‹ HIstoire Chromologiue Des VoyagesChapitre 21 sur 30 · N.° II · texte numérisé non relu

N.° II

jRelation de la découverte du détroit ^f^nfan, faite par moi, capitaine Laurent Ferrer Maldonado , Van 1 688 , dans laquelle on lit le détaU du -voyage , la situation du détroit'^ la mamère dont il dôit étreford^ fié y et enfin les avantages de ce passage , et les périls gui en résulteront. si Ifon n*eM

' pf^ofite point.

SIRÈ,

D faut premièrement établir les âvaniages qi>i peuvent résulter du passage du détroit *. d'Anian à la mer du sud.

Ayant bien considéré la route qu'on a suivie jusqu'ici pour aller aux Philippines, à la Chine ^ au Japon et aux autres parties de cette mer, on voit d'après des cartes exactes y que le voyage sera abrégé presque de rnoilié eu passant par ce détroit. On s'en

convaincra aisément par l'inspection d'un globe terrestre ou d'une carie iiyaot le pule au centre, quoique ce soit moins évident sur ane carte ordinaire qui représente le degré du méridien au pôle comnje aussi large que sur la ligne équinoNiale , et par conséquent , sur une telle carte , une route ne paraîtra.pas plus courte que l'autre. Celte théorie a peut être besoin de démonstrati(m , mais il est inutile de s*en occuper ici; il suffit de dire qu'en passant par ce détroit, on épargne à peu près la moitié du chemin.

Outre cet avantage , cette roule en ofi're nn beaucoup plus grand ; c'est qu'après

'.«voir mis en îner, un vaisseau peut aller directement d'Espagne aux Philippines ;

. maison n'abrège certaiuement pas le voyage quand il est nécessaire de débarquer dans la Nouvelle-Espagne , et de faire cent cinquante lieues par terre. Il arrive de là que le plus grand nombre de ceux qu'on envoie comme recrues dans ces îles, restent dans la Nouvelle-Espagne, soit épuisés par les fatigues du voyage, soit attirés par les charlaes de ce pays.

Un autre grand avantage encore» c'est que Votre Majesté, commeTooint avec toales les épiceries des BIoluques , de rAroUpel et

autres endroits , pourrait , par le moyen de ce dé iFpit f avoics P^us faciiemeni possible» la piossessioiv exclusive de cominerGéi et^feii en renfermant les produits dans les magasins de Séville , ii rapporterait plus de cinq millions par an , en obligeantlieiiMneup de nations à venir en Ëspagne ponvaé^pi^ curer ces denrées, en retour desquelles elles apporteraieqt en abouda^çe tpuice qui^ut être nécessaire à votre .royaunièy et iV>à»ne sérait plus forcé à exporter l'argent qui vient tous les ans de l ltitle, ce qui reud le numéraire si rare eu Espagne. ^ ; . .>

Il Xaut songer itiirgi jn*nn.4piiii^i jiig^cit détroit , ilestèn notre |>onvoîr d' empêcher

le commerce entre la Chine et l'Inde, et de le faire passer entre nosjBains» ce qui $'<^ tendrait aussivaua Philippines et «quk aiitres régions rde cette partie du monde; carie couimerce de la Chine avec rinde.aété trèsd^a^geux k XJ^^j^n^t^fmq^^ troé une grande jpM^ ^ commerce que

* Digitfeed by

. • (287) nous avions coutume de faire. H est démon- *. tré que c'est la cause qui a lellement diminué * kf commerce de Votre Majesté, que , laut que la Chine et les Philippines feront avec rinde un commerce si étendu, il nous est impossible de maintenir nos possessions dans ce dernier pajs , comme il faudrait le faire pour résister à nos ennemis qui sont nombreux ; d*où il résulte qu'elles doivent décroître et se réduire à rien. Au contraire , en ouvrant la navigation par ce détroit , elles augmenteraient tellement en population, en richesse et en puissance, qu'elles attireraient des flottes de bâtimens marchands en aussi ^rand nombre que celles qui vont dans rinde , et ces flottes rapporteraient en Espagne , en grande abondance et à un prix fort modique , les productions de la Chine f de la Tarlarie et d'autres pays. En or seul ^ nous pourrions obtieoir deux millions par an, dont nous retirerions un grand profit, puisque l'or, en Chine, a une valeur moindre de moitié qu'en Espagne. Ajoutez à cela que nous pourrions nous procurer beaucoup d'autres objets utiles qui nous sont fournis

maintenant par nos ennemis iiiéilietqiri par-là •s'eniichissent à nos dépens , et puisent dsn4

