Vent d(i nord-est, froid très-piquant
Apt'ës' avoir déjeûné et bij chhcuh uit petit verre dé rhum , nous nous mîmes en marche, à quatre heures du matin , le long de la rive est du lac, dans le plus grand silerice. ArHvéfe au-delà de l'en droil ou j'avais perdu de vire les deux Indiens , nous tropvâmeS une «^^rande quantité d'os d'orignals ,
tùètïië àë$> quartiers tout entières de ces' ^maux. Tool àu]irès était un sentier cort^ duisant dans le bois. Présumant que les habitations des Indiens ne devaient pas être Kîèn loin , ribiiS 'èiîtrl^riies dans le bois, et nous y trouvâmes les débris d'une cabane.
H. - JT •'
Nous souffrions beaucoup du froiJ, et nous nous niellions de lemps en lemps à l'abw sous des niasses de rochers. Il devint alors nécessaire de traverser le lac pour Irouvep^v la trace du traîneau que j'avais vu la veille, ce qui nous exposa plus que janiais% toute la rigueur du froid. Les premiers rayons do jour nous firent apercevoir la Irace que nous cherchions. Nous la suivîmes le long duri:^ va^^e occidental du lac, et elle nous con*^ duisit; au nord-est, à une poinl-e où se Irou-^ vaitune vieille cabane, et tournait ensuite vers la rive que nous venions de quitter.
Comme il faisait alors grand jour, il était indispensable de marcher avec rapidité pour éviter d'être vu par les Indiens et pour lachçr de les surprendre pendant leur som--^ nieil. Bientôt nous vîmes des canots, et,, quelques inslans après, nous aperçûmes deux cabanes voisines Tune de l'aulre, puis une troisième à environ trois cents pieds de
dislance. S Ayant examiné nos armes, je commandai à ma troupe d'exécuter avec promptitude lou? le$ ordres que je pourrais lui donner.
lui recommandant en même temps de se GOtiduire avçc prud^nqe , et^i|i^{p|it d'cxb-
ftemt là pliv gfande;,s|P^^ féin^e8i.No«siiiai!êUb^ à grands pas
et gardant im profond silence. xNoui. elaut
teoips. Nous eo .appolân^es les habitans;
n'en recevantiiocune réponse, nous levâmes
times des grG^qie^'^iiliômnM^ femoiçi et d'en fans, dans la plus grande 'consterna*' lion. Ils testèrent quj^lques instans comme ^appés d^ stupeur^ sans pouvoir parlée ni ^ remuer. Mon premier.soio fat de les rassurer et de leur inspirer de la confiance; nous y réussîmes» en ieur prenant la luain et en ieuriDODktrantdes dispositions ajaûcdes.ti ^ femmes m'embrassaient «de joie, ea - voyant les caresses que je faisais à leurs enfanS* Leiirs alarmes ûrent bientôt place à la curiosîté^ et ib examinèrent nos habits, àvec autant d'attention que de surprise. Ils allumèrent du feu i et nous ofirirent des tranches
<te VjpQaisoR joélée avec (de la gr^isse^ doul
( aCo )
ils font une espèce de gâleaii solide, et qu'île mangent avec le maigre de la viande. Tout ■annonçait one parfaite cordialité. Nouslew donnâmes des couteaux , des mouchoirs et d'autres petits objets, et ils nous offrirent , des peaux en échange. Je regrettais de ne pas comprendre leur langage, et d'avoir laissé, à douze railles de distance au moins , les présens que je leur destinais. Cette dernière circonstance surtout me caty^a un grand embarras. Je m'elForçai de leur fmre entendre que je désirais vivement que quelques-uns d'entre eux nous accompagnassent jusqu'à l'endroit où nous avions laissé nos bagages, et nous aidassent à le^ir apporter des choses pareilles à celles que nous avions. A la £n , ils parurent nous comprendre parfaitement.
Nous avions passé trois heures et demie à tâcher d'établir la bonne intelligence, - tout annonçait que nous y avions réussi.
