‹ Histoire comparée des systèmes de philosophieChapitre 1 sur 38 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

Seconde école cPElée.

SOMMAIRE

l'crBQcoi Texcniple d'Hippocrate est resté à peu près infruc'* tocnx ponr rayancement des sciences physiques dans' l'aB^uité.

Eléatiqnes phyiideni : Erapëdocle; — Sa doctrine pa4^ rail être un syncrétisme des sysfémes dcjk connus ;.-^ JËn-' |hoo9iasnie , formes poétiques ; — TbéoricsinguHère sur le^ «cnsations.

Lrucippe ; — Origine de Thypothèsc des atomes j — Im portance qa*el]e a aèquise dans lllistoîrë 8ela'p1irltiso[ihie; — Sous quel point de vue nous devona ici la Considérer; »*^.' Lnirippc est choqué des corollaires auxquels les Eléaliques «Tairot été conduits j — Distinction qu'il établit entre les dWert ordres <1e perceptions ; «-^ Il rapporte tous les ph^o mctirt à retendue V ao^mouvement, à l'cspnee ; -^ Ek|loftl«' ffrin <lii système des ^tome^ \ — Comment .Leuoippe citit ^

ir. 1

«f oiff ttoncilié U «ûma avec r«q^ëtk«ice ; — * Applkatîottf peu heureuMi; — Sa ptjcolofîe inparfiûte ) matérialijinc.

Démocrite; nou^ean dëreloppement de la dUtînction iatrodnîte entre let dÎTen ordres de peroeptioni ; — Talevr tnlijaeliTe det pcrceptioiu aaniiblef | — Lia- Idligeiioe rédoile à une condition pasdTe;*— Hypothèse des im^gëS détachées des ob|ets ci «pii parviennent à l'àme ; DÎTersité et contradiction apparente des témoignages dce anciens sur Topinion de Démocrite reUtÎTcnent an prtn* ôpe de la connaissance ; — - Explication proposée ; — Singulières idées de ce philosophe snr la divination ; — Explication proposée ; —Maximes de Démocrite sur le destin et la nécessité ; •— Sa philosophie morale.

Métrodore de Chioa ; son seepticIsaMb

Parallèle des deux écoles d'Elée; —Résultats communs ; — Parallèle dcp Eléatiqnes et det loneàt; — Des Elëati- ^ucs et des Pythagoriciens.

Xj'exbmplb donn^ par Hlppoçraie eût pu exercer sur la marche des aciences dans l'aufl- Hviié une ûiflaeoce sembU^ k celle que GaKlée a obtenue dans les temps modernes. Bfais , les esprits n'étaient point prépares pour une révolution de ce genre; ib étaient engages dans un ordre de recherches trop éloigné des toies que leur montrait Hippocrate. Le goAt naturel des Grecs pour les idées spéculatives et les dÀluctions subtiles contribuait encore à les détourner de cette route prudente. D^atlleurs ^ ri le père de la médecine avait enseigné

la mAbocIe qui comparo les observaiîons^ Tari d'expérimenter était demeuré dans reoËmce , il deyait y rester par la suite du mépris qu'avaient les anciens pour tous lés arts mécaniques; aÎDSÎ , on n'était pas eu mesure d'étendre a?cc »ucces l'exemple dobné par Hippocrate y aux scîeiioesqui ont besoin non seulement d'observer, mais d'interroger la nature ; on i^è pou* vùt ap|irécicr tous les seeoiiirs que prête l'expé* neoee raisonnée etinductive pour s'élever dans la r^on des découvertes. /

Ces réflexions se confiraient^ lorsqu'on remarque comment procédèrent les Eléatîques appdés fibysiciens ^ et )és résultats auxquels ils arrivèrent* En effet , quoiqu'ils se fussent adon* nés, par réllexion et par cboix y 4 l'étude de la natorc^ ils furent loin d'obtenir les succès qu'elle pouvait promettre y et ne firent souvent que substituer des conceptions aussi arbitraires à cefles que les Eléatiques mélaphyriciens avaient ima^oées dans l'ordre des spéculations rationades. Cest que , toujours empressés à s'ériger eu ardiitectea delà nature, à construire au lieu d*obierver , ils voulaient aussi commencer par taînr les premiers clémens des choses » comnic M ces âémena primitiGi n'étaient pas précisément ce qui est le plus éloigne de nous; seulement,

fis puisaient ces clémens à une autre source que leurs prëdëcesseurs.

