‹ Histoire comparée des systèmes de philosophie: considérés relativement aux principes des (volume 2)Chapitre 2 sur 20 · III · texte numérisé non relu

III

relie ; — Nouyelle notion de U nature. — Loii primitircf , éternelles, universelles. —Enchaînement des causes. — Destin. — Optimisme. — ^PreuTes de Texistence de Dieu et de sa proTidence.

Physique des StojTcieAS.

Leur morale. En quoi consistait leur apathie» -^ Parallèle d*Epicure et de Zenon.

Influence exercée par Zenon. — Cléanthe. — CImt^PP^- Sa lettre contre la moyenne Académie. — Nouvelles recherches sur les perceptions V sur Tévidence. — Sa logique. Sa nomenclature des yérîtés indémontrables. — Sa théorie de la causalité f — Antipater ; — Pansetius.

Zéi^on de Cittinm jugea l'esprit de son siècle ; il vit la double tendance au jelâchement des mœurs , au découragement de la raison ; il voulut y porter remède; il voulut raffermir^ Tune par l'autre^ les autorités ébranlées delà vérité et de la vertu^ en les associant étroitement entre elles.

Platon et Amtote ne lui paruMnt point atteindre au but qu'il se proposait; ils étaient^ à ses yeux , trop engagés dans les recherches •spéculatives y trop éloignés de la sphère des choses positives et de la pratique usuelle ; ils exigeaient des conditions trop rares ou trop difficiles ; ils ne pouvaient être des philosophes

populaires. Luî-^méme^ péaétré encore des tra'ditioDS de Socrate, qu'il avait. recineiUles à Técole des Cjxdque^^ il se défiait d» vague des^ théories y il asprait à ^ faire eiMêodre du oooimuD des bommes,; ce n'étak fomi uatf'école , c'était ua0 naûpaernicFe dlacHDflMSr v«rliietix qu'il désirait former. Surtout» il voulait élever un édifice d'iuie grande sotidité> un édifiée inâ)ranlable. Au mili^ de là fluduatioa des systèmes^ il sentait que là «in^plicif/é de la Joc* trine était nécessaire pour en reftdr^ l'iidojpiîoiit générale et la durée perxnan«Qte*

Les Cyniques^ dans le coimneroe disque}» il avait puisé une morale sénf^re ^ ne fHWVikiit cependant satis&ire aux vu^s qu'il se prpj^ofiaît; les bizarreries par lesquelles cette école se mq^ gularisait » nuisaient trop à son influence , et repoussaient la plupart des honunes ; elle wh gligeait trop d'ailleurs la culture de Peatanr demeat et l'étude des sciences ^ pour pouyoir lutter avec avantage contre les raisonnemens du scepticbme , et pour conquérir le suiragedes esprits éclairés. U se borna donc à lui emprunter cette énergie morale qui en formait le caractère domiQuant^ ouvrant d'ailleurs à ce principe viul une spbère dont l'étendue répondit a sa puis- sance. a Les Cyniques, dit Séuèque, etcé-

)> daient la nature ; Zenon se borna k la » vaincre (i). »

!La doctrine des Stoïciens était donc esscn— tiellement un instrument de conservation et de résistance ; c^est sous ce point de vue que nous devons la conndérer pour nous en former une juste idée; de là cette roideur qui lui - est propre. -Tout y est compact et robuste ; mais elle a quelque chose de sec et d'étroit.- Zenon n'a point prétendu élever , à Teiceimple de Platon et d'Aristote , un de ces monumens magnifiques , chefs-d'œuvre de Part, qui csiptivént l'admiration des siècles; il semble avoir' v^oi:du tracer ime sorte de rempart derrière lequel, fussent mis' en sûreté les biens les plus essentiels à la société humaine.

