle de Londres. -
En janvier, James détermina celle de sa te^te à ôi'' 52'; il attribua la graade diSé^ tence, entre cette ôbsertailon et une antre qu'itavait faite précëdemmeât, aux effets de la réfraction ; il allègue pour preuve que le disquè du soleil y lorsqu'il était près dè rhorizon , paraissait être deux foîs-aiissi long que large; et que , par plusieurs observations, il s'assura que ^ par suite de la réfrac-> tion de l'atmosplière , le soleil levait vingt minutes avant le temps vrai, et se couchait vingt minutes après^ Pendant deux imite» eu partîculieFj il distingua deux tiers plus d'étoiles" au firmament qu'il n'en avait vu jusqu'alors. '
* Dan» le mois de février , le scorbut com*
mençà à se maijifester. A mesure que lè priatemps approchait, le froid augmentait sensiblçoieiil; et les ma|i|^|p^ ^ftùoweù^ uit .«énsatîoD bieft phi» i É tip^i5i i 4^
chant dans Feau, au commencement de juin, lorsque la mer était rempli^ de glace , qu'eiv^ déerâdliie, lorMpi^eHe Vy entilstaét.» Ilpm^
que James n'a pas réfléchi que celle senssPtion était occasionnée non par un plus grand
juin, la diàTérehce entre la lempi Tair et celle de l'eau glacée était plus consi- 4érable^i^en décembre. -
Vita le miliea d'ami» ïes Ax^baiimàà^ mencèrentà écarter la glace qui entourait le vaisseau pour voir s'il pouvait encore Umt servir ; % trouvèrent èfeiiddi^ale luL pea de kèré
gelé, et qui fut d'uu grand secours pour les sâiabides ^ doat les souffrasces étaient aûrea-* ses. La ixkoit d^^^^ reùuhda bebii^
coup leurs travaux. Enfin , le i.**" juillet, lout fut prêt pour partir; et^ le lendemain, le
dôpner contrek^laceavec Unt de viobenoe»
que la proue manqua de se briser en mille pièces, et que tout l'équipage se crut encore une fois en daoger de périr.
James , pendant fout son voyage , fat à peine une heure débarrassé de glace i de sorte qu'il employa depais le 2 juillet jus* qn'au a4 aoAt pour parcourir ^lept degré»
et dewii de latitude. Ce jour-là, il découvrit l'ile de Nottingbani 9 près de laquelle toute, la mei' était contèrle de glace; Le aô^il consolta ses officiers' sur la ronte qu'il devait prendre. Ils lui donnèrent leur opinion par écrite elle était unattime $ tous voulaient re* tourner sur-rte-^àmp en Angleterre. Il se rendit à leurs désirs; et, le sS octobre > il. mouilla dans la rade de Bristol*
La relation du voyage de James peotétr»
appelée un livre de lamentations et de douleurs; il offre une suite continuelle de périls^ d'obstacles et de plaintes > depuis l'instant où il fut arrêté ponr la première fois par la glace à la hauteur du cap Farewell> jusqu'à son#retour au même point. Les observations
qu*il renferme ne sont à présent d'aucune utilité. On dit néanmoins qu'elles ont été d'un grand secours à Bojle pour composer son Traité sur le froid. Le thermomètre n'était pas encore en usage, et Ton ne connaissait aucun instrument pour mesurer le degré de froid absolu ; mais les souffrance* extraordinaires que le froid fît éprouver à l'équipage durent provenir en grande partie de l'inexpérience du capitaine , ou d'un manque de soin et d'attention ; ce qui seni-> blçraitleprouver, c'est que les personnes employées par la compagnie de la baie d'Hudson passent les hivers sans accidens le long de la côte près de laquelle l'ile Charton est située, et huit à dix degrés plus au nord.
James a fait l'observation suivante, sur la lenteur avec laquelle la glace se fond. « En juillet et au commencement d'août, je pris à bord du navire des glaçons que je coupai, en morceaux de deux pieds carrés ; je les ex» posai dans la chaloupe au soleil, lorsqu'il dardait ses rayons avec le plus de force ; et, malgré le feu continuel que nous faisions à
bord, la chaleur de notre haleine," et nos inouverncDS, ils ne fondirent qu'au bout de huit à dix jours. C'était notre usage, lorsque nous devions passer deux jours dans quelque endroit, d'amarrer le navire à une montagne de glace , et d'y faire une marque pour voir de combien elle diminueroit ; mais elle restaiutoujours exactement la même, et ne s'affaissait pas d'une seule ligne pendant cet intervalle. Je pense néanmoins qu'il survient des tempêtes qui la détruisent , ou qu'il y a des années où la chaleur la fond , autrement la baie finirait par être entièrement encombrée ; mais j'avoue que ces secrets de la nature passent ma compréhension (i). »
Quant aux découvertes , James n'a rien ajouté à celles des navigateurs précédens; cependant il assure hardiment qu'il n'estpas probable qu'il existe un passage nord-ouest.