On ne peut même reconnaître à Empédocle le mérite d'avoir présenté sous ce rapport des vues bien nouvelles. Quelle que soit l'idée que ses a{)ologistes aient voulu nous donner des connaissances qu'il avait acquises par l'étude de la natmre, c'est en vain qu'on cherche dans sa doctrine quelque découverte qui ait fait faire un pas réel à la science ; on n'y aperçoit guère qu'un mélange visible et une combinaison des idées de ses prédécesseurs. 11 admit à la fois les trois élémens des Ioniens, l'air, l'eau , le feu^ et leur joignit la terre, a Les parcelles primitives de ces quatre élémens, indivisibles ^ inaltérables ^ cternriles , dérivent de l'unité , c'est-à«<iire y sont d'abord renfermées et confondues , cl s'en séparent ensuite ; ainsi sa monade est une sorte de x^haos. d Uamour et la discorde sont les deux forces qui président à l'aggrégation ou à la dissolution; c'est-à--dire que râttraclion et la répulsion sont à ses yeux les deux lois générales de la nature ; elles représentent même eu quelque sorte les deux principes des Orientaux ; car l'amour est la source du bien , comme la discorde celle du mal. Au reste, la suite des transformations n'est

(5) soumise qu'à des causes mécaniques y rmtelligeoce n'y a aucune part; un hasard aveugle ])réside seul h toutes ces combinaisons (i). )>

Ce n'est pas qu'Empëdocle n'admit l'idée de la divinité , comme principe intelligent ; mais il est difficile de découvrir quel rang, quelle action il attribuait ii ce principe dans Tunivers. Suivant Soi tus l'Empirique, il reconnaissait une intelligence divine qui se répand dans le monde entier , dont tous les êtres empruntent la yie, dont l'âme humaine et celle même des animaux seraient des parties ou des émanations (a). Lorsqu*iI confère d'ailleurs le nom de dieux k ses quatre élemens , on ne doit reconnaître dans ces expressions que les images propres a la langue poétique dont il faisait usage. Suivant les détails que Pfiilostrate, Diogéne Laêroe, Porphyre^ Jamblique, Suidas^ ont recueillis sur sa vie^ le philosophe d'Agrigente paraîtrait avoir été livré à un enthousiasme Inbiluely et ses disciples en auraient fait une Nortc de thaumatui^e ; Plutarque nous dit

(i) Aristote, Physic. II, 4* — Metaphys.jly 4 ; ill , 4' ^^ général, et corrupt. I, i. — Plutarque , De PiacU.phi'L 1,8. — Sexliis l'Emp. /îdi'. Math.^ J\ , lo , etc.

» î Advcrsus Math. , I , § 3o?. . 3o.^ ; IX , § i ?.7

qall peupfaû Funivers de géniei^ aciifs, inloNfcg<^n$^ nous décrit l'intervf^ntioD qu'il leur attrir Ijuait y les vicissitudes qu'il leur faisait subir. Oa ^st surpris du contraste qui s'offre entre Texaltation qui domine son esprit, et les idées qu'il s'était lormées sur les lois de la nature. Ce contraste, et en général l'incohérence qui àe manifeste dans le^ vers détachés que les anciens ont conservés de ce philosophe^ s'explique à nos yeux par le syncrétisme dont sa doctrine était empreinte. U avait suivi à la fois Pylhagore, Heraclite^ l'é-i cole d'Ionie; il avait mêlé leurs hypothèses^ plutôt qu'il ne s'était occupé à les concilier.