Considérant qu'un plus long séjour avec ces gens était inutile, puisque nous n'avions pas le moyen de leur donner des préures ultérieures de notre amitié, nous leur fîmes connaîtra notre intention de partir, et ds
revenir pramplemenl. Quatre d'enlre eux consentirent à nous accompagner. Jacques Butler caporal , et Thomas Bûulhland soldat de marine demandèrent à rester pour pouvoir raccommoder leur souliers à neige.
Telle était la confiance que mes gens avaient en ces Indiens, que la plupart dcsiroient d'être laissés avec eux. Je consentis à la demande des deux premiers pour donner preuve de confiance aux Indiens, et je recommandai à tous deux la plus grande prudence.
Ayant de nouveau pris la main de chacun des Indiens , je leur fis entendre , le mieux qu'il; me fut possible, l'intention où j'étais de revenir le lendeBioLn malin. Quand notis pattîmes , ils montrèrent des signes de satisfaction en voyant que deux de ndus restaient avec eux. Ne trouvant rien à l'endroit où nous avions passé la nuit précédente.^ deux des Indiens se retirèrent, tî l'un d'eux , que je i^gardais comme leur chef, dit aux deux autres de continuer à nous suivre. Ils eurent l'air d*j consentir volon-r
(.a6îi )
tiers ^ quoiqu'ils montrassent de temps ea temps de la méfiancel La rivière -faisait de. . frécpieos détours^ ses rives étaient étrôilés $
je me trouvais quelquefois k une dislance assez considérable des deux Indiens ; Tua d'eux y ayant traîné sur les deirières , pro^ fîta d'une pointe que nous venions de doubler pour s'enfuir à toutes .jambes, -en ap- ]^elan( son camarade à grands; cris. Gel incidetit mecontrada d'autant plus, que nous louchions presque en ce moment à l'endroit OÙ nous avions laissé nos bagages. Je pensai que peut-être ajant vu la lumée *du feu àlhimé par le reste de mes gens, il avait pris l'alarme. Certainement personne de ma troupe n^avait donné lien à c^tç conduite , ifiais cet Itidien * avait toujours: montré Ses soupçons; il était venu plusieurs fois me :Tièg?kvàeT en face, comme s'il eût voulu lire Hiesr intentions dans mes yeux, Savais évité scrupuleusement toute action , tonbgeslequî eut pu .donner la moindre aneiiance* Pour lin'assijrer * des dispositions du dernier lo* dièn qui restait 'àv^ec nous, jè lui-fis com«
pfén(^^e 'qu'il était le maître do s'en aller 'il le voulait, mais il parut n'en pas avoir le moindre désir. • ^ ' A trois heures du soir, nous rejoignîmes le reste de nos gens. L'Indien parut éprouver de la crainte en voyant tant de monde"; mais ce mouvement passa bien vile, et il fut bientôt enchante de tout cè qu'il voyait' Je lui fis quelques présens, et je lui montrai ceux qui étaient destinés à ses concitoyens , et (\m consistaient en couvertnres , chemises, haches, couteaux, aiguilles, hameçons, etc. ; il en parut très -satisfait. Il se réffala de thé et de venaison rôtie, car nous avions rapporté deux quartiers d'orignal.
On lui donna une chemise et des pantalons ; il s'en revêtit sur-le-champ avec un air de plaisir , évitant avec soin toute indécence en faisant sa nouvelle toilette. N'étant soumis à aucune contrainte, il allait et venait; il témoigna un grand désir d'avoir un morceau du canevas peint qui couvrait nos traîiîeawx enfin il se coucha près de mbi pendant la.
nuit. . • •
Je n'étais pourtant pas sans inquiétudes ?
je craignaif qtue rindien qui nous avait quit- . iés fo^r r e to u rn cr paru^ &ei^. compf^oof $ , ne 'les eût détei^miiiçs» par péur'Ottpar de f^ox rapports , à quitter, leurs cabanes et à veoir épier nos mQuyemeps. J'avais auss^ quelque alarme^ poijr sùr^(é «k». 4w liofqmçs que j'ayais laîssipsaveç eux; ip^is je cherchai à les tli^^aper, en spngeaul qu'ils ne you^ralent probableoient .^i)c.£»ire ^^c^B u^l Sky^\ de xpk si npûs. i^Tiieodriçiii^ le .iquatrième Indien ; d'ailleurs^ j e<ais certain que. Ja conduite du cappral et du sp)ida^t de «marine ne dQui)<3raik aux. lodiensi açcqn sujeï dt; pl^te. ■ .
