DU VINGT-UNIÈME CHAPITRE
(A) Nous ne domioiis point à cette nonreEe école U dënominetion d'école d'Alexandrie: cette dénomi-» nution , quoique génénlenient adoptée , ne noos parait pas exacte; non sans donte qae ie foyer dans lequel vint s'opérer la fusion des dogmes religieux et des doctrines pldlosophiques ne fût essentiellement placé à Alexandrie ; mais nous ayons vu an chapitre Xyn , que cette capitale posséda aussi un grand nombre d'antres écoles philosophiques, fidèdes à la pprett des doctrines grecqnes , on du moins exemptes du mélange des traditions orientales; de pkis ; Piotin , le vrai créateur de cette école, enseigna à Borne; Proclus, qui achève de lui donner tout son lustre, enseigna à Athènes , oii elle se perpétua et se concentra après lui.
Nous avons vainement cherché à comprendre pourquoi restimahle professeur Mather, dans son essai historique sur l'école d'Alexandrie , tome I! , pages 25.1
moite bifm p(aa ég vai^aa^ K«s . Xu^seA^,— i Téellaiictit parle tAmi^imiii* TV- ff - J'.^^i jt4. enteidBpliaâlafalitptt'asffui: * m nn Iibmm "wa , pfa prtftn aB , ccé |fag I.«iÇK' hua: >=iwMff
géi
Mais I Pofphyre lui - même ne confond-il pas fes Chretîeni arec les Gnostiqnes ( Vita flotini , §16)? Ne se {M>niTait-it donc pas qu'Ammonias eùt^étë Ani^ plement un Gnostique? Alors tout s'expliquerait, tons serait en accord. Nons comprendrions ponrqum Plotin conçut à l'ëcole de son maître une si hante idée des mystères de l'Oriont.
De plus, nous voyons par Porphyre, que la doctrine d'Ammonius était ésotérîque, puisque ses trois disciples s'étaient engagés au secret. Or , ri^n n'était plus contraire k l'essence du christianisme qui avait pour but essentiel de répandre et de propager, la vérité.
Ce secret d^aillenrs fnt violé , - et nous avons sous les yeux ce qn'il couvrait d'un voile. Plotin nous l'a révélé ; que renfermait—il ? l'illumination directe au moyen de l'extase , telle que la concevaient les Gnostiqnes.
(C)M. de Burigny, dans sa traduction de la vie de Plotin, par Porphyre, suivant Valois et Tillemont, a traduit : le Prince est le seul poète. Mais il s'est mépris sur la vraie acception du mot ttoditiiç employé ici pour désigner l'auteur suprême , le législateur , l'ordonnatenr de l'univers; parle Roi y Origëhe entendait la Divinité , suivant le langage platonicien. Cette • méprise a suggéré à Valois l'opinion ridicule qu'Ori-' gène avait voulu flatter la vanité de l'empereur Gatlien , qui aspirait au titre de poète. Ficin avait mieut compris Origèue , en traduisant voinrfiç par Ajffector.
( D ) Les Ennéades sont le code le plus complet
( 4<i> ) du nouveau Pl&lontsme, t^pe lur lequel s'est calquëe toute cette doctrine. L'ordre que Porphyre a préteudu y porter n'est qu'apparent : le* matières y rentrent. sans cesse les unes dans les autres.
Chaque Ennéade est composée de neuf livres ; la ■première -embrasse essentiellement les ohjets moraux.; .elle roule sur les ol^ets suivaus : ■ Ce que c'est que l'aDÏmat , ce que c'est qve l'hoofine ; des vertus ; de la dialectique ; du bonheur ; si le bonbeor -l'accrott par le temps ; de la beauté ; du premier bien et des autres -bisns i de l'origine des maux ; sur la délivrasce de l'Ame des liens du corps, h
La seconde .Ënra^a*^ embrasse essentiellement la physique -, elle traite : « Du monde ; du mouvement circalaire ; de l'action des astres ; des.denx matière* ; de la puissance et de l'acte ; de la qualité et de l'espèce ; du mélange universel ; de l'origine du mal. ■
La troisième Ennéade renferme des considérationf générales sur les lois de Tunivers ; elle trait« i •■ Du destin ; de la provideace ; dn démon particulier à chacun de noos ; de l'amour ; des êtres incorporés qui . ne sont point passifs ; de réiemité et do temps ; de la nature ; de la contemplation do Pdme. Elle so .termine par diverses considérations.