On prendrait cependant une idée plus avantageuse et plu^ tv^^^. d'Ëmpédocle, si on le reconnaissait commçL le véritable auteur des yers dorés attribués à Pythagore ^ ainsi que plusieurs indicaUons autorisent à le penser ; et si on expliquait 1^. i^écits singuliers et merveil-: leux de quelques anciens auteurs à son sujet, ])ar les succès qu'il avait obtenus dans la pratique de la médecine^ art dont il avait faut une élude approfondie.

Il paraît avoir essayé d'établir une théorie des sensations ; le fondement qu'il voulait lui dpnncr çst singulier : le même ne. pouvant ^trc aperçu que par le uiçuie^ suiyant la

(7 ) roa^ioitt dfii £lé«iique4 , il afieçUut è olnKmii de nos seo0 on âémeni particulier} timi, lefw cuit «perça par le fieu , c'est la tuo ; Taîr par Vw, c'était Vonie, et i ces quatre source^ de perceptions p il en joignait encore deu^ eulres : a La discorde y disait-il ^ est aperçoe par le » discorde ^ et l'amour par l'amour ; 9 ce sont les expressions que nous a conservées Seitos l'Empirique (i). Par ces deun denûirea expressi<His qui renferment sans doute un sens allégorique , il entendait peut-^re la variété p, domaine de l'expérience^ l'unité j domaine de b raison.

Il expliquait ainsi le phénomène de la sen-fatioQ par une sorte d'identité entre l'objet perçu et la sensation elle-même ; les couleurs ^ par exemple , étaient ^ suivant lui , de certfines Cannes qui proviennent du dehors et s^ transr mettent à nous par Forganivde la vue (a).

Il semblerait que , d'apris celte hjrpothèse^ Eoipodode aurait accordé au témoignage dea êcîib une certitude entière^, eovme^ il accordais

(I) Ai¥t9^ui Math. , VII , $ i^aocci^y. Toyea •Mta Amtete, De Animd % \% ^

(a) Arirtote, De Sensu ^ cap, « :»«4- -^ Piston ^ ifcnom. — Plntasque , DePlacitis phil,^ IV # «fi i « 7 ->

4â tëaHté à leurs objets ; et c'est en effet ce qu'annonce Seitus l'Empirique ; mais j plus loin , lé inéme écrivain nous annonce au contraire que le philosophe d'Agrigente refusait toute confiance aux sens et ne reconnaissait d'autorité que dans la raison seu)e (i). Aristote nous met peut-être sur la voie d'expliquer cette contradiction apparente , en distinguant la sen* sation^ de la connaissance proprement dite (2) , comme nous venons de l'indiquer. Peut-être, en effets Empédocle entendait-il mettre, d'une part j les sens en rapport avec les ctgrégais , seuls objets visibles , mais toujours mobiles ; et la raison en rapport avec les unités primitives que les sens ne peuvent apercevoir, mais qui, seules, dans ce système, ont une existence et des propriétés durables. Peut-être ces contradictions sont-eDes encore l'effet des emprunts qu'il fit k des systèmes opposés. Gcéron place 'quelque part Empédocle an nombre des sceptiques; ailleurs, il pense que l'exagération poétique donnait sur ce sujet, comme sur les autres , une fausse couleur au langage du philosophe sicilien (3) (A).

(1) Adi^ersus Math. , VI , 1 15 , 122.

(2) De Anima y III , 3. Meiaphys. , IV,5.

(5) In LucuUo ycap . 5. Acad. quœst. , IV , aS.

