‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie considérés relativement aux principes des connaissances humainesChapitre 25 sur 25 · I. Sa · texte numérisé non relu

I. Sa

» tjiii rxi.sletit sout multiples , ejie» sout à la foig semj) bîables et dissemblables ? cela est impossible. » Car, Ips semblables ne peuvent différer, ni ce qu i » diffère se ressembler. N'esL-ce pas cependant ce » que tu nous dis ? — Sans doute, reprend Zenon. — »> Car, continue Socrate, s'il est impossible qœ le» »> mêmes choses soient à la fois semblables et diffe'— » rentes, il s'ensuit qu'il est impossible que les chose» » soient multiples ; n'est-ce pas la conséquence ne— H cessaire ? — Sans doute encore , répond Zenon , » tn as parfaitement saisi le sens de mon écrit... Mais, « je n'ai écrit CCS choses que pour prendre la défense de » Parménide contre ceux qui l'attaquaient en disant : » Si tout est un, il en résultera des conséquences » absurdes et opposées entre elles. J'ai voulu montrer » que l'opinion de ceux qui admettent le multiple , » conduit, après un examen approfondi, à des » conséquences beaucoup plus absurdes encore, etc. ( Tome X , de l'éd. de Deux-Ponts , page ■ja à 76 ).

Deux des chapitres du petit traité d'Aristote , ou plutôt de» fragmens réunis sous le titre de Xtnopliane^ Zenon et Gorgias , portent le nom de Zenon. Ils sont consacrés à exposer et à réfuter les raisonnemens dont ce dialecticien cherchait à appuyer les opinions de Parménide. Voici un exemple de ces raisonnemens : « Il est impossible que ce qui est ait été produit , » et .. c'est à la Divinité qu'il appliquait cette projjosftion. « Car , disait-il , il serait nécessaire que ce qui aurait » été produit fût né de son semblable , ou de son dis- » semblable ; or, ni l'un ni l'antre ne peuvent avoir w lieu... Dieu esl donc ulcrnel. Mais , si Dieu est tout

» ce qu'il y a de plus excellent , il faut aussi qu'il soit » un. Car, s'ils e'taient deux ou plusieurs , !'un d'eux » serait Dieu aussi ; aucun d'eux ne serait <3onc le » plus excellent. Car la nature de Dieu et sa puisas sauce consistent en ce qu'il préside , en ce qu'il » domir.e ; il cesserait d'être Dieu dès qu'il per- » drait le premier rang. S'ils étaient plusieurs , » 4a puissance de chacun ser.' it limitée par cel'o >' des autres. » On est surpris de trouver encore ici le germe de l'une des démonstrations de C'arke. Zenon ajoute que la Divinité est en tout semblable à elle-même , ce qu'il exprime en disant qu'elle est sphérique. <v Dieu, dit-il , n'est ni infini ni fini. » Mais il faut remarquer qu'il définit plus loin la notion de 1 infini en ces tenues : La grandeur qui n'a pas fît: limites. « Dieu , enfin , n'est , suivant lui, r.i sujet à » mouvement , ni immobile. «

(F) Platon a doHié à rua ue ses dialogues le rom de Cralyle , le disciple d'Heraclite. Ce dialogue a pour objet de discuter la question de savoir si les noms des choses ont leur raison dans la nature, s'ils expriment cette nature elle-même , oii s'ils ne sont que le résultat d'une convention, s'ils ont été arbitrairement imposés par les hommes. Hermogëne , disciple de Parménide , soutient le premier parti , Cratyle le second , et Socrate paraît , en terminant , être favorable au dernier. Sextus l'iimpirique rc-ume en iiistorieu fidèle la doctrine d'iloraclitc sui- la connaissance humaine , l'expose avec une grande précision ; il rapporte souvent les j lopres eij)ressions du philosophe : « Heraclite ,

