‹ HIstoire Chromologiue Des VoyagesChapitre 22 sur 30 · II · texte numérisé non relu

II

d'autre» poissons , béaocoup pin» gntA taie beox <i«e l'ou trouve daos les autre»

oarlies de cette mer. Non» nîmes passer pw»

de nous uo grand pàaAn d'«iormç»

t>oi»ionsqui se rendaient deU mer d. «d $i,s" celle M nord, entre autres des ba^ leine», de» nuwomi» et d'autre* «ftoosUe»

U détroUd'Anian a quinze lieues de loi»coeur $ on -peut le passer, avec une marée , durant s« heure» , et cé» marée» •ool^ nmàea. Ce passage a six détoitrs et de»x eatrée» qui 'oat.du nord au sud; )e veux dire quêteur ^semeiit est an nord et an sud.

L'entrée du nord, par la<p»dl»^ V^^ Oao», n'a pas un demi-quart de tacrie largeur, e»d. chaque côté est une chaîne de montagne». BWsoelU» d« oftté 4f HAm

K,nt plus hautes et plus escarpée» 41»

.BWW, et eUe» se rétrécisseut à la base , de

^^M. mie ce ooi tomberait du soromel marnera cpw w» i"* . , , , j.^

ne pourrait toucberao pterf-I-»»»^*»'»»

la mer du sxfà , près du havre, a ?»«» *•• -«irt delieu..de largeur, et alors le détroit „read uBe dirwtioa oWilwr «» 4*

( 3o7 ) • rmlîeu du détroit, à la fin du troisième dé- . tour, est uue îie formée par un j^rand rocher, de trois estadas de hauteur plus ou moins; et, comme il est de forme ronde, le diamètre doit en être de deux cents pas. Il est à peu de distance de la rive asiatique ; ^ mais , de ce côté , la mer est pleine d*écueils et de récifs, et n'est navigable que pour des baïques. La dislance entre celte île et le coolinent de l'Amérique est à peu près d*UQ quart .de lieue. Le canal est si profond en . cet endroit, que deux ou même trois vais- , seaux pourraient y naviguer de front. Mais la terre de lautre rive forme , en face de l'île, un promontoire, de sorte qu'on pourrait construire deux bastions qui mettraient le milieu du canal à portée du mousquet. Sop cette île ou sur les rochers, et sur la rive opposée , on pourrait élever, comme je viens de le dire, deux bastions qui, avec le secours de l'arlLllerie, défendraient le passage du détroit de la manière la plus certaine. Si •les courans n'étaient pas si violens , on pourrait y tendre une chaîne qui serait d'une .^^rande utilité, et même, dans l'état des

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Digitizec, , , v .oogld

( 5oS )

ehoMs/ nooi ipoornons iaire on- OQTriige assex fort pour iwster air courant.

• La forme de ce détroit est telle, qu'au lUQjen de trois toiups cuoimuniquaut Tuoe .

avec l'autre , oo pourrait voir jusqu'à treuDt lîeucs ' dans • là. mer )da nôrd y etf par dea signaux, on donnerait avis aux bastions et

. aux forteresses du havre de i approche. des bfttimeus qbise psésenterateoti desovte qu'il serait lacile^é les- empêcher d'entrer daiis le détroit si n'étaient des vaisseaux eupeuiis. n ae a'a^iraiti{ue d'avoir toujours deux na- TÛrtedaos le havre pour cPCMser le çhemio à tout bâtiment qui voudrait passer entre lei . deu:i& bastions -, et s'il était obligé d'attendre ki marée , ih pourraietit «le rMurder et l'emkrtassér» taudis 'que Tarlilleffie dé$ faHé* jsiesses le canonnerait et le coulerait à fond ; car ilfautiaire attention que, quoique *plu« sieurs !raiaseainL poîsseiit -se Jpréseoter eli . même temps , il n'en peut pas entrer plus de deux ou troi^ àia ibi& daos le détroit, -i - fii.nonS'^oidkmexfmrlaimémeaarT^^^ lan^t sjur la mer» du.-8iid , ce que je oe crôia