I^ quatrième Ennéade concerne essentiellement rime humaine ; elle traite : ■ De l'essence de l'Ame dea doutes qui peuvent s'élever sur la nature de l'Ame de* sens et de la mémoire ; de l'immortalité de l'imê de la descente de l'ime dans le cortM; de la diversité de* .imes, >
lia ciaquème EuMéade a j
elle le dhÎM slnsi : a'Dcs trtÀa itihstances'^Hneîp'alffs ; de k '^oérMicn et de l'ordre des choies infihiënres ; des sabstqncet intelHgeDtes ; de l'un et 'de la production ; des intelligibles comme étant dlsns l'intëllïgence ; de ce C[ni est mrp^Heiir ï l'être ; de ta prendre et de la seconda intelligence ; sf I ^ a des idées des choses particoliërts ; do beHo'idéïl ; (le l'itAeBigence , des id^i et de 4' jtr«. -
La lîxiéme et dernière Ennéade est côinme nn «Àuniéde la doctrine entière ; elle traite : ■ Dés genres , de l'être ; de Pun , de l'absolu ; des nolnbres ; de la variété des Idées ; de la liberté ; du hon <m de Ftm
Ces six Ennéades forment trois'corpg ; le premier comprend les trois premières Ennéades ; te sécôtid , la :quatrième et la dn^aîëme ; le troliiëme , lalixi^e. On voit qne Porphyre a affecté d'adopter les quatre nombrv mystérienx de cette^ole ,"qiii acqoirent tnte si hante importance* dans son école , la progression del*imité,'deladyade, de la triade, de l'Enttéade.
(E) Nous croyons devoir dter ici tettùellfiitaeiit l'un des passages dans lesquels Plotîn chercfie à établir cette proposition. Il nous parait extrêmement curieux ; Plotin y expose dnmoîiis avec une smgaliëre pèrï[ncacîté le probité fondamental de la connaiisance hnmaine, et y présente d'une mani'ereas9ezïrap|ràtate quelques-nus des ai^nmens développés ^drfés IdJdlistes modernes.
■ Y a-'t-îl quelqu'un qui ■ véritable et réelle puisse se « tence de choses qui n'exii
i> tfae tam ft mt * e&EC
.A existant liors de ]ui<*mêine?* Car, il peut arriver
>i qu'il ne les rencontre point , ou s'il les rencontre
H par hasard, ii ne les saisira point d'une manière
» constante. Si les notions intelligibles sont simple-
» ment unies à l'esprit'i /quel sera le jien qui les unit?
.»■ Seront-ce des espèces d'images ? Mais ,, alors , elles
» seront, empruntées, et fortuites ; quelles seront ces
« images? quels^en seront *le caractère et la forme?
9» l'entendement alors sera , comme la sensation ,'nne
» .perception des choses exte'rieures. Quelle .sera la
M différence de l'objet perçu et du sujet qui perçoit?
» Gomment l'entendement s'assurerait-il qii'il a réel-
» lement jperçu la vérité ? car l'objet de la perception
» sera différent de lui-même ; il n'aura point en luf-
» même les principes de son jugemeiit *snr lesquels il
.» > puisse -fonder sa confiance: ces principes et la vérité
' H seront au. dehors... Si .ces objets sont au dehors , sî
>» l'âme les contemplé, en se.dirigjeant vers eux , il s'en-
M suit nécessairement qu'elle ne possède point Ja vé-
w rite réelle ; elle les verra y ne les saisira point , ne
M se les appropriera point , ce ne seront que des ima-
» ges sujettes à être trompeuses ; elle n'aura point la
» vérité elle-'même ; mais comme une apparence de
n la vérité.... Il ne faut donc* point chercher hors de
M l'entendement les choses intelligibles ; il ne fant
» point admettre que les.images ô^s choses sont pre*
» sentes à l'esprit ; il ne faut point attribuer le titre
» de connaissance à cette opération qui percevrait aa
» dehors, et qui ne donnerait qu'un simulacre des
» vestiges de la chose , si notre* esprit ne s'empare
w point de cette chose , s'il ne cohabite point avec
» elle, s'il ne se confend point «yec elle en un seul » et même centre ; il faat reconnaître qne tout ce<{ni » est vrai réside dans Time elle-même ; alors sera en M elle la vérité , le siège dejs choses ; elle vivra et corn- M prendra ; elle n'aura besoin ni de démonstration y » ni de croyance. Or , telle est précisément la pré- M rogative de l'entendement ; il est manifesté en lui» » même ; ' il voit en lui-même ce qui est au«-dessus lA de lui j comme sa source , ce qui est au-dessous de » lui , comme ëtant encore lai-même. Or , rien ne » mérite plus la confiance que lui-même, et il re- 9 connaît, suffisamment l'existence et la réalité, ce » qui est en lui. » {EnnéadeY j liv. Y» ch. i eta).
