III. 2J
que, Jamblique plus .rapproche des ^source»
grecques^ plus fidèle à la marehc philosophique. Il est des philosophes dont la vie est imporr tante à connaître , à raison des indications qu'elle fournit sur la direction que leurs idées ont suivies ; tels sont , en général^ les Mystiques et ceux qu'a entraînés un enthousiasme exalté: car, la vie de ces hommes nous les explique presque autant que leurs ouvrages , et explique souvent leurs ouvrages eux-mêmes.
Tel fut en particulier Proclus. Marinus, son disciple , nous a heureusement conservé son histoire , ou plutôt son panégyrique^ mélangé de beaucoup de fables , calqué sur l'ordre des vertus appelées platoniques , adoptées par cette secte et distribuées en vertus physiques , morales , purificatoires , théorétiques et théurgiques. Proclus, né à Constantinople en 4ia, fut élevé à Xanthe ^ ville de Lycie, consacrée à Apollon et à Minerve, patrie de ses parens , et dès lors suça en quelque sorte avec le iait la croyance aux puissances surnaturelles ^ Apollon l|ii-méme lui apparut dans une maladie ,. le giiéiit; Minerve lui prescrivit de se rendre à Athènes poury cultiver la philosophie. Il corn-, mença cependant par étudier à Alexandrie cette science et l'art oratoire; il vint ensuite à Athè*
ties, (DU Plutarque et Syrianns l'initièrent aut
mystères du nouveau Platonisme. IL reçut aussi
une sorte de consécration de la fille de Plo-r
tarqtte^ de.la'çéiébreAsclepigénie , quîTintror*
duisic dans les traditions des Chaldéens et dans
la pratique des .opérations théurgiques au^-;
quçHeselle a,yait été exercée par son père. Il fut
admis aux mystères d'Eleusis. 11 . s'af^juit une
graufje roioaunée par son savoir^ son élo-r
quence^ son talent^ son infatigable activité;
mais^ surtout^ par sa rare habileté dans tous les
arts . s|irnaturels qu'accréditait la superstitioa
du temps^ arts dans lesquels il surpassa^ dit
Marions ) tous ceux qui l'avaient précédé. Ckx
croit re'conuattre en lui un hiérophante plus
encore qVuû philosophe. Une portion de* sa vi^
s*écoulait dans le9 évocations ^ les apparitions ^
les purifications y les jeûnes^ les prières ^ . {es,
hympQS^ le commerce avec les dieux ^ la célç^,
braUon.des fêtes du Paganisme ^ particulière-^
ment celles qui avaient pour objet la mère des
dieux : il embrassait tous les cultes à la fois ^
dansile.calteqa'il s'était coixipo3é. « Le philo-,
» sophe, disait-il, n'est pas le prêtre d'une'
v religion unique, mais celui de toutes les
1» relî^i^s de f univers. j> Aussi, composa- t-il^
des hymnes e» l'honneur de toutes les divinités
delà Grèce y de Rome, del^ypte, de F Arabie, de toutes les divinités connues. Le Cfaris^ iianisme seul fut exclus de cette adoption, et Froclus se déclara l'un de ses plus véhémens adversaires. A ce syncrétisme religieux il unit FEclectisme philosophique ; il étudia avec ardeur les livres hermétiques , les poëmes d'Orphée , les Pythagoriciens; cependant, quoiqu'il admtt Hermès comme l'uïi des anneaux ptimitifi de la grande chaîne des traditions , il accorda à sie% prétendues doctrines moiuft dltopot^tanite que les Platoniciens d'Egypte et de Syrie ; t^ fat surtout à Orphée qu'il s'attacha ; ce -fut surt<mt Orphée qu'il se complut à considéf'er comme la source de la vraie et Unique illun^^tfon.
Dtans rétude delà philosophie ^éiébiâfique et i^ïsonnée^ il 'cultiva d'abord Aristote , 'qu'il considérait avec son école comme le phUoàttphe de ^entendement, comme l%itrckludtetir à Ta sagesse; il se livra aasuitè tout entier à Hatpn^ cfi philosophe de la rcâsbn, sniVânt les xhaKimes de son école , ce philosophé qili éeol peut guider dans la région supérieure de la vérité. 'Lés écnu de Platon sont pour lui ded orard^, des livres j^rophétiqùëi ; il y*fOÎt partout des sens càch& 'et «rystértetajtefe récits lès plus etimples deviisudent de sàblhxilM allégo-
ries Çf). C'est toujours a» nom de Pbioa qvrùi parl^ ; il lit dans Platon toutes sos proprea peur sée$ ; il exporte son système sous la ibrme d^miç fidèle parapbrase; ce n'est plus le Platon de l'Académie-; o'est un Platon tout céleste, si ToQ veut ; c'est un Platbo divinisé qui se révèle* à la terre»
Mariniis nous peint la vie ausjère de son maître > sa piété exaltée 9 ses rar^ et héroïque» vertuft ; il nous le montre affranchi 4^ tQute^* les passions humaines , ei presque dépouillé de toutes les faiUtsses de rhumanité ; toutefois il OQW avoue qu'il était ardent ^ irasdble ^ avide de gloire. M^nge singulier de géI^e et d'exaltation > de science et de superstition , de perspicacité et de crédulité , espèce de Pandé* moQÎon ', il semble réunir en lui les dons de l'âoquence y de la philosophie > de l'éruditioa ^ et tous les écarts d'un enthousiasme sans limitescomme sans règles; il semble associer toutes les kumères et toutes les illusions, comme il 9 confimdu dans son système toutes les tra-* étions , comme il a identifié dans un principe unique l'unÂYcrsaUté des êtres» U nous représente en quelque sorte toute son école ; on croit voir un vaste bassin ou un gouffre dans lequel vien* nent se rendre, se mêler et se perdre les fleuves
divers qui ont arrosé et parcouru les domaines de Pesprit humain , chargés des germes ou des débris de toutes les substances qui en cou*vraient le sol. Tel était' cet homme extraordinaire. Du reste 9 il est digne de remarque que ses spéculations le rendirent moins étranger qu'on ne pourrait croire aux intérêts de la société humaine y et qu'il prit une part active aux conférences politiques dont Athènes étûi encore le théâtre (i). Nous avons de loi des commentaires sur le premier Alcibiade, sur le Parménîde^ sur le Timée y des traités sur la Proi^idence , le Destin y la Liberté , la Nature du maly on fragment sur la Magie, des Instà* iutions théologiques y la Théologie de Platon. Photius'nous a ocmservéle résumé de sa Chres* tàntatie^ il avait aussi commenté Ptolémée et Euclide , et nous possédons encore ces Com-* mentaires (K).
