II
( i8) noaveaux; il lia Mirtout d'one aMnière fins ^oite la ihéorie des seosatîons a^ec Phjpothèaa é^sûnée à axpUqner les phéoomènes oaturela. Noos avoua vu que Leodppe avait dia^ iîiigaé ceiix de ces phénomèBes qui se deploienl dans le champ de l'e^psoe oa sous la condilioa ile réieoduaj ec ceux qui eorrespoodent k ce qf^ nous appelons les quatiiéê secondes ; Démocrîte pensa que oeux-cî ne sont que des jnodificpuoqs du sujet sentant ; qu'ils résulieni ^ulemeot 4? b awuère dont nos sens sont ;i9*^tps par b présence des <Ajets extérieurs ; 51 14e fpiel» [W exemple, n'est par lui-même ju ni doBx^ ni acide; mais, il produit sur Tor^ i» gMie du ^oût une impression à laquelle nous 9 donnons le nom de doux^ et de la vient que p ceue impression varie j suivant les individus ; a il an est de même des couleurs , des sons y n des odeurs , etc. d Les peroepiions du tact BOUS introduisent seules aux propriétés i«dks des objets (i). Mab, comment s'opèrent ces impressions que les objets extérieurs prodaisenc en nous ? C'est ce que Démocrite n'^es.pliqua que d'une manière trop défectueuse. L'image des atomes et des propriétés qtii leur
(1) Arûlote, De sensu ac sensibiU^ cap. 4*
appirtiennent j parvient à notre fime, pure et sans mélange; mais, dans les sensations qu'elle produit, elle s'unit et se confond avec l'affection qu'éprouve l'organe ; celle-ci trouble et (^Murôt ceHe-là. La première exprime donc les choses rédles ; la seconde représente l'ac* tîoo que ces choses ont exercée sur nous {i)* y> avait ainsi esquissé y comme l'a ju* remarqué le profe&seur Tenuemami (s), la théorie que Locke a exposée dans les temps modernes.
Démocrite n'assigne à Fintelfigenee humaine qu'un rôle entièrement passif : <( Toutes nos perce{Y6ons nous sont données, nous viennent du dchori ; des corps qui leur servent d'objets, s'échappent certaines émanations qui leur resseiahleoty des images (fii/tfXee), qui viennent s'imprimer dans notre âme. L'eau qui, selon Démocrite, compose l'organe de la vie, les reçoit comme un reflet , une copie ; l'air les transmet à l'oreille , par un mouvement qui produit des formes analogues , etc. L'efiet produit par celte action exercée sur nos or-
(i) Aritlote, De sensu acsensièiliyC^f. 4- — Seztus rEnpinque , Advenus logic. » §§ i35 , i38 , i3g , Mn. S 124, yn.Hypoih. Pyrrh. I, § ai3.
(2) Histoire de la Philosophie , tome v^^j page 288.
(ao)
«^nes, perse vèi>e encore alors que les objets ont cessé de nous* être présens , parce que le niouTemeot qu'ils ont excité se prolonge ; c'est ainsi qu'on voit à la surface de l'eau se former des tourbillons toujours décroissans , après qu'on y a jeté un corps pesant , et qu'il s'y est précipité ; cette explication donne aussi la raison des songes^ dont le silence et l'obscurité rendent les impressions encore plus sensibles (i)« » Lorsqu'on voit Démocrite adopter une semblable hypothèse sur la théorie de la perception^ lorsqu'on le voit considérer l'âme humaine comme un aggrégat d'atomes de feu^ de ces mêmes atomes qui sont répandus et ^sii^culent de toutes parts (vt) , lorsqu'on le voit rapporter l'acdvité du principe pensant à un simple mouvement matériel , on s'attend â le voir confondre la pensée avec la sensation , et placer la raison dans la dépendance des objets extérieurs* Aristotc, en eBet, l'accuse d'avoir idcntiné la raison et les sens, ^lutarque , au contraire, assure qu'il les a expressément
(i) Ai'\%iote f De Diifin. persomnum^ cap. 2. •— Plutarque, DePlacitis phil.^ IV, cap. 8, i3, 19.