(F)Tiedemann a donné (dans son Histoire de la Philosophie spéculative , en allemand , tome III ^ section lo , page a63 à 4^3 ) , un tableau résumé de la doctrine de Plotin, qui est un modèle d'exactitude et de métbode , que Bohle à son tour a suivi et résumé de nouveau dans V Histoire de la Philosophie qui fait partie de V Histoire des Sciences et des Arts ^ par une société de savans (Gcettiogne , 1 8oo , tome I^^ pages 672 et suivantes). Tenoemann a présenté aossi de celle même doctrine on tableau non moins fidèle et fort développé dans le & vol. de son Histoire de la Pkikufypkie { pege 19 à id6). Hoos n'avcMis ceil adopté ni Fon ni Pavlre , parce que le bat qne memm men» prapoeeas dana cet onvra^e ne méthode J i Kunie , None «vos» rein plnfioîs W9 Emmémdes , et mnw nous somme» «tta- 9mf9aA aocie «sage , à employer toaa^smtméM nu ^>
et scniptaleosemeat les eicpressioiis dé rauleiir. KcHis regrettons de n'atoir pu maltîpller les citâtiens de passages entiers ; celle qoi fait Tc^jet de la note précédente fera partager peut-être notre regret à nos lecteurs. Il serait k dësirer qu'on essayât de présenter dans notre langue une exposition abrégée de la doctrine des Ennéades , qnî put en donner une idée complète. Elle offrirait le type d'une philosophie extrêmement curieuse , qui a obtenu un succès général da troisième au septième siècle , qui s'est reproduite dans le moyen âge, qui a obtenu un éclat nouveau au quinzième et seizième siècle , et qui aujourd'hui encore semble obtenir un nouyeau triomphe et de nouvelles destinées en Allemagne.
Le judicieux Tiedemann caractérise le système de Plotin comme un Panlhéisne qui se détermine, à quelques égards , par les mêmes traits que celui de Spinoaa. « C'est un spînosisme grossier , dit-îl , en tant «{ue Plotin considère tout ce qui existe comme autant de parties de la Dirinité, et la Dirinité elle-même comme la matière première qui , par des transformations di«verses , se reproduit sous des formes infiniment vs*riées ; c'est un spinosisme subtil , en tant qu'il fait de la Divinité le sujet logique de toutes les apparences Tariées qui se montrent sur le théâtre de l'expérience , et Teut déduire toutes les choses sensible^ des seules notions de l'entendement. » ( Esprù de la philosophie spéculative , t. 3 , sect. i o , p. 4^9 )•
Yoici comment Plotin définit ou plutêt décrit cet extase , ou cet essor de la contemj^tion qui, en dirigeant l'entendement ii la Divinité, obtient une sorte d'intuition directe et a priori de l'essence des choses :
• dans cctta co^la^htioa rioK perd t««le »Ure pcr* ceptioa ^p^ cdlede fali|ci costonplé; cctir tioA wâf OB la iCB^Iîi ^1^ fiflicîté îari ji imaM e remplit d'une ûallonUe pu, pnoe qpeVdbîet mnplc tu liB-iiiêaie înuuablc ; die oe vcâ plos que la lomicre câcste , parce ^'cb Dien il n^ a qoe la lumière ; cetélal s'appelle etiaae, CBtlievsiasmei il s'appelle ansû réductiom. àfumûé^aarlmf^K] 9 parce qa'il oancentre en mie seule tartes ks pM i ju i i i nrij de rame, etparceqn'ilteadàlalaMeparfîcipflry que sorte, à l'imité et à la simplicité de Dicm 1 ( Emi. I , L a , c I — £00* ts, Lj^c. 25 tt X, — 1.9, c. n).
