II
objets suivans : huit cent ckiquante livre» de pain, cent livres de sucre, trente-quatre livres de cacao, six cent soixante livres de porc et trente de bœuf salé, soixante gallons d'eau-de-vie, trente livres de riz, six livres de thé, sepl fusils de marine, trois fusils de cbiisse , six pistolets , six coutelas , des cartouches et des munitions, dix haches, et des inslrumens de cuisine , trente couvertures de laine, dix - huit chemises de flanelle; vingt-six petites haches, dix pots d'étain, du fd , des aiguilles , des couteaux et d autres bagatelles destinées aux Indiens; une voile et des- prélarts pour couvrir les traîneaux; des souliers de rechange , des bot* tines et vingt-huit havresacs. Le tout formait un poids de trois mille six cent vingt livres; indépendamment d'une petite quantité dé bagage pour chaque personne.
i3. — Grand vent du nord - ouest. A sept heures du malin , nous quittâmes la goélette et traversâmes le bras de la rivière des Exploits , qui nous séparait de la pointe du Petit-Pierre. Le temps était très-froid, et la neige si glissante, qu'il était difficile de tirer
\ les tfiiîneaux. Après avoir tourné celle pointe, nous fumes à labri du venl jusqu'à la pointe Wi-wam , qui est à deux niiJIes plus loin au nord. A trois heures après midi , nous arrivâmes près des restes d'une maisorl ' que William CuU avait occupée l'hiver précédent: nous y passâmes la nuit , n'ayant fait qu'environ huit milles en huit heures de teuïps. Il ion>ba de la neige à plusieurs reprises pendant la nuit , qui fut si froide que pas un de nous ne put fermer l'œil.
— Vent de nord-ouest; froid âpre et perçant. Nous nous remfmes en roule dès 1 aurore, sans regret de quitter un lieu où nous avions passé une si mauvaise nuit.
Après avoir fait deux milles, nous vîmes le^ îles de Nutl, qui sonf au nombre de quatre .
situées au mi'lieu de la rivière. Un mille plus loin se trouve la première chute d'eau; ou petite cataracte. Aussi loin que l'œil pou'vait s'étendre sur la rivière , on n'apercevait que de la glace , mais une glace si raboteuse , qu'il paraissait impossible d'j faire passer^ les traîneaux. Déterminé à ne céder qu'à des obstacles insurmontables, j'allai en avant
avec les guîcles , et nous choisîmes le pas* sage qui nous parut le plus praticable. A trois heures après midi, nous arrivâmes à la rive du Nord , et nous rangeâmes nos traîneaux autour du feu, pour nous faire un abri. Celte journée fut très- fatigante, quoiqu'elle n'eût été que de sept milles. L excès de la fatigue et une nuit un peu moins froide procurèrent quelques heures de sommeil à l'équipage. Nous laissâmes en cet endroit un tonneau contenant du pain, du porc , du cacao et du sucre pour deux jours, afin de le reprendre à notre retour.
1 5.^ Vent frais, variant de louest-nordouest au nord-nord-ouest , avec de la neige de temps en temps, La rivière formait des détours de l'ouest au nord-ouest. A trois heures après midi, nous fîmes halte sur la rive septentrionale, pour y passer la nuit , un peu au-dessus d'un ruisseau qui s j jette. Au sud, nous découvrîmes un canot; je le reconnus pour appartenir à un habitant du Canada qui avait demeuré à la pointe Wigwam. Cette journée nous offrit les mêmes difficultés que la précédente , étant souvent
obligés d'envoyer un délachement en aranl pour aplanir et couper en quelque sorte les cnriinences de glace pour faire passer les traîneaux d'un golfe à un autre et pour remplir les creux dans lesquels ils se seraient brisés par la violence de la chute. Malgré tous nos soins > ils souffrirent beaucoup du frottement continuel, et, dans la soirée, la plupart eurent besoin de réparations. Nous nous barricadâmes de notre mieux autour ' d'un bon feu ; l'équipage parut plein d'ardeur pendant le souper; la nuit fut assez douce , et, grâce à la fatigue , on dormit assez ' bien. Nous avions fait environ sept milles.