On eût dit qu'il' avait le pressentiment des destinées que l'ambition de Rome allait faire pesfcr sur le moiide; que, voyailt s'évaribùir pour la Grèce toutes les perspectives de liberté et de gloire , il voulait armer les coeurs de courage et de fierté,' conserver aux hommcs> par les habitudes morales , cette indépendance et

,1 ■■■•, .'ni

(i) De bresfit. pitm , ch. a4-

(5) celte dignité que ne leur offraient plus le& in** siitulioDS sociales ^ opposer une digue au torrent de corruption que les maîtres dç l'univers ^ dans l'orgueil de leur triomphe ^ allaient faire déborder de toutes parts.

n naquit dans l'île consacrée à Venu» , cet adversaire d'Epicure^ cet homme austère qui fonda la morale sur le mépris de la volupté. Il ererca quelque, temps la profession du commerce , à l'exemple de son père ; il suivit tour à tour les leçons de Cratès^ de Stilpon ^ de Mégare^ deXénocrate, deDiodoreetde Polémon# U osa ouvrir^ prés du Lycée ^^ de TAcadéinie ^ une école dans le Peecile^ portique d* Athènes ^ décoré par des pôntnres ; il y vit se rassembler autour de Ini un concours d'andiieurs que ê<m booonJ>Ie caractère lui atfachait . par les lien» de Pestime ; il y vit paraître, dans leur nombre, on roi de Macédoine digne de s^aMocier ace sentiment. H dédaignait cependam les a|ipbti- <<;«Bf«wmc de la foole ; la gravité àait étm^ pranle sur soo frcni, dans tout Kin eitérieur^ B irpiiMMil b vanité, surtout dan» le» jeunes ;:ens, et lear rommandaât la nKxiesUe cooMue la préparalkNa néce&aÎFe a la tst^tM^ ; iJ i e^ ^lardât la poéâc ooxnint; It plui» çraud ^csjfVM de la vnie neane. II écrivjt }»luMf:ur» ov^r^i^n-

dont «ueuQ n'est arrira juscp/à nou», et parmi fesquek on loiaait siirtam son traité dé la Ré^ puhiiqiàSf qu'il avait opposé, dit-^on, à^cetui de Platon* Qa cite encore de lui une interpréèci^ tion d* Hésiode, dans laquelle^ ditCicéron, i! avait asseye de ràppder la théogonie des anciens à une explication philosophique. ParVjenu à nn âge avancé^ il mit fin lui*méme à ses jours } et Ua Athéniens^ sur iWitaftion d'Antîgone^ héi élevèrent un lambeau dans le Céramique.

« Yàiéi^able Zéoon , s'écrie le Stoitcien Zcnod/o^ (l), ta.aa aituùit là lëUeité en ntiéprisani la vaine pompe des richesses; tuas obtenu uire mafe sagesse^ et ta prévoyance a fondé une secte mena àm li^intrépide liberté, n Déjà les sources de l'invention commençaient à se tarir; Zenon ktt^méme n'était pas doué à un haut degré du ffkn» inventif; de là viem qu'après avoir snceessivemeni étudié les traditions des diverses écf^ês', il emprunta à chacune d'elles^ apporta nmaoe dans ses emprunts beaucoup de discernement et de choix, ferma de ces éîémens divers itae aorte d'amalgame qui manque d^harmonie eli dr^unité, et donna te premier exemple d'un

(i) Dtogène Laerce , Art» Zenon , liv. VIT.

(7) , syncrétisme qui , dans les siècles suivans^ devint phfe fréquent et plus vicieux : on le voit tour h tour s'élever avec Platon^ redescendre aux idées matérielles d'Heraclite^ emprunter des hypothèses à Pythagore , des subtilités aux Erétriaques. Aussi^ Polémon et les Académiciens l'ontils accusé de nombreux plagiats (i).»Qn aperçoit d'une manière sensible les dfets de ce inélange^ lorsqu'on veut résumer la doctrine de Zenon , par les difficultés que l'on éprouve à saisir l'en« chainement de ses idées^ à les faire rentrer dans un plan systématique. Telle fut sans doute aussi la cause qui fit germer^ dans la suite, de nom-^ breux dissentimens parmi ses disciples.

Zenon ^ cependant , a ajouté beaucoup de choses aux vues de ses prédécesseurs ; mais ce sont toujours des additions partielles et déta-chées; elles ne portent point sur Tensemble^ ni sur les principes fondamentaux ; et ^ lors même que ses vues sont nouvdles, elles sont rarement fécondes.

» La sagesseest^ suivant les Stoïciens^ le bien parfait pour l'âme humaine^ la philosophie est k recherche de ce bien. L'une montre le but ,

(i) Vers cités par Diogène Laërcs , ibid.

