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3M HIST. COMP. DES STST. Dfi PHIL.
aeurce pour l'étude du critieisme. S'il a voulu s'adresser atti hommes superficiels , son analyse est beaucoup trop obscure ; s*il a voulu s'adresser aux penseurs , elle est beaucoup trop insuffisante. J'aime à croire que si M. de Villers refaisait cet ouvrage, il affirmerait moins, prouverait mieux, conserverait plus d'égards pour les opinions des autres , et donnerait plus de clarté à l'exposition des siennes.
Une analyse bien supérieure à celle que Je viens d'indiquer, pour la méthode , la claité, la simplicité, est celle du professeur Kinker , qui vient d*étre traduite eu français et que je reçois à l'instant. Elle est cependant assez incomplète ; toute la partie du critieisme , par exemple , qui concerne les règles de V entendement y y est entièrement omise.
NOTE D
Voyez, p. 1 1 7, 1 28 de la Crit. de la raison purcy Topposition que Kant établit à cet égard entre Locke et Hume, et les objections qu'il élève contre leur opinion sur la génération des notions abstraites; et aux pages 326, 327, une opposition semblable, établie entre Locke et Leibniz. « Leibniz , dit-il, » a intellectualisé les sensations , Locke a sensualisé les no- » tions, dans ce système que je pourrais appeler une Noogo^ » nie, au lieu d'admettre deux sources différentes de nos » représentations qui n'acquièrent que dans leur connexion » seule une valeur objective. »
NOTE E
C'est une observation très importante à faire ici, q»e f^ expressions , lois de nos facultés ^ conditions de leur exercice, ont, dans la langue fie Kant, une valeur différente de celle que leur donnent ordinairement les philosoplies , f^ beaucoup plus étendue. Tous les philosophes, en effet, admettent que nos facultés ne se déploient que solvant certiiinc^ règles, celles de l'attention, de l'association, etc. Maïs (^^^
sont, au gré du criticisme, que des règles empiriques ; ceUes qu'il établit expriment des intuitions ^ des notions, des idées.
NOTE F
C'est un reproche que le philosophe de Kœnigsberg fait à Locke« d'avoir cherché à déduire de l'expérience même des connaissances qui sont hors de sa sphère immédiate. Il accuse, à ce sujet, le philosophe anglais (qui ne se serait guère attendu à cette inculpation) cT avoir ouvert toutes les portes aux illusions da C enthousiasme. [Crit. de la raison pure, p. 328.)
NOTE G
Voici comment le professeur Kiesewetter résume la solution donnée , par la philosophie critique , de cette première question : que pouvons nous savoir f
Toutes nos connaissances ne s'étendent que sur le monde «sensible, comme objet de l'expérience ; tout ce qui s'élève D au-dessus de ces limites ne peut être connu de nous. Mais » ce monde sensible lui-même , nous ne le connaissons point » tel qu'il est en soi , mais seulement tel que nous l'apercevons » sous les conditions de notre sensibilité, |tel que nous le conce- » vous sous celles de notre entendement. Cependant, des pro- » priétés constitutives de notre entendement , nécessaires à » notre connaissance , nous pouvons déduire des règles géné- » raies et nécessaires , auxquelles les objets de rexpérienee » doivent rigoureusement être soumis ; seulement nous ne pou- » vons étendïe ces règles au-delà de l'expérience , pour par- » venir à la connaissance des êtres en eux-mêmes. Il y a aussi, » dans notre raison , des idées qui , quoiqu'elles n'engendrent » aucune connaissance , peuvent cependant servir de buts à » notre route dans le champ des connaissances et favoriser »nos progrès. ( Versuch , etc., p. 193. ) »
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NOTE H
Cette question a été agitée en Allemagne avec une chaleur qui nous paraît bien exagérée. Il faudrait décider peut-êtie, avant tout, à quel point la nouveauté est, en philosophie, un mérite ou un sujet de blâme.