(a) AriUote , De Animd^ I, 2, — Mctaphys. , III, .'). — iSrxtui!'Ffn|). , A(W. math. , VII , § i iG.
disÛQgnés (i). Suivant Seitas l'Empirique^ les perceptions sensibles n'ont aux. yeux de Démocrite ancone vérité, et ne peuvent procurer ancane connaissance réelle ; ta raison seule peut porter des jugemens solides , et obtenir uneconuaissance véritable (s). D'après le ténnoi- ^agedcDîotime^ Démocrite aurait établi trois critérium de la vérité^ les apparences, les notions^ la sensibilité; le premier, pour les objets non sensibles , le second pour l'investigation de l'esprit, le troisième pour les passions (5). Ailleurs (4), Sextus l'Empirique s'exprime comme si Démocrite avait refusé la œnitiide à toute espèce de connaissances. Enfin y Gceron semble confirmer cette dernière interprétaûon et prête aussi au philosophe Abdcritain un scepticisme absolu (5). Mais , en examinant et comparant avec soin ccsdifierens passages, on croit découvrir qu'ils peuvent se concilier, et qu'ils s'expliquent tous par la théorie fondamentale de Démocrite sur la per-
(i) PioUrqoe , De Placit. phil. , lY, cap. I. il) Sextas TËmp. , iùid, , §§ i33 , iZg,
4) Ibid, , i56etsuiv.
^) Âcnd. quœst, , IV , cap. 25.
ception y telle que nous venons de l'expliquer. D'après cette théorie ^ en effet, nous ne sommes autorises à attribuer aux objets aucune des qualités sensibles, autres que l'étendue et ses diverses propriétés, telles qu'elles s'appliquent aux atomes ; toutes les autres n*ont qu'une réalité purement subjective* Mais l'existence des atomes , les qualités qui leur sont propres ne sont point saisies par les sens ; les déductions de la raison nous conduisent seules à les ad* mettre. £t^ telle est précisément la doctrine que Sextus l'Epipirique prête à Démocrite dans ua ^utre passage (i); nos sensations ne constituent qu'une connaisauce obscure y une simple opinion ; la pensée seule a une réalité objective , constitue la connaissance claire y légitime y. véritable. Et y c'est aussi ce que pouvait entendre Cicéron ; car , c'est des sens uniquement qu'il parle ^ en attribuant le scepticisme k ce philosophe. Du reste, Démocrite n'admettait que cçs deux ordres^ de connaissances , et son hypothèse nte lui permettait ps d'en admettre d'autres.
Cependant, les anciens prêtent unanimement
(i) Advenus logie. YII , $$ i58 y \ôç^ , t55. — - Hjrp, Pyrrk, , I, § 3o,
à Déoioerite des ctpressions stnguKèfes sctr U JrnnBÛoti, snr fes rapport» de rhoanué atvcfc les génies errans âsftis FuniversT, sur là puis-sdtictr de ces gétiie»^ les moyens de se les rendre' iàforabftes; il n'est aucune idée superstitieuse qui ne se trouve autorisée par le Imlgage qu'on loi attribue. Cette bizarrerie était-^e^best le' philoMrplie Abdéritain FeBêt stricte cf «M fn-^ blesse d^esprit , qu'on a plus d^une fois recon^ nue chez des hommes qui rejetoient toutds les croyances morales? arvait-il, en effets éédéaui- Hiperstilions vnlgaifes , pour satisfaire à un in-^' 9tioct tague et indéfini qui le portait à suppv^ ser quelque puissance surnaturelle , alors que SOI» système sembfoit eidure de Funivers Tin^ rerreotion d'une cause intelligente ? Ou- bieti y Il aTorf-îl affecté de professer des opinions semf- Mables que dans llntérét de sa propre sécurité >i pour éritier les accusations, les persécutions' Auxquelles sa doctrine eût pu l'exposer , en se' meuant sous la protection et la sauvegarde des f iréjugés populaires? Cbacune ^e ces deux con- («nUtties peut être également admise* 11 en est cependant une troisième qui offre peul-étre un plu» haut degré de probabilité : elle consista-* roft à supposer que Démocrile a encore été conduit â ces idées singulières par son bypolhcsc