Toute la psydiologie de Plotin , ou poarmieizz^ dm^ toot l'ensemUe de sa doctrine, repose sor cette bjfp»thèse fondamentale qne de l'âme inamatérieLIe da inonde découlent tontes lesimcs humaines, ceiWdes animam c^ ennnmot tons les éircs,piiis4pi'i] n'accorde de réailté qu'aux seules âmes iannalérielics* In iim^lkké de l'âme était donc comme le pivot nécetuife d« «m »j^ tème : aussi n'a-C->fl rien né^îgé poor éuï».u otfJjt re^ portante vérité. Plusieurs des raiionnemens q^'it en»ploie danscette ne ont été reproduits et ^itiaU^ém^ nés par les modernes. En voici la s<J>MLancr;
1*. L'expérience nous enseigne qii« le cirpftcroitetdér croit; rcxpérience nous apprend ég^UtA/e-ot qii« lame eii répandue dans toutle coips; pui^j/'M» aperç^oit pnr^ tout son action motrice et sa tenuU j*^. L'âme c#^c4i donc avec lecorps, puisque son cercJe d'aid^yo /étend da ns cette croissance^ Quel ert cet accroiMevieni ? estce une âme? d'où vient-eUe? comment •'«j'xite^i^effe
à la première? une âme ne peut être ainsi cmnposée' d'aiitres âmes. Est-ce un corps? alors , s'il est en YÎe ,' comment serait- il animé ? comment peut -il s'identifier an premier? La persérAance de l'identité du principe pensant prouve sa simplicité , an milieu même du développement qu'il obtient.
2*. Cela seul est capable de sentir , qui est un y dans le sens le plus rigoureax , c'est-à-*dire, qui n'est pas composé de parties. Le sujet capable de sentir doit recevoir l'impression de Tobjet tout entier ; le sujet qui perçoit doit être partout et constamment le même, quoiqu'il reçoive par divers sens des impressions diverses. Il faut qu'il les réunisse en une seule. S'il avait plusieurs parties , ou cbacune de ces parties recevrait séparément l'une des impressions élémentaires, et alors il n'y aurait plus d'unité , et le tout ne serait pas perçu» ou cbaque partie percevrait à la fois toutes les impressions, et l'âme percevrait à la fois plusieurs objets.'
3°. Si c'est le corps qui à la faculté de sentir , il reçoit ces impressions comme celle d'un sceau sur la cire ; alors chacune de celles qui surviennent détruit celles qui l'ont précédée , toutes celles qui se succèdent se confondent ensemble. '
4**. On sent une douleur physique dans le membre qui est blessé ; on prétend que cela arrive parce que l'esprit vital placé dans ce membre est affecté douloureusement, et que cette affection se transmet jusqu'au siëge de l'âme ; mais , s'il en était ainsi , chaque portion du corps , que traverse l'ébranlement reçu , serait à son tour affectée , et l'âme recevrait une suite d'af- 'fections diverses.
5*. LapnuéeeiteiïeatieneiiientdûticcledeUMD- , Mdan ; wntir , c'est perceToir par le ccMpi ; la peiuée Mt doac ïndépmiIaBte da corps.
6'. EaSa, la peiuêe conçoit de* notions d'abytH amplei, ia£*îsibies, et , par comeqneDt immatériels; ca per çe r a nt des objets mattrieli ens-jnëmes , elle se montre inunaiérielle; nos idées abstrailet d'un homme, .d'os triangle, d'âne ligne, ccHiçai d^me manière gô— DÔale , ne ren&nnent rica de coqmiel. Or , il serait conliadïctmre qD'an sajet composé et indiritible conçdt en t^jet Hoiple (£a. IT, ■■ 7, c. 5,6, 7, 8). -
H ne ^t jamais perdre de vne qne dans Plotin , et cbes le* ooaream Platoniciens en général , TiitttUi— genre est essenliell^nent diitiocte da premier principe et n'occope qae le second rang de la hiénrchie.
* De Dien on le principe tapréme émaoe l'iotelligmce , on le numde înteilectoei , second principe ; de celni-ci émane Tâme saprénw ou inteUigible ; telle est la Iriade de Plolin ; de t'ànke «iprême émane en— foile ceOe da monde sensible. ( Ennéade II , lir. 3 , di. 1. — Enn. IV, lir. 3 , cb. i3. — Enn. VI , liv. 2 , Gb.3, liv. 4, cb. 4, 5, etc.
(G) Ce corietn p^iîsige doTraîté des mrstères mérite d'être ici texloellement rapporté , et peint arec nne singnliëre vérité ce principe dlllamination propre aax
mjSliqœs dn tempi, et <"■■ » n«» J»n» rinùmtrt
sectes modernes.