On doit se dé&ndre sans doute du prestige que peuvent exercer sur l'imagination ces sys* tèmes produits par un enthousiasme exalté y revêtus des formes du merveilleux, qui aflectent une origine surnatureHe, embrassent toutes
(i) Marinns, Kita ProeUy publiée par fiolstemiis et Fabricius Hambourg, i joo.
( 4a3 ) choses dans une univeisalité qui a l'aspect de la grandeur ^ et qui s'efforcent de rappeler un immense cahos aux lois de l'unité j mais , on doit se défendre ausù de se laisser trop ayeuglcmënt prévenir contre tout Tensembla d'une doctrine qui s'annonce sous des auspices peu favorables aus yeux de la raison , et qui a subi l'mQuence des écarts les plus étranges ; et ce second danger est peat-rétre celui contre lequel un philosophe doit plus particulièrement se préoauùonner. Lisons donc Proclus avec une disposition d'esprit libre et impartiale; nous n'aurons point à le r^retter : nous découvrirons^ au travers des nuages, des rayons de lumière qni méritent d'être recueillis.
Proclus met en évidence l'interprétation que les nouveaux Platoniciens avaient donnée à la célèbre iascription du temple de Delphes , interprétation que nous avons déjà indiquée et qui servait d'introduction à leur système. Lorsque Socrate voyait dans le Nosee te ipsum le fondementde toute philosophie, il entendait que la connaissance de soi-même , eu enseignant à l'homme la nature et les lois de ses facultés , l'étendue du pouvo lui apprend à en £> l'avertit de reoferm
tioD de son esprit dans les limites qui lui sont assignées; il entendait que la connaissance de soi-même^ enseignant à l'homme à descendre dans son propre cœur, lui apprend à d^ouvrir ses devoirs , à se rendre compte des moti& de ses actions y a étudier ses penchans y s^es pas^ siods ; en un mot^ la connaissance de soi-même était pour lui le principe deJa défianoe de soi-même ; c'était une maxime psychologique. Pla-* ton avait adopté ce point de vue en le dévelop-. pant , et on en voit la preuve dans le soin qu'il a mis à décrire les phénomènes psychologiques tels qu'ils sont donnés par l'observation. Mais^ le point de vue dans lequel se sont placés les nouveaux Platoniciens est tout autre. C'est le point de vue transcendantal; c'est en même t^mps un point de vue mystique. Qu'on lise le commencement du commentaire de Proclus sur le premier Alcibiade. a C'est l'essence elle-même que le Nosce te ipsum doit faire découvrir et contempler , cette essence source première du hon^ mesure de ia perfection intellectuelle; cette essence qui dérive en nous de l'essenpe supérieure> comme de sa cause> qui y pariîcipei qui^ degré subordonné de l'échelle j nous aide à remonter cette échelle elle-même ; cette essence » qu'il Êiut contempler avant toutes choses ^
parce qu elle nous reconduit à ce ^ui est éternel
et simple 9 qui nou$ élève ainsi au-de$sus de
toute Gompositiop ^ qui nous por(e au sojD(unet
du haut duquel pous pouvons considérer toutes
choses dans leur principe. L'inscription d^
temple de Delphes et les prépi^ratipus néee«-
saires pour être admb auii mysrtêrçs. 4^ Çérès
Ëleu^ine , nous enseigneid donc que le coptuneua-
cem.ent de toute étude est dans la oojç^^iasance
pure de nous-mênoi^ , cormaissçuice eçç^mpt^
de toute altération p circonscrite d/cif^ 1^9
termes de la science^ et fortement li4^ pa^
les connexions de la causeXi)^
n La parfaite eonnaiss^ce de nous-mêmes consiste à juger des facultés par l'essence ^ des actes par les fàcukés ; mais j nous suivons ordinairement la voie inverse (2). »
Produs met également en lumière celte autre ^ base fondamentale du système de son école « la réalité positive donnée aux idées archétypes de Platon. Ces idées , simples exemplaires dans la doctrine du fondateur de l'Académie ^ prennent dans la nouvelle école le caractère d'êtres.
(i) Procl. Opéra, id.^o^ixxï , tome II,pag. i à 12. (a) lbid*y tome III y frag. sur Parménide , pag. i45.
de substances et de causes. « Les idées sont des essences subsistantes y simples y pures , immortelles et sans mélange ; elles sont en soi et non en auti*e chose., Voilà en quoi les idées de Platon diffèrent des notions universelles d'Aristote , qui ne sont que dés conceptions de r&me, corrélatives, exprimant les caractères commuiis à une variété d*objets y des formes subsistantes dans la matière y des résumés servant de centre à une collection de choses sensibles. Les idées sont des causes qui agissent comme la nature, des causes intellectuelles (i). Les idées sans doute sont des genres ; mais aussi les genres sont des causes y des causes universelles, comme les espèces sont des causes particulières {hl}. Elles ne sont point les images des choses apparentes ; mais , au contraire , cellesci ne sont que les images de celles-là (3), L'essence est la vie elle-même; elle est Fctre, elle est la vraie réalité; la vie intellectuelle est dans ressence(4); la substance universelle, genre de toutes les substances , point culminant de
(i) Id. y tome lY, pag. 252 à 254- (a) Id. , ibid. , pag. 267.
(3) Id. , ibid. , pag. 259.
(4) Id. , tome III , pag. 267.
(4^7) toas la êtres réék, est ce qui esi en soi y Félre abfiobi (i). B
Ces deux bases foodameoiales du sjsieme une (bis admises , oo peot préf mr d^aipanoe eommeot le système eniiar doit en démer par une dedacdoD logique ; ea effet ^ cette générm* tioD métaphysique des nolîoos de Fesprit qui descend des notions les pins génmqaes aax Bodons particolières , par nne composition gndnéey r e p r ése ntera la hiérarchie des êtres ; les rapports de ces notions entre elles, les liens qui les nniasent , les assemblent , les lois qni les subordonnent les unes aux autres, exi un mot , les formes de la nomenclature des conceptions de rentendement, exprimeront les catises réelles j leur action , les lots qu'elles suivent , les combinaisons qu'elles produisent , et le système entier de l'univers. L'univers sera donc la contre-épreuve , Fimage réfléchie de ce vaste dessin intellectuel. De là cette théorie de la mixtion des idées , si importante chez les nou* veaux Platoniciens, qui sert de régulatrice aux mélanges de substances qui ont lieu dans les libations, lea sacrifices^ les opérations thcur->
(I) Procl. , Theol. , Plat. , liv. III , § i55.
giquesi théorie reproduite par Proclus (i), Celtç mixtion des idées exprime le grand hyméaée des étrçs ^ qt )a fécopdation des e^ences.