Tautre s'efiForce d'y aitéindre (i). Ity a cependant deux sortes de sagesse : l'une accomplie ^ l'autre seulement en voie de s'acfK>mplir. La première n'est accordée à aucun mortel ; la seconde se partage pour eux en plusieurs degrés successif (2). .Or^ trois conditions sont nécessaires pour atteindre à cette perfection : une raison saine^ une connaissance exacte des choses, une vie sans tache. De cette triple perfection , éelle du jugenient^ celle de la science^ celle de la conduite 9 nait la division adoptée par cette école de la philosophie en trob branches : la logique > la physiologie et l'éthique (3). »

Cependant ^ c'est à la logique que se rallie, Gonune à son pivot nécessaire, toute la philosophie des Stoïciens ; ils suivirent, sous ce rapport , une" direction diamétralement* contraire à celle des Épicuriens. Car , c^est au jugement, c'est à la raison que les Stoïciens rapportent la morale entière et toutes les'affections de l'âme j le vice à leurs yeux n'est qu'une eri-eur (4). C'est^pourquoi le scepticisme devait ""■""""~~^~~"~'^~^~^— "^«^^^i— — «^— p»»^^»""i^"^ip«""""~i^wii^^— ^"^■■•~^~^^~^^""^~^""^"~"~~»

(i) Cicéron, Acad. quœst. , liv. lY , ch. 6.

(2) Sénëque , Epis t. , 89.

(3) Idem, ^ibid. , 72. De Constantin ^ ch. 18.

(4) Cicéroii , Acad. quœst, , liv. V' , ch. lo et n;

être à leurs yeux rennemi le plus dangereux de la sagesse.

La logique de Zenon , considérée comme un code de préceptes , est celle d'Aristoie, réduite et simplifiée. Avec Aristote , Zenon rejette la- théorie des idées de Platon ^ et ne conâdère les notions universelles que comme desconceptions dé l'esprit humain (i) ; avec lui^ il fait dériver toutes les connaissances de l'expérienoe ; il ne réserve à la raison que remploi des matériaux fournis par les sens. C'est eacore d'après Aristote qu'il explique le mode suivant lequel les notions générales se for* meut gradnelleûient par la comparaison des perceptions sensibles. Mais ^ il reprend avec une nouvelle ardear la solution du problème fondamental de la réalité et de la certitude des connaissances; il ajoute des recherches non-' velles aux vaes d' Aristote sur cette grande question , et si'eflbrce de donner à la science des bases plus solides oicore et -plus pro* fondes.

Chez ce» philosophes qui rapportaient aux perceptions sensibles rorigine des connais-'

(0 PhitarqiK, De plaça pkit., \n. I\', cb. fo.

(lo)

sances humaines^ le problème 'de la réalité des coanaîssances se convertissait en Gdk»-<;i : Quel est le ra{»pori des sensations reçues avec les objets qnî les occasionnent? problème qui , depois Héradke^ n'avait cessé d'occuper et d'agiter les esprits.

Aristote, après avoir distingue les impulsions passives des sens, de l'activité spontanée de Fesprit^ considéra les perceptions y ainsi que nous l'avons vu y non-seulement comme produites par les objets, mais comme les représentant, en quekjne sorte. Ainsi , ce rapport fondamental était ^ à ses yeux^ non-setdement le rapport de l'effet à la cause^ mais celui de l'image à son modèle. Il avait attriimé cette propriété, non pas seulement aux impressions du tact, comme les philosophes de l'école •de Leucippe et de Déraocrite, qui expliquaient tous les phénomènes par l'action mécanique et l'hypothèse des atomes , mais à toutes les sensations , chacune dans son genre ; en sorte qu'aux objets extérieurs appartenaient autant de qualités réelles que nous en recevons de sensatioDs analogues.

Ce rapport ne parut point à Zenon assez complet^ assez rigoureux j car, l'image ne reproduit que la superficie j les contours de son

modèle y elle n^esl qu'une sorte d'apparence ; il voulait conserver à la sensation une valeur |dus entière et plus absolue ; il voulait qu'elle s'emparât de la substance n^érne des choses, et qu'eHe pénétrât , pour ainsi dire y dans leurs entrailles. De là naquit sa théorie de la perception , de ce q-tt'il appelle Vimage on Pap" paritioH cataleptique ou compréhensiçe^ théo-f rie que la plupart des historiens ont eu peine à saisir, que plusieurs ont espoaée peu fidèlement, n^is que Seitus l'empirique, juge si esereé dams cette matière , nous aide à déterminer avec préeînon^ n nous méditons convenablement k partie de son Kvre contre les Lo^ giàens qn'îl a consacrée à cette théorie des Stonâens.

