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médiate et indiquées comme en passant; leur découverte exige au contraire une assez longue suite de re'flexions sur la nature de chaque système. Le parallèle raisonne des opinions et de leurs motifs entraîne des discussions qui troubleraient et suspendraient la marche de l'histoire. D'ailleurs , si l'on peut tirer de grandes instructions de la succession pe'riodique des systèmes , et des révolutions que la philosophie a éprouvées en divers temps, il est une autre espèce d'instructions non moins précieuses qu'on ne peut obtenir que par une bonne classification me'thodique, par une classification qui range sous le même titre une foule d'opinions analogues, qu'elle qu'ait été l'époque de leur apparition. Enfin la méthode de division quenous avons adoptée a du moins cet avantage, qu'elle mettra les lecteurs à même de juger plus sûrement et plus se'vèrement l'ouvrage même qu'on leur présente , parce qu'ils auront sous les
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yeux la suite entière des faits, lorsqu'ils passeront aux inductions que nous avons cru pouvoir e'tablir.
Nous le disons avec peine, ce serait le plus faux des calculs , si l'on fondait l'espoir du succès en faveur d'un ouvrage de philosophie, sur l'impartialité dans laquelle il serait conçu. En gênerai les opinions moyennes et complexes réussissent peu^ les opinions extrêmes et absolues sont les seules pour lesquelles on se passionne. Nous l'avons prévu; en observant une constante neutralité entre toutes les sectes, nous nous attirerons probablement bien des critiques, et le projet de pacification que nous proposerons pour les reunir déplaira peut-être aux partisans de chacune d'elles. Mais, si l'histoire delà philosophie nous montre que tous les systèmes conciliateurs, que toutes les doctrines impartiales ont obtenu peu d'enthousiastes, ont ëtë rarement utiles à leurs auteurs, l'histoire en-
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tièie de la philosophie nous ramène à ces systèmes et k ces doctrines , comme à ceux qui sont réellement les plus sages en euxmêmes et les plus utiles à la science; et nous avons subordonne' toutes les considérations au devoir de professer les maximes qui nous ont paru les meilleures. Du reste, en combattant les opinions qui nous semblaient fausses, nous ne nous sommes jamais permis de juger ni les intentions, ni les personnes; nous avons cette confiance qu'aucun de ceux dont nous aurons contrarié les idées n'aura à se plaindre du caractère de nos observations; et certes, nous serions bien répre'hensible si nous en avions usé autre^ ment; car nous aimons à reconnaître qu'il y a des hommes estimables et des amis de la vérité dans toutes les diverses écoles. L'histoire nous apprend que les opinions les plus erronées ont pu être émises dans les intentions les plus pures. C'est à ces amis de la vérité, quelque part
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qu'ils se trouvent, que aous offrons avec simplicité, avec droiture , le traite de paix dont on va trouver les bases, afin qu'ils le rectifient, qu'ils le complètent et s'il se peut , qu'ils le rendent admissible.
Il est du moins une espérance sur laquelle nous nous reposons pleinement , et qui a fait notre principale force au milieu des fatigues que cette entreprise nous a coûte; c'est que, quel que soit le jugement que l'on porte du mérite de cet écrit, nos intentions seront certainement apprecie'es par tous ceux auxquels les intérêts de la morale et les inte'rêts des lumières sont également chers, qui ge'missent de les avoir vus opposes lorsque tous les motifs tendent à les re'unir, qui placent dans le soin de les associer étroitement le véritable but de la philosophie. L'histoire entière de cette science dépose en faveur des idées qui leur sont chères; nous avons vu constamment ks
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opinions funestes naître des opinions fausses; nous avons vu cette longue expérience sur la marche de l'esprit humain revêtir d'une autorité nouvelle les doctrines salutaires qui donnent a la vérité un fondement inébranlable , à la morale une juste indépendance j nous avons admiré plus d'une fois, avec une émotion profonde, cet heureux accord entre les témoignages des siècles et les vœux des hommes de bien; et un tel résultat suffirait seul à notre récompense.
Qu'il nous soit permis, avant d'entrer dans la carrière, d'acquitter une dette qui nous est bien douce, en exprimant notre reconnaissance pour les amis qui nous ont enrichi par leurs communications, éclairé par leurs conseils, et soutenu par leurs encouragemens! Sans leur généreux secours cet ouvrage n'eût jamais été exécuté, ni même entrepris (i).
(i) Nous nous faisons un devoir d'exprimer aujourd'hui une reconnaissance particulière pour M. le pro-
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fesseur Tennemann et pour notre respectable ami M. du Guald SteAvart; depuis la publication de la première édition de cet e'crit, M. le professeur Tennemann, dans la traduction allemande qu'il en a donnée, y a joint un grand nombre d'annotations de détail , dans lesquelles il a porté une singulière exactitude ; M. du Guald Stewart nous a éclairé par des observations judicieuses, et fait remarquer des omissions importantes dans son beau discours préliminaire à la Nouvelle Encyclopédie d'Edimbourg, dans ses Essais de philosophie des autres écrits. Nous ne sommes pas moins redevables à ces deux illustres auteurs des secours qu'ils nous ont prêtés par leurs remarques ou leurs travaux, que des témoignages d'estime et de bienveillance qu'ils ont accordés à l'ouvrage et à l'auteur.
Il nous est permis aujourd'hui de dire qu'au premier rang des amis qui nous avaient assisté dans ce travail était M. Camille Jordan. Cet excellent citoyen , dont la France déplore si justement la perte récente, s'était fort adonnéaux recherches philosophiques ; accoutumés à associer nos études comme à confondre nos sentimens nous avions lu ensemble plusieurs des philosophes dont la doctrine est exposée dans cet écrit ; nous avions discuté ensemble les questions qui y sont traitées, et il avait préparé lui-même de nombreux matériaux pour l'histoire de la philosophie morale.
( ^lij ) AVERTISSEMENT