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C'est-à-dire celle qui tend à examint;r quel est le rapport de l'esprit humain avec les objets de ses connaissances, quel est le fondement du droit qu'il s'attribue pour en juger, quelles sont par conséquent la réalité , l'étendue et la garantie légitimes de ces connaissances ellesmêmes.
Telle est à nos yeux cette véritable PHILOSOPHIE PREMIÈRE dout parlent Bacon et Descartes (i), qui renferme en elle l'essence et les elëmens constitutifs de toute philosophie, ^aiceqiieles pri/icipes unwefsels de toutes les sciences
des axiomes f ni des propositions abstraites , ni tel ou te! autre genre de principes ; ce serait préjuger la question. Nous donnons seulement le nom de principes à ces vérités premières , qui sont placées à l'origine de toutes les autres dans l'ordre selon lequel elles sont acquises, ou dans celui de la démonstration, de quelque nature qu'elles soient d'ailleurs.
(i) Bdicon, de Au gm. scient., lib. III, cap. I. — Descarles, Méditations , lettre en forme d'introduction.
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ne peuvent résider que dans la nature même de la science , parce qu'avant de décider sur Dieu , V univers, V homme , ces trois grands objets de toute doctrine pliilosophique, il faut examiner avant tout en vertu de quel titre l'homme décide sur quelque chose.
Nous avons donc cru reconnaître que les systèmes relatifs aux principes des connaissances humaines ont déterminé constamment et d'une manière presque iafaillible les caractères dominans et les destinées principales de chaque doctrine philosophic[ue, parce que ces systèmes renfermaient, si l'on peut dire ainsi ^ la législation de ces doctrines.
Dès-lors notre travail s'est divise' naturellement en deux parties.
La première est une simple exposition historique des systèmes imaginés par les philosophes à l'égard des principes des connaissances humaines, avec l'indica tion du rapport qui unit chacun de ces sys-
tèracs aux opinions qui en sont dérivées., La seconde est une analyse critique de ces mêmes systèmes, où leurs motifs sont opposés, et leurs effets comparés les uns aux autres.
Dans la première partie nous nous bornons à établir , d'une manière sommaire, d'après des témoignages authentiques, ce que les diverses écoles de philosophes ont pensé sur ce sujet , pour trouver dans ce petit nombre de faits un moyen simple de classer, de diviser, de définir les doctrines, et de fixer les signes des révolutions philosophiques.
Dans la seconde, au contraire, nous saisissons ces faits comme autant de grandes expériences, comme autant de grandes données qui puissent par la comparaison méthodique des motifs, des preuves, des effets produits, jeter une nouvelle lumière sur la question fondamentale elle-même, et fixer notre choix sur le système qui, au sortir de cette
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t'preuve, se montrera le meilleur (i).
Cet ouvrage n'est donc pas, à brancoup près, une histoire générale et complète de la philosophie; il n'est ])eut-être pas permis d'espërer qvi'une telle histoire traitée avec l'étendue qu'elle exigerait, obtînt aujourd'hui du public français un assez haut degré d'attention (2); il nous semble d'ailleurs qu'il sera difficile de traiter avec succès un aussi vaste sujet, jusqu'à ce qu'on ait explore séparément ses diverses branches, et créé une méthode de distribution pour les doctrines dont cette histoire devait nous offrir l'assemblage. En effet, les opinions philosophiques qui se sont pro-
(i) « L'expérience encore dans l'enfance traite de »> mère toute espèce de philosophie ; tnais une expé- » rience véritablement adulte reconnaît sa véritable » mère. :> (Bacon, ibid. )
(2) Nous aimons à avouer que cette réflexion, peutêtre exagérée à l'époque où |)arut la première édition de cet ouvrage, serait aujourd'hui sans fondement. Depuis cctle époque , renseignement de la philosophie