. p^ts nécessaire quaal a présent^ le détcoil

offre deux hautes mootagnes , Tune sur la côte de L|Asie, l'autre sur cellede F Amérique^ qui ont vue l'une snrranlre,et qui, joignant la forteresse et les tours ^ et commandant les deux cotes dans une direction opposée ; pourraient donner connaissance de tous lea -bâtimens qui navigueraient dans là mer da sud* Par ce mojen , le détroit serait pariaitemedt défendu; les Ëspagnpls sebls povr^ Taient y passer, et iouiraieni des 'grands avantiiges qu'il préseule; car, bien certaînement, ie ne cono^ aucun endroit dé-t «ouvert* jusqu'à présent qqi offre unecoinf munîpaHon si facile 'avec toutes, les parties du monde ; de ce détroit nous pouvons fieiire Tcnle* pour^tous les pays, et par conséq«ent''noos poorons présuiiier. qu'avec hi temps cet établissement de viendrai t^ riche Cîl puissant. • " •

L'entrée da détroit» du colédu nord > est trèsi-difficileà découvrir, parce que la côte* va de Tist à Fouest, et que les Jeux terres qui le lormeot y sont. lrè»-voi«ines l'une de^'aui» tre ; et comme celte entréè et les détours f ne. forme le détroit vont du nord^est ao

(Sio)

and-ouest, comme je l'ai déjà dit, on i>t p«iH l'apercevpir dii large y el, pour cette msm»il oW pas éloiiBaiit qu'il ab échappé

aujc recherches de ceux qui ont tâché de le découvrir. Quand nous y arrivâmas> nous ae Fapei!çâtiaea|ias «urJeH^bafliip; nous fâr mÈts quelques joim à •mr eo montaot et • des.cendant le long de la côte , sous la di" * FeciitQo du pilote Juan Marûoès, qntif d'Aï-» |facre».vieilJard pleÎD. d'rapérienee. Je Tiau cependant qu'il ne connaissait pas ces montagnes (dont ^e fis un plan pottr ta en «etvir pour: «A: astre vojrage, ai j'en entrèprcnda»^ im accoad y ciMune î'en ail le projet) ; car» quoique nous sussions que ce détroit devait se trouver par &>" de latitude > sur ceâie côle élendoe qui va de Test à Toiiisst, IIOUSi ebDçàines de grands doutes^ attendo-que ce pilote, d'après les calculs qu'il avait faits d0 ht marcha du vaisseau, crojait que nous en élioaa encore ékngoés de cent lienet» tandia c|iie je pensais que nous en étions très-près^ coD^àe eeia se trouva vrai ; car, étant dana m canot^ et .eôlojaiit le Hyi^» le némo eautaot m'eatiraiBit dapa le'détreit> et ce '

• ( 3ii )

fnl ainsi que je le découvris. Ce qui me fît présumer que nous en étions très- proches , ce fut la force des courans que nous renconlrames , qui venaient déterré et qui j retournaient; ils étaient si forts que, tantôt , lorsque nous étions en pleine mer, à quet* que dbtance de la côte, ils nous entraînaient vers le rivage , et tantôt, lorsque nous rangions la terre de près, ils nous rejetaient en pleine mer.

Près du détroit, sur la côte de l'Asie, est une montagne très-élevée , dont le pic est de couleur blanchâtre. Ce pic est escarpé et paraît inaccessible. Sur le sommet sont trois grands arbres bien séparés les uns des autres, que Ton aperçoit très - distinctement ' quand on les voit du côté du nord. Des deuxcôtés de ce pic, les montagnes présentent"" 1 apparence de deux ravines , et il est aisé de les distinguer. A une lieue de l'entrée diit. détroit , à Touest , est un rocher haut et es-^, carpé, qui est entouré par la mer; et, à la marée basse, je crois qu'il peut être à quatrepicas de îa côte. A Test de Tenlrée du détroit, est une graude et belle rivière d'eau

cMuoe, ^«pitrlès^mes sost ganûei 4 'arbces ; «I fyè nous primes de Teau pournolre y9\'^

seau. Nous y trouvAmes aussi une bonne, baie. Les monta^^iies qo'oQ voit an Dord^ sur heotedei'Asie^ sont trttsH^bvées,; ^ jj^tleisTOÎr de la'mer da nord ; elles sont?