fUF les images qui nous vienneot du dehors. Il reconnaissait quelque chose de divin dans le principe pensant (x); il regardait ce prinôpe comme répandu dans l'univers. Ayant écarté^par son système de cosmologie mécanique^ toutes les inductions éléologiques qui nous reportent à la notion de la Divinité par l'étude et la contemplation de ses œuvres , n'ayant admis que des connaissances acquises par une communication directe avec les objets ^' il supposait que la nature divine se communiquait aussi, se révélait directement à Fbomme , par une espèce particulière Ôl images affectées à ce commerce , émanant de cette source ; il introduisait surtout ce genre d'illumination dans les songes ; et telle est en effet l'explication qu'il donnait luimême , d'après les paroles qni nous sont rapportées (3); remarquons ainsi que, lorsqu'il attribuait aux grands accidens de la natur^ l'origine des croyances rehgieuses (3), il ne té-
(i) Cicéron , De nat, Deor.^ I, 12, 43.
(2) Sextus l'Empirique , Adver, math.,lK, SS *5, 19, 4^* — Cicëron , De DîpînaLy 1,3. — Voy. aussi PluUrque , De Placit. phii , c. 1 , 3 , 7 , lY , i4 , et Stobée ,• Eçlog, physic, , I , ' i .
(3; Sextus rEmpirique, «^</^. malh, , IX , § 24.
moignoit pas une grande appréhension des prëventioDS qîiî pouvaient s'élever contre lui.
Deox passages de Sextus l'Empirique, en même temps qu'ils paraissent confirmer cette dernière explication , jettent un grand jour sur les opinions de Démocrite : « Démocrite pensait ^ dit Sextus 9 que ce sont les phénomènes extraordinaires de la nature, tels que la foudre, les éclipses, etc., qui nous ont conduits à la connaissance des Dieux , par b terreur qu'ils font éprouver , » et plus loin : « Démocrite supposût certaines images gigantesques et de forme humaiBe, répandues dans l'air qui nous entoure , et d'autres moyens semblables , qui meuent notre esprit en relation avec la Divinité, (i) 0
Toiqours est-il certain que la nécessité seule, le destin*, présidait, suivant lui, aux phénomènes de l'univers sensible , et il 4iccordait à cette loi aveugle la dénomination de Proui^ dence (3). Mais, cette nécessité était une nécessité purement physique; c'était la conséquence de la loi des tourbillons (3). 11 avait
(1) Adv. phjrs. ylXj §§ a4®' 42- (a) DIogëne Laèrce, IX , J /{S. — Cicëron , Acad^ qumsu^ rV, 17.
(3) Sextuf FEmpinque , ihid. , §§ 1 1 2 et 1 1 3.
reçu celte opinion de se» prédécessetir» > maie» , en voici une qui kiî étak propre : a U y » ^ suivant lui , «n nombre infini- de mcMides ^ en pfirtie divers entre eur^ en partie airtièreoient semblables; les uns natssenly le» autres pénssent(i).'>IloOBsidérail aosaile teinpa comme n'ayant point eocmnencé ; et cette hypoilièse, dont il n'apercevait point sacs doule le vice radical 9 venait à son secours pou» le dispenser d'assigner une cause am mouveoieni ; (( car y oe qui a été de tom temps , disait-il y. n^H pas besoin d'avoir eu une cause (2) y i> coorclusion aussi peu légitime que sa base était peiJi solide. 11 assigna aussi à ses atomf^s une pesao.teur inégale , eu vertu de laqueUe ks uas s'élèvent , tandis que les autres tendent à descendre (3).