' notre sein des forces pour nu us iaù e la

* guerre. - ' . • •

ïlestavssi d'une grande ÛBpoHance de garèir.iCes possessions de soldàts^ pbuT'ies

défendre. Nous pouvons le faire avec une gr«u)de facilité par Je moyeu de ce détroit», et -empéclier^nos ennemis de s-'en rendre maîtres comme ils pourraient le ^ire si elles manquaient de forces et de secours. Enfin , Pieu ayant bien voulu nou.s oiQ&ir, par la:

d^écouyerte de ce déirbic, une occasion de convertir les babîtans deeétle contrée, pour les ames desquels il lui a pin de mourir^ cet avantage , s'il n'est le plus grand de- tons , iil'est oertainemeni pas le motridre.' . On pourrait présenter encore bien dauti^es raisons en laveur de la navigation par ce passage; mats le plus essentiel est de démontrer les inconTénieosijui ieiésnllêcaien si nous négligions de reconnaître et de fortifier le détroit d*Anian ; cai: son existeocene peut plus être révoquée en doute » poi».

que je jcesUfie f avoir vu moirmè^ne. Or, oa

conçoit aisément combiea il serait malheureux qu'il fût découvert et fortifié par nos ennemis, qui font les plus grands efforts pour j parvenir; car noussavons que, Tannée : dernière (1608), les Anglais ont envoyé ua ▼aisseau pour le chercher. Si nos ennemis Tenaient à s emparer de ce détroit , le tort qu'ils nous feraient serait d'autant plus grand que ce détroit, étant plus près d'eux que de i^Hous, ils pourraient plus aisément j faire passer leurs flottes qui, se divisant par escadre de trente voiles, se rendraient maîtresses »^de nos possessions de la Nouvelle-Espagne ^•ct du Pérou , où, annonçant aux Indiens ■qu'ils jouiront de la liberté de conscience et de la liberté civile , il est probable que ;tous, ou du moins la plus grande partie d'entre eux , se déclareraient en leur faveur. Par là, ils se fortifieraient dans ces mers à ua tel point que, ne pouvant y envoyer de pronipts secours , nous pourrions être privés à jamais de nos possessions. Ce danger est tellementà craindre que, si nous n'étions pas assurés par nos propres yeux qu'il existe un pareil détroit pour conduire dans la mer II. ij

du sad,i.jQous devrions le chercher a?eo; graad.soip^ afin de le fortifier , ou bien pour nous' assurer positivement qu'il n'en existé points et être bien certains que nous ne % devons pas craindre un tel danger. Au reste, qu'il me ^oit permis d'afouter ici que^» si DOS ennemis ne nous ont pas occasionné de « . grandes pertes dans la mer du sud> des^ ; parce qu'ils ne possèdent pas un port 4'une telle importance que celui du détroil d'A*^* nian. • ;

Maintenant que j'^i reçu ordre de Y/otre Majesté et do conseil- d'état^ de ' rendre* coin p te de ce voyage , et de la manière de. fortifier ce détroit, il convient aussi d^indi* qoer la-route qu'il faut suivre » ainsi que la situatiott de ce passage avec toutes les cir» constances de mon voyage, en commençant par la navigation. Tout bon maria , Qn faisant attention à la relation qui va suivre »

sera en état de trouver aisément ce dé- .

* troit.

' En partant d'Espagne p supposons de lis* Bonne, il ftut se diriger vers le nord^Miest pendant quatre cent cinquante lieues. Lors*^

( SQT ) .

que le vaisseau sera arrivé sous le 6o.« degré de latitude, il trouvera l'île de Frislande , autrefois appelée File ou Fuie, C'est uneîle un peu moins grande que l'Islande. Delà il faut gouverner à l'ouest, en suivant une ligne parallèle au Qo ^ degré, pendant cent quatre-vingts lieues , ce qui conduira le navigateur à la terre du Labrador, où coiri-" mence le détroit de ce nom , ou détroit de Davis. L'entrée en est fort large , d'un peu plus de trente lieues sur la côte du Labra-.