16. — Grand vent du nord-ouest avec une gelée très-vive. Nous nous mîmes en marche avec le jour. Plusieurs traîneaux se ronâpirent,ce qui nous fit perdre beaucoup de temps. A oiize heures du matin , nous découvrîmes deux vieilles cabanes sur la rive septentrionale de la rivière ; elles ne parais* saient pas avoir été habitées depuis longtemps,, mais c'était une intlicatioa que des naturels y avaient été. A deux heures et., demie après midi , étant arrivés à la grando *
chute d'ehii,noûs <^agnâmes la rîve septentrionale. Tandis que l'équipage préparait le feu et l'abri dont nous lentourions toujours, j'allai en avant avec Cull et Tajlor pour chercher un sentier par où passent les Indiens pour transporter leurs canots de l'autre côté de la cataracte. Taylor n'étant pas venu en cet endroit depuis plusieurs années, ne savait plus où le trouver. Nous le décou- Trîmes enfin après une ennuyeuse recherche. Nous j vîmes des marques prouvant que des ludiens y avaient passé depuis peu , mais en petit nombre , à ce qu'il paraissait. La soirée avançant, nous revînmes sur nos pas «t nous rejoignîmes 1 équipage. La nuit fut la plus douce que nous eussions encore eue* et nous n'en reposâmes que mieux. Je laissai du pain, du porc, du cacao et du sucre pour deux jours, et quatre gallons de rhum.
17. — Vent de sud-est, temps froid , verglas. Nous commençâmes cette journée par fitire faire à nos traîneaux des circuits au milieu de rocs escarpés, qui forment la partie inférieure de la chute d'eau. Mais nous n'avions pas fait plus d'un mille^ que nous
nous trouvâmes obligés de les décharger, et de transporter toute leur charge à bras, au-i dessus d'une pointe de terre qui , s'avançant perpendiculairement dans la caUiracte , ne permettait pas à la glace de s'attacher à ses bords. Après avoir rechargé les traîneaux de l'autre coté, et avoir fait un tiers de mille, nous arrivâmes près d'une colline escarpée , où commençait le sentier des Indiens; il fallut encore décharger nos traîneaux:. Laissant l'équipage s'occuper de celle opération , j'avançai avec Gull et Taylor pour reconnaître l'autre extrémité du sentier. Arrivés à un marais, çe fut avec peine que nous pûmes le retrouver ; nous y parvînmes pourtant, et nous rejoignîmes la rivière audessus de la cataracte. Ce sentier parcouroit un mille et un quart de terrain. Nous avançâmes encore deux milles plus loin ; après quoi , nous revînmes sur nos pas. A midi , le vent tourna au sud-est, et il tomba une forte pluie. J'envojai une division en avant pour préparer du feu au bout du sentier.
A trois heures après midi, tout le bagage léger s'y trouvait transporté, ainsi que
nos armes, et nous laissâmes les traineanx à mi - chemin dans le sentier ; de sorte qu'après huit heures de fatigues , nous n'a^ vions guère fait qu'un mille et demi. Il continua a pleuvoir assez fort jusqu'à neulheures du soir j iilors le vent ayant tourné à Touest, l'atmosphère s'éclaircit, et l'équipage, aprè* ' avoir fait sécher ses vétemens , s'endormit- v 38. — Vent de Fouest-nord-onest , temps froid. Laissant à l'équipage le soin de recharger les traîneaux , je marchai en avant avec les guides; nous reconnûmes la nécessité de pratiquer un sentier d'environ cinquante toises pour passer sur une pointe que les traîneaux ne pouvaient tourner , parce que 'hi glace nelait pas assez forte alentour. A dix heures et demie, nous tournâmes une baie , laissant à notre gauche plusieurs petites îles. Le chemin était bon, excepté dans cer^ tains endroits où la glace avait peu d'épaisseur et était souvent couverte d'eau ,« de sorte que nous eûmes la plupart les pied% Diouillés. A deux heures et demie, nous arrivâmes dans une anse , sur la rive nord.
JHous Dousy arrêtâmes, parce que nous n'ai^v
( 249 ) 'T rions pu arriver avant la nuit dans unaulre endroit, où il y aurait eu du bois à brûler.
La rivière forme là une baie de chaque coté , laissant entre elles un espace d'environ un mille et demi, dans lequel sont plusieurs îles.
Ayant donné ordre de préparer un bon feu, bien abrité, et de faire aux traîneaux les réparations nécessaires, j'allai , avec Cull, à deux milles plus loin , jusqu'à un endroit nommé Rushy Pond Marsh , où il avait été l'hiver précédent ; nous n'v trouvâmes plus deux cabanes qu'il y avait vues. Les arbres-, depuis cet endroit jusqu'à la rivière , étaient marqués, et, en quelques endroits , joints par une sorte de haie ; dans une assez longue étendue de marais , les branches des arbrisseaux étaient alUichées ensemble dans une direction particulière , de manière à guider naturellement les orignals vers la rivière.