■ Cetoi qui époque la U
■ tottffle qoi descend et qo
■ mjrMlûjuemeKt iostrait 1 B cette communication d
« d'inage d'un trait de lumière ; ce rayon laminenx » se miMitre qndqoefois aum à cens qui rentoureiit , » anoonçant la présence d'un Diea. Cest k ces ngnca n que les hommes experts dans ce genre da ftnii-^ » qnes rec6nnoissentla Terité , la paissaoee et ie rang » de ce Dien , quelles sont les choses dont il pent » instruire y les puissances qu'il pent transmettre , en » nn mot , ce qu'il peut opérer.. ^ Lors donc que rnfiTu- 9 ston de la lumière divine et ineffable s'abaisse sur « celui qui l'aspire ^ le remplit tout entier , s'empare » de lui et l'enveloppe de telle manière qu'il ne pent » plus exercer d'action propre, quelle sensation, quelle » perception pourrait encore lui appartenir ? Quelle » opération humaine pourrait s'exercer en lui... ? Mais » ce n'est pas assez d'avoir appris à distinguer ces » signes , pour parvenir à la perfection de la science » divine. Il faut savoir aussi ce, que c'est que cette » inspiration tv9iao|ioc. Cette inspiration ne pro- > vient point des Génies, mais des dieux eux-mêmes, » Elle est même supérieure k l'extase , qui n'en est » que l'accident et la suite. C'est une sorte d'obses- » sion , d'obsession pleine et entière qui provient du » souffle divin , qui extermine en quelque sorte nos » facultés, nos opérations et nos sens ; elle ne* dépend H point de l'âme ou de ses facultés , ou de l'entende* » ment , ou de l'état de la santé corporelle. Cet élan )» divin est une chose plus qu'humaine , comme si » Dieu s'emparait de nous comme de ses organes ; » c'est de là que naît la vertu prophétique , proférant » des paroles que ne comprennent point ceux qui paît raissent les {répéter , et qu'ils prononcent avec une
». sorte de Fureur; mais si l'ime est troubla ««mt B l'iuapiration , si elle est émne pendant son coun , » si elle se confond avec la corpc, «i die n'cppello " le divine barmonie , les reTeUtioiu seroiit confotei « et trompeniei. ( Sec. III , cb. 6 , 7 et 8 ). ■
Voici mùntenant conuneat le même Traité défiait la Thénrgie et wes effets :
•> Lorsqu'elle a. mis l'âmé eo rapport avec toute* <• lespartîes du mondeetavdcleapniisancei dÏTinea, ■ qui j sont répandues ; alors elle transporte l'iaiB » auprès du divin ooTrier, le dépose dans son sein •t et l'unie au seul logoj éternel , dégagée qu'elle est > de tonte matière. Je m'expliquerai plniouTertement, - In Tbsargie unit l'âme si étroitement au logot i» » Dien, engendré par lui, qui se meut par Ini-mânne, » i ce togat inlellectuet, qui soutient et orne tout , •> qui ramène à la vérité intelligible, l'unit si étroite H ment en ménae temps et par degré aux autres puii« ■> sances , instrument de Dieu , que l'&me, après avoir n rempli les pratiques sacrées , participe aux opéra— •• lions et aux intelligences suprêmes , et se trouve >< trajisportédaDsIapIenitndeduJ?i?ffiiourgor. (Ibid., B sec. X, cap. 6}. ■
(H) Cette opinion a été produite par Mosbeim , et - (outeaue après lui par divers savans. Mais elle a été victoneuaeraeDt refutée par Meiners dans son écrit iklitulé ; Beitrag •zur geschichle des erslen Jahi^ kunitertftH oacA CItrisUg/aburtj elc.(pag.
ouvrage qui mériterait d'Aire traduit dans guf ) el l'opinion de Meiners a été adoptée
TennenaiiD 9 etc. Nons ajoateroos aux (alsonnemen» cmployësparMeînerSy quelques considërations quipea- ▼ent leur dooner une nouvelle force. On sait qu'Ainmonius Saccas, réunissait parmi ies disciples des chrétiens en même temps que des païens. Lmn qn« le nouveau Platonisme fîàt, de sa nature , hostile con* tre le Christianisme, il semblait au contraire en favo* riser le succès : un grand nombre de pères de l'Eglise •n approuTërenty en louèrent, en adoptèrent même en partie la doctrine. Enfin , le nouveau Platonisme avait sea* causes propres, naturelles, que les circonstances devaient naturellement développer, et quisuf— psent pour en expliquer la naissance. Le nouveau Platonisme, en s'efforçant de purifier le paganisme, de le ramener à un monothéisme spirituel , continua l'ouvrage entrepris par Anaxagoras, Socrate, Platon , Aristote, les Stoïciens; en y portant un idéalisme mystique , en y associant. les traditions orientales , il obéit à l'influence de l'esprit du siècle.