dor, qui est à l'ouest. La terre est fort basse ; mais, du côté opposé, on voit de trèshautes montagnes à l'embouchure du détroit. Là, on verra deux ouvertures entre lesquelles sont ces montagnes élevées. L'unese dirige à l'est-nord-est , et l'autre au nordouest. Il faut laisser la première , qui est située à droite, et tournée au nord, parce qu'elle conduit au Groënlaiïd , et de là à la mer de Frislandow Entrant donc par l'autre ouverture , et tournant la proue au nordouest, agrès avoir fait quatre-vingts lieues dans celle direction , le vaisseau se trouvera par 64** de latitude. Là, le détroit se dé-

tourne au nord pendapt cen^ vingt Heue»

jusqu'à 70". Alors il se dirige de nouveau vers le nord-ouesl , et continue dans celle 4irection pendant quatre-vingt-dix lieues , après lesquelles le vaisseau sera par 75*». Il aura alors traversé presque tout le délroil ' de Labrador, qui commence au 60/ degré et finit au 76.% ayant deux cent quatrevingt-dix lieues de longueur, et faisant trois •i^étours, le premier et le dernier du sud-est au nord-ouest, et celui du milieu du sud au nord. Dans quelques endroits il n'a pas vingt lieues de largeur, et dans d'autres il en^ a ^ ^ plus de quarante. Il s y trouve des porls , des baies et des havres qui peuvent être utiles eu cas de besoin. Les entes paraissent habitées jusqu'au 73/ degré,' car nous vîmes de * la fumée de différens cotés. •

Quelques personnes ont pensé qu'il est impossible de naviguer aussi près du pôle.

V A cela on peut répondre que les Anséa- ^ tiques vivent sous le 72<> de latitude, que l^fès de mille bâtimens marchands entrent tous les ans dans leur port, c'est-à-dire celui de Saint-Michel, et dans toute la baie dé

(295) « Saînl-Nicolas,el que, pour entrer dans la mer de Flandres, il faut nécessairement qu'ils remontent jusqu'au 76™'. degré. En sortant du délroit de Labrador, nous commençameg à redescendre faisant route à louestsud-ouest au sud-ouest pendant trois cent cinquante lieues, après quoi nous arrivâmes sous 710 de latitude, et nous aperçûmes ime côte fort élevée Siuis pouvoir découvrir si elle faisait partie du continent ou si c'était une île; mais nous remarquâmes que, si c'était le continent, il devait être en face de la côte de la Nouvelle Espagne.

De cette terre, vue sous 710, nous continuâmes notre course à louest-sud-ouest pendant quatre cent quarante lieues, et nous * arrivâmes au 6o^ degré, latitude sous laouelle nous découvrîmes le détroit d*Anian.

Il faut donc se conformer à la marche que j ai suivie, au moins jusqu'à la Frislandè; car je mis à la voile de Baccalaos pour chercher cette île, afin de me procurer les provisions et les choses qui me manquaient et que nous obtînmes dans quelques îles qui en sont voisines, et qu on

nomme Zéîandillas, Elles sont au nombre .de trois. Une seule est. habitée; ies aiitree servent pour &ire pâturer les bestiaux des

hiibitaDS du pays qui sont presque saui^ages» quoiqu'ils paraissent catboliques» ob .do moins cbrétiens.

Pour en reivenir à notre voyage , je dirai qua mon avis il serait plus prudent, après être sorti du détroit de Labrador • de snim la côte opposée à la Nouvelle Espagne , et cela pour deux misons : d'abord pour découvrir la population <^'eUe contient» et ensuite po^ chercher les provisions el toot ce qui peut être nécessaire aux vaisseaux qui feront ce voyage,

|) après le récit que Je viens de fikire> ,oa Tôît que la dKstance d'Espagne en Frîslande est de quatre cent cinquante lieues; de là au Labrador, cent quatre<^vingls» et, jusqu'àla 'fin de ce détroit y deux cent quatre»vingt- Idix, ce qui fait au total neuf cent vingt liîeues; «t, en 7 ajoutant les $ept cent quatre-vingt-dix qjtie jabns trouvâmes être la distance de* puis le nord do .d^ôit de Labrador jus-»

qu'au détroit d'Anian, on aura cUx-^sept

Oigitized

ceùt dix lieues pour la distance q\ù sépare rSsps^e de ce dernier détroit.