S^ ne nous est pas possible de lai accorder un rang distingué dans Fhistoire de la philosophie y il lui reste du moins d'autres titres auprès de la postérité , celui de poète , celui de citoyen zélé pour la liberté de son pays. On pourrait supposer qu'il se proposa 'moins d'introduire une doctrine nouvelle que de revêtir des charmes delà poéâe les idées émises par les philosophes qui l'avaient précédé y et cette supposidon soulagerait beaucoup les commentateurs. Comme moraliste^ il attira l'attention sur les grandes questions qui se ratt2|ohent à Torigine du mal ; il paraît avoir été dominé par des impressions vives et mélancoliques sur cet important sujet.

Leucîppe et Démocrite (i) nous offrent du moins un sujet d'instruction plus aboodaht tout ensemble et plus facile ; ceux-ci ont mérité^ à plusieurs égards^ la dénomination de physiciens qui leur a été donnée; ils ont eu le mérite de mettre en honneur l'étude des sciences

(i) n est difficile d'assigner un rang certain à Empédode dans l'ordre chronologique ; si nous l'avons pUcé avant Leucippe et Démocrite, 'c'est parce que ''«fia^ci ont contribué bien plus efficacement au progrès des connaissances humaine;.

(lO)

naïuicUes. L'affinité de Uur lytièniQ tnr I«« atorue«javec celui d'Ëpicure, leur fâil joiier ua rôle considérable dans rfaistoire de la philosophie grecque^ et Qémocrite a répandu 9ur la théorie de la connaicsance hutnaine plua de lumières qu'aucun de ses prédécesseurs.

Nous ne devons considérer ici l'hypothèse des atonies que sous un seul point de vue : les rapports qu'elle a avec la marche de l'esprit humain et lesi procédés qu'il suit dans la recherche de la vérité ; mais, sous cet aspect inéme , elle n'est pas sans intérêt,

Aristoie (l)f en donnant de justes éloges à la marche méthodique que suivirent lieudppe et Péfuocrite, a exposé d'une m9nière lumineuse comment Leacippe fut conduit k établir cette hypothèse, en méditant sur celles qu'avuient essayées tes E^léatiques niétaphysiâens } oomment , firappé des contradictions anxqaelUa ceuz'-ci levaient été entraînés, 'û essaya d^ réconcilier la raison et l'expérience (B).

En jetant nos regards sur la nature/ noua j apercevons de toutes parts la variété et la mobilité ; le témoignage irrécusable de l'eapërience nous icontraint de reconnaître des aixb-

ai ■ 1 ■■■■■■ -I ■ ^11 I ■ — — 1, .■ I ■ —i.^ ■ I II , , ,^

(i) De fencraiione etcormpu |» 8.>

muces diverses entre elles ^ et qui recoÎT^nt de< piodificatioos contiouelles. CommeQt expliquer ce double résultat par des principe^ que la raison puisse avouer ?

Uoe distinction es^utielle f^'est offerte k l'eih prit de Leucippe^ et cette reinafX[ae est, si nous ne nous trompons ^ le fondement de tout son système ; elle est celle qui &it le plus d'honneur à sa sagacité. Il distingue les phénon^ènes dont retendue est la conditioq , de tous les autres, phénomènes sensi^es (i); en d'autfw termes il distingue les deux genreu de qnali^ que les philosophes ont désignées plus tard soos la dénomination de gualités premièrea et de quaJsHt tés êecoades y c'est à ceUes-là seules qu'il attii-hue la réalité objective ; c'est à celles-là seulea qu'il s'attadie, en supposant, sans toutefois le dÎTe expressément^ que celle%^ ne sont qu'un effet qui réstdte des autres j peut-être qu'une motllfiGation du sujet qui les perçoit ^ obtenue far les impressions qu'il a reçqes à leur occasion.

Maintenant s dans le champ de l'étendue j^ qu apercevons-nous ? toujours ces deux grandes

(i; KmioU ^ De gênerai, et corrupt. I, i. Ssi^tu^ i Em|). , Hipoifp. Pyrrh. , III , $ 35-

circonstances : des formes et du mouvement, variété dans les formes , cfaangemens prodiûts par le mouvement.