Le rapport général qui unU les DQtion»
dans l'esprit humain , et qui ete forme le Uen systématique > . est le rapport de Fim au vml-^ tiple^ C'est ce, q^e Platon avait exprià^é , Içirsr qu'il avait dit: q (^'twité et la muItipÛoité 9i som U qara^t^re esçepjiiel de la pensée, y^ hmnaipe (9) n. Os^ Q09$oit doue I0 rôle cQawlérable que ce rappcKrt joue dans la dodrîae doe qouve&i^i; Platonioiiens. Ce&i en impoMc^t le sce^u de Truite à la variété , c'est en ratlacbant les ol^jei.9 variée à un centre, c'cse^t ea les ciis^embl^nt daq$ le foyer de ^a propre et îadî* yifflbîe îd/ontité & qqe l'esprit humain les Qpiiçoit^ « Le multiple , pnyé de l'unité, est comme un corps démembré e; sans vie. l/un , séparé dfi multiple, c^.stérile.» Proclus le premier a domé à ce point de vue le développement le plas étendu^ et, comme on le prévoit d'avance , il l'a transporté, du systèpie des notions, dans le
(i) ProcK, Opéra, id. Cousin, tom.IY^p. 271, etc. (2} Philebe , pag. 217, édition de Deux-Ponts.
sysième des êtres ; du domaine de la logique , âam celui de la réalité, a Tout être est ^ o^ un sans hiultîple^ ou multiple saYis un i ou \xn et multiple tout ensemble ; bf , les deux premières hypothèses sont inadmissibles ; la troisième seule i^eèt donc expliquer la réalité (i). Il y a Tunilé absolue et l'uùité relative » il y & fûiÂté simple par eUe-méme et l^pt^ité colléeuve : la première est le nœud de la sëcotode; la seconde emprunte son caractère d<ô la preinière (a) n. La réaVté eUt eùcore id soumise à la loi de l'ieiitendemeût. a ^out multiple par^ ucipe d'une manière quelconque & Ftinité; de la toite il est lont ensemble Un et non un: un, en faoi qu'il participe à l'unité; non un, en tant qn^ n'est pas rnnité elle-même ; tout ce qui devient 2172^ devient tel par sa relation avec ruDÎté , précède et domine le iiiulti(>le (3)* La moltitade a he^om de fun; Fan x!'à pa^ ÏM^in de la multitude (4)- Tool ei^t 4odc k la fois un exnudiipîe : un par Tesfie^^ce^ muUipU pair 1^
{Kld.^ îbid.^ |iaç. i:^^ imid-^ 7j^L 4 <^f - ^^
forces ; un y par le sujet ; multiple par les pat^ lies; un par le genre , Tnz^/i^^/^ par la mantière. Or, Funité est supérieure à la plura^^ litéj comme Tesseuce aux forces, le sujet aux accidens^.Iegenreà la matière. Ainsi l'harmonie de l'pnivers s'entretient par la diffusion de CQtte vie unique^ de Pâme universelle qui ea forme le liçn intellectuel , p^r le concours de toutes choses yers un centre , par la subordina-* ûon de toutes choses au gouvernement de l'âmo suprême. L'Architecte éternel a créé le monde par sa propre essence; sa pensée est une en se multipliant dans l'ensemble. Ainsi la multitude est uniforme , et l'un se trouve multiplié. Gir chaque idée est elle-même une et multiple
à la fois (i).
. Le notnbr e six^ consacré à Vénus, exprime le multiple , pwiîe. qu'il est pair \ le nombre sept exprime l'unité y riamène la multitude à l'unité parce qu'il est impair. . C'est pourquoi il est consacré à Minerve (L). »
Les notions de l'esprit^ comparées entre elles y se présenteat sous trois formes : l'es*
sence propre à. chaque chose, l'identité^ la
(i) ProcU opéra , in Pdrniènîd. y édition Cousin p tom. IV , pag. a64. à a65.
diversité. Ces trois formés servent encore pour établir trois principes générûteurs.
Cl Car le monde est constitué par rharmonie; or , l'harmonie est l'unité dans la variété* L'unité et la variété existent donc primitivement dans les idées du Grand Architecte ; ou plutôt le Grand Architecte n'est que la haute unité qui comprend dans son sein toutes les unités divines. La similitude est la limite qui détermine la diversité^ l'infini ou l'indéterminé. La similitude rassemble^ la diversité disperse. Cette triade^ l'essence, l'identité, .la variété, produit par son action les formes ou les unités qui résident dans les ol^oses singulière^ (i). Cette triade.s'exprime encore sous cette autre forme : la limite « l'iUimitation , le mélange. Uun est la limite J la force est l'illimitation ; car, elle se déy<sIoppe indéfiniment ; le mélange est le commencement de la réalité. Chaque être comprend en lui l'être, la vie, l'intelligence ; telle est la triade réalisée. Deux autres triades sont subordonnées à la première^ et dérivent du second et du troisième de ses élémens constitutifs; la seconde compose les êtres du second rang ,
(i) Id. y ibid. , pag* 255 et 256.
fai troisième engendre PintelKgence intelligible par elle-même ( rov vonrov vow ) , et la remplit dVne réduction divine à l'unilé. Le pretïliër des principes primitifs est la cause qni produit ; le second est la lumière qui édiaire , le trbisièïne ramène tout sous Fempire de la lumière ; lé dernier est donc la fin de tou^ lés intelligibles , qui les conduit par là similitude dans la voie parfaite Ae rtltiitéti). J)
Leè trois triades représentaient d^une manière Mystique la éaûsalitë inconnue du pre- ^^rDieu ifia(5ceSsii)lé :Ia première, son imité hréxi^riltiable ; la' seconde , Timmensîté de sa ptrissâlncé ; la troisièiiie y la production complète de tous les êtres.
ikii-déssus de l'unité qui se lie au multiple, sTù'-dessus ûo l'essence , est cette unité supreâ^é^ primitive , pure , qui correspond au ^oDamét !dé^ abstractions de l'esprit, conçue et définie par Prôclùs ^ comme par t^lotin. c< Cest le Don, le beau ,. la perfection elle-même; c'est le principe universel' et absolu, placé au-dessus de tout ce qui ne peut être conçu, ni jiommé;
(i) ProcL Tkeol Plat, liv. III , pag. i32 à i43^
( 433 ) la source de lout ce qut peut être conçu , U .complète et parfaite identiié. C'est le Dieu des Càeux, runtté des unités^ le saint des «ainis; il domine sur toutes les possiJjUitésj sur toute» les essences intelli^lies, canse primordiale et non exemplaire des intelligibles (i). De celte unité pr4)cède toute la bi^rardiie des êtres j car y tout ce qui est parfait tend à produire et à répandra sa plénitude; tout ce qui est produit réside dans ,1a source prodtictvve^ Coup procession des êtres n'admet aucun iuDervalle , . aucon vide (a). L amour j le second prinàpe, cet amour universel qui porte lous les étr^ les uns vers les autres, sans confusioo, sans désordre, par une force sympatbiqjue, anime et vivifie toute la nature intellefilueUe. Les êtres du même ordre se pénètrent les uns les autres ;<sje& plus partiiu pénétrent dans ceux qui le sont moins , et les perfectionnent.
