‹ Histoire civile et militaire de Neufchâtel-en-Bray suivie de remarques: additions et cartulaireChapitre 24 sur 38 · APPENDICES · texte numérisé non relu

APPENDICES

<4iix Remarques ET Additions Je Dont Bodin, et au Recueil de ^^^rtes et de pièces diverses comprises sous le nom de Drincourt ^^ Neufchatel, il est à propos de joindre ici, sous le nom ^ -^Vppendices, plusieurs autres documents destinés à expliquer j ^^^wipléter ou rectifier des passages de V Histoire de Dom Bodin, ^€>p sommaires^ obscurs ou erronés.

Composition du Bailliage db Neufchatel, au xviiic siècle.

(Se rapporte à la page 5.)

« L'étendue et l'ancien ressort du bailliage de Neufchfitel consiste en lyS paroisses, compris les villes et bourgs.

c De ces paroisses, dix-neuf seulement, compris la ville de Neufchatel, sont immédiatement justiciables, dans tous les cas, dudit bailliage; il en est même quelques-unes qui ne le sont qu'en partie.

c Les autres sont dépendantes de diverses hautes justices, tant d'ancienne que de nouvelle création.

« Les hautes justices d'ancienne création sont au nombre de dix, savoir : Aumale, Gaillefontaine, Goumay, La Ferté, La Rosière, La Prébende, Londinières, Ville-Dieu, Fourcigny et Grandpré.

c Les hautes justices de nouvelle création, au nombre de six, sont : Mortemer, Gravai, Bully, Canchy, Fresles et Dancôurt.

« Le bailliage de Neufchatel connaît les cas royaux, les afifaires décimales et bénéficiales, dans toute l'étendue xle ces hautes justices, tant anciennes que nouvelles.

c II connaît aussi par appel des jugements rendus par les baillis haut-justiciers de Ville-Dieu, Fourcigny et Grandpré, même par

ceux des six hautes justices dernières nommées et qui sont de nouvelle création.

« Ce bailliage est composé d'un lieutenant général qui réunit sur sa tête la charge de lieutenant général ancien et celle de lieutenant général alternatif.

« D'un lieutenant général de police, qui est officier honoraire au bailliage et y prend séance en cette qualité, imm^atement après le lieutenant général.

« D'un lieutenant particulier qui possède en même temps l'office de commissaire-enquesteur.

f On prétend que l'office de lieutenant particulier, qui a été crcé^par cdit du mois de décembre i635, est dans le cas de sap* pression ordonné par Tédit de décembre i663.'

« D'un lieutenant criminel ayant voix délibérative au bailliaS^

« De deux conseillers-assesseurs, dont les charges sont ai^^ parties casuelles, et qui depuis près de 5o ans n*ont point £^^ relevées.

« De deux avocats du Roi, dont un est en charge et TauCf ^ aux parties casuelles, aussi depuis longtemps.

« D'un Procureur du Roi en charge.

« De trois offices de greffier : un ancien, un alternatif, et l'autre triennal.

c L'ancien et l'alternatif sont actuellement réunis sur la tète du greffier actuel, et il tient à bail le triennal.

« Et enfin de six procureurs postulants, dont cinq sont en charge.

« Par le relevé des affaires qui se sont portées aux audiences, pendant trois années consécutives, il paraît qu'on y en appelle annuellement et communément aux environs de deux cents, dont il s'en expédie et juge définitivement les deux tiers, sans préjudice d'autres expéditions, telles que : tutelles, émancipations, etc. »

Archives de la Seine-Inférieure et de l Intendance.

^ UTTRE DE SAINT VINCENT DE PAUL, DONT L'ORIGINAL EST A ROUEN, [ RUE SAINT-NICOLAS, 24.

(Se rapporte à la page i a.)

Copie de la lettre de saint Vincent de Paul à Monsieur Horcholle, curé de Neufchâtel (Seine-Inférieure), offerte par M. Alexandre Bance à la société de Saint-Vincent de Paul (conférence de Notre-Dame), le lo septembre 1876.

f De Paris le 28 juin i65o.

« Monsieur,

< La grâce de Notre Seigneur soit auec vous pour jamais. Je ^s un peu tardif en mes réponces, mais je ne Tay pas été à ^her de vous seruir au sujet de la cure, pour laquelle vous m'auez écrit. Je me suis adressé pour cela à vne personne qui est Snuidement assidue à Mgr de Saint Malo et auquel elle en a parlé ; mais ce bon Prélat tient la chose irrésolue, et ce mien aïoy m'est venu dire qu'il croit qu'il se soit engagé à vn autre ; que néanmoins il tiendra la main a ce qu*il vous préfère, si tant est que le bénéfice vaque. Il y a bien des jours de cela, et comme vous ne m'auez point mandé la mort de M. le curé, j'estime qu'elle n'est pas arriuée et qu'il faut attendre quelqu'autre occasion. Je receuray toujours auec joye celles que j'auiay de vous seruir, étant comme je suis en lamour de Notre Seigneur de vous et de mademoiselle votre mère que je salue très humblement,

c Monsieur

Très humble et très obéissant serviteur, Vincent de Paul ».

