LES OLIVES
ToRDVIO, vieillard; AguÉDA de ToKVEGX'mo^ sa femme; MewCIGUÉLA, leur fille; Aloja, voisin.
( Une rue de village.)
« Grand Dieu, quel temps! Jamais orage pareil ne m'a poursuivi du haut en bas de la montagne ; j'ai cru que le ciel allait se de'traquer et les nuages rouler jusqu'à terre! Encore, si mon souper était prêt ; mais la senora ma femme n'y aura pas même pense' : que la maie - rage l'élouffe! Hola, Mencigue'la, ma fille!... Bien, tout le monde dort dans Zamora. Aguéda de Toruegano!.. holà! m'entends-tu?
MENCIGUÉLA.
.Tésus, mon père! voulez-vous donc briser la porte ?
TORUVIO.
Bon! voyez la langue à pre'sent! voyez quel bec ! Et pouvez-vous me dire où est votre mère, seiiora?
MENCIGUÉLA.
Elle est chez la voisine pour l'aider à faire cuire des ëcheveaux de soie.
TORUVIO.
Peste soit des e'cheveaux de soie, d'elle et de vous! Allez l'appeler à l'instant.
AGUÉDA.
Allons, allons, monsieur le faiseur d'embarras; vous verrez que, parce qu'il apporte une mauvaise charge de bois, il n'y aura plus moyen de s'entendre avec lui !
Ouais! une mauvaise charge de bois ! cela vous
plaît à dire, senora ; iriais je jure, moi, par le
ciel de Dieu, que c'est tout au plus si, avec
l'aide de votre filleul, j'ai pu la mettre sur mes
épaules. ' .
AGUÉDA.
Soit, nous voilà bien lotis!... Mais en quel ëtat êtes -vous, mon mari! comme vous voilà fait!
TORUVIO.
Je suis trempe comme une soupe. Vite, ma
femme, donnez -moi, je vous prie, quelque
chose à mander.
AGUÉDA.
Eh! que diable voulez -vous que je vous donne? je n'ai rien.
MENCIGUÉLA.
Je'sus, mon père, comme ce bois est mouille!
TORUVIO.
Oui dà, vraiment; ça n'empêchera pas ta chère mère de dire encore que c'est la rose'e.
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