(I) Syrianus était d'Alexandrie ainsi qu'Hiéroclès. Il avait étudié avec soin les écrits des nouveaux Platoniciens , et en particulier ceux de Jamblique, qui avait principalement accrédité et développé cette doctrine k Alexandrie; mais, il s'exerça surtout, dît Marinus (vie de Plotin) , dans les spéculations contemplatives, afin de pénétrer les mystères sacrés renfermés dans Platon» Il nous reste de lui un Commentaire sur les livres mé^ iaphysiques tP Aristote , mais qui n'appartient qu'aux préliminaires de la nouvelle doctrine. L'ouvrage original n'a jamais été publié en grec; mais il en existe
(473) wme Iradaction latine , incomplète , par Bagolinî. (V«iûe, i658.)
Il enseigna avec un succès remarquable , et se vît entouré de nombreux disciples. Parmi eux , on comptait Domninus, qui de la Syrie se transporta ' aussi h Athènes j HermiaS ou Ilermicas , et son épouse Xàésie, parente de Syrianus, qui cultivait aussi la philosophie et dont les toncbantes vertus ont fourni le sujet d'un tableau plein d'intérêt qui nous a été con- •etrê par Suidas , d'après Damascius.
(J) Ce besoin de voir partout des emblèmes dans Platon est tel , que le fait historique si simple de l'affection de Socrate pour Alcibiade , fait que Platon rappelle dans la forme dramatique de son dialogue, fournit k Proclos le texte d'un volume presque entier , daus lequel celte affection devient le symbole de la fonction mystique que , suivant Plotin , remplit le guide de la sagesse vis à vis de son néophyte, pour l'introduire dans la noie de l'amour. Chacun des personnages qae Platon introduit sur la scène dans ion Par— ménide, son âge, sa patrie, etc., deviennent pour Froclus autant d'allégories , dans lesquelles il trouve les relations les plus étroites avec les interprétations qu'il prête à la théorie transcendaotale du fondateur de l'Aca'âémiei
Les anciennes théogonies d'Orphée , d'Hésiode , d^omère,offraient par elles-mêmes an texte inépuisable atlx paraphrases des nonveanx Platoniciens. Ceuxci appartenaient à un siècle Josophiqnes avaient oblena
dans lequel la théoiegie mjstiqiie s*étaît tout bie estrénemeot ^poîsée, et afmt acquît une exteosioa; ilsnliéfitereat point Jàtran^porterocs] idUes dans d'autre» temps où la cnltnre de Fetprîtlui^ 0uin n'était pointasses avancée pour supposer ^Vlles passent être déjà l'objet d*ane spéculation fcmiiiî— êUx auteurs de ces poèmes ; ils prirent pour ua TOtie jeté k dessein par des pensées pHrofeudes , des ooncq»* tions qui étaient simplement le produit natuiel do rimagtnation poétique, qui dans sou premier essorde* vait combiner les notions morales avec les images sen-> sibles. Nous avons expliqué conunent cette alliance des deux ordres de conceptions dut s'opérer chee les ym» miers écrivains, et comment la philosophie revêtit d'abord chez les Grecs les formes de la poésie. Le vulgaire, dans ce mélange, s'attacha aucAté pittoresque et prit les images dans leur sens littéral ; les mystiques s'attachèrent plus tard a l'antre côté de cette combinaison, et commentèrent à l'iofini le sens moral. Delà cette inépuisable fécondité ie§ interprétations sjm-^ boliques.