Prb. I. D. * M

Au dos : Monsieur Horcholle curé de Neufchâtel ^

à Neufchâtel

' La signature seule est de sa main.

Un membre de la famille Horcholtc sera attache, au ttin* siècle, à 1b Gourdes Comptes, Aides et Finances de Normindit- On voit, en effet, dans VAlmanacfi de Normandie, de 176É, parmi les procureurs de cette Cour : ■ Horchollc, procortntsyndic, rue du Panneret. • Il eut un lits qui prit place Jini b même Cour, parmi les gens du roi, en qualité d'aJjoini lu secrc taire du parquet, i 1787 — M. Horchollc fils, «criiaiK de M, le procureur général et adjudant du secrôtnire ilu [«^ quet, rue du Pannercl n" 47. • Almanach de Normandie \wi 1789. p. 144.

Le père a laissé un Journal de la Révolution à Rouen, commençant au ir mars 1786 et linissant au ifi déccmbrï 1801. resté manuscrit, dont la Bïbliothfque publique de cette tiOt vient d'acquérir un eiempiaire, à la vente de M. Alfred Biirfpf. par le prix de 355 fr.

M. l'abbé Loth en possède un autre exemplaire, ot nous relevons ce détail, relatif à l'auteur du Journal :

19 du dit.

I On a ordonné \ia nouveau d^nombremnl

(octobre t7<»7) en conséquence, deux citoyens sont venui

, X'*.','.". chez moy ; ie leur ay déclaré mes nom, Wf

domicibaircs ^ ' , , ,

nom, âgé de 77 ans, ci veuf, logé ao teeoni

tlai;c, CI que mon fils, Ma rie- Antoine, d^'

bataire, âgé de 16 ans demeure avec moj.

Ils n'ont pris le nom des femmes. 1

OtrazitHB Cahier.

PRÉLÈVEMENT SUR LES IMPOSITIONS ACCORDÉ PAR PHILIPPE-AUGUStl POUR LA RÉPARATION DES FORTIFICATIONS -DB NBUrCHATIL.

(Se rapporte k la page 35.)

•< Le Roi autorise les habitant) de NcuicUiet à prtiever sur l'imposition des 4 deniers pour livre une somme de aoo livp. (arisis) applicable à la réfection des fortifications de leur ville. — 4 octobre 1346.

< Plielippe, par la grâce de Dieu Roys de France, au bailli de

Ctox, OU à soa lieutenant, salut. Comme nous, considérans les gnnds frais, mises et despens que nos amcz les bourgeois et kbitans de la ville de Neufchastel ont japieça fiiis et font de jour en jour et entendent a foire ou temps à venir pour renforcer la dhte ville de bonne muraille, guarites, arbalestres, barbacanes, portes, fossez et autres choses, nécessaires à renforcement de la dhte ville, pour résister à nos annemis efiforciément et garder notre honneur et de la couronne de France, et aussi pour eulx guder et leurs biens et de toute la chastellerie et ressort, se fflestiers estoit, lesquelles forteresses sont moult deceues, lonc temps a, par le de£&ut de nos officiers qui pour le temps ont ' esté, ne ne le pourroient refoire se ne nous leur foisions sur ce aucune aide, aus dis habitans avons donné et octroyé, donnons ctoctroyons par ces présentes, de grâce espccial, deux cens livres parisis a prendre et recevoir par leurs mains de et sur nos ferouersde Timposicion de quatre deniers pour livre de la dite ^iUe, en rabat amenuissement de ce que ils nous doivent de ^ps passé ; ou qu'i nous devront du temps à venir à cause de ^ dite imposicion : nous te mandons que les dites deux cenz ^^res parisis tu foces paier aus dis habitans ou à leur certain ^Ounandement par noz dis fermiers... Donné au Moncel lez ^^ODt Sainte Maxence), le IIIU jour d'octobre, Tan de grâce mil ^^^ XLvi, sous nostre scel de secret. »

Clopie du 9 octobre 1 346.

-Actes Normands de la Chambre des Comptes sous Philippe le *^ois (i328-i35o), publiés, pour la première fois, par LcopolJ l^'^lisle, 1871, dans la collection de la Soa^£ dc l'Histoire de ^^ ^MuuNDiE, p. 345-346.

