: ALEXANDRE MACKENZIE
Voyage par terre. — Départ du Canada.
— Rivière Mackenzie.—Ile dés baleines.
— Mackenzie a-t-il réellement vu la
mer ?
«Dus entreprises mercantiles m’avaient conduit, très-jeune encore , dit M. Mackenzie , dans la partie du Canada qui s’étend au nordouest du Lac supérieur. Accoutumé aux travaux pénibles qu'exige le commerce de ces contrées, je pensai que je pourrais traverser le continent de l'Amérique septentrionale.
Mon esprit curieux et hardi me portait à " faire des découvertes ; mes amis et mes associés pour le commerce de pelleteries, connaissant mon pfojet d'aller au nord , aussi loin que je le pourrais, m’encouragèrent à
l’effe M. 1 Cana l’ua 4 partit ridio:
à 58o Jongi en car du m Juin, i Il le tr dans u appela passa a et arri gothi 1 dernier vienne:
de ces pour a n'était | ‘ver aus.
moins « rentqu
mada.
leines.
vu la
ntconenzie , nordaux trade ces averser ionale.
brtait à mes as bs, COD- , AUSSI érent à
(175 ) l’effectuer. » En conséquence, le 3 juin 1789, M. Mackenzie, accompagné de plusieurs Canadiens et de quelques Indiens, dont l’un avait suivi Hearne dans son voyage, partit du fort Tchipiouyan , sur le bord méridional du Lac dés montagnes. Ge fort est à 58° 40’ de latitude nord , et à 110° 30’ de Jongitude à l’ouest de Greenwich. Il suivit en canot la rivière de l’Esclave jusqu’au lac du même nom, dans lequel, au milieu de juin, il y avait encore beaucoup de glace.
Il le traversa , en côtoya les bords, et entra
dans une rivière, ou plutôt un fleuve qu'il
appela de son nom, Mackensie-River. Il passa au milieu de plusieurs tribus d’Indiens, et arriva enfin chez celle qu’on appelle Digothi Dinis ou les Querelleurs, ce sont les derniers au nord ; immédiatement après eux viennent les Esquimaux. Mackenzie apprit de ces Indiens que la distance à parcourir pour aller par terre jusqu’à la mer à l’est, n'était pas considérable; et que, pour y arriver aussi par terre en allant à l’ouest , il fallait moins de temos encore Les Indiens ajoutèrent que la terre, comprise entre lesrives du
me ri
fleuve où nous étions.etla mer, se terminait à l’est et à l’ouest par un: promontoire. Les bords du fleuve étaient alors peu élevés. Le 10 juillet , ils offraient une surface de glace solide, entremélée de veines de terre noire.
Mackenzie vit cependant des sapins assez
grands ; il était à. 67° 45’ de latitude. Le 11,
il passa devant trois campemens d’Esqui- - maux. La rivière commença alors à s’élargir considérablement , et se partager en plusieurs canaux étroits, qui coulaient au ini-
lieu de petitesiles sur lesquelles on ne voyait
que des saules nains. :
Le 12juillet, Mackenzie sit par 69° 1’.
. de latitude, dans un lac ouvert à l’ouest , et
dans lequel , hors du chenal de la rivière, il n’y avait pas plus de quatre pieds d’eau, on n’en trouvait même pas plus d’un pied en quelques endroits. Il arriva dans une ile, Dans les quinze derniers. milles qu'il avait faits, l’eau n'avait jamais eu plus de cinq pieds de profondeur. Il grimpa sur la partie la plus élevée de cetteile, et vit qu’une masse de glace compacte s’étendait du sud-ouest à l’est de sa boussole; il apérçut confusé-
men
à pk prol Ale pag s’em oblig qu’à furen place rent c était ] à dixgrand appri que s quime gros ( campe y viti et on 69° 14 pendai de l’île les Esg
( 197.) ment au sud-ouest une chaîne de montagnes, à plus de vingt lieues de distance , qui se prolongeait au nord plus loin que la glace.
A l'est il découvrit plusieurs îles, « Mes compagnons, dit Mackenzie, ne purent alors s’'empêchét de manifester leurs regrets d’être obligés de retourner sans être parvenus jusqu’à lamer.»Gependantil nousapprendqu’ils furent obligés de changer les bagages de place, parce que l'eau les gagnait. Ils conclurent que ce mouvement de l’eau qui s'élevait était la marée, elle paraissait monter de seize à dix-huit pouces; ils aperçurent dans l’eau un grand nombre de baleines. Leur guide leur apprit que c'était de cette espèce de poisson que se nourrissaient principalement les Esquimaux, ét qu’on en voyait souvent d'aussi gros que la chaloupe. L'ile où ils étaient campés recut le nom d’Zle des Baleines, On y vit un grand nombre de renards rouges, et on en tua un. L’ile des Baleines est par 69° 14’ de latitude nord. Mackenzie côtoya pendant quelques jours la terre aux environs de l’île des Baleines , et n’aperçut nulle part les Esquimaux ; il rencontra néanmoins én il. 13
différens-endroits des huttes, des ustensiles, des débris de traîneaux , et des canots faits avec des côtes de baleines: Les brouillards étaient fréquens et épais, le temps devenait froid , les provi.’ons diminuaient. Mackenzie commenca, le 21 juillet, à r@nonter le fleuve ; et, le 22, il rentra au fort Tchipiouyan , après avoir employé cent deux Jours à son excursion.
Si la relation du voyage de Hearne à la rivière de la mine de cuivre .est peu satisfaisante, celle du voyage de Mackenzie à l'embouchure du fleuve qui porte son nom ne l’est pas davantage. Il parle si obscurément qu'il est impossible ; en pesant bien ses expressions , de se former une opinion précise , et de décider si la masse d’eau considérable , mais profonde , dans laquelle l'ile des Baleines. est située, es: la mer ou un lac. On voit bien qu'il cherche à faire naître au lecteur l’idée que c’est la mer, mais il s'abstient de prononcer ce mot. Cependant le titre de son livre (1) annonce, et sa
(rx) Voyage de Montréal aux mers Glaciale et Pa-
car bor diq bie:
son sale prit épre n’en écri rap} que la ct
.n'ys
cifiqu trione
siles, faits lards enait ckenler le Tchideux
> à la satisnzie à 1 nom scurét bien pinion
(179) carte affirme positivemer.. qu'il arriva su: le bord de l'Océan glacial. 1/1 journal périodique observe vec raison (1) que l’idée bien simple et bien naturelle de tremper son doigt dans l’eau pour goûter si elle était salée , nesparaît pas s'être préseniée à l'esprit du voyageur; et que, s'il a fait cetle épreuve, il y à de sa part peu de candeur à n’en pas commriiquerle résultat. Le même écrivain cor :lut, de toutes les circonstances rapportées par Hearne et par Mackenzie, que tous deux ont certainement été près de la côte de la mer, mais que ni l’un ni l’autre
, n'ysontarrivés. | .
cifique à travers le continent de l'Amérique septentrionale.
(1) rise Sue: N.° XXXI, pag. 167.