‹ Histoire comparée des littératures espagnole et françaiseChapitre 11 sur 27 · AGUEDA · texte numérisé non relu

AGUEDA

Cours, petite fille, vas apprêter une couple d'œufs pour le souper de ton père ; tu arrangeras ensuite son lit Je gagerais, mon mari,

qu'il ne vous est pas encore venu en tête de travailler à ce plant d'oliviers que je vous avais tan» recommande?

TORUVIO. ^ , ,;

Et pourquoi donc serais-je rentré si tard, si I. i5

ce n'elait pour faire ce que vous m'aviez dil?

AGUÉDA.

A la bonne heure ! Et où avez-vous plante?

TORUVIO.

Là-bas, près du figuier où je vous ai embrasse'e un jour; vous en souvenez-vous?

MENCIGUÉLA.

Mon père, quand vous voudrez souper, tout

est prêt.

AGUÉDA.

Vous ne savez pas ce que j'ai pense', mon mari? Ce replant que vous venez de mettre en terre aujourd'hui rendra, d'ici à six ou sept ans, quatre à cinq fanègues d'olives ; et en ajoutant un rejeton par-ci, un autre rejeton par-là, dans vingt-cinq ou trente ans vous aurez un champ d'oliviers en plein et bon rapport.

Rien de plus vrai, ma fennrio ; cela no peut manquer de faire merveille.

AGUÉDA.

Savez-vous ce que j'ai pensé, mon mari? non; eh bien, e'coulez-moi. Je ferai la cueillette des olives, vous les transporterez sur notre petit âne, et Menciguéla les vendra au marché; mais souvenez-vous de ce que je vous dis, ma fille, vous ne devez pas donner le celemin (a) pour moins de deux réaux de Castille.

TORUVIO.

Deux réaux de Castille! oh, par exemple, ce serait conscience! Il suffit de les laisser à quatorze ou quinze deniers le celemin.

AGUÉDA.

Taisez-vous donc! c'est du plant de la meilleure espèce, du plant de Cordoue.

TORUVIO.

Et quand ce serait du plant de Cordoue, le prix que je dis est suffisant.

AGUÉDA. •.■'■>' ';■.'■. r^l'

Taisez-vous, encore une fois, et ne me rom-

(a) Douzième de la fanègue, environ un boisseau.

pez pas la této. Ah ça, ma fille, vous m'avez entendue : deux re'aux de Casùlle, et rien de moins.

Encore! Viens ici, petite fille; combien te-

ras-tu les olives?

> MENCIGUÉLA.

Ce qu il vous plaira, mon père.

TORUVIO.

Quatorze ou quinze deniers?

MENCIGXTÉLA.

Oui, mon père.

AGUÉDA.

Comment, oui, mon père! Viens ici, petite fille : combien feras-tu les olives?

MENCIGUÉLA. .,, ^

Ce (]ue vous voudrez, ma mère.

■• • ■ AGUKDA. ' ■' '■'■'

Deux re'aux de Castille?

■>^r 229 -^=- TORUVIO, en colère.

Miséricorde! deux re'aux de Castille! Je vous promets que, si vous ne faites pas ce que je vous <lis, je vous donnerai plus de deux cents coups d (.'(.rivières. Voyons, parlez, combien les ferezvous?

MENCIGUÉLA.

Comme vous dites, mon père. '

Quatorze ou quinze deniers?

ir .1 , ;^.. MENCIGUÉLA. , i.,. ;..,.,'. ,

Oui, mon père.

AGUÉDA.

Qu'est-ce à dire? Oui, mon père! (^Elle la

bat.') Attrape! attrape! voilà pour t'apprendre à

me désobe'ir.

TORUVIO. • ' '

Laissez cette enfant. ,

• MENCIGUELA.

Ah, ma mère! ah, mon père! ne me tuez pas!

ALOJAj entrant.

Qu'est-ce que c'est, voisins? Pourquoi maltraiter ainsi celte petite?

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