^KONOLOGIE DES FAITS DE GUERRE;, OOXT NEUrCHATEL ET LES

nnriRONS furent le théâtre, ava.ht la bataille d'arqués, IN i58q.

(Se npprxtt aux p«|(^ft 8^110.)

Au milieu de ces prises et repri^ei 6e% méme% ville* par le* ^ieux partis, il est assez difficile de préciier les dstC5 de ces (aits

— lyo —

de guerre, qui varient chez les auteurs^ parce qu'ils ne distinguent pas assez nettement ceux qui sont antérieurs ou postérieurs a la bataille d* Arques, le 21 septembre iSSg.

La chronologie suivante nous paraît la mieux établie, et l3 plus propre à éclairer le contenu du texte de dom Bodin.

c Henri parut le 6 septembre i58q, sous les murs de Nea£^ chatel et l'emporta de vive force, en présence des milices d*Abb^— ville et d*Amiens, qui perdirent sept cents hommes. La ville d'Em^ se rendit lut taxée à la somme de cinq mille écus, dont M. Creto^^ devint répondant avec quelques autres bourgeois. Le roi étabLS-^ pour gouverneur M . de Senarpont, avec quelque peu de gar nison. Cependant les ligueurs reprirent le château deRambure7=^ ' sur M. de Basqueville, et le i3 septembre, le duc de Mayenn qui venait de reprendre Gamaches, se présenta avec des cano devant Eu ' : les royalistes, n'eurent la vie sauve qu*â condidoi qu'ils sortissent incontinent. Ijc chef des ligueurs ayant réu toute son armée, qui arrivait par Abbeville, partit le i5 pour aller présenter la bataille au roi. Il fut vaincu à Arques et obli de se retirer dans la Picardie. Henri IV le poursuivit jusqu' Gamaches où quelques pièces d'artillerie, placées fort à propos,^*^ sauvèrent Mayenne; toutefois, M. de Nevers enleva Saint-Vale et le roi reprit Neufchâtel, Gamaches et Eu. • La Ville d'Eu^ par Désiré Le Beu^ p. 355.

MARCHES ET OPÉRATIONS MILITAIRES DE HENRI lY ET DU DUC DE PARME, APRÈS LA PRISE DE NEUFCHATEL, EN l592.

(Se rapporte aux pages 108-1 10.)

« Durant ces jours-là (les dix jours que les cheB de la Ligue restèrent à Neufchâtel), se donnèrent de part et d'autre plusieurs assauts de réputation; pource que le Roy, depuis qu'il fut entièrement guery de sa blesseure, ne laissa jamais reposer l'ennemy

I Laprinse et reddition de la ville d^ Eu, située près la ville de Dieppe par le duc de Mayenne, avec portrait, Paris, iSSç (Bibliothèque Royale).

saqs défiance, ny sans danger mesme. Le succez neantmoins en estoit presque pareil, sans qu*en toutes les rencontres de la cavalerie, où le nombre de la Noblesse se trouvoit esgal de part et d'autre, il y eut inégalité de progrez, qui se £Eiisoient avec une courageuse resolution, suivie de plusieurs hardis efforts, et d'une prompte résistance. Ce fut alors que le Roy s'estant advancé sur une colline scituée à main droite, du costé du grand chemin, par où filoient toutes les troupes de l'armée ennemie; sur le point que Montigny s'en alloit prendre son logement, voulut que luy-mesme, avec une compagnie dechevaux-legers, et Praslin avec une autre de cuirassiers, assaillissent à l'improviste le quartier du duc d'Aumale, qui menoit Tarrière-garde. Mais après une I^ere escarmouche, comme ils se voulurent retirer, ayant esté chargez tout à coup par le sieur de Rosne et par le comte de Chalîgny, ils se virent engagez à un rude combat, qui se donna en la plaine la plus proche. » Histoire des Guerres civiles de France, par M, C. Davila, Delà traduction de L. Baudoin, lôSg, II, liv. 12, p. 262.

Ici Davila raconte Tescarmouchc qui eut lieu le 17 février 1592, en avant de bures, entre les troupes de Henri IV et celles de la Ligue, et qui se terpina par la prise du comte de Chaligny. Mais à son récit, nous préférons celui du roi lui-même. « Je montay, dit-il, à cheval hier matin avec quinze cens chevaulx françois; et six cens harquebusiers tant à cheval que à pied, en intention d'aller lever le logis de Bure, où estoient logez le duc de Guise et La Chastre, avec onze cornettes de cavallerie et cinq rumens de gens de pied. Cette mienne deslibération cuida estre interrompue par la rencontre que soixante chevaulx que j'avois jectez devant moy, et quelques harquebusiers feirent de cent chevaulx ennemys, conduits par le comte de Chaligny, à une lieue et demie du logis du dict duc de Guise; mais ils furent chargez si resoluement, que soixante demourerent morts sur la place, ou prisonniers : entre autres le dict comte de Chaligny, prisonnier et fort blessé. Le reste fut poursuivi jusqu'à leur village, auquel ils portèrent Talarme; et demourerent les nostres fermes, une grande demye heure, attendans mes troupes qui ne pouvoient encore estre arrivées. »