{i)ProcL, 7%eol. P<iU.,UT.n,c^. 1,95,96, joi, 110.— Proc/. opéra, ed.Coniia, tomel", As Pnvid.etFato,'^^. 188; tomelll, Inpfim., Aleil., pag. 2oà33,2o5 à 207, aïo k ai4, 338 àa5o; tome IV > fragment sur le Parmcoide , pag. aj3 à 260.
(a) Procl. , Jnttit. , J^ol, cap. 38 ei 3o. — T&eot. Plat., lÎT.ni, pag. 131 à 131. — Pn MîtioaConiiQ,t«Qe V, deProvià. etFai
ni.
De là) cet hymënée^ celte mixtion sublime dans l'ordre intellectuel. La communion deé catraes divines, l'union immatéridle des idées est ce que les Théologiens ap|>ell«iit des noces siicréea dans le langage mystique. L^union des êtres égaux est désignée par les noces de Jupi^ ter et de Junon , du ciel et de la terre ; ceux des êtres de degrés divers de perfection, par les noces 4c Jupiter et de Cérès, de Jupiter et de la Vierge. Les êtres , dans cette umcm
^ mystérieuse, se transmettent leurs propriétés, •ans s'en dépouiller, de sorte que l'identité participe à la variété, sans perdre son ca-
. niotère. En tant que toutes les idées exern^ foires participent à quelque propriété, elles revêtent une même forme et non une même nature. Ainsi , la perfection suprême descend jusqu'au dernier degré du système des êtres, êebirant, conservant, ornant toutes choses, et les rappelant à elle-même. Elle descend d^abord aux êtres véritablement existans , ensuite aux géfiies divins , ensuite aux divinités qui président au genre humain, puis à nos âmes , enfin aux animaux , aux plantes , à tous ■ les corps (i). ï)
(i) ProcL opéra y édition Cou«iB , tûme lY ,
m TV>uies les clioses qui sont dam h moncir iBt au^<iessus du monde, ont donc leur unitai propre 9 et toutes les unités dépendent d'une unité piimor^Aale , isolée et solkaire ) dés unités dëriveat les pluralités, par utie progression rjni va en s'^artaiît de Vun^ comme les rayoM qiii divergent et parlent du Oencre* VtmU est donc douMe ; cetle dualité première se composa; de ¥hm 4ibsolu et de V amour qui le seconde^ L'tf ' ailé est double^ suireuc qa'ella est isolée im i'Àffi^ {ointe^ L'idée est double^ rooiirersel «M AuniAiff mmùi qu'il est au'-dessns du mnltif/le^ fm d«tM le multiple; telle est la dwAiUi du mÀél H ^k la lune» celle de toute e^fiie^f et #Je U0É$/f9 Umi¥i phyÂque; autre est Vhufnt9f€par mpi f ém ét^tm •on essenoe ^ autre Vhonmm iU^u^ Uê iié^Urééim f autre est Fhommesépar/^^ m^féf t\tfmHH^. \^^fi dans FitidivirJuarit^^ ^stnun mi Th^tt^H^. i^Hêêéf autre Tliooiaiie en ymÛK fn^Hi^i ^. m Y^^***, inmortel {yy n
Eo s^oflirant de r»(/p4^ M U y^i^é*^ H4h*1 le aystcme dea étf <» , irv^y^m i/* yé i^/l^/y^M ropiDion de Vl4^/u 'jvi ^/^A^À^jfi^A is4 H^'^*^
III y « Pfym Àl^'i^'^ ,y^ y^/ '/^/^ ^^, '
la considère comme une création de Dieu quoique coéternelle^ parce qu'elle en émane de toute éternité.
La Providence 9 le destin^ la liberté, considérées comme la base de la théorie de la causalité y étaient Tun des objets essentiels des méditations des nouveaux Platoniciens. Produs suit ici les traces de Plotin. a La Providence et le destin régissent les deux empires : celui des choses intellectuelles, celui des èhoses sensibles; la Providence gouverne l'un et l'autre à la fois. Le destin , ou la nécessité , présidé au dernier seulement. La liberté est le caractère essentiel delà substance V de l'intelligence. Le mal n'est qu'une négation ; ainsi se justifie la Providence, •ainsi se concilie son action universelle avec Pexîstrace du mal sur la terre (i). »
« La cause finale est la clef de la théorie de la causalité. L'ignorance de la cause finale entraîne l'ignorance de toutes les autres , parce que de la première dérivent les causes efficientes, parce que c'est d'elle que celles-ci tiennent
leur efficacité (2). »
( I ) Procl, opéra , édition Cousin , tome I , pdssim»
(2) Id. y tome III , frageaens sur le Paiménide , pag. 53. ^
Telles sont ea substance les yaes de Proolus sur le système de l'univers; indîqupas mainte^ nant celles* qu'il adopte sur la théorie de la connaissance humaine. Chez la plupart dest philosophes , depuis Socrate 5 la théorie de la connaissance humaine introduisait aux spéculations sur l'univers , parce que Socrate avait enseigné qu'avant de prononcer sm* les choses il faut examiner quel est le droit que nous avons à en décider y quels sont les moyens que nous avons pour les connaître ; mais j • les nouveaux Platoniciens ont procédé d'une manière inverse; la théorie dé la connaissance dérive chez eux du système de l'univers, parce qu'ils considèrent les facultés intellectuelles de l'homme du point de vue transcenda ntal.