Nous tuâmes deux perdrix , et nous allâmes rejoindre nos gens, en passant par l'intérieur du pays.
ig. — Vent d'ouest, modéré, mais trèsfroid. Nous voyageâmes toute la journée sur
t.wne neîgé qui n eUiit point ballue ; ce qui rendiiit le tirag^e des traîneaux fort pénible.
. Nous fimes deux milles sur une glace raboteuse pour gagner un bois qui était sur la rive du sud , tout le bois du côté du nord a} an t été brùlé. Nous nous arrêtâmes à quatre heures a|Mès midi sur le bord d'un ruisseau, où nous laissâmes du pain , du porc, ,du sucre et du cacao pour deux jours. Pen-
• dant toute cette journée, nous trouvâmes la rivière complètement couverte de glace partout. Nous passâmes près de plusieurs îles; nous vîmes un renard, et nous tuâmes
^ uue perdrix. Nous fîmes environ dix milles , et nous eûmes une nuit passable. r 20. — Veut d'ouest nord-ouest, temps froid. Nous nous remîmes eu roule au lever de l'aurore. Deux de nos traîneaux se bri- *
^ sèrenl en passant sur une glace inégale. A midi , le soleil brilla , le temps devint chaud et serein. A quatre heures après midi , nous'" nous arrêtâmes sur une île , à deux milles au-'
• delà de B neiger bnj Bronk ( du ruisseau de la baie du Blaireau ) , qui se jette dans la ri- ' vière des Exploits , du côté du nord. Nous-*'
( aSt ) •* ^ ^<^
j vîmes des débris d'uoe chanmîërc. Kn remontant ce ruisseau, de même que de l'aiUre ^ côté de la rivière , on voit des haies pendant plusieurs '.milles ; il y en a une qui s'étend dans la direction de l'pnest, dans l'île où uous nous arrêtâmes. Nous calculâmes que nous étions à douze milles de notre dernière couchée.
21. — Vent d'ouest , temps froid. Nous partîmes à la pointe du jour. A midi , nous trouvâmes beaucoup de difficulté à traverser \me glace très-unie , mais coupée par plu^^ sieurs fentes, larges et profondes, causées par une chute d'eau. Nous parvînmes pourtatil à y faire passer les traîneaux ; et, ayant remonté la chute d'eau , nous trouvâmes , sur les bords de la rivière, assez de glace pour les porter. A trois heures et demie , nous terminâmes notre marche , après avoir fait au moins onze milles ; sept, depuis Tîle où nous avions couché la nuit précédente jusqu'à la chute d'eau , et plus de quatre depuis ce dernier endroit. Dans les endroits où les bords de la rivière n'étaient pas assez escarpés , on les avait garnis de haies , depuis
( iSa )
b chute cPeIftt en ij^montant , pour ààft^ lilÉ^les omnal» , en sortanf de Feau , dépreodre terre ailleurs que par des ouvertares ^ pratiquées à desseh»^. INotis reeVargeâmet les traîneani, d6»t ^eini* se trouvaieol ea^ lièrement hors d'état de servir, et nouslàîs-sâmes encore en ce lieu des prbvision&pour dêbx jouts. Nous^ûmes une Jbonqe nlsit.;
' fb. — Vent du snd«o«rc»it , temp^ doux broineux. Après avoir fait deux milles, nous vîmes une espèce de magasifi sur (a rive du sud. OiiUhimie CM tadui^t q^é*^ bâtt^ ment n*y élait pas ["iannée précédente; iï parsûssail nouvellement construit ^ était de fonoe dûrcriiettre i et éouterir de peaiiit rîgnals /dont on vojait ides sqtiéleltès à peu de distance : deux poteaux étaient enfoncés dans la glace» près de la rivière , comme ».
flescaootsy (^«ssent ététlepttii'^â^A quati^ MîHesdelà, notifapàsâftiiâ^iihn^^iK deux railles plus loin , nous tournâmes une baie.
'H^crçs vtmes piu^l^rs ràBil^ii^xigjbds^ sur ^jmitet sailkmt 6oU inë dît qoé c'étnl en cet endroit qu'il avait vu , l'armée précé- -à&Mc, les. magasins dontil avait parlé» nvuji
il n'en restait aucune trace. On reconnaissait pourtant qu'un bâtiment tel que celui .dont il avait Tait la description , avait pu occuper un grand espace où le buis avait été coupé, et, à quelques centaines de pas, nous trouvâmes la charpente d'une cabane.
Tout près, une peau d'orignal était suspenpendue à un arbre , et , plus loin , un poteau portant le nom de Rousell.\]n peu plus bas »
sur la rive sud , on voyait aussi les débris d'une cabane près de laquelle CuU nous dit qu'était l'autre magasin. Un quart de mille plus loin , une rivière qui paraissait assez considérable venait mêler ses eaux à celle des Exploits, etenface de son embouchure était une île bien boisée.