Après cette atfaire d 'avant-garde, vieftl l'aflaire priocipale, le combat de Bures, dont DavJla n'a point parlé, ni même écrit le nom dans son histoire, et que Henri IV raconte en ces termes ; « Ce[>endant ils donnèrent loisir à leur cavallerie de montera cheval et à leurs gens de pied de se barricader et de border sur les advenues les hayes de leurs harqucbusiers. Trois cens chevauLt ennemis sortirent, et combien que le nombre fust plus grand que celui des miens, et du tout intgal, toutesfois, environ les deux heures après midy, aussitost que je descouvrb mes dictes troupes sur un hault, là auprès, raarchans au grand trot, et le peu d'asseurance que je reconnus aux dicts cnnemys, je les fcis charger sy a propos. Dieu mercy, que ce petit nombre les ramena baitans, leurfeit passer leur village (Bures|, et les nôtres en demeurfireni maistres plus d'une heure. Il y fut tuiî près de trois à quatre cens hommes, tant de cheval que de pied, quatre cens chevauU huitinez, leur bagage, vaisselle d'argent et faabil- Icmens, jusques ù la valeur de plus de cinquante mille escui, et < la cornette du duc de Guise, qui estojt allû ce maiîn-lâ au quartier du duc de Parme. S'ils montrèrent peu de courage â deHendre et garder leur logis, ils n'en eurent pas davantage ni plus d'asseurance à faire quelque chose de mieux sur notre rctraicte; car jamais ils ne sortirent pour nous suivre, combien que ce fust à la teste de leur armt^e, ains nous laissèrent paisibles possesseurs de leurs prisonniers et de leurs despouilles. t. Lettres missives de Henri IV.

Cette lettre, • Escripte au camp de Buchy, ce xxnj" fcbvrîcr iSgs, > se terminait par l'annonce d'un autre fait de guerre, arrivé le mSme jour, à peu de distance de là. * Mon cousin le duc de Nivernots, qui estoit à ma main droicte, à une lieue de Bure, donna dans un aultre village, auquel estoit logé le régiment de Barbette, dont il en fut tué soixante sur place ; et douse chevaulx qui se rctiroient les derniers de la trouppe de mon dici cousin en rencontrèrent seize des ennemys qu'ils chargèrent. Quatre furent tués sur la place, le maisire de camp de Cluteauli et quatre autres pris prisonniers, et le reste rais à vbu de route. •

Le village, à ta droite de Henri IV, et qu'il ne nomme pas, »t

Bully, situé dans la vallée de Bray, de l'autre côté de la Béthune, à 6 kilom. S.-E. de Bures, au pied des collines &isant Êice â celles qui le dominent lui-même. C'est là quQ le duc de Nevers s'était rendu, afin d'en partir pour tenter le passage de la Béthune, se placer entre Bures et Neufchâtel, et tailler en pièces les fuyards du duc de Guise, c Au grand déplaisir de Sully, le roi avait ordonné que les soixante chevaux qu'il lui avait baillés à mener pour cette exécution seraient de la troupe de M. de Nevers, lequel par sa lenteur et improvidence ne fit rien du tout, voire faillit à se perdre luy-mesme •, ainsi que le dit Sully, qui entre dans de longs détails sur cette partie de l'attaque de Bures.

Voici la dernière partie de son récit, que, « suivant sa méthode, » il se fait raconter par l'un de ses secrétaires, bien qu'il eût été lui-même acteur dans cette diversion, qui devait compléter le succès de Henri IV.

c M. de Nevers donc, ayant marché toute la nuict suivant l'ordre cy-devant dit, estant dans son carrosse, un mancheron à la main, dont il se bouchoit le nez et la bouche, vous arrivastes à soleil levé sur le haut de la montagne, au pied de laquelle est situé Bully ; ses premiers coureurs marchans tousjours devant, comme nous avons dit, se trouvèrent à l'entrée du bourg, sans avoir pris ny donné allarme, jusques à ce qu'ils furent entrez dedans, et virent près de la porte un corps de garde fort bien gamy de piques, corcelets, harquebuses et mousquets, et plusieurs soldats ayans mine d'estrangers qui estoient rengés à i'entour d'un feu, de quoy les uns ne furent pas moins estonnez que les autres, tellement que ces soldats voyans ces escharpes blanches coururent aux armes et aux portes qu'ils fermèrent ; sur quoi vos gens ne pouvans ressortir par la porte qu'ils estoient entrez, traversèrent le. bourg en diligence et sortirent parla porte opposée, les pistolets à la main, avant que les che& de cette in&nterie eussent pu donner aucun ordre pour les en empêcher. Pendant cet embarras, M. de Nevers et tous vous autres, messieurs, estiez arrivez sur le haut de la montagne ', croyans