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détroit de Labrador était fort rigoureuse; •c'était au commeaceineot de mars ; et ^ c(mime4ioiis avions navigué dans ce détroilpeudant la dernière partie de février, nous soufTrîmes beaucoup du iroid> de Tobscu* rite et des tempêtes» Les jours élaient alors fort courts, et lé froids! piquant» que les vagues de la mer , qui se brisaient contre le vaisseau > s'y attachaient de telle manière, en te gelant y que )e navire, semblait être une masse de cristal ; nous fûmes même obligés de briser la glace , car elle s'accrut tellement ^qu^ nidus la trouvâmes « en qudques endroits » de * f épaisseur ^ de plus d'onè palme*

G'^est une grande erreur que de croire que cette mer puisse se geler entièrement*

Comme elle est spacieuse , et qu'il se trouve toujours des'courans rapides dans tout le détroit ^ ces eausesi Jointes ans grandes vagues qu'occasionne! son agitation conti-* nuelle, ne permettent pas qu elle se gèle en

entier. Elle peut se geler »«r le» bOfJb Jeta mer et dan& les enc^oilS; où elle est tran* r^' et nous renarqoâiiies que Feda qui lit èootre le .rivage se gdait. La setilè chose que je sache , el on nous Tav^ii dil ea £llaQde *;c'est qu'un détroîl ^ mei; qui sér pare la J^ande do Greë^îid ; ftsi gelé • pendant la pins grande partie de l'année, parce qu'il est couvert de hantes terres et de moDtagnés fin coté de la Frifilande » ce qui empêche letrajroùs dé «oleiltfy4oniber, et, étant, en outre entouré de montagnes très- ' élevée» V il est à Tabri des vents qui pour^ vaieot en agiter les eaox; en conséqiielice le calme continuel qui y règne est cause ' qu'il gèjle « et empêche les bâtimeBS d'y uar TÎguer.La méiiie ehose arrivedans les meif dont j'ai parlé ci-dessDS. -

Mais lorsque nous relournâmes par ce détroit de Labradbr dans le mois de juia-elpartie de celoi de iuillet , nous ytnoiivâmea un jour perpétuel; de sorte que, quand noiia^<a|^ii^àmes au cercle arcUqiji^ , ç estrà^. ^le.^soos b/latitude de 6^.f > iKnis iié^p6ft# d^œs pas la vue du so^il > el noiis ne com^.

rnencâmesà avoir de nuit que vers le milieu du détroit de Labrador; et, ainsi le soleil restant toujours sur Thorizon , lair était si chaud , que nous éprouvions plus de chaleur même que dans les parties centrales d'Es; • pagne. Cependant, quand nous nous exposiens aux rayons du soleil , nous ne nous ea trouvions pas incommodés; et, comme on ^ trouve toujours dans le détroit de Labrador de forts courans , et que les vents y soufflent constamment du nord, il est facile d'en sortir.promptement. Les courans rapides, oc- , casionnés par le flux et le reflux , aident beaucoup à entrer dans le détroit et à en sortir^ même quand on a le vent contraire ;* et , comme ils soufflent constamment du nord , il est nécessaire, en partant d'Espagne pour Anian , de prendre l'avantage de marée. . >, ; > 'à

Nous terminerons ce récit par la description de la marche de notre bâtiment^ et des incidens de notre voyage.

Nous découvrîmes ce détroit par 60** de latitude , à la distance de mille sept cent dix , lieues de l'Espagne. U parait^ daprèjs les

anciennes traditions , que c'est le même que ' les géographes nomment dans leurs cartes

. détroit jd'AntaD^ et» si cela est, il faut que ce détroit soit bordé» d\ia côté , pai^ PAsie , et, de Tau tre, par l'Amérique; ce qui parait être , cwune on. en; jugera' par la relation toivante. • - Dès que nous fûmes sortis du détroit, nous suivîmes les côtes d'Amérique pendant plus de cent lieues , h proue du vaisseau étant tournée vers le sud-ouest, et nous arrivâmes au 55/ degré de latitude. Nous ne

