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Histoire chronologiques des lectures publiques et des conférences

Depuis un mois Paris a repris ses conférences et Metz vient de recommencer les siennes. (1) Au début de ce mouvement intellectuel, si rapidement généralisé, on doutait de son utilité, de son succès et de sa durée.

Qu’est-ce qu’une conférence, se demandait-on? Est-ce un cours ou bien un colloque pendant lequel orateur et auditeur échangent leurs pensées sur un sujet déterminé? Non, c’est un mot qui, sans être d’invention moderne, a pris un sens nouveau.

La conférence n’est point un cours, car le sujet traité n’est pas exposé sous forme didactique depuis l’origine jusqu’à la conclusion ; ce n’est point une dissertation soumise rigoureusement à toutes les

(1) Mois de janvier 1867.

règles de la rhétorique; c’est encore moins une causerie de salon ou un débat oratoire , car la réplique n’est point admise ni la discussion soutenue avec chaleur.

Qu’est-ce, enfin, qu’une conférence telle que nous la comprenons aujourd’hui? C’est une dissertation sur l’un des mille sujets de la littérature ou de la science, choisi pour attirer l’attention du public et lui inspirer la pensée de se livrer à une étude qu’il néglige; c’est un moyen de séduction pour l’inviter à entrer dans le temple du savoir, à y revenir de lui-même pour acquérir des connaissances qui en élevant l’intelligence, développent le sentiment du bien et du beau.

Les conférences sont d’heureux et puissants moyens de vulgarisation ; elles sont les auxiliaires de ces livres savants qui, au début de chaque année, jettent dans la circulation les idées et les découvertes nouvelles qui attestent les efforts et les progrès de l’humanité.

Les conférences offrent aussi aux hommes instruits de la province un théâtre qui accueille et encourage leur talent et leur apporte, en retour de leurs efforts, les éloges et les applaudissements de leurs concitoyens reconnaissants.

L’avénement des conférences est un signe des temps! Qu’on ne s’imagine point que le hasard, la mode ou l’influence de quelque professeur en renom suffisent pour pousser et maintenir les esprits dans une direction qui ne conviendrait ni à leur goût ni à leur sentiment intime. Non, chaque fois que scm-

blable mouvement s’est manifesté, il y avait dans les masses ou dans la partie éclairée de la population une force latente qui les animait et les préparait à une rénovation sociale qui ne tardait point à s’accomplir.

L’histoire nous offre des exemples qu’il est peutêtre intéressant de rappeler; nous les trouverons chez les peuples anciens, au moyen âge et dans les temps modernes : aussi nous paraîl-il utile de relier le passé au présent en faisant rapidement l’histoire des conférences depuis la haute antiquité jusqu’à nos jours.

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