‹ Histoire comparée des littératures espagnole et françaiseChapitre 10 sur 27 · LES OLIVES · texte numérisé non relu

LES OLIVES

ToRDVIO, vieillard; AguÉDA de ToKVEGX'mo^ sa femme; MewCIGUÉLA, leur fille; Aloja, voisin.

( Une rue de village.)

« Grand Dieu, quel temps! Jamais orage pareil ne m'a poursuivi du haut en bas de la montagne ; j'ai cru que le ciel allait se de'traquer et les nuages rouler jusqu'à terre! Encore, si mon souper était prêt ; mais la senora ma femme n'y aura pas même pense' : que la maie - rage l'élouffe! Hola, Mencigue'la, ma fille!... Bien, tout le monde dort dans Zamora. Aguéda de Toruegano!.. holà! m'entends-tu?

MENCIGUÉLA.

.Tésus, mon père! voulez-vous donc briser la porte ?

TORUVIO.

Bon! voyez la langue à pre'sent! voyez quel bec ! Et pouvez-vous me dire où est votre mère, seiiora?

MENCIGUÉLA.

Elle est chez la voisine pour l'aider à faire cuire des ëcheveaux de soie.

TORUVIO.

Peste soit des e'cheveaux de soie, d'elle et de vous! Allez l'appeler à l'instant.

AGUÉDA.

Allons, allons, monsieur le faiseur d'embarras; vous verrez que, parce qu'il apporte une mauvaise charge de bois, il n'y aura plus moyen de s'entendre avec lui !

Ouais! une mauvaise charge de bois ! cela vous

plaît à dire, senora ; iriais je jure, moi, par le

ciel de Dieu, que c'est tout au plus si, avec

l'aide de votre filleul, j'ai pu la mettre sur mes

épaules. ' .

AGUÉDA.

Soit, nous voilà bien lotis!... Mais en quel ëtat êtes -vous, mon mari! comme vous voilà fait!

TORUVIO.

Je suis trempe comme une soupe. Vite, ma

femme, donnez -moi, je vous prie, quelque

chose à mander.

AGUÉDA.

Eh! que diable voulez -vous que je vous donne? je n'ai rien.

MENCIGUÉLA.

Je'sus, mon père, comme ce bois est mouille!

TORUVIO.

Oui dà, vraiment; ça n'empêchera pas ta chère mère de dire encore que c'est la rose'e.

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