• vîmes pas d 'habitans sur cette côte , et nous m trouvâmes ^aucune ouvertinre qui indi* quât le voisinage d'un autre détroit par lequel la mer du sud, coulant dans celle du nord , pourrait isoler «ette partie. Nous en conclûmes que toute celte côte appartenait à l'Amérique, et quen continuant à la ..suivre^ qpus arriverions bientôt à.Qinvira etau cap Mendodno* Nous quittâmes cette côté dont , comme je Tai dit, nous connaissions la continuité; et, faisant voile vers 'fèuest,nous navigftmes quatre \om ayant It vent arrière , de sorte que iious faisions

trente Jieues par jour. Après eu avoir fait cent vingt, suivant ce calcul, et au point marqué sur la carie, nous découvrîmes une terre fort élevée; et, continuant à suivre la côte dont nous nous tenions à une distance convenable pour remplir notre objet, et toujours en pleine mer, nous faisions route^ tantôt au nord-est , tantôt. au nord-nord-esl, et quelquefois au nord ; d*oti il nous parut que, pour la plus grande partie, la côte se dirigeait du nord-est au sud-ouest. Nous ne pûmes marquer aucun point particulier , attendu , comme je Taidit, que nous voya^ gions en pleine mer. Tout ce que je puis aflirmer , c'est donc que le pays est habité très-près de l'entrée du détroit, attendu que nous y vîmes de la fumée en divers endroits.

Ce pays, suivant les cartes, doit appartenir à la Ta r tarie ou au Cathay, et à quelques lieues de la côte doit être située la faifteuse ville de Cambalu, capitale de la Tarlarie.

Enfin , ayant suivi la direction de celte côte, nous nous trouvâmes à Tenlrée du même détroit d'Anian , par lequel, quinze jours auparavant , nous avions passé pour

èntrer dâns une grande mer que nous sa^ " irions être la mer du sud » pu «ont situés lû Japon y la Chine , les Moinques » llnde » ià

Nonvelle-Guinée et la terre découverte par fe capitaine Quiros, avec toutes les cotes dé • la NouTçUe-Ëspagne el du Pérou.

A'- Fouverture du détroit par lequel nous entrâmes dans la mer du sud . est un havre situé sur la côte d'Amérique» éàpa1>le de cotiflenir citiq cents vaisseaux , quoiqu'il né soit pas également bon dans toutes les par* lies > Mtehdu les courans qui j entrent avec là ibarée » et qui coufenl du nord au sud en battant violemment contre la partie située à droite» à peu de distance de rentrée. -Il feut savoir que Tenlrée de ce faavujs s'ôuvré àû nord et suit une diréclion oblique. Les rivages paraissaien l u avoir jamais été touchés paff le fied des hommes. D'un côté est un étaff^ d'eau sfo^anté/sur les bords duquel nous trouvâmes une immense quantité dé coquilles d œufs d'oiseaux de mer^ qui les îpènëaÉt oldiBàuMÉÉtÊMr sur le rivage. Elles paraissent y avoir été apportées parles côu* rans venant du nord , et étaient en si grand

( Soi ) .

Bombre, quelles formaient un mur haut d'une vare f i) et large de huit palmes. Nous trouvâmes dans ce havre une grande rivière d*eau douce, dont le lit était si profond^ que nous pûmes y entrer avec noire bâlinient pour y faire de Teau. Je pense qu'un bâtiment de cinq cents tpnneaux pourrait y entrer. La plus grande partie de ce havre a un fond de sable, surtout près de lendroit où la rivière s> jette, et près de celui contre lequel battent les courans. Plus au nord, est un lieu abrité , formé par un rocher qui a plus de deux picas de hauteur en quelques endroits , et que la mer entoure, laissant une langue de terre du côté de Test. Cette situation serait favorable pour l'établisse^ ment dune grande colonie, et, quant à présent, on pourrait j construire une forr teresse qui serait d'une grande utilité. ' V La terre qui entoure ce havre est fort agréable; elle offre du côte dp Test des plaines étendues qui touchent au havre sur un point , et qui sont Ijprnées par une mon- .