(K) M. le professeur Cousin a rendu un véritd>le service à la littérature philosophique, en publiant les traductions qu'avait faites l'archevêque Morbeck ^e quelques écrits de Proclus , dont nous n'avoAs plus les originaux , et le texte grec des coounentaires sur le premier Alcibiade et le Pa^ménide. Nous espérons qu'il complétera cette publication , en y réunissant tout ce qui nous reste des ouvrages de Proclus , et spécialement ce commentaire sur le Ximée que Proclus
de Pkodwpv SfiKnuiSi ^sw. tKl::^îM>% ^^M«M»)^- V«^ tenr JMt « lit les «X3i&. îto« «ii^?«¥^WI^ >?î^i»V**^ qoe M. Omù ait cm <&iMnjr *foç^««t'»^ ^W*^x^' >hv^ inIrofliBt pw ks AUnuAdk^ <K vv^^^^ i»^^ ^K<^^ noQs soeunes déjà ferais <ift y«<M^H^^ <AiM^ t>M<i>A>^ de la fropagalioB de& liiuiiff««). <m l^^k^x^vi^l \AV^. rîchir cemcntil , mt d\uka kouiM» tv^UwlNV^ U^i^W ^ soit des notes aax(|tt«Ues TMiUttr t^4l \^ ^v^^^v^V tant de pris; U est digne de M« Ct^mttu \W W \^ss\\s\ soDscfire anx prétentions qui Uiadmi^iU k IttiH* A^ la Êtiemee urne sorte de privil^g«, ^i 4>H f¥f%P\r \¥k trésors daoe la ciroilation la plus g4fltfrAt#« NMIft|i«de 1h fi'il HM» àiêmnmà§fff9i fi\ml pht »M ^ de la soipnMioA i^nn tfmi^^§tH^fn9^fîî^ $i mn\ -
smâmatm âme empresseni^*^ téft^ M^àiiMt paarexpriineriiotss^r»»Hnwi4iMUk!#^v^4]Vtf. t^nîit, dant.rabligeamifaiBilîéTioiM^^9isté4»tH<^^if>^ (Xvrivotr
" étaient en snn p^w^votr , niftit ;*m«5Î éctamM <feiîesoh«ferv»fK>»M; c<^*ff rrrAfïtwrîi-.
philosophique , que nous avons ici trop imparfaiUment esquisse.' Le savant Creutsser a poblié d^raierenaent aussi quelqaes écrits deProclus; mais nous ne connaissons point cette édition..
(L) Le rapport de l'an au multiple , cette pierre angulaire de l'édifice systématique élevé par les nouveaux Platoniciens y a fourni à Proclus un point de vue précieux pour cfasser et distinguer qnelqués-uns des systëmaes de l'antiquité : «< les philosophes de Técofe »• d'Italie, dit-il, s'occupèrent* beaucoup des idées ^ » et peu des choses qui sdnt du domaine de l'opinion. » Les philosophes de l'école d'Ionie se livrèrent moins » à la recherché des choses intellectuelles ; ils s'at- >i tachèrent à l'étnde de la nature. Socrate observa » d'abord la liature , s'éleva de là aux idées et à la » cause divine. Zenon voyait l'être dans la multitude^ M Heraclite^ hors de la multitude; dans l'être séparé H de toutes choses , ce dernier voyait en quelque sorte w l'arsenal des étrès , au sein duquel réside l'être pri- » niordialy^sans méconnaître cependant l'union inef- » fable qui lui rattache la chaîne des intelligibles des » divers ordres ; car toute multitude procède d'unétre » unique. Là est la source de l'être , et sa résid)ence » cachée. L'être abstrait se présente sous trois aspects ; )> l'un logique , l'autre physique, le troisième théolo- » gique. Parménide sépara l'unité de tout multiple i> d'êtres , et cette monade fut l'être absolument un ; » le multiple dans run est le véritable sens dé la doc- » trine de Parménide généralement mal. comprise. » Parménide concevait l'un hors du multiple ^ Zënouj
La ytwiwt ' E t : ^ajaBr t;tfe' i'ivuu^' i ^M^uy^t , j.^ ^,
coaiJkp.,.«bnsLX)iapf^'d3LutffvC4«r- ' ^'^ tiui«M>«A*4 ^ ^«umu
es CEtt Jfc duaHTB^ isouoituiÊi.
qoei moderaet à Proclas , el Mini Thomas est le pre* mier, ai noas ne noas trompoos , qoi a exprimé cette opidioa ; aussi i daas l'édition des œuvres d'ATerrhoés oii il a été inscrit (tome VII , fol. iio, éditioa de Venise, i56o) porte -t- il le nom de Proclus a?ec celui d'JLristote, d'Atempace et d'Al£urd>iy comme pouvant être l'oufirage des uns. ou des antres. Mais il il ne panait dire <{ua la- production d'un auteur postérieur à Phx^clos, qui aura travaillé d'après lui.
(O) Sll était tntré dans notre plan de traiter avec quelque détail des Commentateurs , ShaplicioseAt mérité de fixer particulièrement notre attentioa ^ comme l'un de ceux qui ont répandu le plus de lumières sur le texte du Stagyrite.Mais, les travaux des conunentaleun appartiennent plùtèt à l'histoire littéraire qu'au tableau de la marche et des progrès de la science. Nous nous bornerons donc à renvoyer à la bibliothèque grecque de Fabricîas , nouvelle édition , par Harles , tome IX , chap. a4 > P*g* ^^9 ^^ suivantes, oii Ton trouvera les indications relatives aux travaux de cet ioGstigable érudit ; nous avons du reste souvent recouru aux Cragmens, que Simplicius a conservés , des philosophes de l'antiquité.
