‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie considérés relativement aux principes des connaissances humainesChapitre 2 sur 25 · DU LIBRAIRE-ÉDITEUR SUR CETTE SECONDE ÉDITION · texte numérisé non relu

DU LIBRAIRE-ÉDITEUR SUR CETTE SECONDE ÉDITION

La première éditiou parut en i8o4; elle fut prouiptement épuisée^ et l'ouvrage traduit presque aussitôt en plusieurs langues, -

Depuis nombre d'années on pressait Fauteur d'en donner une seconde : il s'y refusait, dans le désir de rendre son ouvrage plus digne encore du succès qu'il avait obtenu.

Cependant on reconnaissait généralement en Fraiice le besoin qu'éprouvent les nombreux élèv« s des facultés de philosopbie, de pouvoir se guider dans leurs études par la méditation d'un tableau qui seul jusqu'à ce moment leur offrît un parallèle raisonné des diverses doctrines philosophiques.

M. de Gerando s'est rendu à ces observations et à nos instances; il a consenti à donner une seconde édition de V Histoire comparée des Systèmes do 1, 1

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philosophie, en se bornant aux corrections el augmentalions essentielles.

Des omissions ont élë réparées, des articles rectifiés; les fautes typographiques ont disparu; les renvois, \gs citations, les notes, tout a été revu et coriigé avec soin; enfin le plan de la première partie a reçu des améliorations sensibles.

Un rapport historique sur l'étaL des connaissances humaines fui présenté en 1808 au gouvernement par l'Institut de France : celte seconde édition est encore augmentée de la partie de ce rapport qui renferme le résumé des travaux en philosophie depuis 1789, et que M. de Gerando avait été chargé de rédiger au nom de la troisième classe de l'Institut. Ce compte rendu termine et complète l'Histoire de la Pliilosophie jusqu'à la fin du siècle dernier.

Le commencement du dix -neuvième siècle a ouvert une nouvelle période dans la marche de la philosophie , particulièrement en Fiance. Cette révolution avait clé annoncée par l'auteur , et il y a sans doute essentiellement contribué, soit par l'ouvrage que nous réimpi'imons, soit par son Traité des Signes et de V Art de Penser, qui l'a précédé.

En lisant les propr;nnmes des cours ouverts de-

pruîs quelques années à la faculté des lettres de l'Académie de Paris, on se convaincra que les professeurs ont généralement adopté pour base de leur «nseignement précisément l'idée sur laquelle repose l'ouvrage de M. de Geiando.

A ces preuves de l'accueil qu'il a reçu en France , joignons deux témoignages du jugement qui en a été porté chez les nations où l'étude de la philosophie est élevée au plus haut degré.

L'un est de M. le professeur Tennemann , auteur lui-même de la meilleure histoire de la philosophie publiée jusqu'à ce jour en Allemagne , et qui s'est empressé de donner à sa patrie une traduction de l'ouvrage de M. de Gerando. Il est à remarquer que ce professeur, partisan zélé de la doctrine deKant, est un adversaire de la philosophie et de la doctrine exposée dans V Histoire comparée des Systèmes de philosophie. Dans la préface de sa traduction M. Tennemann, après s'être livré à un examen développé de l'ouvrage français, ajoute : « M. de Gerando est, après Des- » landes, le premier écrivain français qui ait em- » brassé tout l'ensemble de l'histoire de la philoso- » phie j mais il est au-dessus de ce compilateur et » comme penseur et comme historien. A une ex- ?) position animée, à des comparaisons et à dus

(Iv) )) pc in I lires souvent heureuses , k une foule d'aper- » çus lumineux qui donueul à ronsemble de son 1) ouvrage une empreinte particulière, il réunit » certaines qualités qu'on ne retrouve pas toujours )) parmi ses compatriotes, et que l'on peut altri- 1) buer à l'étude approfondie qu'il a faite de la » langue allemande. On voit qu'il a consulté les ^> sources autant qu'il était possible à un seul )) homme de le faii'e dans une aupsi immense accu- » mulation de documens. Il n'a point voulu s'en » fier aux recherches d'aulrui pour ses matériaux , » qu'il a tous réunis selon ses propres directions, » sans toutefois négliger l'utile secours des sources V) secondaires,

)> Observateur attentif des nouveaux phéno- » mènes qui se sont produits dans le champ de la » philosophie, M. de Gerando. offre à sa nation un )) tableau étendu non-seulement du système dt* » Kant, mais encore des travaux des adver- » saires et des partisans de ce philosophe, ainsi » que des recherches spéculatives de ses succes- » seurs.

» M. de Gerando ne s'est point contenté de » puiser ses matériaux dans les sources ; il les a M rassemblas en un tout harmonieux, et s'est créé î) par là mi système qui lui est entièrement propre.

M C'est dans la masse des pioblèine^ et des re- » cherches que nous offre l'hisloh;e de la philo- )) Sophie qu'il a choisi ceux qui évidemment » présentent le plus haut degré d'intérêt.

» C'est une idée très-heureuse que d'établir ainsi » et de mettre précisément en évidence cet ordre « de recherches dans le vaste chamjî de l'histoire » de la philosojDhie , et de rappeler au point de » vue dominant tous les divers systèmes philoso- » phiques, en tant que par eux peut être avancée » la solution des grands problèmes de l'entende- » ment humani. »

L'autre suffrage est du célèbre du Guald Stewart ^ le premier des philosophes vivans de PAngleterre. Entre un grand nombre de passages dans lesquels il protesse la plus haute estime pour l'auteur, no'^s traduirons quelques lignes extraites de ses Essais (Edimbourg, 1810). « Parmi les philosophes fran- » çais dont j'ai déjà parlé , il en est un que je dois » peut-être distinguer des autres, à cause de la » rare alliance du savoir, de la générosité de senli- » mens et de la profondeur philosophique que » nous offrent ses écrits. Pour ceux qui ont lu ses » ouvrages, à peine est-il nécessaire d'ajouter le » nom de M. de Gerando. J'ai été particulière- » ment flatté de reniai quer une frappante et coni-

( vj) » plète analogie entre ses vues générales el celle» » qui me sont propres ; s'il n'a point adopté quel- V ques-unes des conclusions que j'ai tâché d'établir, j) je voudrais pouvoir l'attribuer plutôt à l'imper- » fection du cadre où j'ai répandu jusqu'à ce jour » mes opinions, qu'à la fliiblesse des raisonnemens » quijjin'ont conduit à les adopter. Ici du moins » son opinion ne paraît être au fond , à peu près , n si ce n'est exactement la même, que celle que » j.'ai émise dans mon premier volume. »

( Troisième Essai j page 1 4. )

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