c( Mercure, messager de Jupiter^ nous révèle sa volonté paternelle y nous ens^gne ainsi la science, et , comme auteur de toute investigation , transmet le génie de Finvéntion à ses disciples. La science qui descend dans l'âme d'une région supérieure, est plus parfaite que l'invention ; celle qui est excitée en nous par les auitres hommes , est moins parfaite; l'invention elle-même , terme moyen entre ces deux sciences , est l'énergie propre et véritable de l'âme , dans son opération. La science qui dérive d'en-
kMit remplit Fâme par rîafluenoe des caoses frnperieares ; les Dieux nous Fannoncent &k>tttirant par leur préseuoe et leurs iUuaûnatioiis ^ BOUS découvrant ' l'ordre de l'univers y iKms pi^éoédant oomme des guides dans la yoîe diipîne y et Ëdsant bi*iller devant nous les fanaux qm nous en montrent la direction. Nous pos»
sédons de tonte élemité , en vertu de Pessenoe qui nons constitue , la connaissance des genres; mais , cette connaissance est cfocore inactive ^ elle devient productive par ropératioai qui sf exécute dans le temps ; les idées sont en nous ; MMiis elles y sont comme dans un état d'inlEk**^ mité. La notion des choses supérienresenfiwaiç^ d'un^ nunière plus parSdte ^ celle des ciioses inférieures ; l'esprit perçoit d'une manière im?* maléridle ce que le sens perçoit sous une con* dition matérielle ) la science comprend , par la eanse, ce que l'opinion admet sans la lumière de la cause. L'âme n'est ipcmX semMahle à ces taUettes encore vides, sur lesquelles ési& carac-» tares viennent s'inscrire du dehors ; ce sont des tablettes tou)Ours remplies ; l'écrivain qoi trace les caractères est au- dedans : il suffit donc de lever les obstacles qui en voilent Tempreinte. L'âme a on elle>méme les portes de la vérité , luais obstruées et closes par les objets torre&tres
d maléiiels. La science est indivisible^ consliiuéo^ par elle-même ; tout eo elle concorde ^ et tous œia qui la possèdent concordent aussi enirt eux i les discordances d'opinion naissent de ce qa'on accueille les témoignages des sens. Les prôpkèles possèdent la vraie jscience supërieurc; à la scieace humaine. Nos démons familiers , présens en nous-mêmes^ témoins intimes de n04 pensées I les éclairent par leur présence, les pu-i ri6ent par leur influence, o
<t L'âme , en descendant dans le corps i so trouva séparée des esprits divins qui la mm^ plissaient dHntelligence , de puissance et de pureté ; elle se trouva unie à Tordre des choses produites , à la nature matérielle , qui l'environ^ uèrent d'oubli ^ d'erreur et d'ignorance; elle so trouva comme enveloppée de vêtemens divers et n^langés qui l'empêchaient de se livrer k la contemplation des choses supérieures. Mais p elle peut remonter k ces régions sublimes | aux essences divines , déposer ces vêtemens impor^ tuns I se dépouiller de la compositioD # s'élever à la vie intellectuelle , aux simples et pures intuitions 9 contempler les genres des êtres ^ 1 essence intelligible. Elle ressuscite ainsi son existence primitive et suprême, par laquelle elle redevient une , et subordonne u son unilo tout
6e qui en elle esx complexe. Notre emendemeill se trouve ainsi en contact avec Tentendemeïit ditin; il atteint ainsi cette unité première qui est le lien de toutes choses , qui est comme la âenr de son essence , et, par cette communication , il exerce en quelque sorte lui^^même une fonction divine î nous devenons pouf ainsi dire divins ;guaud , fuyant ce qui est multiple
en nous ^ nous nous réfugions dans nôtre propre.unité (i). )*
Proclos distinguteiunq ordres de fonctions dans l'âme ; le pHemier s'exerce à l'aide des sens , qui est sQumis k l'usage des organes matériels^ e& qui accuse ainsi la débilite-et la servitude de Pâme; le second est celui par lequel l'âme se déployé tout tosecpkie Comme-unie au corps et comme distincte de lui 9 «comme sentant âes chaînes , et usant Cependant d^sa liberté; le troisième est «celui par lequel , dominant en quelque sorte sur sa vie inférieure , elle corrige et réforme ses notions imparfaites à l'aide dé lumières su|iérieures j par le quatrième^ se détachant de toutes
(i) Proûi. opéra , édition Coasin , tome III y fragïuens sur le Perménide , pag. 29, 3i , 33, 34 ,
39 , /fo , 62 , 75 , 76 , 80 , 92 , 93 , 97 , 98 , 102 ,
1 lô , 118 , 176 , 177 , 186, 187 , 196. '
1q6 iimj r BMÎn ns inférienTfSB oti leur im|Vi»Ri ukame, lAnoichie de looi tuauiltc, «liesse feu-* ferme em eUe-même, w replie sur aDe-^fiâtM*^ camidère son «ewmoe^ ^IK pnisMMes^ loS prîncâpeB iianiiQD^pies qm U <cofe^ 4é-
connre «neUfroàme TioMge 4t <sé mfmàe m*tkxmci doM €ÎBe «oft issae ; pcir Je ^orevbt «ftfi^ eQe «e oMft ai nfipait Ji¥dc les i^ittes «è» mèwts^ qai lialstieai le cmI ei MM r^»Mi<l«r6s dâtts le , a^ec les aoies inielleolaeKes > les sub^ ; die coaiemple âu*de$sus d^elle ces Hintés j ces manad63 > desquelks les eollfHîUOtM inteliectaelles reçoivent le Ken t|ui les Uhil.
M n y a aussi cinq ordres de eonnâissânees.
Celles qui occupent le dogro tttrifrteur de IMcfaeDe méritent à peine ce nom ; elles embrtiisent les choses matérielles et soumises tiiiic lois du déstin. Le seèond ordre n pour objet lésCANeiél^^fi communs aux objets sensibles ou les ridliuMS générales d'Aristote ; il rcrnontu iU k ^méiA h Pttoité. Le troisième ordre p^irt d^ INmHe | d^ Fabsolu y divisant et r^solv^nt \m tmiiam f^.uA-rdes, ooDoaisfant le» mti^mf fUfUêi^ui Ua coiiaé(|iietioei des liyprHl^^^^ f p,i f-Afff^^Uif^fl \fnt des coosérjoeiMre» tm^f^^tff^ ) i\ MiAftfHmh \m
point , rarithmétique de l'uaité , et , de ce qu'il y a d<e plus simple , tire la démonstration d&s choses composées. Le quatrième ordre s'élère i des connaissanoes plus simples eucore , qui n'emploient plus les méthodes, les résolutions et les compositions,*les définitions et les démons-* trations ; mais , il consiste dans la spéculation ooniemplative , autoptique , des êtres et des essences ; il pénètre dans les inteUi^les. Le cinquième et dernier ordre , qu'Aristote n'a point su atteindre, que Platon et les Théolo* gués qui l'ont précédé ont seuls défini^ est une connaissance supérieure à l'enteademenl , une exaltation ( fjLoivut ) divine , qui assimile Pâme k Dieu même ; car , le semblable ne peut être connu que par le semblable : les objets sensibles par les organes des sens , les rapports scientifiques par la science, les intelligibles par l'euteudement , l'unité par le principe d'union (i).
lù Pour parcourir cette échelle et nous âevor à son sommet, commençons donc par nous affianchir des sens, de ces sens qui ne soiH que les ministres inférieurs de notre âme. PU^
(i) ProcL opéra , édition Coasiu , tooAC I , de JProvid, et Falo ^ § 9 à a4?