couvertes de grands arbres qui seaibliint étoe' def pins pour k. plus fraude partie^ Qellei qu'on voit sur la côle de rÂmérique:

sont moins liantes, et les arbres cjui s'y trou-v Tent sont moins grands ; mais d aucun . des^ dtoux c^tés^oa ne voit d'arbres à fruit • • * Nous resUâmes dans lé havre, . • noua, jelâmes l'ancre , c'est-à-dire dans celui qui est situé a Tent^éesud du détroit ^ depuis comuiencéni^nt d'avnl jusqu'au "milieu deo juin. Un g-rand bâtiment du port de huit:

cents tonneaux y arriva de la mer du sud ,i afin de passer le <lélroit , ce qui£(:^|He jious^ i ' nous nihnès sur nos gardes; mais nous i finîmes par nous entendre, le capitaine) s'étant montré .disposé à mus donner un|i > parûe^dés marchandises qui composaient sSkt cargaison*, consistant principalièknent en 4xbjets. seAiblables AcQuii; qi^^ou l^e de. la

Chine , comme des brocards, de la soie , de* la porcelaine . des plumes, des pierres pré -, cieuses et de l'or. Ces commerçaos paraissaient être lianséatiques , liabiUnt la baie de Saint-Nicolas ou le port de Saint - Michel.

Pour pouvoir nous entendre y nous fûmes obligés de parler latin , ceux de noire équipage qui connaissaient cette langue s'en servant pour parler à ceux d'entre eux qui la comprenaient. Ils semblaient être non ca-î^ tholiques, mais luthériens. Ils nous dirent qu'ils venaient d'une très-grande ville qui était au moins à cent lieues du détroit; et| quoique je ne puisse m'en souvenir parfaitement, je crois qu'ils lui donucrent le nom de Robvy ou quelcjue autre à peu près semblable. Ils nous dirent que cette ville avait un bon port , qu'il y passait une rivière navigable , qu'elle faisait partie de la Tartarie et appartenait au gtand Kan , et qu^ils avaient laissé dans ce port un antre bâtiment de leur pays. Nous ne punies en apprendre davantage de ces gens, car ils agissaient avec beaucoup de circonspection ^t peu de confiance, attendu que noys leur

iDSpirionft lies craintes. Noos nous séparftme»

donc; et , les ajant laissés près du détroit, dans la mer da nord , nous mîmes à la voile* pour i'Sspagne. Notre motif pour lés croire bànséatiques fut que comme ib demeurentsous le 72® de latitude , il leur est facile et fort avantageux de passer par ce détroit.

Ayant ainsi détaillé toutes les particnh- rites de notre voyage et les inconvéniens " qui résulteraient si Ton n'y donnait aucune suite, il parait convenable de donner rnie idée des choses qui seraient nécessaires ^ quiconque voudrait en ireprendre ce voyage^ et des dépenses qo'exijgeraieiat ses prépa:* ratifia

£tat des choses nécessaii^s pour le voyage^ . eldes dépannes qu'il occasionnerait.

n £aut d'abord équiper trois vaisseaux» dont un de cent cinquante , et les deux autves decént tonneaux cEajcno ; il fiiut qu'ils scnent construits et que le fond de cale e»

soit distribué coniormément à un plan qui sera donné en temps convenable* Far £e

moyen on peut empêcher un vaisseau de coulep à fond , quand même il aurait une* voie d'eau dans ses fonds , parce qiie l'eau ne^remplirait que la division dans faqndle cet accident serait arrivé, sans que les autres s'en ressentissent» atlendo que ix>utes seraient calfatées^ En supposant niéhie qu'il arrîfàt> quelque dommage au corps du bâtiment, leau en sortira par où elle sera entrée , ce dont je sois çonvainea , parce ^oe j'ea ai -Ait rexpérience snr le bÂtfmeat dent fe mt' suis servi pour mon voya^^e. Ces navires devraient être à côtes croisées, doublés ea plomb, *^nib d'an gtàwà oombire de vss^et* d'écroHs, dont la téte serâit enfoncée au niveau du bois, à fond plat et bien lestés.

Ains» construits » ces bâtimens seraient bons Toitiersyd pourraient-seironvér sans përft près d'une cote sous le vent, ce qui est le plus grand danger auquel un vaisseau puisse être CKposéf Si par basard tb vienneni'i* tomoher sm un banc de sable» ce qui peat arriver quand on parcourt des terres inconnues, ils se d^ageront pins (acileœent qne ^es vaisseaux ordinaires , parce qu'ajantio

ft

fyoâ/phâ f ils ne serenvefseroiil pas et ponr-

ront espérer d'être secourus par leurs compagnons, qui seraient au brge.