n Les Stoîdeiis, dk Sextns^ érigèrent en » criêerium de laTérité F appartiio n catalep^ » tique (A) ( la perception compréhenftre )« Pour bien oonoevoir ce qii% enmdent par là, drigi im a n ns dCabofd ce tja^itaiSi poor eux celae appanDon: Celait, Mivaoc em troe WÊ^reaman pmJui/e dane Pâme ^ t^^#^k V 4«%»). iâ îkcomineDiçaieiitâdiflE»er<eoue CBL. Gar^ Qéattllie cooiprenait^ sous ce tj^in^ ifuiyiiirijji y une sorte d*eaipretntç , t^u^ ïiMe a cdie qoe le cacJ^ W»>^: wr (a ^Jre.

» Mais Cbrysippe regardait cette expticattonr » comqoe absurde; car^ disait-il^ puisque la » pensée conçoit à la fols plusieurs objets , il » faudrait que Tâme reçût à Ja fois plusieurs » figures ; qu'en coiicevant à la fois un triangle » et un carré 9 elle empruntât à la fois Tune » et l'autre forme. Cbrysippe pensait donc que . » Zenon entendait^ par impression^ une altéra- » tion^une modification reçue. C'est ainsi que » l'air, lorsque plusieurs voix retentissent à y> la fois, reçoit simultanément des altérations » diverses, qui correspondent à cbacune d'elles )) sans se confondre. De >méme , cette portion » de l'âme, qui en occupe la région la pluséle- )) vée, réunit plusieurs perceptions qui cor- )) respondeht à leurs objets. Or, parmi ces » visions, il en est qui sont probables, d'autres » qui sont improbables, d'autres qui ont à la » fois l'un et l'autre caractère, d'autres qui » n'ont aucun des deux. Les premières sont » celles qui font éprouver à l'esprit une com- » motion douce, égale , comme celle qui nous y> avertit qu'il fait jour.. Les secondes sont )) celles qui repoussent l'assentiment , comme y> celle-ci : Si les ténèbres régnent, il fait jour, p Les troisiènaes sont celles quj> par l'habitude )) ou par leur relation à une chose quelconque ,

(,3) B sont tour à tour telles ou telles, ou se pré- V jeotent sous différens aspects. Les dernières, » enfin, sont celles qu'il est impossible de véri- B fier, codime celle-ci: le nombredea étoiles est » pair. Or , les visions probables sont elles- B mêmes ou vraies , ou fausses , ou vraies et » fiiusses à ta fois j ou enfin, elWs ne sont ni s Traies ni fausses. Elles sont vraies , si elles B peuvent être aiBrmëes justement d'une cbose; » fausses', si elles en sont affirmées à tort , B Gomine.lorsqu'on croit qu'une rame à moitié B plongée dans l'eau est rompae. Lorsqu'Oreste B prenût Electre pour une fùrïe, pendant l'éga- M rement de sa raison , il avait une vision vraie n et Siusse tout ensemble ; vraie, en tant qu'il » voyait quelque chose , qu'il voyait Electre ; D &DS6e, en ce que ce n'était point une furie » qui (^offrait à ses r^ards. Les notions gé- » nérales ne sont ', de leur nature, ni vraies D m fausses ; ainà les notions de Grec et de

* Bai^nre peuvent s'appfiqner à un peuple » et non à nn antre. Enfin, parmi les appa- » ritioDs vraies, il en est de compréhen- » tive» (cataieptiques), et de non compréhen-

* ûves. Les dernières scmt celles qui proviens nent de la maUdie on de qoelqn

* Fesprit , comme cdles qui ont :

» accès de frénésie. Yoicî mamtenapat «i

» quoi consiste la vision compréhensîice^ ou la

» perception proprement di(e : elle eét cellet

>} qui est imprimée et scellée par une ehos^

)» qui existe y qui est conforme â cette chose y

» et qui me peut être produite par une ctutr^

)» chose. Elle a donc trois cai^actères ess^^itiel» :

)> 1^ il faut qu'elle provienne d'une ebose

)) réellement existante au dehors j en cela ell^

)) se distinguera dès yif ips fairf6nies , qui ae sont

D que l'es produits de l'imaginiition ; a^ il feut

» non - seulcon^t qu'ielle soit Fîmage d«

)T cette chose, vm» qu'elle en soit une ço*

» pie fidèle, qia'elle e^i ei^prime les propriétés;

n S"" il faut qu^elle ne puisse étrfi pro^iûle par

)) une chose différente ^ u&k qu'eUe puisse ier*

» VÎT à disceriier, à di^^guer avec précision

» et netteté les objets divers (x)» » ^

» La perception est doac uua sorte de lumière

» qui se mojati-e eUe-melne en même temps

>) qu'elle écjiaire l'objet duquel elle dé«*

» rive (a). »

(I) Adi^. Math.^ liv. VU, § 127 à aSJ.