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M dit - il , voyant l'homme muni de deux instru— » .mens pour obtenir la connaissance de la vérité , » savoir : des sens et de la raison , pensa que le » premier, auquel les physiciens s'étaient attachés , ne » mérite pas la confiance ; c'est à la raison seule qu'il » conserva l'aulorité des jugemens. Mais , il repoussa >> le tcniofgnnge des scn>, disant expressément : Les » jctijc siinl (le mauvais td//ioins, et les oreilles » ii'(ipi>nilienn<iit (jii'à d* s esprits ignorans, comme « s'il disait : C'est le propre des e>j)rits ignorans de se » fier à des sens pri\ésde raison. La raison à laquelle » il confère celle autorité , n'est pas celle d'un homme n pris au hasard, mais la raison commune, la raison >> divine. Or, il faut exposer brièvement quelle est y> celte raison. Les philosophes physiciens pensent que » l'almosphère qui nous enviroime est douée de raison. » C'est es qu'avaient déjà exprimé Homère , Archi— » loque , Euripide. Lors donc que nous avons en » quelque sorte aspiré cette raison divine , nous obte— » nous la sagesse. Selon Heraclite, elle nous aban- » donne pendant le sommeil , nous est rendue à notre » réveil. Car, pendant le sommeil, les organes des sens » étant obstrués, l'âme est privée de ses communica- » lions avec l'atmosphère qui nous environne ; nous » ne conservons que cette seule respiration naturelle » qui est comme la racme de ia vie, et nous perdons >> en même temps la faculté du souvenir. ÎMnis peu- » dant l'état de veille, les organes des sens redt- » viennent pour l'àuie comme une sorte de feiiClres i> au travers desquelles sa vue s'étend; elle se met de w nouveau eu rapport avec l'atmosphère qui l'cnvi-

» ronoe , et recouvre les faculté» d« la raison ; sem- » blable au charbon qui s'allume lorsqu'on l'approche > du feu , cette substance qui réside en nous , en trou- » vant plusieurs issues pour communiquer avec le >> tout ou l'universalité, prend le même genre et la » même forme. Telle est celte raison divine et com- » mune qu'Heraclite institue le juge de toutes choses. ») D'oii il résulte que ce qui obtient l'assentiment de j» tout est digne de notre confiance; et que ce qui » n'est admis que par un seul individu ne mérite pas » de l'obtenir. Dans son livre, sur la nature , le plii- » losophe dont nous parlons indique en quelque M sorte cette atmosphère environnante, lorsqu'il dit: » Les hommes ne sont donc point doués de connais- » sances , avant quils aient entendu , et lorsqu'ils y» commencent à entendre. Car, les choses qu'ils » entendent ou quils voient d'une manière isolée , » ne sont point encore accompagnées de l'assen- » liment des autres hommes. Il ajoute ensuite: » C'est pourquoi il faut suivre la raison commune. >' Car, quoique la raison soit un don commun, n plusieurs vivent comme s^ils avaient une sagesse » propre. Mais, la sagesse ne se fonde que sur l'asti sentiment universel. Nous disons donc la vérité ^ >. lorsque la mémoire nous en rend compte ; et nous » errons lorsque nous jugeons d'après nous- » même!. ( Sextus l'Empirique , advers. Logic. , VII, §. 126 a i35. )

(G) Indépendamment des diverses sources que nous avons indiquées dans le courant de ce chapitre , on peut

consulter , »ur la première école d'Elée , SpaMinf» {Commentarius in primam partent iibelli de Xenophane , Zenone et Gorgia, Berlin, 1795); Fénerleia (De Xenophane)^ Tiedemann ( Dissertatio historico-philosophica de Xenophane , Aldorf. , 1789 , dans la Bibliothèque philos, de Voltborth , 3 vol, ), Gessner (Commentaire sur les fragniens du livre de Xé'nopbane, dans le Recueil de l'université de Gœttingue , tome i'»' ) , Walter ( les Tombeaux des Eléaiiques) , Buhle {Comnientatio de ortu et progressa Panthcismi indc à Xenophane Colophanio y primo ej'iis aiitore , usque ad Spinosam , dans les Commentaires de V université de Gœttingue, tomeX), Brucker {Epislola de alheismo Parmenidis ) , Lohse ( Dissertatio de argumentis quibus Zeno Eleates nullum esse motum denionsirafiV , etc. Halle, 1794).

Sur Heraclite , on peut consulter Olearius ( De principio rerum naturalium , ex mente Heraclitis , dissertatio , Leipsick , 1697 ) , le mèrne , De rerum naturalium genesi , ex mente Heraclitis physici , dissertatio , ibid. , 1702 ). Ces deux dissertations sont rapportées dans l'Histoire philosophique de Stanley : Gesner ( De animabus Heraclitis et Hippocratis , dans les Mémoires de l'université de Gœttingue ), Heyne ( De animabus siccis Heraclitis ^ Opuscul. académ. , tome HI ).

FIN nu Fi<EIM!i:R \OLUMK.

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