25vr- Yent violent du iiord-noril-ç$t, et g^^, îîpus ne laissâmes, ça partant^^que ^«it boulines à 1|^ g^rdiç 4^9 tçakkeavjjfn Lorsque nous arrivâmes près du.lae^elé, nous y vîa^ipar les traicesdetr^ {lo m mes, qu'ils l'avaient traversé pour p^gr de j'a^tree9té de is^-ri^ière. La violence du vent» )a neige ^1 le grésil qu'il chassait, lenciaient notre mari-, cbe très'péniUeÂl^ J,)£OLuil:^fd çt^^t q4ie^ue7 fois si épais» que nous ne pouviqns npos d^ ^ tioguer Içs i^né 1^ çutvef à tçès-peM ^ dis- . tance.
r Lorsque nous fûmes arrivés à un demimille des cabanes , Tlndien qui marchait • tantôt en avant, tantôt à meî> cotés, nie lit voir une flèche dont la pointe était enfoncée dans la glace. Nous vîmes aussi les traces récentes d'un traîneau^ A deux heures après midi , nous arrivâmes aux cabanes , et mes craintes ne se vérifièrent malheureusement que trop. Nous les trouvâmes désertes; il n y restait que des peaux d'orignal : une grande quantité de venaison avait été emportée à quelque dislance , et enterrée dans la neige. Des traces conduisaient dans le bois y mais n'allaient pas bien loin.
N'apercevant aucunes marques de violence, j'espérai que mes premières conjectures se réaliseraient^ et que nous n'aurions à déplorer aucun malheur. Cependant toute^i les actions de noire Indien indiquaient la plus grande inquiétude. Ën sortant d'une, cabane ponr entrer dans une autre que je jugeai plus commode , j^tvais ordonné d'emporter l^e f(Qu de la première pour en allumer dans la seconde : dès que l'Inc^en vit un de q^çs gçQs sortir pa tispn enlljammé
à la main > sa terreur, ne ôonçrut-plus.de boroés 9, et il fit tons ses efforts péttr. 1 -èmpècnér del'eiBpof 1er, s'imàginantsans doute que nous, allions incenilier les cabanes et «i^ canots qui se-irouvaientlà^ ou' enfin Id brâler lui-même. De' temps en temp$ il regarda il a travers les fentes de la cabane pour voir ce qui se* passait aa-dehors , car il n'était plttëa(oi9 6ii liberté]» et.noQa le gfâ^ ctNifns à >ne comme pnsonniëfl
îNe sachant que faire et la nuitapprochant, inon^inquiétiiëe. pètitnofès ^deo^ hdittin^ nÉe déll^rmina àrffbîre^entëndfe à l'Indien qu'il pouvait ?en aller, espérant que ses cama-* ri^desie revoyant et apprenant de lui. la ma- ' iiiteVMilëllt^liyaitététra^^ Mus renverniiept nos dêiiac/^dldilItê^iK Itoais reviendraient cux-mémes nous trouver avec 4^ bon«NM^4^^tioBS. Je lui fis dono<leii0li*- ^9iM»^ ftèsêûs, et je m'efforçai de Icii faire comprendre que je désirais que" ses compagnons revinssent /jet que j'espérais que nos Àmaftfdesne sM^^t pastoaltrcdtés. Jl soq^ lif et resta aVec nous. Il tnil ei^erdre la 1^bane, où tout étai( en conAision ^ et regjardii