• Il conviendrait aussi d'avoir deux cha-t loupes , dont une compIctenieiH équipée, et Tautre prête à l elre en cas de uécessilê, si l'on .venait à peitire - la .première. EHes de^ vvaient êtres munies ^le .rames , afin de pourvoir plusaiscinenl s'approcher des vaisseaux par tous te le m ps, «et faire tout autre s^rjvice> qu'on pourmt attendce. d'elles | car. >éelte «^lilofipe doit côtoyer le rivage en vue dicsr trois bâtimens, qui doivent toujours maroher à quatre Ueues <)e« distance l'un de> Failtre ; elle est aussi destinée à léurdoonet» avis de toutes les circonstances remarqua-* bies qui peuvent arriver sur la cote. Il est donc nécessaire que* soa eommandafit soil^ aa homnie întelli^nt , courageux , prudent et di^ne de confiance , et il faut qu'elle soit,, assez graud^^pour contenir , en cas .de besoin » vingt tQiukes d'eau. L'équipezneordek ces trois vaisseaux et des deux cbaloopèa.

prêts à oieUre en .npier^ coudera bu.it uiilk:

1F Je conseillerais aussi de placer sur ces bâlîiuens six grosses pièces de canon et douze petites ; car ces vaisseaux, devant être forte- * ment construits, pourront les porter. Ces dix-huit pièces de canon , qu'il faudra répartir entre les trois vaisseaux , couleront quinze cents ducats. Il faut aussi deux cents mousquets à trois ducats pièce, ce qui fait six ' ^ cents ducats. Plus, pour le cas d'un débar- • quenient , cent cinquante arquebuses à deux ducats chacune , coûteraient trois cents ducats. Lés piques , la poudre, les balles , les: boulets , les cordes, les pompes et les autres munitions reviendraient à sept cents ducats.

Il faudrait trois pilotes prudens, actifs et espagnols , avec leurs aides et vingt-quatre bons marins qui seront repartis sur les trois vaisseaux, qui acquerront <le lexpérience ^ans ce voyage , et qui pourront être ensuite employés comme pilotes de ce détroit.

Enfin il faudrait deux cents hommes , la , .

plupart marins, s'il est possible, parce qu'un marin peut, au besoin , faire les fonctions de * -

■soldat, et que jamais un soldat ne peut s'acxjuiller du devoir d'un marin. La division-ea

serait faite ainsi qu'il suit : quatre-vingts pour fe vaisseau du capitaine, cinquante pour - chacun des deux autres, et vingt pour la chaloupe, afin que, si l'on a besoin de se servir des rames, il se trouve des bras prêts à les faire mouvoir. On peut les payer par année, les pilotes à raison de mille ducals, et les deux cents hommes à raison de quaranle-huil , ce qui ferait neuf mille six cents ' ' ducalspour un an. Et comme parmi ces deux cents honmies il doit se trouver desofllciers expérimentés, marins et militaires, il en résultera une dépense additionnelle de trois mille ducals par an. i - Il faut aussi un approvisionnement de cables , d'ancres, de biâs , de poix, de chanvre, 'de voiles , d'outils, de clous, de feuilles de •plomb pour réparer les dommages qui peu- -vent être occasionnés par le canon des en- • Demis, ce qui coûtera quinze cents ducals.

. ; Il faudra encore pour deux cents ducats ' de bougies pour les lanternes des capitaines et du commodore. Cette quanlitésuflira; car, dans ce voyage , les jours sont longs et les nuits courtes, et il \\y a nul doute que,

fîeodant plQ«îaMrs îp^n^ on ne perdra pa» .

le soMi 4e m. .

n fiml dnlriboer sur les Uoit vaisseaui:

pour deux cents ducats de drogues; et, 40O«aaie sur mer toql e»t ioceiiitude, il sera bott ^'emporter 4» proTisions pour deux ans , car le Tint an moii» pourra servir au retour. Ainsi^ comptapt les rations le pied d'Msage , U iaudcai ,/poqr ]|w troi^ .isada-* «eaux , deayL oûHe deux cenit quintaux de biscuit, qui, à raison de quatre ducats le

. quintal, coûteront huit niilie buÛçeuU du^ «ats; et» comme le biscuit peut se^gAter,^ que ^l'équipage souffrirait beaucoup vs'il ep était privé , il sera bon d'emporter quatre €euts.quintaux. de ijpinnc qui j à dem ducats le quintal, €OÙteroi|.t huit cents <4ucats..X4«B rations de vin pour deux ans monteront à neuf mille cent vingt-cinq mesuras de trente-

. 4enz pintes» qui, à Jraisoa de six- t^qxJs pinte f côAteropt quatre nuU^ ^euf. cent soixante-dix-sept ducats.