Deux écrits dans lesquels nous trouvons à cet égard des rapprochements curieux et faits avec impartialité, sont premièrement : une Dissertation de Flilleborn sur les différences de l'ancienne et de la nouvelle philosophie (Beitràge, eist. Band. IV Stùck, S. 187); secondement, une Dissertation de M. Sickler, sous ce titre : Commentaiio philosophica exhihens philosophiœ aristoielicœ cum transcendentali recentiori consensum; lena.
NOTE I
De là vient que les successeurs de Kant ont senti que son système, pour être conséquent, avait besoin de recevoir un nouvel ordre de prémisses antérieures à celles qu'il avait admises. Et ce qui semble indiquer que celles-ci pouvaient être hasardées, c'est que les nouvelles prémisses qu'on a essayé de prêter au criticisme, lui ont donné un caractère tout différent de celui qu'il présentait d'abord.
NOTE J
« Le rapport de l'atti-ibut au sujet , qui forme l'objet du » jugement, peut avoir lieu de deux manières : ou l'attribut » B appartient au sujet A, comme quelque chose qui est ren- » fermé (quoique d'une manière cachée) dans cette idée A; » ou bien B est entièrement hors de l'idée jé^ et seulement lie » avec elle. Dans le premier cas, le jugement est analytique; » dans le second, synthétique. Le jugement synthétique est à » priori, quand la liaison qu'il affirme n'est pas donnée par » l'expérience. Les jugements synthétiques à priori servent
PHILOSOPHIE MODEREE. GHAP. XXY. 309
»âe principes à toutes les sciences théoriques, etc. » (CriT. de la raison pure, 2« édit., p. 10 à 1 8.)
NOTE K
Voici ce qui distingue , selon Kant , V apparence de Villusion :
L apparence est ce qui ne peut être attribué à l* objet en lui-même, mais seulement et toujours dans son rapport au sujets ce qui est inséparable de la représentation de V objet. Mais allusion a lieu lorsque j'attribue à V objet en lui' même une propriété, en cessant de limiter mon jugement à ce rapport qu'a cet objet avec moi. {Crit, de la raison pure, p. 69.)
Sur quoi je présente cette observation :
Si Vapparence est attribuée légitimement à Tobjet dans son rapport avec moi, il faut qu'elle lui soit aussi attribuée en lui-même, au moins comme cause et comme puissance; car son rapport avec moi ne peut être que le résultat de ce qu'il est et de ce que je suis -, tout rapport suppose deux termes dont il est le produit.
Il faut donc de ces trois choses l'une, ou que Vapparence résidant en moi soit une peinture fidèle de ce qu'est Tobjet en lui-même (rapport de similitude), ou qu'elle soit Fe^et de ses propriétés réelles (rapport de causalité), ou enfin qu'elle soit l'objet lui-même présent à moi (identité). Sans cela, il n'y a plus de rapport de l'objet au sujet, et l'apparence n'est plus qu'une modification intérieure de moi-même.
Mais , dans les trois cas indiqués , l'apparence nous' fait connaître les propriétés réelles de l'objet en lui-même, ou du moins ses puissances.
La distinction établie par Kant entre l'apparence (Ei*scheinung) et l'illusion (Schein), n'est donc que dans les mots.
NOTE L
Je suppose que mes lunettes soient faites d'un vene in-
firangible et dont les parties ne peuvent être séparées les unes des autres, loi déduite de la nature de mes lunettes, et qui représente parfaitement le principe de Kant sur la causalitc. Selon le raisonnement de Kant, j'en coneluerai que les deux figures que je vois à la fois avec mes lunettes dans la chambre obscure , ne peuvent être séparées non plus. C'est ainsi que \& principe de causalité, suivant lui, acquiert une valeur objective et réelle.
Le système de Kant ne diffère donc de celui de Hume et de Hartley, qu'en ce que la loi de l'habitude et celle de Tasaociation des idées, entièrement subjectives dans leur principe, comme les lois de Kant, sont acquises, et non pas naturelles à Fesprit. Mais, acquises ou non, elles sont également intérieures ; la nécessité qu'elles supposent n'est une nécessité que pour Tesprit seul, nécessité qui enchaîne ses opérations, mais n'a aucun rapport avec les réalités externes.
PHItaSOPpiE MPDEKNE. CHAP. XXVI. SU