ton et Py thagore nous enseignent à fuir tout ce qui est multifdey complexe, la^ diversité des afiiscûoDS y la variété des impressions y des ima* giuatioDS^ des opinions qui en dépendent, pour nous élever à la vérité la pins simple^ pour ral-< lier les élémens de la science en un corps et leur imprimer le sceau de l'unité ; car , tous ces éléoieDS gravitent les uns vers les autres par* des rapports naturels ; les connaissances infé-' rieares servent aux notions supérieures y y sont comprises y en tirent leur origine. Les connaissances diverses en supposent une principale , primordiale, à laquelle elles se réfèrent , la-» queUe à son tour n'en suppose aucune autre ^ et à laquelle il ftint les ramener par des moyens réguliers. La scioioe n'est point le dernier som-' met des connaissances ; au-dessus d'elle est une région sublime qui n'appartient qu'à l'intelligence même ; abandonnons donc et la science et ces opérations analytiques et synthétiques qui la constituent, pour nous attacher à la contemplation de Fessence intelligible, aux perceptions indivisibles qui forment la spéculation des genres (i). » Or, il y a deux voies
( I ) Ibid. . tome III , fragineos sur le Parmënidc , pa^. 102 à io5.
poar aitelodre à l'unité abscJuc, à ce hùn parfàil qnî est Xun parfait y ipcomprflienâUe de sa nature ; Fiine ctnalogique et poâdve ^ l'anire n^atiye : la première consiste à ooniempler comment les êtres sortent da sein de Tniuté ; Tautre à contempler comment ils s'y renferment (i). Si ce n'est plus la sôence qui nous conduit au dernier sommet de Téchelle des êtres j à l'unité parfidte^ absolue, qud nom donnerons-nous donc a cette puissance intérieure ? Proclus l'appelle la foi ( nirrvciç ) , puissance dont le nom jusqu'alors était incoûnu à la philosophie. Cette ^i n'est point simplement la croyance / elle n'est point im exercûce de la iàculté de penser ; elle laisse au-dessous d'elle tout ce qui appartient à la pensée; elle aspire à parrenir jusque dans le sein de l'essence de l'unité suprême et parfaite; là y délivrée de tout doute j elle goûte le repos comme dans im port assuré; car, l'être fini ne peut se reposer que dans l'absolu, dans l'être des êtres; sa propre existence n'est qu'une tendance à ce repos sublime. Gette^i est une vertu théologique (2). D La bonté , la sagesse , la beauté sont les
(i J TheoL , Platon, , liv. II , cap. i , § 96. (2; Id., ibid. , liv. I , cap. 3o«a5.
trois caractères des genres divins et suprêmes , quî^n découlent et remplissent tous les ordres des êtres subordonnés; la foi y la vérité ^ Vamour, rattachent ceux-ci à leur source par le Gen de l'unité; les uns y sont rappelés par l'amour inspirateur, les autres par la philosophie divine , d'autres enfin par l'énergie ihéurgique , dont la vertu est bien supérieure à la raison humaine^ qui renferme les bienfaits de la magie ^ les forces purifiantes de la consécratiouy et,enunmot^ tous les effets des in* fliiences divines (i). »
On voit comment celte théorie introduit naturellement à la magie, à la tbéurgie , les appelle comme son complément, a Comme l'homme conduit par l'amour s*élève graduellement de la beauté sensible à la beauté divine , les prêtres de l'antiquité , considérant raffinité qui régne dans la nature , la sympathie réciproque des êtres, leur rapport à des forces occultes, et retrouvant tout en chaque chose , créèrent leur sdence sacrée : ils ramenèrent ainsi les puis» sanoes divines dans les régions inférieures par cette similitude qui est la cause de l'union des objets particuliers. Car , tout est plein de la
(i) Id* ibid, , ibid. , cap. 225.
Milj6laDce<fiTiney et il y a me lame dao» foos les ordre» gradu» de F prooetfioiiqiii s'opère par oi prpgrefchre ei desœndanie.
prêtres opéraîeot les mélanges tions ; par les mâangesy Us attirai ioflneDoes célestes y Us composaient T le multiple , Paasimilaient a cetarssapn£aDeq[tii domioe sur la multitude des êtres ; ils oompo* saieot des symbc^ dmns^ âgoes de Fessence parfaite et de ses puissances diverses. Ils s*âeyaient des génies jusqu'aux opératioiis des Dieux mêmes, eu partie dirigés par ces gâiies, en fiartie conduits par l'art de l'interprétation sjmbolique , parvenant à l'intelligence propre des Dieux , et alors abandonnant toutes les opéra-' tions de la nature, et même la région des génies y pour se renfermer dans le commerce de la Divinité (x). » C'est ainsi que Prodos explique les pratiques de Tart mystérieux et en justifie l'exemple.
Proclus reproduit souvent les idées dePlotin et de Porphyre^ employant leurs propres exprès* siens, mais sans jamais les citer. La première
(x) ProcL opéra , tome III , de sacrificiis et Magia, pag. 276 et suiv.
pariic de son commenlaire sur le pretniop Alciliiade de Platon, n'est qu'un dOTcIoppement irè»éwndu de la doctrine de Plotin sur l'nmoup et sur la vertu de l'amour, considérés comme une , des- voies philosophique» qui conduisent aux ordres supàienrs des connaissances.
Martnus, disciple chéri de Proclus et son Inographe» lui saccéda dans cette chaire i laqyeUe il v^it de donner une nonvelle îltus* tration. 11 porta , (tit-ott , pltu de clarté et en même temps pins de réserve dans son eD8«-> goeoMKit. Proclus avait cm voir dans le Tlmée de Platon ane-allégorie qui exprimait une docirim mjsbqne sur les dieux; Illartons y vit une oipoâtioD symbohqoe de la théone des idéeêf noierprétatioD de Prodos fut défendue par iâd(tfe(i). Isidore, de Gsa , succédai Marinas veis l'an 491 i il *Taît peu d'iosinictioD; mais il pouvait s'en passer : car « les couuiasanocs liumaines et le nàsonDemcBt soal d'os bible secoun pour cette lay aa e *»bBooe qui scnle agrée à la Kvinité, et qn «a* le pririt^e d'une rwoo illaaaÎDéi
'lïFlir.tiu-t , mr Martnusft flirDaiHMci
même; prérogative que rhomme ne peut se donaer, mais qu'il doit recevoir comme un don (i) D. Damascius occupa à son tour cette chaire, mais av^ec un éclat nouveau. On a vu que Plolin et Proclus , en portant à son dernier terme Tabstractien sur laquelle ils avaient fondé le premier principe , l'avaient en quelque sorte détaché et isolé de l'univers. C'était l'être inacceasible des Gnostiques. Damascius demanda si en effet le premier principe est hors du système de l'univers y ou s'il lui aj>parti«t de manière à en former le sommet le plus élevé f si les autres êtres sont avec lui , selon lui y ou proviennent de lui. Comment d'ailleurs concilier ce système avec la triade des triades , dogme des théologies chaldéennes et égyptiennes ? L'autorité seule des traditions pouvait donner la solution de ces problèmes d'après la nouvelle voie adoptée , qui reconnaissait des dogmes , plus qu'elle n'admettait' des recherches ) et qui invoquait la foi , plus qu'elle ne permettait le raisonnement. Damascius s'efforça de rappeler à l'unité fondamentale, du système cette Ennéade de principes, ce L'ab-
(i) Daioascius > dans Photius , § io54.