Démoci'ite avait aussi embrassé la mwale dans sa philosophie , et il est curieux d'ehser^ ver sous quel aspect cette science avait pu s'offrir à lai y d'après les doctrines générales qii?ll avait adoptées,, et quelle influence celles-ci est
(1) CîcëroD y i^i<f» — Origene y PhU,y cap. i3.
(2) Aristote y Pfy'sie. , YIII , i , a.
(3) Arislole y De gêner, et corrup, , 1 1 9* — Plutarqucy dansEusebe, De Prœpar, Evmt§,^ XIV, i4-
(^7) pu exerce sur les idées qu'il s'éUit formées des devoirs et de la destinée de rhomme. Parmi les maiimes éparses que Slobée et Diogène Laerce nous oat oonservées de la morale de Démocrile^ on en chercberait en vain qui as^sîgnent aux hommes un but moral, ou qui prêtent à leurs actions un motif désintéressé ^ qui accordent rien au sentiment ou à la symptliie. <c La fin de l'homme , le souverain bien consiste dans la tranquillité de Tâmew La morale consiste donc à éviter tout ce qui pour-raît altérer cet éHit de calme, de repos , de bien être. Ce n'est pas qu'il doive s'abandonner à la volupté sensuelle ; car il convient de prendre soin de l'âme plus que du corps; la perfectîoo de celle-là peut remédier aux maux de celoi-d , et la force corporelle ne supplée point à la raison; il ne faut point d'ailleurs placer sa félicité dans les choses périssables. Cest dans la modéraùon ^ dans le soin d'éviter les excès , et de ne rien entreprendre au<dessus de nos forces^ dans l'art de jouir du présent et de ne pcMnt nous inquiéter de ce qui est éloigné 9 que consiste la sagesse. Du reste, c'est moins à la nature qu'à l'exercice, qu'il appar* tient de rendre les hommes bons ; aussi les lois ont' elles Ad lui imposer des gènes; car, il
(28) serait par lui-niéme trop souvent porté à nuire aux autres (D). ir
Parmi les disciples de Démocrite^ on compte Mëtrodore de Cbîos dont Gcëron &it un sceptique absolu. Au commencement de son livre sur la nature, Mëtrodore de Chios s'exprime ainsi, dit l'orateur romain (i) : ce Je nie que J>. nous sachions si nous savons quelque chose }D ou si nous ne savons rien; que nous sachions jk même ce que c'est que savoil* ou ne savoir D pas , s'il y a quelque chose ^ ou si nous ne l> savons rien. y> Ce témoignage semble trèspositif; cependant on remarque que Gcéron y dans le même passage y attribue une opinion semblable à Démocrite; et l'on sait d'ailleurs que Métrodore avait adopté la doctrine de celui-ci 9 et particulièrement sa doctrine sur les atomes (a).
Quelque opposées que soient les deux directions suivies par les deux écoles d'Elée^ elles avaient l'une et l'autre cela de commun que leur attention s'était essentiellement dirigée sur la variété et la mobilité que présentent les phénomènes de l'univers. Mais les Eléatiqucs
(i) Acad. quasi. , lY, § 23.
(a) Simplicius, InPhjrsic, — Aristote,!, 7.
