Chevaux-grues
280 r/IIlSTOIRE VERITABLE
(Juaiul le moment de livrer le combat fut verni, on langea les troupes de celle manière ; les Hijtpofivpes formèrent l'aile droite, que commandait Endymion entouré de ses plus braves ofliciers, du nombre desquels nous étions. Les Lachanoplères occupaient la gauche, les alliés tenaient le centre ; l'infanlerie montait à soixante millions, e(, pour la ranger en bataille, voici de quel moyen on se servit ; les araignées de ce pays sont en grand nombre, et chacune d'elles est plus grosse que toutes les îles Cyclades ensemble.
On leur donna ordre de former dans l'air une toile qui s'étendît depuis la Lune jusqu'à l'étoile de Lucifer, ce qu'elles firent en un clin d'oeil; elles établirent un champ de bataille, sur lequel le roi rangea son infanterie, dont il confia le commandement à Nyctérion, fils d'Eudiamactus, et à deux autres. L'aile gauche des ennemis était composée des Hippomyrinèques. Phaëlon en occui»ait le centre ; ces Hippomyrinèques sont des animaux ailés, d'une taille énorme, et semblables à nos fourmis, mais beaucoup plus gros, car le plus grand d'entre eux couvrait deux arpents.
Ces animaux combattent aussi bien que ceux qui les montent, et frappent l'ennemi de leurs coines ' ; on m'assura que leur nombre était d'environ cinquante mille.
Les Aéroconopes ^, qui se montaient à jieu près au même nombre, furent placés à la droite. Ils combattent avec l'arc et sont montés sur de grands moucherons : derrière eux, on mit les Aérocoraces^, fantassins armés à la légère, et très belliqueux ; ils se servent de la fronde et lancent de loin de grandes raves ; celui
1. On croit voir ici une criti(jue dft co que Ir's historiens ont attriji' ;\ Bucéphale, le cheval d'Alexandre.