^soka 9 dît-il, ne peut être oooça et connu tel <|a*il est en lai- même , mais seulement d'âne manière symbolique et par le seoonrs de Fanalogie; les idiomes hnmains manquent de terme pour Fexprimer. La IViade et Tf/inéade sont Vhbime où tout se réunit et se confond , Y immense totalité de PÉtre , dans laquelle aucune existence n'est encore disuncte ; là réside Pêtre purement absolu , simple en lui-même , qui comprend tout y qui est le fondement de tout. muld{Je. Uun absolu ( v^roço^iç ) > t^nd à se dilater ; cette tendance , <m cette énergie («Tuvet/tAïc) est le second principe ; en se satisiaisant^ elle donne l'être réel , (k 04ct) qui n'en diffère point encore ; c'est là ce qui constitue l'être absolu (i ) (M), v»
On compte encore au nombre des plus illustres adeptes de la nouvelle école ^ ccMc Hypathié d'Alexandrie » fîlle du géomètre Théon, dont la vie fut si belle et si pure, dont les talens furent si remarquables, dont la fin fut si tragique. Nous remarquons moins ceitte circonstance à raison de sa singularité^
que parce que nous retrouvons dans Hypatbioi
(i) Damascîus , ivtpi a^x^i à^n% \t% Anccdoia de Woir. , tome III , pug. 195 et suiv.
«vec tine rare habileté dans les ândes |4âc>» sof^iqnes , une réonioD plus rare eai^re de connaissances approfondies dans les sciettoes pontives , et particulièrement en géométrie et en astronooûe. Cet enseignement, dont elle reniplissait les fonctions avec tant de medesde et tant de gloire, attira sur «lleks'fareors d'im fanatisme aveugle*
Le même motif nons fera remai^ner «icore nn Severianns^ disqiple de Produs , qui abandonna les spéculations mystii]U6Sy pour «e livrer à Tétude de la pcditique et delà JurispriideBee^ un Asdépiodore, qui déserta de même les voies contemplatives j pour cultiver les œadiémaûques et l'histoire naturelle, et qui enrichit cette dernière science d'un grand nombre d'observations. Aussi, l'école du sein de laquelle il était sorti Im repro6ha-4;-ellc amèrement qn^ ne pouvait s'élever au-dessus de la philosophie vu^aire (i). )) Du reste, loin que cette éoole ait contribué au progrès dès sôènces positives, l'histoire lui reproche justement il'avoîr contribué à les faire tomber dans ledtserédît
(i) Suidas, Artr, Severiaaus et Asolépiodoros,— * Photias y sur Daœascius , cap. ^4^
f>t de les jvcnr tmp spimsc ah»» e; Js* l J-. ' ^ par son cootaCL
Quel tfx fca k SDDcà Bvs Ib-oiK! TVïchx et ses 'iiii H 1É< m ii ctsBuzTiërenl > Aâismâ & novreOe doctnzie , as 'v a ^ uco naéreol EsieDomt oe non^^^cm fxn ft^ it^t ? f i, pi t w> no^ict bii Tniiable esprit de TaBÔtam ^fiuksDjiîiR grecque i on contesBa h igr^mm ce wag ehcéne durée par ls<ji>c^ 1b p oiw o aa Plat»iriciefis prétendiiait onr tomes les traSâniB amjqites à loas les srsïèmes f£âcs'^:âiigas- 'LVra de ces •dTasûres sorû iiAne da nm* des disdplo de Prodos ; «e Êa eet Pi ig TW i]iie Prodos avaii parôcpE àqnmi ^ècâoiBtê, et qn*!! avait îmtié arun tous la atsts ans interprétatioiis des orades Ghaïdeei». IlteziSk de rétablir la sépanliaii naturelle aitre b {^osopTiie considérée ooonne sôence , a h religion considérée dans 1s dermes ihéùlogîqnes et les cérémonies du Gahe(i).
On doit aux noaveanx Pblomctens d'araîr
sont encore aiijourdliui sî utiles pour l'^étude difficile des écrits du Stagyrito^ et qui a livré à J'histeire de la philosophie un grand nombre de , documens instructifs (N). Le point de vue sous .lequel les nouveaux Platoniciens considcraienc jAristote^ le rôle secondaire qa'ih lui assignaient .comme introducteur aux Pences transcendan- .tales^.leur permettaient de conserver sa dialecti- .que leUe.à peu près qu'il l'avait instituée y d'ad- .mettre en presque totalité sa psychologie et sa inétaphysi<]pe.. L'obscurité du texte ne se prêtait, d'ailleurs que xrop à tous les genres d'în^ terprétations. . .
S'il ne fut pas pos»ble de dénaturer entière-
m^t les écrits authentiques d'Aristote. par des
imerprétaticMis arbitraires , on s'en dédommagea
.du inoin$ en lui attribuant des écrits apocry-
phfBs, dans lesquels on^leiit compagrattre comme
payant le. tribut à la .nouvelle .|>hilosopliie
mystique. Ainsi ^virent le jour^ probablement
. vers cette époque, la philosophie mystique^ les
petits traités dp métap^Lysique^ et> ^itre autres ^
le célèbre livre de, Cousis y ouvrages qui ' n'ont
été conclus aux modernes que par le canal des
Arabes, et dont le dernier sortoiit^a joué dans
le moyen âge un rôle important que nous
aurons bientôt occasion de signaler (O).