(29) méiaphysîcîeiis, n'admettant, pour point de dépQirty que des axiomes métaphysiques, en suivmot les déductions avec rigueur, avaient tié contraintsyde refuser toute réalité à ces phé- Doméoes » d'en nier même b possibilité. Les Eiéatiques physiciens, choqués de cette consé- 4ueoce, avaient pris au contraire comme un iàity comme une donnée^ cette mobilité et cette variété elle-même , et de la sorte avaient été conduits à repqrter les deux conditions dans les élémens primitifs des choses. Du reste, ni Fane ni l'autre école ne soupçonna la vraie et Intime méthode de Texpérience comparée. La première eut certainement l'avantage d'être plus conséquente à elle-même, de suivre une lo^^qne plus- sévère, et par cela même elle' mit nûeox en éridence , par l'absurdité du ré* stiltat, le vice de son procédé. Xa seconde ne rcooorut qu'aux hypothèses, mais elle eut le mérite de saisir une distinction importante et sérieuse entre les divers ordres de perceptiaos , quoiqu'elle eût aussi en même temps le tort d*en abuser. La première s'égara dans TidéaUsnie , la seconde tomba dans le matériaiisoie. Si la seconde mérite , à quelques égards , le litre qui lui fui donné , ce ne fut certes pas 3 raison des recherches qu'elle exécuta, mais «^
mîson de celles auxquelles elle donna occasion.
L'azîome , Lie même ne peut Aire connu que par le même , l'hypothèse des images émanées des objets, étaient desdnéi à exercer en-' Gore une grande influence; c'était la première éhauchci le premier essai d'une théorie de la connaissance,
Déjàk domaine de la scienoeavait été, sinon TÎsité, du moins parcouru en bien des sens; l'esprit humain en avait n^arqué ça et là quelques points éminens ; il en avait même rencontré les limites , [Jutôt , il est vrai , pour les franchir que pour les déterminer. Les plus grands problèmes avaient été posés; des tentatives hardies avaient été faites pour les trancher, plus encore que pour les résoudre.
Déjà l'esprit humain avait commencé à s'interroger lui-même ; mais plutôt , il est vrai , pour jusdfier les prétentions qu'il avait formées, que pour en scruter la légitimité ; il avait commencé à examiner les opérations des sens , insirumeus duiinés par la nature , à se donner quelques méthodes, instrumens de la raison.
Déjà une première division des ' sciences avait été opérée, sinon dans le sein de la même école, du moins par le partage des écoles.
h'écoU das Elâiii<|ues ancieas forme un ooalraste frappam avec celle d'Ionie ; cette des Eiéstiques réceos s'en ra(>proche davantage; ces deux dernières avaient pu d'ailleurs con*iLittfe récipraquefxient leurs doctrines respectives. Tamefois les Elëaâqœs physiciens se distinguât des Ioniens sous trois rapports essentiels. L«3 premiers, classant les pliënomcMS eo deux gr9odes divisions , cherchaient a esfJii|Qer Tune, d'elles par un seul ordre de lois , ceUas x)e h mécanique 9 qui se rattachent phif Acilement aux spéculations rationnelles ; les j^ecoad» 1 prenant dans son entier la masse des phénomènes 9 cherchaient à les expliquer u»us à la fois par des lois communes qui appartiennent davantage aux données de l'expérience. Les Ioniens rapportaient la notion des causes à finieUigence ; ils voyaient en elles le prin«cipe da mouvement , de la force , comme la source de l'ordre. Les Eléatiques physiciens n'adnnetuient aucune action des causes intelligentes dans les phénomènes de Puni vers, n'admettaient même aucune idée de causes propremaat dite. Enfin, les Ioniens prétendaient découvrir ce que les choses sont en elles-niémes , ce qu'elles ont été , comment elles ont commencé y changé ; les Eléatiques
physiciens essayaient de découvrir pourquoi elles nous paraissent telles qu'elles se montrent, comment leur réalité difiere de leur apparence.
L'école d'Ionie , plus prudente y souleva de moins grandes questions ; les Eléatiques y plus ambitieux , forent aussi plus téméraires.
Anaxagoras fut l'honneur de l'école dlonie^ Hippocrate celui de l'école d'Elée; mais Hîppocrate s'isole presqu'entiérement de son école.
Les anciens Eléatiques se rapprochaient davantage de Py thagore ; mais, ils n'empruntaient guère à celui-ci que le dessein d'expliquer la nature par les spéculations purement rationnelles , et se renfermant dans les notions de la plus absolue généralité , ils négligeaient ou dédaignaient les solutions fécondes que pouvait donner l'application des sciences mathématiques à nue portion des sciences physiques; ainsi s'évanouirent dans leurs mains les résultats qu^on eût pu* attendre d'un ordre de recherches qui mettait sur la voie des découvertes.
