‹ Histoire comparée des systèmes de philosophieChapitre 16 sur 38 · II- ï · texte numérisé non relu

II- ï

l ktttorâife; la première n'est à ses yeux que l\ seconde appKqaée à la société humaine. Tel e> Tesprit entier de son traité de la République bù h morale individuelle et le» institutions sociale» sont nôn-senlement rapprochées, mai> tdiement unies , qu'on. se méprçnd souvent ef 'appliquant à ceUes-<i ce qu'il nVntend dirt que de celles-là. La morale , en un môt^ es répandue 9 coipmeun parfum exquis, danstoutt l\îtmosphère des notions que Platon a embrassées; on la respire incessamment alors même qu'on croît étudier seulement les principesqul! impose aux sciences, ou les règles qu'il donnr lux arts.

' PImou B*a consacré a la logique auoon traite partioKilier» Les règles qu^ institue pour l'ari de raiaOD&er sont dispersées dam ses divers «orits. Déjà on « pu les pressentir ; elles dérivent en partie de sa psychologie.

^ Sans l'union des idées , il n'y a m hnigage . ni jugement^ ni science. Mais, quelles sont lo idées qui peuvent être unies entre elles , t^le: qui n'eu sont pas susceptibles? La <yal6ciH|u«: ar pour id>jet d'en bire lechoix ; elle preacrk le> r<%les de Cette association. La dialectique n'est qu'une partie subordonnée de la philosophie

( 4fi9 ) eiie D'ctstqueriogtiiunent qui lui donoala fiorme

Bcieaiifique^ fSU peut élre appelée la méthode de phijoappb^. La dialeçtiqiie repose sur l'idn senralion de V identité ou de la diversité qui se trouvent entre J§s idées ; car^ juger^ c'est unir a na objet la aoûon qiû lui couvienu u PlaUHi avait fort bien distingué ks deux méthodes syntb^qus et analytique ; il, avait mém^ > soivani le témoigoage d'Arlstote, écrit sur ce sujet on traité qui qe noiis est pas parvenir* Dana Je PhiJèbe(l), il indique la première^ coDune une voie qu'il préfi^re, comme la Tme la plus belle ^ celle qui a conduit aux dé«couvertM^ jnali «en même temps comme tros^* difiicîle; « o'eat un présentfa^taqx hommes par p les Dieux ) •c'tetiiine route que Prométhée Imr A mâoie» montrée éolairée d'un flambeau éclaa tant* D La première eat aosisi» sans doute^ celle ^*il eosployait dajas renseignemeat secret. Dan# ses écrits, il fiiit ordinairement usage de l'autre i et il Te portée k un rare degré de perfectiosi. * B La raisop s'exerce de deux manières : ou en pavtant de principes généraux pour animer, i laîded^ pereeptionAi à des applicaôooa prochainesi ou bien en remontant de ces mêmes

;ij Tome IV, p. 319.

( nfio )

|»iÎQ0Îpe9 pour arriver, sans le concours des pcreeptions, à un principe premier qui lierensem- 'Me des connaissances, et leur donne un caractère fixeetimmuablejcettédemièreméthode conduit seule à la science parfaite, parce que seule elle complète le système des connaissances^ en le ramenant h l'unité du premier principe. » ' Dans toutes' les parties dé la doctrine de Platon oh retrouve le contraste fondamental : il se reproduit entre la Divinité et h matière ^ •entre la réalité et l'apparence^ entre les biens divins et les biens humains , entré la science et ^opinion , entre la raison et l'expérience, entre la synthèse et l'analyse; ilTapplique-méme aux ^différens arts, et c'est ainsi qu'il dislingue pai axemple deux sortes d'aritbmétiqtM.

a On peut conclure du général an particulier; et non du particulier au gé»éral. Lea idées 4êuleê pétxveni donc servir de principes, onde (M'éinisses au raisonnement, v

- n La définition doit être' dairé et précise ; elle ne doit poirit renfermer de mots à ctooLle sens, ni rpulefr dans un ce^re .vicieux . n Aussi fânt-il voir quel soin scrupuleux 'Platoii afiporte à la définition de touâ les termes.

<c I a perfection de lart déraisonner consÎM*^ à décomposer une notion entons sjrs caractères ,

jchcroberi tontes les combinaisons dans les- «{uelteselle se reproduit , àdistribuer esactemeot toutes les notions placées aa-dessijs ou audessous d'elle, à développer toutes les consé- «jueuces qui naissent de la supposâjon ou de la ooD supposition de la pensée quon analyse. >•

« Lorsqu'on a des objets variés et épars, on* ne doit point les abandonner jusqu'à oe qu'on ^ ait renfermés sous une notion commune , à >di(le des comparaisons. D

tt Nos erretirs proviennent de difiPërentes Cluses : la principale est dans le vague et l'obumritédes notions , et sur lotit des idées. Il c«it oécessaire, pour bien établir une preuve légi- Ufne y d'avoir une nolion claire de l'objet , pour ('(couvrir si ce qu'on en affirme y est déjà renfermé. Lorsqu'on emploie une vue géné- 'u]ue» il faut cherchet* avec soin toutes les iioaoces qui distinguent entre eux les objets (ompris sous cette classe; lorsqu'on va du particolier au général , ou du général au parti- ^ulier, il faut bien prendre garde de ne pas ^niQchir les notions intermédiaires ; car' ou wurrait alors oe pas saisir eiactenient tous les ^^nctères généraux ou distinctifs ; et de cet oubli >oot né^ ane foule d'erreurs, de inéprises et d» ^'phismes. D'autres erreurs naissent encore de