plusieurs fois à Toiiest cUi lac , en nous désignant ce côté. Il nous montra un balon , et nous dit qu'il appartenait à Tlndien qui portait un grand bonnet; c'était celui que je regardais comme leur chef. Ce bâton avait près de six pieds de longueur, et était peint en rouge. * • '
Il faisait nuit, le vent soufflait avec vio'=^ knce ; il était accompagné de pluie, de gré-^ sil et de grêle. Je reconnus la nécessité de nous tenir prêts à repousser une attaque. La, cabane étant de forme circulaire , je postai une division de chaque côté do la porte , d& manière que ceux qui étaient de garde pou-' vaient voir de tous côtés. La porte fut 'boii«* chée avec une' peau , et je défendis à tout le monde de sortir. Le bruit du vent parmi les arbres , et la neige qui tombait à gros flo-* oons , pouvaient donner à un ennemi la Docilité de s'avancer très-près de nous sans être entendu. J'avais donné à rindien*quelc|ue chose en échange de son arc. et die ses flèches. A onze heures je me couchai. Je n'avais pas dormi dix iniiiutes , quand je fus éveillé par uri.cri terrible de Mathieu liughsler, qui eii
même temps se leva. en sursaut et courut à la parle* Llodieo poussa un liurlemeo t affçeoxv él, 4u 'méine ittstant^ i'eot^ndis un coup de fusil. Je ne pus m'empécher d'aJ-r Ikûr^ la promptitude de la diyiûon de garde^ (pli./ nae sçoondej se. trouva sous les*
. 'ànaes. Cet ineideel, qui levait niaoqué de devenir fatal , avait été occasibnné par un de nos gens, un étranger , nommé Jeao Gnjeiiiiew élaU sorti de cabane ^ àyérlissaol la sentinelle ; mais , quand il rentra /Je bruit' qu'il fit en remuant la peau qui. servait de .pprtey éveilla Thomas, Ta^lor , qui fit feii direetement e&té de la porte ; ©I si Hughster n'eût heoreusemeut détourné le coup en heurtant Tajlor saos le vouloir, Gnjpan^ èût infailUUeitoeot été tué. On passa la nuit à tailler des peaux d'orignal pour en euvelopper les chiens des fusils.
-a6«^ Yea^t derest-aovd-est, très-iriolentu aeco^pagné die grésil ; gelée. Dès qu'il fit jour , nous songeâmes à partir ; et, ayant
. ffaéné, 49ns. chaque cabane w nombre égsil deo6vvettafei»4è cbemises.eldepots d\é-tain , je fis çoçipreadre à Tlndi^n ^ue ces
objets étaient destinés à ceux qni j demeu* raient. Je lui fis encore quelques présens^ cl j*én attachai d'autres au bâton rouge.
Il parut entendre fort bien tout cela. Nous parthnes à sept heures du matin , dans Tintention de revenir le lundi suivant. Voyant que l'Indien nous accompagnait, je lui fis signe de se retirer; mais il persista à nous suivre , marchant quelquefois en zigzag, en avant de nous, et ajant toujours les yeux fixés sur la glace qui couvrait le lac , comme s'il y eût vu une trace qui devait le guider; il nous montra une fois le côté de Touest, en se mettant à rire.
