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elles, si on ne distingue surtout celles de ces causes qui résident dans le sein même delà philosophie et qui lui sont propres, de celles qui lui sont étrangères et qui naissent des circonstances extérieures. Veuton donc que l'histoire de la philosophie devienne véritablement utile? Il faut qu'avant tout on prenne les moyens de la bien e'tudier. Il faut que les philosophes imitent les naturalistes, qui, avant de nous engager dans les vastes re'gions de l'histoire de la nature, nous prêtent des nomenclatures régulières et simples, et qui cherchent le principe de ces nomenclatures dans les caractères essentiels de chaque production. C'est a ce travail préliminaire que nous avons cru devoir nous appliquer dans cet ouvrage , et nous nous estimerons heureux s'il peut servir à'' introduction générale, à Vhistoire entière de la pJiilosopJiie.
Cet ouvrage n'est pas non plus une simple histoire narrative ^ pour nous
servir de l'expression de })acon ( i ); il ne remplirait pas son but^ s'il se bornait à la simple exposition des faits. C'est une histoire inductive (2) ou comparée; en exposant les faits elle doit les convertir, par une suite de parallèles, en autant dC expériences sur la marche de l'esprit humain. Nous aurions tiré bien peu de fruit de nos recherches sur les systèmes passe's , si nous ne clîerchions quelques vues sur la meilleure marche à suivre , pour l'avenir; si, devenus les te'moins de tant d'illustres tentatives pour la solution du problème fondamental, nous n'essayions d'apprécier leur mérite respectif, de découvrir ce qui leur manque encore. C'est lorsqu'on a toutes les données de l'histoire sous ses yeux, qu'on est placé convenablement pour fonder une théorie exacte. Le travail que nous entreprenons
(i) De Allument, scient., lib. II , cap. XII. [i)Ibid.,\\h.m, cap. IV.
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peut donc être considère comme l'essai d'un traite de philosophie, sur les questionspremières de cette science, mais d'un traite conçu d'après la méthode la plus prudente, quoique la plus négligée, d'après la méthode des expériences; nous osons donc l'offrir encore comme une introduction à V histoire de la philo - Sophie ou comme un essai de philosophie expérimentale.
Cet ouvrage enfin n'a point, avec le Traité des systèmes de Condillac^ l'analogie qu'on supposerait peut être d'après son titre. Il nous appartiendrait moins qu'a personne de vouloir travailler sur le même plan que ce philosophe, et un tel dessein est loin de notre pensée. Condillac se proposait de démontrer les inconvëniens et le danger des systèmes fondes sur \es principes abstraits. Ici, nous n'avons point forme d'avance la résolution de démontrer les inconvéniens de tels ou tels systèmes déterminés, nous projetons
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seulement d'exposer les divers systèmes, de quelque nature qu'ils soient , avec le talDÎeau de leurs motifs, de leurs causas, de leurs effets , afin que leurs inconveniens ou leurs dangers ressortent ensuite naturellement et comme d'eux-mêmes ; les systèmes fondes sur des principes abstraits ne sont point les seuls que nous soumettrons à ce genre de critique ; nous ne nous contenterons point de faire voir que les véritables systèmes doivent être fonde's sur l'expe'rience ; nous essaierons de faire voir comment ils doivent tirer parti de l'expérience. Condillac a expose d'une manière isole'e . quelques systèmes principaux pris dans les diverses parties de la philosophie, dans les diverses époques de l'histoire; il leur a applique sa théorie sur les systèmes; il a discute séparément chacun d'entre eux. Ici , nous nous attachons à cette classe particulière de doctrines qui ont pour objet la génération des connaissances humaines ; nous es-
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sayons d'en exposer l'histoire raisonnee et méthodique, de développer la suite et la ge'nëration des ide'es sur lesquelles ils reposent, de manière a découvrir tout ensemble la double et secrète connexion qui unit ces systèmes fondamentaux, soit entre eux , soit a toutes les espèces de systèmes subordonne's; en un mot , Condillac voulait s'élever contre un genre particulier d'abus qu'il avait remarque dans les systèmes philosophiques, et il a montré les effets de cet abus dans quelques exemples. Ici , nous désirons rassembler dans un même tableau la marche que la philosophie a suivie pendant près de trente siècles , pour donner aux connaissances humaines une garantie et des lois, afin que le spectacle des erreurs commises ou des succès obtenus puisse donner plus de sagesse à ces lois, plus de solidité à cette garantie.
11 existe, dans les langues étrangères surtout , un grand nombre d'histoires