Nous fîmes encore quatre milles , et alors nous nous arrêtâmes pour la nuit. GuU m'accompagna deux milles plus loin , et nous revînmes au coucher du soleil. Pendant cette journée , nous distinguâmes par intervalle^, les traces du pied d'un homme qui avait suivi le fleuve en le remontant. Un de nos traîneaux tomba dans l'eau ; heureusement c'éttiit sur un bas fond , et rien ne fut perdu..
NousaTÎoVîs fait environ douze milles, et à peine se trouvai t-il sur les bords de la rivière, depuis la dernière chute d'eau , assez ■de glace pour permettre aux traîneaux d j passer. Nous trouvanries encore des haies pratiquées dans les endroits où les naturels veulent empêcher les orig-nals qui traversent la rivière de prendre terre. Quelquesunes de ces haies ont deux à trois milles de longueur; d autres se prolongent dans ^intérieur des terres. Je divisai lequipage en trois pelotons, dont chacun devait tour à tour veilkr et rester sous les armes peudant la nuit. ••.*^> ''
23.— Vent d ouest, temps trolà et désagréable.Nous nous mimes en roule au point du jour. La rivière était libre, et coulait avec rapidité. J aurais voulu la traverser à gué, présumant que les Indiens habitaient lautre rive; mais ce /ut impossible. A dix heures du malin, ajant fait six milles, et vojant que nous ne pouvions conduire les traîneaux plus loin, je laissai la moitié dé lequipage pour les garder; et, me faisant accompagner de l'autre moitié, nous prime»
ides provisions pour quatre jours, et nous nous remîmes en route. La rivière se cliri-
' geail au nord. Aprèsavoir fait environqualre milles, nous vîmes, à Ja rive sud, une trace sur la neige indiquant qu on y avait traîné un canot, pour le remonter au-delà d*une chute d eau. C elail le seul indice certain qui nous eût montré, jusqu a ce moment , que les Indiens avaient passé de ce côté de la rivière, au-dessus du magasin. La rivière était alors plus étroite, tortueuse, et diminuait beaucoup en profondeur. Aprèsavoir traversé plusieurs petits ruisseaux, nous passâmes près d une île en face de laquelle on apercevait, sur la neige, à la rive sud, les traces d'un sentier conduisant de la rivière à un endroit élevé, où 1 on avait récemment coupé des arbres , ce qui prouvait que la demeure des Indiens n était pas éloignée. Ne pouvant passer la rivière à gué dans cet
endroit, nous conlinuamesàmarcherpendanf un raille ; et, après avoir doublé une pointe, une vue très -étendue s'offrit tout- àcoup à nos yeux , et nous vîmes un lac im-mense qui se prolongeait du nord-est au
sud-ouest; il était couvert d'une couche dejî glace très-unie. Nous aperçûmes des traces, mais nous ne pûmes distinguer si c'étaient des pas d'hommes ou de quadrupèdes. En approchant di]i lac , nous aperçûmes , à sa rive nord-ôuest , deux corps qui se mouvaient , sans pouvoir reconnaître si c'étaient des hommes on des animaux. Je fis sur-lë- 4|' champ entrer ma troupe dans un bois, pour empêcher qu'on ne la découvrît; et, ajant donné ordre de préparer un endroit pour' j passer la nuit, j'allai avec Cull faire une reconnaissance. Ayant côtojé le bois pen-
• dant environ deux milles, nous nous mîmes
• dans une position d'où nous pouvions observer tous les mouvemens des deux corps que nous suivions des yeux , et- nous vîmes
^ que l'un d'eux gagnait considérablement de terrain sur Tautre. Nous ne pouvions pourtant encore être certains que ce fussent des hommes; ce ne fut que quelques instans avant que l'obscurité nous lesreût fait perdre de vue , que nous fûmes assurés que le dernier était un homme tirant un traîneau.
Nous ne pouvions rien faire de plus avant
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lé Jendèinain, puisqu'il aurait été impossible de suivre leurs fràces dans Fobscurilé. En allant réjôindrc nos Jifcns, nou^ vîmes une espèce de pelle près d'un làs de neige ; rtous soupçoyames qu'on y càvait enterré de la véhaison^; et, j avant fouillé,- iious j irouvi\mes un cœur et un foie qui firent notre sO(]per. Il était nUit qu'and nous arrivâmes , elle fut très-froide , un liers.de notrè ti^oupe fuï suceèsMveme ni soifs 1e^ iirmés; mîîrs perr sonne ne put dormir.