A peine eûmes-nous fait les deux lier§ d'un mille depuis le départ des cabanes/ que l'Indien s'arrêta ton t-à-coup; il parut hésiter un instimt,puiâ s'enfuit ensuite à toutes jambes. Nous le vîmes* s'arrêter un moment à quelque- dislance pour examiner quelque chose qui était sur la glace. Il continua alors à courir avec la même vitesse, et le brôuilw lard nous le fit bientôt perdre de vue. Peu après nous reconnûmes avec horreur les corps de nos malheureux compagnons*
étètidns à ffhViren cinqiiâDte tdise^' Vuh-jSê Tautre , le ventre sur la glace, et les pieds tournés vers k rivière. Le caporal était percé d'une flèche dans* le dos;' le aoldati de tupi», en ditet^ parties ân corps. On lear «yai4 coupé la tête, et oh. les- aTait déponillés dô tôu^ leurs vélemeos. Quelques flèches bri^^ sées ^Idièfii autour- d'euxi ainsi que thi pain qti*on avait tiré de leurs hatreshcs. Il y avait peu de sang eiî cet endroit. Ge malheureux évëiietii^nt pénétra dedil^uljpQrloutel^t^ * et Stinén tôt place am «{^^"^âe^^veii^^dè*
Je voyais parfaitement qu'il ctiul possible* de suivre les traces des lodi^s ; mais pru-^ dence lïiê .dictait «ine aiirttseLfsô né pouvaisT^ douter quef -tons- nos jnouvemèns û'eusseùt été épiés, et je concevais les plus liv%8'iBqidétQdes pour les huit hommes, qui
garduidonc comme très-importà^it de ne pas perdre un instant pour les aller jejoiodre.
Je fis pren<be4<Kli{Éil^«^^ à ma troupe , j&t je la Ibrinàt en ligne de ixidrcbe, plaçant en avant et en arrièl-c ceux
qliiaffâeptites «ffiaesit jeui» ceiMce^ceui^
• Dioitize
qui perlaient des coiHelas, et leur recom-.
ïDaodant à tous de marcher en rangs aussi serrés que le terrain le permettrait.
Après avoir tourné la première pointe de terre, donnant sur la rivière, un de mes hommes s^écria qu'il Tenait de voir pa^ raîlre , derrière, la seconde, un Indien qui <ivait jeté les yeux sur nous et qui s'était- retiré aussitôt: Lorsque nous y arrivâmes, nous vîmes dés traces qui prouvaient evideninient que deux hommes avaient été €n cet eudroitet s'en étaient retirés. Nous les revîmes ensuite à une grande distance devant nous, et les traces indiquaient qu'ils avaient des souliers, ce qui redoubla nos inquiétudes. Les guides et toute la troupe pensèrent- que les Indiens avaient été aux traîneaux, et que ceux que nous avions vus descendaient le long de la rivière pour nous attirer dans quelque embuscade , car il était possible qu'un corps se plaçât dans une position avantageuse pour nous attaquer dans un passage (liQicik. Ces GO.n jec lu r es étaient probables. On me pressa de prendre la route des buis comme lu plus sûrQ^ ce qui était
vrai; mais elle était plus longue. Nous aurions perdu beaucoup de temps en marchant sur une neige épaisse at non battue, et nôu* n'aurions pu espérer d'arriver en moins de deux jours. Mou premier devoir, et Tobjet le plus important pour moi, étant donc dé* rejoindre promptementleresledemalronpe, je résolus de continuer à suivre la rivière^ D'ailleurs nous poùvions-nbus trompe^ dârîs nos conjectures, et les marques de soulier^ que nous avions vues pouvaient avoir clé produites par nos compagnons eust-méme^?
à qui kl curiosité de Voir le pays pouvait avoir fait oublier mon injonction expresse de ne pas quitter les traîneaux.
" Nous arrivâmes à midi au lieu du rendezvous; et , après avoir passé quatre heures!
dans les plus vives inquiétudes, nous fûmés bien soulagés en retrouvant tous nos gens en bonne santé. Le front de deu^ dViitré eux , encore tout couvert de suetir, nous apprit <jue c'étaient eux que nous avions^ aperçus, et' dont nous avions vu les traces^/ maisils raontrèrertt tant de repentir, quand ils apprirent leà alarmes qu'ils nous* aA^aient
occasionnées^ que je leur pardonnai, leur .
fimte. Nous n'avions d'aolre partrà prendre qoe de redescendre la rivière sur laquelle la ^lace commençait d'ailleurs à se fondre par suite d'un dégel. Noos nous mimes donc en marelie» ei, après on pénible vojagé de quatre 'joats, dans Tean et dans la neige^ BOUS rejoignîmes V Adonis le janvier.
