VOYAGES AU NORD
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SUITE DE LA IILw PARTIE.
| CHAPITRE Xt:
JEAN MUNKX. hé
Départ d’Elseneur. — Munk bouleverse toute la géographie de la baie d’ Hudson. — Des maladies attaquent l’équi-
page. La famine s’y joint.— Mortalité, —Munt survit avec deux autres seulement. — Ils ramènent en Danemarck le . plus petit de leurs bätimens,
Lus découvertes d'Hudson et de Bafiin tirèrent les Danois de leur assoupissement, et, en appelant de nouveau leur attention
vers leurs coloniës du Groënland, perdues depuis tant de siècles ; firent peut-être aussi loire à leurs yeux l'espoir de trouver\idans cette direction le passage si long - temps cherché vers les Indes. En conséquence, Christian IV fit équiper, en 1619, deux vaisseaux pour un voyage de découvertes, ét en donna le commandement à un marin expérimenté nommé Jean Munk. Il paraît que l'équipage était en grande partie composé de matelots anglais qui avaient sans doute déjà fait ce voyage, soit dans une expédition de découvertes, soit pour la pèche des baleines. |
Munk quitta Elseneur le 18 mai; le 20 juin, il doubla le cap Farewell, et s’efforca de rémonter le détroit de Davis, dans l’intention, à ce qu'il paraît, de suivre la même route que Baffin et Bÿlot; mais ses bâtimens étaient si fréquemment arrêtés par la glace, qu’il revint lé long de la côte octidentale du détroit jusqu'à son extrémité méridionale. Il traversa le détroit d'Hudson, dont il trouva à propos de changer le nom en celui de détroit de Christian (fretum Christiani);
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la partie septentrionale de ce qu’on appells la baie d'Hudson, reçut le nom de Mare Christianeum;s et Muuk, ou l'éditeur de son voyage, à joint à la relation de son (voyage une carte dans laquelle toute la géographie de la mer d'Hudson et de ses îles est bouleversée. IL vit la côte de l'Amérique par 65° 20/ ; la grande quantité de glaces qu'il y rencontra le força, le 7 septembre, de chercher un abri dans une ouverture entre les terres; il l’appela le Havre d’hiver dé Munk, et donna au pays environnæt Île nom de Nouveau - Danemarck. Ce havre doit être celui qu'on a nommé depuis Pre terfield.
L'année étant très-avancée, et Munk ne voyant pas d'apparence de pouvoir traverser la mer et le détroit d'Hudson, prit d’abord LE précaution dé construire des cabanes
. pourson équipage ; et reconnut ensuite les .terres voisines, qui heureusement lui four-
nirent une grande quantité de gibier, tel
qu’ours blancs, renards noirs. lièvres, per+
drix et autres oiseaux. Le 27 nov. , il vit dans
le ciel trois soleils distiucis ,et deux autres : 1 *
également distincts le 24 janvier 1620. Le 18 décembre, il y avait eu une éclipse de lune ,.et, la nuit, cet astre fut environné d’un cercle transparent et traversé par une croix qui le divisait en quartiers. Ce phéno- : mène fut regardé comme lé présage des malheurs qui accablèrent bientôt l'équi- ‘page. -
L'hiver avait commencé avec une telle rigueur que le, vin, l’eau-de-vie et la bière étaient entièrement gelés, etquelestonneaux crevaient par l'excès du froid. Le scorbut commença à se manifester à bord des deux bâtimens, dont l’un avait quarante : huit hommes d'équipäge, et l’autre seize (1). Le printemps n’apporta aucun changement au sort de ces malheureux. Leur pain et leurs provisions étaient épuisées , et aucun d’eux n’avait assez de force pour prendre les canards, les oies et les perdrix qui venaient
(1) Un manuscrit danois dit que la maladie fut principalement occasionnée par l'usage immodéré des liqueurs spiritueuses, dont on sait que les effets sont surtout funéstes dans les climats froids,