Bœuf salé, l^rd» poulets pour les nuK lades , deux mitta cinq fsenlsdlucats ; poisson ^c, quatNoents^ huile, vinaigre^ légumes

quand, en agissant ainsi, il serait en leur pouvoir de nous nuire et de nous l'aire la guerre; et, ce qui est encore pire , s*ils se rendaient maîtres de ce détroit , ils dévoueraient sans doute au diable les meilleurs Jfruils de ce royaume, les ames des naturels, en disséminant parmi eux leurs doctrines perverses et corrompues.

Nous courons tous ces risques en négli-

• géant la navigation de ce détroit, et en lais^ sant ouvert à nos ennemis un passage par où ils peuvent venir prendre possession de tous ces royaumes^ et. ils peuvent le faire avec encore plus de facilité depuis la découverte récente de la terre australe; car c'est une contrée si vaste . si étendue ( suivant ce qu'ils disent eux-mêmes ) , que quiconque en sera maître, le sera aussi de

t toute la mer du sud. Or, si, malgré la longueur de la route qu'ils ont à parcourir oa doublant le cap de Bonne-Espérance, nos ennemis ont trouvé moyen d'établir dans riudo et dans ces parties du monde six fac- ^^toreiies, et, à ce qu'on dit, de construire buit forteresses dans l'ilt' de Tirnati, au

grand préjudice des territoires de Votre Majesté i il est aisé de voir que s'ik décov» iraient on passage si court/ mi havre si commode , ils pourraient nous faire encore plus de mal.

Diaprés ces motifs , il est donc plus raisonnable de faire attention aux pertes que nous pouTons essuyer, si nous négligeons de nous.emparer. de ce détroit et de le fortifier» querde songer aux dépenses quécé voyage occasionnerait; car quiconque désire exécuter un grand projet » doit se soumettre ^ de grandes dépenses els'exposer à de grands périls. Enfin , si Votre Majesté obtient ht souveraineté des mers, elle obtiendra aussi celle de la- t e r r e y si n o n il nous sera difficile de conserver ce que pous possédons déjà* Je parle de cela en homme qui a beaucoup d'expérience dans les affaires navales , et . qni sait apprécier toute la valeur de la soa- Teraîneté des merà, sans laquelle il est impossible de s'assurer Fempire de la terre.

Ces dernières raisons suffiront pour ceux qui s'entendent êiî affaires d'état. S'il en est quelques-uns qui négligent leurs devoirs

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qu'ils s*éveillent et qu'ils se mettent sur Icuri gardes « car je soupçonne que nous avôoi bien des ennemis secrets et déclarés qui ont

plus d'un motif ponr souhaiter des raaU hejurs à rËspagoe. Et que personne ne dise, comme je sais qir'on Ta fait ^ qu'Ali nj a point assez d'argent pour de telles entreprises, et que Votre Majesté est pauvre. Si quelqu'un |>eut alléguer de tçls motifs, et qu'il voie son roi dans .le JMSoin , qu'il lui tasse part de ses richesses, et qu'il n'oublie pas qu'il yaut mieux en diposer de cette manière,^ que d'être privé de toutes ses possessions .par Tennemi dans quelque temps à yenir.

Quelques sommes . qu'il dépense de cette manière > l'homme qyi essaiera de mettre à exécution une entreprise si hasardeuse, ris* quera beaucoup davantage; car^ moi qui suis marin , je n'ignore pas de combien de . dangers elle sera accompagnée* Geiui-Jà seul pourra en rendre témoignage , qui ëprou- • vera la violence de la mer du nord et les tempêtes qui troublent .se^ eaux.