Il eût pu donner tout aussi bien avant son voyage les raisons sur lesquelles il s'appuie, et il se fût par là - épargné bien de peines
(i) Collection de toyages par Harris, Vol. IL
cl 3e souffrances. Mais , comme robserve le docteur Campbel, « toutes les difficultés et tous les obstacles dont parle le capitaine James , et qui , peut-être , ne lui paraissent si formidables que parce qu'il n'a pas su les vaincre, se réduisent à rien, lorsqu'on les considère avec attention , et qu'on les compare avec ce que des voyages plus récens ont fait connaître , et ne doivent pas empêcher de continuer les tentatives du inême côté, quand même elles ne réussiraient pas mieux qu'auparavant.
. ' dJAPITRE XIV.
Voyage poar découvrir la oôie orientale du Groënland. — DécouveHe de dherêee : ilesm — JJes glaces empêchent constant'^ meai ^efproehet de la ttgre.-^ Second voyage,— 3Iéme réaultatt '.
JEn i6a2, Frédéric m, roi de Bancmarck > donna au capitaine Daneli l'ordre d'entreprendre on voyage pour land orieQtal. DaneU partit 3e Copenhague avec deux bàlimens le 8 mai i 652 , et alla d'abord au nord de Iljilande* Alors , se dirigeant à Touest,' il aperçut, le 3 juin, à la distance d'environ trente milles , la eôte dd Groenland , par 640 5o' de latitude; mais il ne put en approcher à cause de^ , glace.
Au nord-est , à environ trois milles' de distance , il vit deux petites îles qu'il appela
tfs^îdsolen et Mastelos Skib, Le 4 juin, il découvrit de nouveau la terre, qui était très-élevée et couverte de glace. Celle terre «tait à environ trente-deux milles de dislance. Il passa au niilieu de quelques petites îles. La glace s'étendait depuis la cote jusqu'à dix-huit à vingt milles au large.
Le 6 juin , il vil , à quazorze railles de dislance , cinq petites îles sous les 65° de latitude : elles étaient toutes couvertes de neio-es. à rexception d'une seule, et avaient environ quatre milles de longueur; mais la glace Tempécha d'y aborder. Ces Ues étaient à dixhuit ou vingt milles de la terre; l'eau qui coulait entre elles était d'une couleur bru«e; mais Danell ny trouva ni poissons, m oiseaux, ni phoques. On apercevait du large les montagnes, à la dislance de près de soixante milles. Le cap le plus septentrional qu'il vit 80XIS les 65® 3o', reçut le nom de cap du roi Frédéric. II. côtoya la terre dans la direcliou du sud-ouest; mais il ne put nulle pari se frayer une roule à travers U glace, qui cependant n*élait ni assez continue ni assz solide pour le porter lui et ses comn. 5 •
pagnons lorsqu'ils voulaient y marcher pour gagner la terre.
Le 12 , sous les 62° de latitude, ils virent une montagne fendue en deux , à quinze ou seize milles à l'ouest de l'endroit où ils>se trouvaient : il y avait plusieurs petites baies le Jong de la côte , qui semblait le plus beau pays qu'ils eussent jamais vu dans le Groenland; mais la glace les empêcha d'en approcher à moins de vingt milles de distance.
Ils doublèrent le cap Farewell, et remontèrent la côte occidentale du Groenland, où ils restèrent jusqu'au 16 juillet. Le 18 , ils repassèrent devant le cap Farewell ; et, le 23 du même mois, îous les 610 de latitude , ils distinguèrent de nouveau la côte orientale du Groënland à soixante-dix milles au nordouest, et, dans deux endroits, ils s'imagigèrent voir'des édifices surmontés de tours.
Le 25 juillet, sous les ()!<> de latitude, ils -virent une baie entre deux grandes montagnes ; ils y seraient entrés si la nuit ne les • en eût empêchés. Pendant plusieurs jours, de suite, ils continuèrent à voir la terre, dont ils n'étaient plus séparés que par une
distance de quatre à cinq milles; mais le même obstacle les empêcha d'y aborder. Ils la côtoyèrent jusqu'à 65** 3o' de latitude :
ils furent à la fin obligés de renoncer à l'espoir d*en approcher, et retournèrent en Danemarck. -tu* ?> •
Le capitaine Danell partit de nouveau de Copenhagne le i6 avril i653, s'avança au nord de llslande jusqu'à jS® de latitude au-delà de celle de l'île de Jean de Majen , et suivit alors la direction du sud-ouest et de rouest-sud-ouest. Le i3 juin, sons les 64° de latitude , il vit â l'horizon quelque chose de bleu , qu'il présuma être le cap du roi Frédéric. Le 19 juin, il vit Herjolfsnes dans le Groenland, sous les 64.'^ de latitude; mais la glace s'étendait depuis la côte jusqu'à Tingt - quatre et vingt-cinq milles au large. Il, côtoya la terre jusqu'au cap Farewell , mais toujours à la dislance de quarante-cinq à cinquante milles du rivage, à cause des masses de glace , et il fît voi^e vers la côte occidentale du Groenland, d'où, il retourna en Danemarck.
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