Condorcet a fort ingénieusement remarqué qu'il ya, entre les systèmes de Pythagore et ceux des Eléatiques ^physiciens, un rapport analogue à celui qu'ont ofiert dans les temps modernes ceux de Newton et de Descartes.
n Démocrite , dit-il , regardait tous les phénon mènes de Tunivers comme le résultat des B combinaisons et du mouvement de corps B simples, d'une figure dëterminée et immuan Ue, ayant reçu une impulsion première V d'où résulte ime quantité d'action qui se B modifie dans chaque atome , mais qui , dans B la masse entière , se conserve toujours la B même, b
c Pythagore annonçait que l'imivers était B gouverné par une harmonie dont les pro- B priétÀ des nombres devaient dévoiler les B principes ; c'est-à-dire, que tous les phéno- B mènes étaient soumis à. des lois générales B eicalcQlées.
B On reconnaît aisément, dans ces deux 9 idées, et les systèmes hardis de Descartes, B et la philosophie de Newton (i).
(1) Omdorcet , Tableau des progrès de VesprU , pages 75 , 76.
NOTES
DU SEPTIÈME CHÀPITBt.
(A) Sextas nous a conseiré quelques. vers épars du poème d'Eoipëdocle. Voici ceux oii le poète traite du témoignage des sens:
« Dieux ! Ecartez de mes vers ces folles erreurs , « faites couler d'une bouche sainte , la pure fontaine de N la vérité ! O Muse , 6 Vierge célèbre , aux bras » éclatans de blancheur , qui te ptais k exaucer les » mortels , je te supplie j conduis rapidement mon » char au sommet de la sagesse ! -* dédaigne les vaine» • palmes que décernent les mortels ...! Considère avec » une persévérance attentive tout ce qui s'offre de » clair autour de toi ! n'accorde pas plus de confiance B à la vue qu*à l'ouïe, qu*à la parole, qu'à tout ce n qui arrive du dehors à l'intelligence ; repousse Te » témoignage des organes de tes sens ; n'accorde de » foi qu'à l'évidence • (*).
Ce texte doit être rapproché des autres passages cités par Aristote et par Sextus , et dans lesquels le
poète éublît que le même ne peut être connu que par femême:
• Noas apercevons les quatre élemens par nn élé* » ment semblable , la terre par la ferre, Teau par l'eau , » Tair diiîn par l'air, le feu destructeur par le feu , la
• discorde par la discorde , ramitié par Ta initié. » ( 5extoi rEmpirique, Aduer. Math, j §3o3, VII , $120. Aristote , De Anima ^ I , 2.
— Empédocle ici se réfère à son sjstëine qui %daiet six principes des chojes :
« Les principes des cboses sont le feu , Teau , la » terre , l'air, el la discorde furieuse qui maintient « réquilihre, et l'amitié qui est répandue de tontes
■ parts. » (Sextils l'Empirique, Ad\f* Malh,^ IX, § i6. On accuse Empédocle de l'orgueil le plus ridicule |
parce qu'il s'était lui-même comparé à un Dieu : a Je
• suis an dieu , dit*ildans les vers conservés pbrScxtus ;
• )e ne suis point sujet à la mort , je suis supérieur
■ aux cboses bumàines ». (Sext us l'Empirique , Adv, Ma/JLfl, § 3o3., mais, nous pensons qu'on s'est mépris sur lesens de ces paroles. Empédocle fait en cela alluxîos à la communication qui s'établit par la méditatioA entre l'âme et la divinité, lorsque l'âme est dégagée do vice et des cboses terrestres , et c'est ainsi que Sextus Ini-même explique ses paroles. {Ibid.> , et Adv. Math.,