I M. Fourcin croit que c'est « leMont-Hemel. » Recueil statistique sur Bully, p. 144.

cenaînement que vos coureurs seroient passez sans difficulté ii^ rencontre, puisque vous n'en aviez autres nouvelles, et que von* feriez le semblable.

« Aussi des)à M. de Nevers, en son carrosse, s'estoit enfourné dans le chemin de la descente qui estoit fort creux, (an esxxtàt et fort en toumiollant pour estre rendu moins roide, lorsqu'il entendit tirer quelques mousquetades, lesquelles alloient tons» jours en augmentant, et qu'il vit revenir a luy ses seconds coureurs, espars par la montagne, lesquels cryoient qu'il eust à « retirer promptement^ d'autant qu'il y avoit grand nombre d'ennemis logez dedans ce bourg qui en sortoient à puissance et tiroient' en furie ; sur lequel avis il y eut bien à crier des fois diantre^ appellant de ses gens pour le venir tirer du carrosse, desteller ses chevaux et les attacher au derrière pour le retirer à mont ; ce qui fut foit avec beaucoup de peine, et neantmoins sans aucune perte de part ny d'autre, vous estans tous retirez sur vostre piste, et allez loger à un bourg z que vous aviez passé la nuict à une lieufi de là, où vous eustes nouvelle du bel exploit que le Roy avoit foit dans le quartier de M. de Guyse, où il fiit rendu peu de combat >, la cavalerie n'ayant quasi songé qu'à fuyr, sauver le moule du pourpoint, et laisser la cornette verte, et le bagage pour les gages. » économies d^Estaî, etc., ou Mé^ moires de Sully, ch. XXXIV.

Davila nous donne la suite de l'affaire de Bures, que l'armée royale dut kbandonner, puisque l'armée de la Ligue marcha en avant, dans la direction de Rouen en traversant la vallée de la Béthune et la forêt d'Eawy.

« Le jour suivant, dit-il (le i8 février), sur le point que l'armée de la Ligue délogeoit, le baron de Biron assaillit dans la plaine les premières files, commandées par les sieurs de Vitry et de la Ghastre. L'on commençoit desià de part et d'autre de s'échauffer bien avant dans l'escarmouche, quand le Baron voyant venir de ce mesme costé larmce ennemie, qui marchoit en

I « Ce bourg nous paraît être celui de Saint-Saens. »M. Fourcin, Ibid. s L'affaire fîit, au contraire, chaude et sanglante, d*après Henri IV. Voir plus hauty p. 172. Aurait-il exagéré les faits r

rohoty ce acBDC de s*<s miii : jil Iksoiiil ,iminnf £jil âri ii* /tmife. Tooses

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3cst)oillDii}ooFS uwaïuftii ^'xnatr st çi: x îxy ÂJac As pour fortifier soa ciiiy ^ c£ àâre cstoit desii prodie de BuTirr prendre un eipAtimi- toaâaac Le jiu'jcl iie tr. ;rni'ic ji. j oa d'en £ûre lever le Pkfana Ca jet nos marche de famiée de ta Iictt as Barc& cDepois

Chastd les dncs s'adianoêrcsa jxaçba i stçt "ârgars p Rouen... Ils firent axirxr dÎTcrs brzi^. Sdast ^as&sser Dîe^ pour Eure dîrertîr cdxzT le sâèœ de io

logera

n n'jT a point de comniarte iece rac-lï dans Jarr <i« Dieppe. GomerriUe^ dara rarrooiisse^ii^ c« HiTrc, esc ceîsi qui s'en rapproche le phts. Nocspcachoos pC^tôcpc^n-GosarviZir. mal la par réditeor et qm se tronre an aord de Tfas. sur la <lnnte de la route de Rouen i Dieppe, et à la ^t<gatwv Joot parie P^lma Cayet dans sa Ckrcmoiogie wyvemxire.