Or, ces deux drconstances supposent également une troisième condition , l'espace , l'espace vide. Ljeucippe établit cette double démonstration avec une logique rigoureuse. Sans des intervalles vides qui les séparent , les corps seraient contigus les uns aux autres dans toutes leurs parties , n'auraient plus aucune figure propice ^ ne seraient qu'pne seule masse; sans un espace vide apte à le recevoir^ un corps ne pourrait changer de place. Mais Leucippe appelle aussi à son secours des observations tirées de l'expérience, la faculté qu'ont certains corps d'éti*e réduits par la compression à un moindre volume , la capacité qu'a un vase rempli de cendres à recevoir une égale quantité d'eau , etc. (i).

ce Ces corps divers, qui s'oBrent à nos regards, sont tous des agrégats; ils sont tous divisibles; ils peuvent tous se dissoudre ; il faut donc , pour en avoir la matière primitive , remonter à des clémens constitutifs, qui euxmêmes ne soient ni composés ni divisibles;

(i) Aristote, De gênera lione et comtpi.. ï, 8. Physic , IV , 3.

fxs êlémens prendront de là le nom ô^atomesl a Us seront impénétrables, puisqu'ils remplissent Tcspace ; ils échapperont à la vue et au tact par leur subtilité; leur nombre sera infini^ leur existence étemelle. » Leucippe leur accorde aussi une figure, sans s^apercevoir que cette propriété, inutile à son hypothèse, est en contradiction avec elle. «Leurs figures varient; leurs, positions respectives varient aussi; ik forment des combinaisons plus ou moins étendues; ils^ sont distribués dans ces combinaisons suivant nu ordre différent; de là toutes les variétés des agrégats (i). »

Uo changement dans la composition de ces agrégats , ou dans le mode de coordination de; leurs élémens, expliquera les altérations succès* ares que les corps subissent ; et le mouvement suffit pour rendre raison de ces changemens*. Or, ces transformations j à leur tour, eipli-, quent toutes celles qui ont lieu dans les quali-^ tés secondes qui dérivent elles-mêmes, de la.

(i) Aristole , De générât, et corr. , I , i , 2 , 8,9. — De Coploy 1 , 7 ; III , 4- Metaph,y 1 , 4- Diogcne Lâôrc4! , IX, §§ 3o, 3i . Cicéron , Acad, quœst, , 18 » 37, De Nai. Deor. , 1,^4. Lactance , De Ird Di'i^ 10; m, 17. . ,

jpropriët^ preiBi^e et fon(lanieotale ^ la conn-* guradon (i).

Il reste à expliquer le niouvement dont iVs* pace est le théâtre.

Leudppé suppose que le mouvement est inhérent à chaque atome; suivant Diogèné Laëroe> ce mouvement produit une sorie de tourbillon (2), Huet et Bayle ont déjà remarqi a que cette idée renfehtlë le germe du système de Descartes.

a 11 y a donc deux principes des choses^ l'on positif^ l'autre prîvadf : la realité dans l'espace, et le vid^ (3).

D Ainsi le cours de toutes choses est soumis à la nécessité (4)- 1>

Tel est le système de Leucippe réduit à ses expresûons les plus simples et les plus pré^ dses; on plutôt telle est la traduction fidèle des textes que les anciens nous en ont conservés. On voit qull réduisait toutes les lois de l'uni-^ vers à des lois mécaniques.

C'^est ainsi que Leuâppe crut avoir récon-^ -— — — • — »

(1) Aristotei De gêner, et cortupi. 1 , 2.

(s) Aristote, ibidf i ^B.De Cœlo , 1, 7, IX ,§ 3i *

(3) Arùtote^ De gêner, et corrupt. 1 1 ^ 8.