-•«On.*ne. peut pas espérer que je donne beançonp de renseigneineiis sar les Indiens de Terre-Neuve ; mais les moindres notions deviennent intéressantes quand il s'agit d'un peuple - si peu connu , ou plutôt qu'on ùe connait.pas encore, flparatt qu'ils ont leav' demeure lixe dans ceTle île, et qu'ils n'y viennent pas pour un certain temps. Leurs CidMDes sent de différentes fomicis : nons en • vîmes de rbndes 'et * d'octogones. Les premières ne consistent qu'en quelques perches supportées par des pieux fourchus, de même • qae celles de la plopftrt deb peuplades dé TÂmérique ; elles ne servent que pendant Tété y lorsqu'ils pèchent dans les lacs et les rivières pour faire leurs provisions d'hiver.' Celles daps lesquelles je les troavai étaient II. i9
de forme octogone , et leur conrtréction tLVfdi exiger iaieaucoup de peine et de travail. Le diamètre , au mvcau de la terre, en éiait de près âè vingt^dcux pieds j an mur perpendiculaire en bois et en terre s'élevait à .quat^ pieds de hauteur, et soule- Dait de gtows perches inclinées en cône vers le centre, où elles. laîssaieni une onverture ronde pour le jour et la fumée : cédait, avec la porte, les seules ou verM^res.
Des séparations formées par des espèces de claies partaient en ligne droite â égale dis- . tance de chaque angle, et aboutissaient au.
centre : elles étaient remplies de peaux d'ofigoals bien préparées^ Le-^feu' s^iUunié an centre ; ils se couchent tout autour pour dormir, a}ant les piedjs tournés vers le centre , )et la tète on pe« éi^vée du côté dé la claie. Les cabanes étaient touvertes én:
ëcorce de bouleau , et enduites de terre en dehors; avec peu de feu , <:es habitations sont suffisamment chaudes, même pendant la saison la plus rigoureuse* Toute cette con*iruclion était faite avec plus d'art c^upu u^au-:vait pu s'^ attçndrey ^ ^
i . Leun lïdDots étaient bien cmistriiit&v ett lH>isde bouleàra , et cfmMÉ»4iiifténeor6meQÎ d'écorces bien jointes ensemble et enduites de résina de sapio. a ;i; .o ' I^Mé?/- Iiearsusleo^ilcis.fle mji|i^ >éttteirt{>«piis d'écorce de bbolea» 6b de sapin ; mais il ne me parut pas qu'ils servissent à la cuisine.
Je ne crois pas qu'ils fassent • bouillir Jeàrs «^lB^s ^.ilsles font gciUei'oimrQiiMlii»avâieat dctn marmites en fer , probablement piU lées chez quelque co|oii du .«pisioagft.^ ne sais quel usajge ils. éa .fiÔMieQt , mais^il yAiQilik%iEi^ fraude y4-*
leur; car, en abandonnant leurs cabanes, .ils les avaient emportées avec eux. Ils étaient Uien .fournis débâches , ils avaient bien soia d'eiiienlfetenir le Ut htîmmit^ p^ de même que les pointes de leurs flèches», dont nous vîmes dans un coin luie centaine^ ^ui éliûeni eftcpre toutei neu^^^ no .r^^ -.1^ y Lès ccdèns de Terre-NeuT^ ont toujours gratifié les Indiens de cette île, d'uue taille gi^pantesque» ce qui a.est pàs eii^qty jiii moins quant il ceux que nous avons vus ; cette idée M venue peut êtie de la manière dont ib
sont vêtus. Ils sont bien faits et paraissent robustes et vigoureux. La taille comnnma des hommes est d'environ cinq pieds huit pouces (i). Sauf une seule exception , leurs cheveux étaient noirs ; leurs traits sont plu» saillans que ceux d'aucun Indien que j'aie jamais vu; et, autant qu'on en peut )uger a travers la couche d'huile et d'ocre dont lU s'enduisent , ils ont le teint plus blanc que la plupart desindiens. L'exception dont je viens
de parler relativement à la couleur des cher veux était frappante; c'était une femme d'un blond cendré, ayant tous les caractères de physionomie des Kuropéens.eldontlcstrait»
ressemblaient singulièrement à ceux des Français. Elle paraissait avoir environ vingtdeux'ans.et avait un enfant suspendu a son dos. Ses manières ne ressemblaient nullement à celles des autres Indiens. Au lieu de passer comme eux de la terreur et de la suiprise à la familiarité, elle ne prononça pas un wol, et ne se remit pas de la frayeur oii l'avait jetée notre visite soudaine etmàitendue.