(a) /Wrf., ibid.y i63. — PTutarqufe ^ DePtacit.

Dans ce résumé àes maxioies fondameuiales ' des Stoïciens sur la réalué des connaîssanoei bumaines^ nous voyons bien qu'ils alignaient les conditions nécessaires à une perception pour qu'elle obtienne en effet le canicière de k réalité ; mais , nous ne voyous point qu'ils aient indiqué le moyen de vérifier si et cosnment ces conditions sont remplies. Us ont déter^ miné avec plus de sévérité qu'Aristote en quoi cette réalité doit consister; mais> ils ont négligé coimne lui de rechercher k qud signe ette peut se faire reponnaitre. Gaf ^ xomment saurat-on que l'objet existe , qu'il est conforme à la perception , qu'un autre objet lie peot éga^ lement la produire ^ puisque nous n'avons pour attendre à cet objet que n^os pepeeptii^ns elles-mêmes ? Quel sera le signe intérieur e% propre à'Çfîs perceptions ? qui pourra nous.ré** vêler leur rapport avec les choses externes i? Sextus l'empirique ne noiis l'Indique points 11 remarque au contraire que le prineîpe des Stjoih ciens a quelque chosç de v^gue et de flottant; il le combat à sa manière. Nous allons voir dans un instant^ d'après d'autres témoignages ^ comment ' Zenon cherchait à compléter ce système.

Ce résumé , tel que nous l'a offert SextuS;

est dans un accord parfait avec la définition <j LucqUus nous donne ^ dans Cicëron(i) : a )) perception^ suivant Zenon ^ est exprimée ^t )) formée .de Fobjet par lequel elle est produite , )) et telle qu'elle ne pourrait naître d'un objet » différent. » Seulenient Lucullus réunit en une seule les deux premières conditions que Sextus avait distinguées ; il emploie les mots : visum expressum pffictumque , pour bien distinguer la perception de la simple image de ce qui ne serait qu'une ombre de l'objet. « Zé— » non, dit* il y n'ajoute point une fol aveugle à D) ces visions extérieures^ mais seulement à » celles qui portent en elles-mêmes une cer- 9 taine manifestation des objets aperçus (quce » propriam quandam haberent declaratio- » nem earum rerwn quœ viderentur.io Garve a commenté cette définition . de la manière la plus nette et la plus judicieuse (s).

ce Cependant la percepdon ne comprend pas s> précisément tout ce qui est contenu dans la » chose réelle, mais seulement tout ce qui

(i) Acad. guœst.jliy*llj ch. ii. — IV,*ch. 14. (a) De rationc scribendi hist, phil, , pag. ao.

» peut se manifester à l'esprit ; c'est en ce y> stûs qu'elle est complète (i). »

« L'assentiment convertit cette perception en une connaissance. Cet assentiment est nn acte de l'esprit , spontané et volontaire de sa prt (3). La perception est transmise da dehors par mie force étrangère ; l'approbation qui Ini est donnée^ par laquelle elle est connue , jugée^ est nn exercice de là libre activité de Phomme (3). i» Les Stoïciens comparent la sensation à la main étendue, la perception aux doigts qui se plient pour saisir Fobjet^ et de la le nom de catalepsie qu'ils lui donnent.

« La sdence y à son tour, se compose de périclitions si fermement et si solidement établies^ qa'aucon raîsomiement ne peut les â>ranler. »

tf Les perceptions qai ne reposent pas sur de semblables fondemena ne constita ent qu'une simple opûnôa incertaine et mdbîle^ qm accepte à la fois el eonfbnd œ qui est comia et ce qui ne Pesc pas. »

(1) Cîoéroa, Acad. qi0msLj I, 1 1.

[7) Ibid.ihiiL

(5) Aohigeile, Naet. atâc.^ XIX, ch. i. — Plutarqoe, DePiacù. phU.^ÏVy 21.

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