‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie considérés relativement aux principes des connaissances humainesChapitre 7 sur 25 · XXX · texte numérisé non relu

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complètes ou partielles de la philosophie; mais celles de ces histoires que nous avons pu consulter ne sont formées la plupart que sur Tun ou l'autre de ces deux plans: ou l'historien, prévenu d'une doctrine particulière, et en s'en de'clarant convaincu, n'a pre'sente la suite des opinions philosophiques que comme un corps de preuves destine à justifier son opinion ; oubien l'historien, annonçant une impartialité absolue , s'est borne à rapporter les opinions, sans se permettre non-seulement de les juger, mais de les faire même servir de donne'es pour établir un résultat quelconque,- ou théorique, ou pratique. L'histoire que nous présentons au public n'a point été combinée dans la vue de justifier telle ou telle doctrine ; les considérations théoriques et pratiques qui la terminent ne sont que le corollaire même de cette histoire. Ainsi, nous avons eu le dessein de tracer les faits , comme si nous étions étrangers a toute

opinion, et nous avons ensuite établi une opinion d'après le témoignage seul dc;s faits.

Il a donc fallu que l'exposition historique fut assez abrégée pour que les rapprocheinens fussent promptenient et facilement saisis; pour que cette exposition, sans cesser d'être exacte , fut en même temps utile ; il a fallu aussi s'attacher de préférence aux questions qui par leur nature étaient plus propres à faire ressortir la liaison et la subordination des systèmes (i).

(i) Nous espérons que cet ouvrage pourra recevoir aujoux'd'hui un nouveau genre d'utilité , en présentant aux jeunes gens qui se livrent à l'étude de la philosophie dans nos écoles publiques une sorte de bibliographie méthodique et raisonnée des écrivains qui , dans les divers siècles et chez les diverses nations, ont éclairé, soit les principes , soit l'histoire de cette science fondamentale. C'est surtout à la philosophie que s'applique cette grande maxime de l'enseignement , qu'il vaut mieux aider les élèves à bien étudier que de leur donner des études toutes faites ; rien n'est plus propre

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L'exécution de ce dessein pre'sentaît des difficultés qui nous ont effi:a3^e plus d'une fois. Car, de toutes les recherches historiques , celles qui se rapportent a la philosophie sont, sans contredit, les plus délicates; on est encore peu avance' lorsqu'on a réuni les passages, et constaté leur authenticité'; il reste à apprécier le véritable sens des auteurs, le véritable caractère de leurs opinions, à saisir la liaison secrète de leurs idées, et à se garantir, dans ce travail, des interprétations précipitées; il est bien moins facile de constater les pensées des hommes que leurs actions. D'ailleurs, nous ne possédons sur la philosophie de l'antiquité

à diriger leurs méditations que le tableau des progrès obtenus, ou des écarts commis par ceux qui nous ont précédés ; et en les guidant dans les recherches d'érudition nécessaires pour se former un semblable tableau , on leur éjiargnera un temps précieux, on leur présentera les points de vue les plus propres à faire ressortir les vérités instructives.

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que des débris imparfaits, ëpars, et souvent que des te'moigiiages très-incertains. Par un contraste singulier, les deux derniers siècles nous ont fourni une suite de productions philosopliiqués en diverses langues, qui effraient l'iraagination par leur multitude, autant que par leur volume; l'Ecole seule de Leibnitz et de Wolf formerait, avec les ouvrages qu'elle a produits, une vaste bibliothèque. La nature des systèmes que nous nous proposons d'analyser nous ramène sans cesse aux questions les plus abstraites , les plus épineuses , et trop souvent les plus obscures de la philosophie j enfin y dans la route que nous désirions suivre , nous n'apercevions presqu'aucunguideen avant de nous. Ces difficultés, nous n'avons point a beaucoup près la conscience de les avoir surmontées , mais nous ne nous les sommes point déguisées, et nous espérons du moins qu'elles inspireront aux juges éclairés quelque indulgence I. 3

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pour les imperfections de cet ouvrage(ij. Si retendue même du sujet nous exposait à quelques omissions, la division que nous avons adoptée nous exposait aussi à quelques répétitions au moins apparentes dont nous sentons d'avance qu'on pourra nous faire un reproche. En effet, dans la suite de considérations et derapprochemensqui doivent composer la seconde partie, il était inévitable de reproduire quelquefois les mêmes faits exposes dans la première, quoique sous une autre forme, et dans un ordre tout différent. Nous paraîtrons donc revenir sur les mêmes choses, lorsque nous cher-

(i) C'est le sentiment de ces imperfections qui nous a fait retarder aussi long-temps la publication de cette seconde édition ; nous désirions les faire disparaître autant qu'il était en nous. Eu cédant aujourd'hui aux instances qui nous ont été faites , nous regrettons que le manque de loisir, de santé ne nous permette pas de mieu:c réaliser le \œ\i que nous avions formé , et de rendre plus complètes les améliorations que nous eisajons d'apporter à cet ouvrage.

cïierons à tirer de nouveaux resultatj; des mêmes ëlëmens. Nous aurions pu échapper à cet inconvénient si nous avions fondu dans le même cadre les faits historiques et les considérations auxquelles ils donnent lieu; cette manière de procéder eût ëte' pour nous beaucoup plus facile, parce qu'elle eût e'të moins sëvère, et nous convenons que cet ëcrit eut pu en recevoir une forme plus agréable. Cependant le plus grand historien dont s'honore la France nous a donne l'exemple de ce mode de division qui sëpare entièrement la simple narration des considërationsgënërales, et, relativement à l'histoire de la philosophie, cette méthode est presque indispensable.

Ici, en effet, les causes ne sont point prises dans l'ordre des ëvënemens, elles rësident plutôt dans des principes; elles n'appartiennent point à un ordre de choses assez prochain et assez sensible pour être aperçues d'une manière im-

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