• (i) Mesuicd'Anglcierre. ;
L'bakUtçmeilt de ces Indieoi tonsbUtf'ëii
line sorte de casaque lâche, sans manche, ktiais altachée autour du cou poue U reté^ «lir sqv les épaules; <eUe est û ample ^oe»
quand on l'assujétit sur les hanches parons espèce de courroie^ elle est triple, et ga- «antit bien lé devant én cofrps; Ce «étetnent •esl entouré d*une bordare en peau d'orignal , de même que les bottines , les mocasaoiS0 et ^les gants. Le poil est tourné en. de^ <dàAs» et l>ztérieur «st eilduil^1»lik(Mde lerre , ee qui contfânie béattcofip à amoritr la rigueur du froid. La seule différen('e qm .se trouve dans le Oostume des deux sexesi^ Hobnsiste dans ub capuchon sur le dos des femmes, pour y porter les* enlans*. Lorsque les hommes veillent se servir de leurs arcs, ils dégagent l'épaule droite « et appinent le g[ènon droit par terre, en 'tenant knr are perpendiculairement, rexUcmilé inTérieure appujée contre leur pied gauche. Leurs flè- ^diés anuoncent un certain génie $ la pointe en'fist est tellemênt proportionnée au boid, que, lorsqu'ils manquent leur coup en tirant snrreai|> ils les pesdent pas. ËUest sur~
nagent , et les plumes dont elles sont garnies; servant do bouée, ils peuvent les retrouver cpiand bon leur semble. La poinle en est acérée , mais non barbeiée. Leurs souliers à neige, ou raquettes , comme quelques personnes les appellent, différent de tous ceux que j'avais vus. La partie circuliiire , traversée par des courroies , avait -quinze pouces de largeur sur près de trois pieds et demi de longueur avec une qtieue d'un pied pour contre balancer le poids de la partie antérieure en avant dé la première traverse; ils ressemblent assez à ceux dont nous nous servons , si ce n'est qu'ils sont plus longs , ce qui doit les rendre fort gênans dans les bois; mais , si mes conjecUircs sont justes, ils y vont peu quand la terre est couverte de neige. Quand on pose à terre cette chaussure attachée au pied , elle forme une courbe relevée aux deux extrémités. 11 est chiir qu'ils lui donitent cette forme pour empêcher la neige de s'amasser en avant du pied , dont le mouvement est, par cela même, singulièrement facilité. .
J'aurais craint d'exciter leurs soupçons en
cberchântà connaître positiven^ntlearnom^ bre; il me parut qu'ils étaient au moinstrenlecinq personnes adultes, dont deux tiers de femmes, une partie des hommes étant probablement absente. Il y avait une trentaine d'enfans, et jamais je n'en ai vu de plus beaux. Au reste , quel que puisse être leur nombre dans Tiulérieur de Terre -- Neuve , ils ne paraissent pas manquer de provisions.
Ceux que nous vîmes avaient une quantité considérable de venaison en réserve, indépendamment de plusieurs orignals tout entiers^ dont les corps gelés étaient étendus près du lac, et qui avaient sans doute été tués avant le commencement des ofelées.