Darila poursuit le récit de la marche «de Henri IV. en ces termes :

€ Le Roy avec la plospart de b caralerie s'en estoit ailé à my-chemin de Dieppe, sur la ciain droite, et vers le pajrs de Caux, pour faire battre l'estrade, et embarrasser le passage par où Tannée de la Ligue devoit marcher : et d'autant qu'il se trouvoit esloigné de Roiîen de cinq ou six lieues, usant de sa précaution ordinaire, il avoit disposé ses quartiers en divers lieux séparez, et proches les uns des autres. Le baron de Biron estoit à EHepe, et aux environs d'Arqués, avecque le reste de la

cavalerie, pour fermer le passage à l'armée de la Ligue, et £ûre des courses, pour empescher par derrière le convoy des vivres; sans qu'on eût laissé à Rouen que la seule infiainterie commandée par le maréchal de Biron. Les choses estant ainsi disposées, le duc de Parme se résolut de partir, aprez midy, du lieu où il avoit pris logement. Son intention estoit de prendre à main gauche le chemin du Pont de l'Arche ; de &ire le tour de la forest de Bellancomble, puis de tourner à main droite ; de marcher toute la nuit ; d'arriver au point du jour à Timproviste â Rouen, et d'assaillir tout d'un temps les postes de rin&nterie du maréchal de Biron. •

Le duc de Parme, en quittant Gonneville, voulait donc, en traversant la partie de la forêt d'Eawy, qu'on appelait alors forêt de Bellencombre, regagner la grande route de Dieppe à Paris, qui passait par les Hayons, Forges et Goumay, longer toute la forêt d'Eawy par Ardouval, Pommerval, Bully, et arrivé à Textrcmité de la forêt, se rabattre sur Maucomble et se rendre à Rouen par la route de Neufchâtel. Ce long détour lui était imposé par Tabsence d'une route de Bellencombre à Saint- Saens, dans la vallée de la Varenne, route qui n'existera pas encore au xviii* siècle.

< Comme il eut donc formé ce dessein, ^vorisé par le temps qui estoit assez beau pour la saison, il se mit tout â coup en campagne, le vingt-sixième de février, et prit à main gauche la route de bellencombre... Ainsi avec le mesme ordre qu'ils avoient tenu, ils changèrent la face de l'armée, et retournèrent à leur premier logement. »

Dans cette retraite, la route qui se trouvait sur sa gauche, en partant de Gonneville, était celle du Castelier à Bellencombre, et ce départ eut lieu, le jour même où les Rouennais firent une sortie victorieuse contre la partie de Tarmée de Henri IV assiégeant Rouen, depuis trois mois et demi.

« Le gouverneur envoya tout aussi tost au duc de Mayenne, à travers les bois, le sieur de Franqueville, pour Padvertir de cette victoire ; et Tasseurer, par même moyen, qu'il ne falloit pas que pour secourir la ville il précipitât aucunement les affaires, pource qu'en Testât où il avoit réduit Tennemy, il ne croyoit pas qu'il

luy pust nuire de plusieurs )ours. Cet advis estant venu le soir du vingt-sixième, Ton fit Êdre alte à l'armée, comme elle continuait sa route ; et les capitaines tindrent conseil entre eux. »

Davila parle du € soir du vin^-sixième jour » de février 1 592, parce qu'il croit que la sortie « est du vingt-cinquième, i Mais Palma Cayet dit plus justement : € Sur leur irrésolution, le 27 février, ils receurent la nouvelle de la sortie que ceux de Rouen avoientÊdtte,... la plus mémorable qui se soit faicte durant ces dernières guerres. » Le duc de Parme traversa donc la forêt d'Eawy, rentra dans la vallée de la Béthune, regagna Bures et Neufchâtel et les lieux circonvoisins, et le résultat de la délibération fut celui-ci :

c Le duc de Parme voulut suivre Tadvis des François ; et après avoir envoyé â Rotien huit cens wallons du régiment du comte de Bossu, et du sr la Berlotte * gentilhomme lorrain, lesquels arrivez de nuit y entrèrent sans difficulté (le dimanche 8 mars); il partit avec le reste de Tarmée ; passa la rivière de Somme, et s'esloignant le plus qu'il pust, s'en alla mettre le siège à S. Esprit de Rué, place extrêmement forte, scituée vers cette frontière là. »

Histoire des guerres civiles de France par M. C. Davila. De la traduction de J. Baudoin, 1657, ^* '^ passim, pages 262-267.

MBiiBRXS DE LA FAMILLB DBS LESTENDART, SEIGNEURS DE BULLY, ET GOUVERNEURS DE NEUFCHATEL, AUX XVII* ET XVIII^ SlàCLES.

(Se rapporte aux pages i t8-i 19.)

€ Vers le milieu du xv^ siècle, Pierre de Lestendart, chevalier, seigneur de Hanches, étant veuf de Mad"e de Maintenon, épousa Jeanne Filleul, dame d'honneur de la reine; damedeBully, près Neufchâtel, en Normandie, qui lui apporta en dot sa seigneurie de BuUy. Cest ce mariage qui fit passer cette propriété dans la fieunille Lestendart dans laquelle elle resta pendant près de 3oo ans...