(i) A pea près trois pie Jg.

lagite pip. élevée, sur- laquelle nous vima*^^ âéi^iibiQarîiis. Ces plaines, étant déttichées-p

formeraient de belles fermes el de beaux iajrdins^ et leur situalion en rendrait Tarrof aemeni fiicQe. Quoique cet endroit soii par Bc)^ de latitude, la température y est duiice,

« parce que les montagnes situées au nord abntentet protègent latecreplacée au niidi«' Le climat est fort bon , car le froid de Phi-^ ver n'y est pas excessif; niais, au contraire, il y e^OTt modéré, parce que le bajfrs estuiii^ jomwiou^îtrtiauâc rayons dùsoleSy'ït qn'diei est à l'abri des vents du nord, ne pouvant

' jreçevoir que ceux du sud qui sont toujours, tempiérés, qui le sont d'autant plus en lieu, qtiMh viennent de la- mer en ligne di« rectél^LapreLwe en résultait des diverses espèM^ îirnits que .noiisj trouvâmes/

Quoique ce pays soit situé sous uné latî^ tude si élevée, il n'en est pas moins habitable, puisse d autres pavs situés sous le même parallèle sont habités; noaimément Edimbourg en Eco^e , les principales villes de Suède, Hapsal et Riga, villes de la Livonie^ DubliD eoMande, Nidrosie (ttrontbèim)

Digitizeciby G&Ogle

en Norvège , une grande partie de là Moscovie , et beaucoup d'autres contrées agréables qui sont bien connues, bien peuplées , où le con>merce est florissant^ où il fait assez froid , et où Ton n'éprouve pas les chaleurs de cette côte. Le plus long jour d'été, dans ce détroit, est de dix-huit heures et demie, de même que la plus longue nuit d'hiver.

Ainsi les nuits d'été sont de cinq heures et demie, et les jours d'hiver ont la même durée»

Sur les bords de la rivière qui se jette dans le havre , et sur ceux d'une autre qui est .

plus bas au sud-ouest, croissent de grands arbres , dont la plupart portent des fruits.

Nous en vîmes quelques-uns semblables à ceux d'Espagne , comme des pommiers , des poiriers , des priiniers et d'autres donl • les fruits de diverses formes nous étaient inconnus. Pour éviter les dangers qui pou- Taient arriver, je défendis aux gens de mon équipage d'en manger aucun qui n'eût été entamé par les oiseaux. Par ce moyen nous évitâmes ceux qui auraient pu être malfaisans. La plupart étaient des fruits de Tannée

. pr^édente, qui restaieqt encore sur les • arbres, car ceux de Tannée n'étaient pas ' " encore mûrs, notre séjour dans ces environs n'ajant duré que depuis la fin d'avril jus- • qu'au commencemenl de juin. Le fruit s'étant conservé ainsi sur les arbres d'une année à l'autre, .nous prouva que l'hiver ne pou- , vait avoir été bien rigoureux. Dans une Tallëe entourée par la rivière, et qui était évidemment fort lempérée , nous trouvâmes, des raisins sauvages et dès léchas , excellent fruit des Indes que Ton trouve toujours dans les climats ten>pérés. A l'entrée du tavre, entre le nord et Test, et dans toute cette direction, on trouve des montagnes .

peu élevées , et qui seraient faciles à cultiver. Elles abondent en toutes sortes de gibier. Nous y trouvâmes des perdrix, de» lapins , un peu diflPérens de ceux d'Espagne; • des daims dont la peau grise était marquée dé taches noires et blanches, et dont les uns avaient de longs bois fourchus, tandis que les autres n'en avaient point.

Nous vîmes aussi deux espèces de cochons ,

Tune semblable à ceux des ludcs, mais plus

grands; Vautre resseniblaot au javalis d*E5pagne. Enfin nous y vîmes des bulfles et beaucoup d'autres animaux; mais nous n'y aperçûmes pas de bêles carnassières. La mec fest très-poissonneuse ; tous les coquillages y ^ontfort bons et plus grands que nous n'en avions jamais vu. Nous y prîmes des crabeç d'une demi-vare de largeur, tandis que ceux nos côtes ne sont pas plus larges que la •paume de la main.

^a côte de l'Asie ou de la Tarlarie est cooverle de montagnes d'une telle élévaj»

tion , que le sommet , jusqu'à une certaine 'hauteur, en est couvert de neisre toute l'ar- Tïée , pat'ticulièrement celles qui sont au nord. Celles-ci sont si rocailleuses, qu'elles ne paraissent pas susceptibles de culture.

La plupart des arijres qui y croissent sont tJe grands pins qui s'avancent jusque sur le ï'ivage de la mer. Du ménie côté de .rAsie> en face de l'entrée du havre , est un étang ^'eau de mer stagnante , dans lequel croissent des roseaux en grande quantité. Cet endroit est favorable pour la pêche. JN^ousy f>rîn(ies des anguilles de mer, des solies et

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