Pour conserver la chair de ces animaux, ils la séparent des os, et en font des paquets qu'il»" entourent d'écorces. Chacun de ces paquets avait près de trois pieds de longueur sur quinze pouces de largeur et de hauteur , et pouvait contenir de cent cinquante à deux cents livres de viande. Les lacs et les étangs sont remplis de truites ; de nombreuses troupes d'oies sauvages arrivent tous les ans dans nie aux* mois de mai et d'octobre. L'air
robuste At ces. lodiens prouva que l'exer«
cice qu'ils sont obligés de faire pour se procurer des vivres, ue fait que contribuer à
. leur bonne santé. '
L'opinion qu'ils sont en petit nombre »
- parce qu'on en voit bien moi-os qu'au trefoÉl venir près des côtes , me paraît donc mal fondée, li est facile de conjecturer la cause qui les'empéclie de s' j montrer. Les colons pensaient qu'ils ne pouvaient faire un- acte plus méritoire que de tuer un Indien toutes les fois qu'ils en rencontiieient.- Us les for^ cèrent par là de quitter leurs anciennes de»
meures et de s'enfoncer dans rinlérieur ^ qu'ils ne connaissaient probablement qu'impftr&itementjenr principale nourriture» con* sistant en poissons et en oiseaux de mer. Probablement aussi, ils étaient alors dépourvus, des moyens de chasser l'orignal, au moins en qnantité.suffisante pour fioumir'à leursuh-*' sistance. A mesure que nos établisseniensse multiplièrent 9 et que la population s'accriit au nord dij cap de Freels> les Indiens s'éloignèrent des cAtes ; mais la même cause qui les forçait à la retrace « leur prcK
•pra almi dé oÔQTeavx moyens d'existenoe* pour contifiiier à mener une- vie ibdépen- .
dante ; car plus les colons devinrent nombreux, plus ies.péchecies augmentèreat^ el piuft le piUagte. et les naoffages'foaroirent aux Indiens des occasions de se procurer du fer.
U existe «diverses opinions sur l'oiigine 'désln^as deTerre-Nenre; les uns pen^
sent qu'ils y sout venus du continent de TAmérique ; les autres préteodeot* qu'ils descendent d'anciens navigateurs norrégiens qy'oti suppose avoir jdëcouvert cette Ile,* il y a près de mille ans. J avais avec moi des gt;ns qui parlaient presque toutes les langues de rEoropei et notamment celle de Norv^;e; mais ancun d*eax ne put comprendre un seul de leurs mots. Ils parlaient avec force et volubilité , mais leur langage me . parut , entièiemaut di£Péreiil de celui de toutes les cartes indiennes que j'avais entendu jusqu'alors , et dont les soos^ en général^ soutdoux et mélodieux. - *
L'intérieur du pays est monta^eux ; les vallées sont coupées de rivières ; d eiaogs
et marais. Les bois sool.pnncipaleoieot CQXDposés.de sapins, roogès ei blancs bouleaux et de frênes-, la plupart rabougris ; les arbres qui sont parvenus à une dimeosiofi considérable ont souvent le tronc et pourri. En avançant dans Tiotérieur, les bouleaux deviennent plus petits et moins nombreux » et Ton £nil par ne plus en rencontrer» Dans bien desendroilSt de vastes étendoes de bois ont été biélées f un nouveau taillis leur succède , et la difFé^ rence deleurcrnie pron^«€ évidemment que tous n jont pas été brûlés à la même époque ; mais aucun de ces incendies n'a eu lieii à trçnle milles au - dessous du lac. Cette remarque générale est fondée sur des observations faites sur les bords de la rivière^ H me semble que le lac près duquel nous trouvâmes les Indiens , n'a été aperçu par aucun voyageur parti de la côte septentrionale de rtle ; tout porte à croire qu'il a élé découvert par ceux qui seront venus de la baie des lies par la rivière Humber ^ ou de la baie Saint- George ^ par ipielqutf' autre vommunication ; car» dans la .carte ..de Cook
et de Lane , publiée pariauriê èl WitÛe , en mai 1794 > on trouve un lac qui, d'après {esdistaoces et toales les indicalions, me paratt être celui sur lequd nos deux maU heureux compagnons perdirent h tie. .