I Celui qui était dans BuUy, et que Henri IV appelle « Barbette. » Voir plus haut, 17a.

€ Il eut de ce dernier mariage plusieurs en&nts, dont .-^ ,. Jean, fut seigneur de BuUy.

€ Jean de Lestandart, chevalier, baron d'Ouillé, fib aW Pierre de Lestandart et de Jeanne Filleul, devint trignwr^^^ Bully après la mort de sa mère. Ce fut lui qui, en 1490, du Roy Tautorisation d'établir à Bully deux foires chaque < et un marché le mercredi de chaque semaine...

c Jean de Lestendart épousa d'abord Renée Le Sec de la Gr»^ sonnière, dont la famille portait : D'argent à un dtemrom aetom* pagné de trois annelets de gueules^ et se remaria, le 3o jiù, i5i3, avec Marie de La Haie d'Hotot (ou d'Heaot).

« De ses alliances, Jean de lestandart eut six enfans» qprf furent Guy, etc...

€ Guy de Lestandart, fils aîné de Jean et de Marie de la Haie d'Hotot, hérita de la terre et seigneurie de Bully. Il épousa, le 3o janvier 1 540, Catherine Poiret, fille de messire Jacques Pioîrei, chevalier, seigneur de Taillebois et de Jacques de Fiennes, dont il eut plusieurs en&nts, entre autres, Louis...

€ Louis de Lestandart, écuyer, sieur et baron de Bully, te marié en premières noces à Louise d'Humières, fille d'Adrien d'Humières, seigneur de Vittermont et de Jeanne d'AiUy...

€ Louis de Lestandart, devenu veuf de Louise d'Humières, se remaria en 1 570 avec Marguerite Leroux, dame d'Angerville, fille de Guillaume Leroux et de Nicole de Vieuxpont, qui loi apporta en dot la terre d'Angerville-la-Martel...

c De cette union naquit Anne de Lestandart, héritier de la seigneurie de Bully...

« En 1577, le seigneur de BuUy (Loys de Lestandart) fut député par la noblesse de la vicomte de Neufchâtel à l'assemblée des Etats qui s*est tenue à Rouen, le 1 5 novembre de cette année, pour la rédaction des coutumes de Normandie {Coutumes de Bérault), Ce seigneur est le premier que nous trouvons qualifié du titre de baron de Bully...

c Messire Anne de Lestandart, fils de Louis et de Marguerite Leroux d'Angerville, héritier de la terre de Bully, était qualifié de : chevalier de Tordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, gouverneur pour sa Majesté de la ville de Neufchâtel,

■ dtfiuliy,

■m de k ville de JUBkàâagL e aexs £nE|B ccomnie liéréditaiiie rcsi ans ** '' j* - hbosul ivbOL'k m. m. Le premier qui ci âa wu r n . ec Joiik ck Lesai^ peur et boroo de BeX'j. agonmé nr serve: ol Ivo si aqad mocéda i Fnshc^s MareC âa FnnauneL aixu i ciiise de n scâ^oeKie âe FsoBHxnei m Anne de I rtfiniir:i ésar fii ne l.iiux e: ns Ksrjeronx d^Angerrffie. hériiier ne a, 'xrs nt bul^ . rents me mb re s de li fanôLt ne T r«miBw : m voir nVu". les fawiHUi^ Arme dose uni larima^ éjfaoB. is :« k^ 2, Catherine de Cré^xd. 4* mfair ne Mamrt Tlam:*» lât it le Jeune, cfaenfier, viçnnr ùl Hamumi m. sr -^ ne de Bo nr fao o - Vfnyrrw- su: ^nic icfi tr-içiie str. a sang. La fa-ntr^i»» de Crégxz: jrsraac. Dur ai r^fi{7i.'j£r

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ï de Lestandart cac ie C^âerime àe Cr^u. lin eidznr.: t baptisés â BoH j. isTgcr '

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de LestandarL £b trri? f Aime ât L^saoïar- «r ir 5 de Créqsi. birâier it j4 :ifcrvi;iJé le r-i.!; t-i ist::' ion plus des çru^d» il^u^n^ei ^e ^en \:i.urrv^ 7. •r^fjn'Ji e i5 mars i^K. àt^se Ante Eiîvt~i<rjL Lurrîrîad 5i* K vile du seigneur iAjuLxi. it VJjin-H'^iinii. :;i4r'i34:r ement gouTcraecr se îi TiL«t ie b» i*^ î::i t^ -t it '»*-^ le de Durppt, a ùt ^^—'^ l-j-^r^xl^it it r^'-^i e-: i^:^t