Lies nouveaux Platoniciens, en commentant
(453) ïesécrîtsdéPlaton, ont pu s'ouvrir unecarrièr»' plus libre ' encore que danS' leurs travaux sur Aristote. Ici, leur-fid^ié n'était pas dirigée et' retenue par les mêmes causes; ici s'ouvrait mal- ' beureosemeàt. pour eux uu espace vague et indéfini pour l'arbitraire dés interprétaûbns ; ici» ils étaient sollicites par tous les intérêts ' tie leurs systèmes. Noos pouvons comparer nous-mêmes Platon et Proclus,' et foger le commentateur par le texte. Nous reconuattrons les services que celteécolè peut avoir rendus à la critiqqe littéraire ; nous la «onsalterons pour la simple correction et notelUgeuce rutéraire du texte. Mais la pensée de Ilaton doit'étre interrogée dans Platon même. Le Platon de la nouvelle école ne représente que cette école. La morale de Platon porta dans cette noo- Mfitie école tonte la pureté de ses principes , toute l'élévation des seniimens qui la caractérisent, et ce déùntéressement piarfâit qui est le caractère essentiel de toute vraie morale. ' Mais, le rapport snbHrae que la l^isblion morale établit entre l'bomtne et son aniear, entre la créature libre et le L^slaienrmpréme, ouvrait aux nouveaux. Platooidens une carrière ' sans bornes j ils ^y précipilêrcnt «»m mcHlre. Le Mjsiiàsme s'aupera praliq^ae, comme de la
tive. La moraje fut absQrbéç^ dans la piété ascétique, compae la philosophie dap^ le dogme théolo^que. Leç vertus actiyf5&.et.social^.fureDt presque dédaignées. Exceptons cfspendaai l'auteur quel qu'il sçi^ de? vers dori&s. dci Pylh^gore et leur commenut^ur . Hiérocjl^l ; l'aittiquité nous a transmis, peu dQ cpdes.. qiM r^iifermejit d'aussi admirables préceptes.
Le^ nouveau Platonisme tendait à opérer uae g|:ande révçlution dans le^ sein.du.Pfi^nisme, à le dégagei:. de toutes les. forfUN^s 4'idQlâtne qu'il avait pu coutraçtec daj;Ls]e cplte vulg»re> à le pénétrer d'une théologie entièrement mystique , à lui attribuer nvéme ce caractère comme son essffnce. propre . et pri^ûtive; mak, s'il rappelait, en eâèt le Paganisme aux dogme»»
de l'unité de Dieu et de la parfaite immatérialité de la suprême intelligeiice , ou. plutôt s'il donnait un nouveau développement à ces. dogmes fondamentaux j| qui ^ bien qvievoilés dans les traditions my^oiogique^, avaient réellement présidé au véritable esprit de ces , traditions elles-mêmes^ il fit cependant aux pratiques superstitieuses d'étrange^ concessions., Disons mieux, il adopta ces. pratiques, il les ^nçôrppra à ses. doctrines; il perdit lui-inéme> p^r ce n^élange bizarre^ par ceu^e . alliance^ avec la magie , la théurgiç. , le caractère d'une vraie
( 455 ) * et l^dsBiB ()lnki6opIÂ& ; et> lorsque etifio il
subflcituà* oiïveriement la^^ au raisonnement^ comme il avait d'abord substitaé 'l'extase à la stt^ioe • m^tb9d!qci&9 il ne^fit en quelque sorte qu'avouer- ou?ertemoQit lé nouveau ferment qui le travaâlkit en siténee et xjoi altérait dans leurs principes toutes les doctrines dont il avait reeueittî Théritage.
S^l fallait essayer de définir par des caractères généraui: le système entier de là philosophie des nouveaux Haitonxôiens^ nous ditions qu'elle constitue :
Unsptème de Panthéisme y en ce qu'elle
identifie là substance et là cause, et rappelle
ainsi tout ce qui existe à une substance unique;
Un système de Spiritualisme, en oe qu'elle
réduit «la matière à u'étre qu'une simple priva-i>
tion , et n'accorde de réalité qu'à Tintelligence ;
Uu système à! Idéalisme , en ce qu'elle iden*
tifie l'objet et le sujet , ne reconnaît aucune
existence positive aux objets externes , et ne
déduit la connaissance que de l'identité abtolue^
Un système dé Mysticisme , en ce qu'elle
fait dériver toutes les lumières de l'esprit de
l'union intime, directe et immédiate avec Dieu,^
par l'état de l'extase ;
Enfin ^ im système de TASur^ie, en ce
i|tic41e fttp|Kife fe pooToir de dir^er pr Fi cauoo dei Gëaiei les opératîow de h
Aiofi f^aebéire leânfinKer noitf âviooi «nooDee ^ en expofant. la pisilowphje de FlatOD (i)* AroétUas et GatnéaMie d'ooc part, Plolia et Produs de Tantre, s'annonecm ^alemeot eomme sef raccessenrs, ses héritiers* Les uns et les autres invoquent ravtonléde Km nom , prétendent eûsdgner sa doctrine.
Et cependant 9 quel contraste en apparence plus absolu que celui de la nouvelle Académie et celui du nouveau Platonisme? Us semblent • places aux deux extrêmes de la divergience des opinions philosophiques. L'un touche au Scepticisme I se confond presque avec lui;, l'autre se perd dans les régions du Doginaûsme mystique. Celui-là désespère de rien savoir^ celuhd prétend connaître les premiers principes des causes^ les secrets du ciel et de Téterni té. Colui-là invoque eu tremblant une sorte do vraisemblance comme le seul guide qui reste à la raison humaine au milieu des nuages dont elle est environnée f celui-ci a Fprgueîl de se croive en commuiiicaiion directe avec-
(I) Tome U I ch, 1 1 , psg, a&y.
l'Etre des arcs , me le izfs îe .s Jrant;rE iolellectaefle. Cdci-Ls se fddizûs «a^ îar abîmes da doote ; celô-ci ié^v^Kn àos' Jsttnospbère de ndék&ane. Ht s: sxssrasii qu'ai un seul pcHDt : tons dccx r^sem jedt conGance aa témoîgiK^ de Fei^Ki^is:». Craement ont-ils pa crcôr le mîstc berseat ?
comment oot-ils pa recccnBlrv le nénK sdteur 7 ffoos FaTioas de^ j hu&fOê , mes svxmtt Sait pressentir cette éloonvite dérïzâcn €31 deux SOIS contraires. Noos rexpËqnerons ave:
plas de détail daqs la seooade partie de cet ouvrage.
Le Qonvean I^tonîsme avait ctm^ms de nombreux disôples. Il régnait à la lots ea Italie , en Egypte , à Albènes. D s'àait empré
de la théologie païenne, il avait même fait
quelques prosélytes parmi les Chrédeos. L£
décret ,de Justinien cjoi ordonna hi clôture .
de toutes les écoles pro&nes, fiit l'arrêt
de mort de celle d'Athènes. Les derniers
Platoniciens se u
Perses. La guerre
core d'abandoon»
qu'ils y laissèrent l
bientôt se reprodui
NOTES