(4) Diogëne Lairce , IX > S ^^'

cîlî^ la îaiMil et Peipëriance ; il latisfaîsait k celkMS , en adtoettant comme an fiiît la variété des composés et les cbangemens qu'ils subis-» sent; a celle-là , en supposant un nombre înfim (Félémens simples^ invariables.

Les phyridens de l'école d'Ionie^ les Pyilia-^" goridens, avaient cberché quelque solution sembbble y mais sans pouvoir l'obtetiir d'une manière aussi prédse, sans l'avoir ei posée tfune manière aussi claire* Ils avaient plus on moins attribué aux prindpes élémentaires , des propriétés semUables k différentes qualités qui aflSpcttnt nos sens dans les composés; Leudppe rédoidt ces propriétés à la figure et au mouvement 9 et de ces deux conditions fit dériver tout Feosemble des phénomènes.

Maïs noua ne retrouvons plds la même sagahdté d'aperçus^ la même rigueur de méthode^ lorsque nous voulons suivre ce philosophe dans kl aotrea branches de sa doctrine et dans les applications qnll essaya defairede son hypothèse principale. On ne découvre, ainsi que l'a remarqué Scobée dans son système sur la formation dePnmvers^ancunetraeede l'intervention d'une csose intelligente. Suivant Diogène Laërce^ k heudo-Origène et Slobée , la nécessité fut

pour lai la mère des tnoodcs (i). Il la considéra coninie élant tout à la fois le destin et une sorte de providence; a car^ il faut, disait-il^ une cause, un fondement à tout ce qui arrive, d II resterait cependant à examiner siLeucippe ne se bornait pas à exprimer^ par le terme nécessite y les lois régulières et constantes qui président à l'ordre physique, et si le système entier de Leucippe n'était pas ainsi renfermé dans les limites du domaine des sciences naturelles; il ne nous reste aucun passage qui puisse expliquer sa pensée à ce sujet j et le livre qu'il avait , dit-on > composé sur Ydme j ne nous est point parvenu. Ce qui autoriserait à penser que ce philosophe n'entendait traiter que la physique, c'eçt que nous ne connaissons rien de lui qui se rapporte aux sciences morales, et on peut remarquer que l'accusation d'athéisme, si souvent prodiguée dans l'antiquité envers les philosophes , même sans fondement, n'a point clé dirigée cf pressément contre celui-ci. Il avait en partie adopté les idées de Xénophane, en partie cherché à les rectifier; il est probable qu'il •('on tenait aux opinions de celui-ci sur la thëo-

(i) Diogcnc La^rce , IX, §33. — Origcnc, PA#7c*. , rnp. 1?. — SIoIh'c, Eclog. Physic. I, 8.

( ^7) logîe naturelle^ et qu'il ne s'est poiiit occopé à les discaler , parce qu'elles n'entraient point dans le plan de ses redierches. La psyèhologte de Leocippe, il Siut l'aK>uer^ est emprante d'an matérialisme manifeste ; a la vie , la pensée , le mouvement^ sont à ses yeux la même diose ; la respiration en est la condition , h chaleur en est le signe ; l'âme y en qui résident ces trob propriétés, est elle-même un aggr^at d'atomes , un composé de paracules ignées , qui circulent dans tout le corps, ih Ces idées , quelque fausses et bizarres qu'elles soient, nous étonnent peu dsns le philotophè qui avMt prétendu tout expliquer par les seules lois mécaniques, qui avait rapporté tous les pUénomènes & ceux dont l'étendue est la conditien, et qui avait presque entièrement écarté cet antre ordre de phénomènes , bien plus vaste et bien plus important, que révèle à l'homme le témoignage de b conscience intime. Sous ce rapport encore, et comme le premier malé- I ialiste systématique dont l^istoire de la philosophie nous offre l'exemple, il mérite une Jittention |iarticulière (Q.

Le système â>auchc par Leudppe reçut de Déaiocnie sou complément et son développemeoi ; celui-ci le fortifia par des argumens

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