(P) L'histoire de la philosophie>des nouveaux Platoniciens reste encore à faire, si nous ne nous trompons, malgré les travaux de Bnicker , Tiedemann, Buhie, Tennemaun , etc. Ces quatre historiens n'ont consulté et cité en particulier qu'une faible portion des écrits de Proclus, si importons pour cette histoire.
Vorjr. in reste : l'histoire de l*EcUciitmêf§rK4têmiAHâf (Aviçfittn , 1 766) ;•— Ol^arioi ^ Dlaert, déi KalatitUiê^ en ttct de là tradactioa é\Êmtmèét iê 6Umiây . CuA' wtnhy traduction latine de Mafbai» ^ Comm^âalur^ imui per r€etntiore$plaUmUo$Bâ;<^Uéiu.'^ï¥Àfvdb9f ( comment, de doctrina PlaionU f eic, ; iM«H»^r|$ ; 1786) ; Roth^ ( distert, iHmiùu PlaU/nÙM^ iA:iybyi.k, 1695^); Leder MnJler, {dlfgeri* dk thétwffij» ^ 4:U. ; Altdorff , 1763 ) ; DkeM. Majer i$4frÛ0 VMU^um V# idkaia Akxandrm d^éeé^ mm ; A.lt4<t##; ^^4^/ ; Ko*hr (de eomtmenmiû pkii. Amm<fWMnm/ruudfJ/uê W jfvjrir.TnbiDges, '7*6y; ¥e9ié9\m^{d^trii^u§ h^p/^é" tKUièus Phimi. Witl^ioWrg ^ ^^/^/; lif4^Mii#i:4»i ( dissert. delamAUéM pkiloi* éfri doctriiMj «^U . ; Leips. , 1 764); Meiiieff , b^durof^ %ur f^èduL'hfjs dur denkarst der ersUm f4dur1»uiidtriitn f érU.>^ i^n^»ui^ ; 1 783) ; Hilfdier ( de S^^^tolu ^U^fundri/m^ lÀnpëui^^ 1776) ; Fâllekm , d«n# ^i> Mt^Uiiy» ^ U/âma- |ii ^ jLm) tième cahier , «^ow&é toi (fê^jniâUfti it4/mmi^hfë ai ^i^^t jadicieax fwr cette À>ok. Vvjr^;;^ 4iu^>/ ^ 4«<i* U- iiriot;)! de TAcadéfloie Ai» lufcriptÂMUi M I^IU;» - |^((/£* ^ tome XXAI, pi^ i^ 9^ mèm/oire de M* 4e l^uri* gnj , tar la vie de Pradikà et Mi loattiucriU.
Stobée notti a cooiervé plusieurf fragmeos des écrits attribués à Mercure Trismégiste , 11 v. I; cap. 5 , 6, 8, Il , 2c 9 35 9 4^; ^uel^ues passade» de Jambliqne (Ecl. pbjsîc. Ll, cap. 3, 6 , 39 , 4^) i ^^ P^^ graad nombre de Biorceanx de Porphjre (ibid. cap. 4 » 1 1 9 24 f 4^) 9 ^ Dotanunent de trois traités qui portent ponrtitre : i7e gnuU^iir, ( ibid. cap. 35, 39, 4o); — De amimm virUus^ (ibid« cap. 4^)» — 'i?^
eo quod est in nostra potestate (ibid. cap. i).
Il importe aussi de consulter la bibliothèque grecque de Fabricius , seconde édition par Harles ( tome I , liv^ 1 cap. 7,8); sur Orphée (ibid. cap. i8) ; sur Syrianus, Proclus, Marinus ( tome IX , cap. 21 , foL 357 et suiT. ).
Voyez enfin : la lettre de Creuzer à Wittenbach , en tcte de son édition du fragment de Plotin sur la Beauté , Ueydelberg , i8i4 ; la lettre de M. de Sainte- Croix , sur une édition nouvelle des Eclectiques, Paris, 17,97; une dissertation , de philosophiœ novœ Plaionjicœ origine , Berolini, 1818, par le fils du célèbre Fichte ; Disputatio de differentia qua inter Plotini et Schellingii doctrinam deNumine summa inlervenitj par Gerlach, Wittemberg, 181 1; uber den Kaiser Julian and sein Zeilalter, par Neander ( le même qui a publié l'histoire des Gnostiques ) , Leipsick, 1812.
FIN DU TftOlSlÈMK VOLUME.