‹ Histoire civile, physique et morale de Paris. Par J.- A. Dulaure (volume 2)Chapitre 3 sur 21 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

L'ouvrage que j'offre au public n'est point une histoire générale de Paris , ni une Iiistoire à la manière des bénédictins : je n'y ai pas tout dit, mais j'ai tàcbé de remplir toutes les obligations que m'imp(^e son%itre^ je n'ai pas tout dit, parce qu'ett disant tout on s'expose à publier des faits sans conséquence , des notions stériles , des noms dénués de mérite, à multiplier les Tolumes, et, ce qui est pis encore, à lasser la patience des lecteurs. Persuadé que le miroir le plus fidèle deslnœurs et du caractère de chaque période se trouve dans les étabUssemens qu'elle a vus naître , je me sids appliqué, quel que soit leur plus ou moins d'utilité , à n'en omettre aucun. ftLiis les notices que j'en donne sont succinctes : j'ai eu soin d'élaguer les détails administra-

ûla qui ne préseateitt ^«n întërèt parti-i> <;ulier, et qui n'ofeetil rien d'utile, rien d'attachant. De pli^S) j'^ -classé ensemble les institutions de la même espèce, en les soumettant néanmoins à Tordre chronoloigique.

Par le moyen de cette classification, ou apercevra sans peine quelle période a été la plus féconde eh institutions religiéu^i^^ et civiles , en abbayes , en bôpitaiix , en collèges , en commuilautés religieuses des deux sexes , ea spectacles , etc. ; on obtien-r dra des données certaines Sur la marche de Tesprit humain^ on le Terra, après être tombé jusqu'au dernier point de dégrada-^ tion, animé par une force qui le pousse vers son perfectionnement, chercher, par des voies diverses, à s'afi&anchir du joug de la barbarie^

Paris , comme centre et du giouvernéinent et des intérêts particuliers et iiatiônaux , comme foyer dès passiôiis ambitieuses , comme pivot sur lequel tournent tous les événemens politiques, et comme berceau ou modèle de Topiniph souveraine, offre

DE LA PKBXièRS ÉDITIOir. 3

pk» tpie toute atiH% rille ^e France unie loène favorable aux observateurs , et foiQrnit des matériaux plus nombreux aux aniwles de Fesprit bumain* L^bistoire de cette -fille ^ dirigée vers ce dernier but, doit, j^ le pe&se, acquérnr oa nouveau degré d'in» térèu

fies hommes , indices d'écrire Thistoire 9 ont cm bonorer Paris en ^iveloppant les or^gmes de eette- ville de fictions vaniteusea; j'ai r^të ces faux ornemens ; j'ai présenté cette ville à sa naissance 9 dans son état na^ torel de faiblesse et de nudité ; et je crois èafepasT^iuà m'aj^rocber de la vérité > si je n^ai pu entièrement Tatteindre.

Je ne «crains point ^'on ipe x^^rpcbe d'avoiriosé d'impostures ccasiplàiswtesiy d'a^ voir trabi le dev4»r d'bistorien , en donnaxit à cette ville et à ses anciens habitans àes âoges non mérités , une illosl^ra^A mensongère *,^mais je crains, surKuit 4^ }a paiit de -ceux qui n'ont de notre bist^nre <{u'une -cènnaissiince impar£»te , ou pittt6t qoïiie Vtmt étudiée que dans les poëtiiis^ dans les omteurs ou les pan^rûtes:} je

4 PUÉFACE.

crains , dis-je , d'être par eux accusé d'exa^ gération , accusé d'avoir chargé le tableau de nos siècles de barbarie , passé sous silence les actes de vertu , et de n'avoir mentionné que des crimes. Je pressens ces reproches ^ je dois en montrer l'injustice.

Il est certain que les divers tableaux des mœurs que j'ai tracés , depuis l'établissement des Francs dans la Gaule jusqu'au dix-huitième siècle , offrent peu d'esempled k imiter^ et AQi.¥eut choquer la multitude ignorante , disposée à respecter lepasséi^aiis le connaître. Il est certain que ces tableaux se composent de traits igpobles ou révoltans *, mais je ne pouvais écrire que d'^après les monumens historiques , que j'ai fî^^lement extraits et cités ; je ne pouvais employer d'autres matériaux que ceux qui sont présentés par ces * monumens. Lorsqu'ils n'offrent que des vices , que des actions basses ou criminelles , devaisrje y substituer des actions honorables et généreuses , présenter des moeurs qui n'existaient pas ? devaîs-je 5 pour présenter des crimes sous un 1 jour favorable, altérer les textes? En re-

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