; Sans dpute» en partant avec trois bons vaisseaux > tels qull les, faudra -'pour ce

âi ;

nrojragè » il u'j a pas de fiïàtib pour crainte li^iner, quelcpiè orageuse qu'elle puisse éire.

Mais il faudra côtoyer le rivage pour les motifs que j'ai déjà déduits ci-devaut^ ^ c'est ce qu'il j a de plus dangereux sur «ne pareiHe mer ; si daftgeirelix, qu'il tt'tfiÂsfe pas un marin qui né frémit eu j .songeanl.

'Je/peniste donc ^ue s'il sé trouvé quelqU-'uii 'qui veuille Fentreprendl^ y on féra blefi 4^ ne pas le perdre de vue, car on peut lr*ouver un homme qui Veu charge » mais je «doute qu'il's'en présente deux.

' n faut aûâsi qu'on sé soûyieilne qué de •tels y o)^ âges ne sont d'aucun profit à celui ^qqi leS'Cîitreprend , et^u'àu con traire ib ne %ont '|^ôWtu^q^^ûh6 s6n^ de peines et de désagrémens. Quant aux pr'ôfîts, je ne sais si le premier voyage pourra en produira , ^t nous ne pouvons être àssiii^s que iios eof^ -nemis n'aieht pas décôiivert de passage btt '. "qbélque autre qui conduise dans la mer du 'sud parce que nous savdns qu'ils sont grands marins ;ddssi;entré(iitenâns queinoi, 'au^î diispOstés à se jeter tété baissée au milieu '^e^ daugeis. Je vous rëpi^.te, 6ire^ comuie

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je l'ai appris du capitaine Balthasar de Tnst» résidant à Fonlarabie, par une lettre quHl m'écrivit à ce sujet le 6 juillet de cette année 1609, que le désir de découvrir ce détroit est si grand , que les Français ont formé un établissement sur les bords du fleuve du Canada , qui est à trois cents lieues de Terre- Neuve, dans Tespoirde découvrir de là uo passage dans la mer du sud. Si je, fais mention de cette circonstance , ce n'est pas que je croie vraisemblable qu'ils en découvrent un , car il est impossible que ce fleuve aille plus loin qu'à cent lieues .. puisque j'en ai côtoyé la plus grande partie en chercbant à découvrir la côte de l'Amérique sur la mer du sud, et que je n'y ai aperçu ni détroit ni fleuve qui fut de quelque importance ; mais j'en parle pour que Votre Majesté voie avec quel soin nos ennemis mettent en usage tous les moyens possibles pour découvrir un passage»

Que Votre Majesté me permette aussi dp lui conseiller, si elle voulait envoyer une expédition pour faire un autre voyage de découvertes, de le faire secrètement, et d'ar-

ranger les choses* de manière que les capi*^

taines eussent ordre de n'ouvrir leurs iiistruclioDs que lorsqu'ils seraient à quarante lieues en mer. Au moyen de celte précau* .

tion , nous pourrions tromper l'espion , en supposant qu'on veuille pénéUer nos des* seios } et , s'il platt à Dien que nous, retrou-* viens ce détroit, il serait bon de le fortifier dès l'année suivante , parce qu'il est inipos-^ • sible que parmi l'équipage nombreux qui estindispensable pourcette expédition , tous soient assez pmdens; tous gardent assez bien le silence pour que ce vojage ne soit pas bientôt rendu public ^ ainsi que les décou»

vertes qui en auraient été la suite ; et si nos ennemis viennent à l'apprendre > ils peuvent eux-mêmes chercher ce détroit, le trouver ei le fortifier de manière ' qu'il faudrait des troupes nombreuses et des dépenses très-oon»

sidéra bles pour le reprendre sur eux. Il seriiit donc convenable d'user de la plus grande circonspection, du- moment où l'expédition mettrait à la voil^ pour fiiire cette déeoii* verte.

Qopié sur le manuscrit original ia^^^^

(Sa?)

(probablement celui de l'aiiteur) , étant en la pos^s&ion de Son Excellence le duc rin&ntado^ La carte et les esquisses opt été copiées sur le méine manascrit » et j'ai cok» lationoé le tout avec attention.

JuAB. Bàutista MuHoir* Hadrid> 24 mars 1781* .

FIN DÛ IWUXI&MB 'BT OfERIBR VOLVMIE.

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