Roy en tous ses consdk, maréchal de camp, gouverneur ville de Neufchâtel, était aussi seigneur de Villers-Hodenc,' Ti sures et Mouchy-lës-Couleuvres, à cause de sa femme de Monceaux, propriétaire des dites terres. Ce fut en n que le plein fief de Bully fiit érigé en marquisat, pour Imct descendants mâles et femelles par ligne directe et col par lettres patentes accordées (lir le Roi au mois d*

c Ils (Jean de Lestandart et Lucresse de Monceaux) eurent leur mariage un fils baptisé à Bully, le 19 août 1640, Jean-Louis de Lestandart, par messire Jean- Louis Davy dcMaO-*' ceaux et par puissante dame Louise de Torcy, épouse de M. 1^ baron de Lannoy, gouverneur de la ville d'Eu...

c Jean-Louis de Lestandart, fils de Jean et de Lucresse de Monceaux, suivit comme son père la carrière des armes et se distingua par son courage et sa vaillance en différentes ceci" sions...

« Après la mort de son père, qui arriva vers 1680, il fut pourra du gouvernement de la ville, et se rendit digne de cette charge par la justice et Téquité qu'il mit toujours dans ses jugementSM.-

c Messire Jean- Louis de Lestandart, chevalier, marquis de Bully, seigneur de Villers-Hodenc, Saint-Martin-l'Hortier, etc., était marié à dame Charlotte Chrétienne Tardieu de Malleyssyc, et eut de ce mariage deux enfents, savoir : Jean-Louis de Lestandart, né le 26 août 1672...

f M. le Marquis mourut dans les premiers jours d'août 1694 et fut inhumé le 5 de ce mois par M^ le Doyen de Neuf* châtel...

c Son fils, Jean- Louis de Lestandart, lui succéda au gouver* ncment de la ville de Neufchâtel...

• Jean-Louis de Lestandart, le nouveau gouverneur dont parle Toraison funèbre précitée (d'un auteur inconnu), ne se distingua pas moins que ses ancêtres dans la carrière des armes. Il servait dans l'armée dès l'âge de 19 ans, et gagna tous ses grades par des exploits successifs. En 169 1, il fut nommé cornette de la compagnie des chevau-légers du duc de Berry ; en 1699, sous-lieutenant, puis capitaine des gens d'armes du même régiment, et en

1 fat promu au grade de maréchal de camp de cavalerie, 1 do gouvernement de la ville de Neufchâtel par la mort de e, arrivée en 1694; il obtint en 1704 celui de Menin en îy Tacant par la mort de M. le marqub de Polastron. it maintenu dans la charge de gouverneur de la ville de Itd, par un brevet par lui octroyé en 1719, qu'un autre I confirmer ^..

sire Jean-Louis de Lestandart, qualifié des titres de : r, seigneur, haut-)usticier, marquis de Bully, Martincamp, artin-rHortier, Richard-le-Hardy et autres terres et sei- , gouverneur en ses villes de Caudebec et Neufchâtel, en die, maître de camp de cavalerie, ci-devant sous-lieutepitaine des gendarmes de Monseigneur le duc de Berry lier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, avait lu mob d'avril 1698, Marguerite de Monfort, veuve de lezandre de Fautereau, seigneur de Mesnières. Devenu ie remaria, au mois d'avril 1737, avec Marie-Genevièveî-Nîcole de Grouches, fille de Nicolas-Antoine de s, marquis de Chépy^ maréchal de camp des armées du ispecteur de cavalerie et de Geneviève Bigot. Il ne laissa fimts de ces deux mariages...

lemier des Lestandart s'étant ruiné par des spéculations ises, la terre de Bully avait été décrétée, et M r de Mauli recherchait alors M^^^de Roncherolles, s'en était rendu ir...

Je Maupeou, devenu marquis de Bully, s'intitulait : Très

très puissant seigneur, Monseigneur René-Nicolas- Augustin de Maupeou, chevalier, seigneur, haut- justicier, et patron de Bully, Martincamp, Saint-Martin-F Mortier, •le-Hardy, seigneur, marquis de Roncherolles, Cuver- Roquette et autres lieux, chancelier, garde des sceaux :e, commandeur des ordres du Roi, gouverneur pour le a ville de Neufchâtel-en-Bray et conservateur des chasses

de sa Majesté dépendant de la maîtrise d'Arqués, i

>urcin met en note : « Histoire manuscrite de Neufchâtel, par lin. » Voir plus haut, p. 179.

Recueil statistique et historique sur la commune dt Bsâfy^ M. Ch. Fourdii, dont le manuscrit est dépose aux Aichim la Seine-Inférieare.

Les Extraits ci-dessus sont empruntés au chapitre VII, graphes 7, 8 et 9, pages 332-406, passim.

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