G6 <|u'on GonfoiMl les nouons abstraites avec les simples perceptions sensibles^ Enfin , les sens mettent sonrent obstacle j par la Tiracité de leurs impressions 9 aux efforts de la raison; ils nous trompent en diverses manières; mais la faute en est proprement à l'entendement qui précipite trop ses jugemens. Cependant la Te- ^të des jugemens dépend aussi de la fidélité avec laquelle les sens livrent â l'âme les élément de ses pensées, (i) » .

« La vraisemblance ne se fonde pas snr la vue de l'objet , mais sur la simple analogie, p

oc La proposition est un jugement exprimé par des paroles. »

a Une opinion 8*est établie depuis qudqne temps ^ qui fait reposer snr le langage seal tout le système de nos connaissances ; oette opinion est fausse; le langage n'est pour la pensée qu'une

(i) Tome II, Sophiste f rjS, 296 --Y(I, De la République y fil ^ ia3, i63, 288» ^^^. — Thémtctc ^ 109 , a5i , i63. — II , Politique , 63. — IV, Philèbc , 21 1 , a64 9 319. — I , Euthyphron , 26. — V , Bypparque , a65. — Xl , Définition , Sgô. — IV , Menon^ 338 , 386. — Gor^iaSy 93. — II « Phœdon , 209 , 236. *— IH, Cmry/tt, 287, 244» — Protagôrms ^ 181. — IX, Timé€y 33i , 336, elc.

M>rte d^iostrainent ; touteibis U éxorco. wr dk ane puissante influonce. La nature ^ Tnaalogie et rarbitraire, ont coaçouru o la SormaUon du UogagQ malheureusemeut^ U n'a pas eu toujours l'our auteurs des. esprits justes, et plusieurs •ientre eux , en créant des mots , y ont mêle de fdusses opinions qui se sont ensuite transmises ttns qu'on j prit garde* C'est au penseur qu'il appartient , en employaoit les ternies , de dé*terminer exactement leur signification. U est des systèmes qui présentent une liaison exacte dans les conséquences ^ mais dont l'erreur foD'*dameotale réside dans un abus de mots qu'oa oe peut facilement découvrir. Si donc il faut en raisonnant développer et définir les idées , il n'est pas moins néoeasaire de déterminer le sens des mots^de distinguer surtout exactement cenx qui offrent une signification analogue; car il n*y a pas de vrais synonymes (l). 9

On voit que Plaion est bien éloigné de circonscrire le terriu>'u*e des connaissances hu-

(i) TooM XI, Lettres j i3i, i3a.^II|ifopAtfl»i }56, TiQi . -- Théœtèie p iSg, etc. — III, Crawle ^ i3o, «te. -VI , Poliiùitêe, i3.-^UI, Suihydàme, 17, etc.

(2iS4 )

mdînes dans tes étrohes limites que Socrate »vah paru lui assigner. 11 rend en particulier aax^Gciences maïkéma tiques et à Fastronomie le. rang qui lei;ir appartient; il en'reconnnaode } étude, dans les livres de la République; il «ipôiie l'utilité de leurs applications; il remarque même comb^H elles concourent à fbraier les Êicultës de l'esprit ; cependant il les apprécie plus encore comme un moyen qui conduit a Vétùde-de V essence y pour nous servir de ses ^ expressions ^ que comme conduisant à la connaissance des phénomènes naturels (i). H a cependant tenté aussi quelques excursions dans la fihjsîque; mais toujours dans le même esprit. .<& Ce qui constitue les corps, c'est Pétendue à trois dioMosions , d'où résultent la figure et Fimpëjnétrabilité» Les quatre élémens ne sont euxcernes que des composés. Il faut distinguer, dans les corps,, la matière et la* forme^ la maticn inerte, passive, dépourvue de qualité; l^Jbrmr (jui seule imprime à la première ses propricte% qubhcônques , et qui lui est donnée par Touvriei suprême (2). » Platon a déterminé la notion di.

, V»60. Borne VII, p. i5i et suif.

..sfei) Tûmt lY y PhOebe^ a33 , a45. - IX , Dts lois 81,225, 229.- rim^e,3o7,348, 361,371, etc

tempe ^rec uueexactitudeinconnue avant lui ;et toutefois, il manque de précision lorsqu'il emploie celle du mouvement. Sa cosmologie esl fort imparfaite. En général , il n'est pas heureux quand il descend des régions de la théorie et veut opérer sur le terrain des applications. On sait que les lois dont il fit présent à plusieurs états de la Grèce, on ne furent point adoptées, ou ne purent soutenir l'épreuve de Texécution. U était loin cependant de méconnaître le mérite de Tallbnce de la théorie et delà pratique; . il la recommandait au coniiniire , et c'est ce qu'il entend par ce mélange du fini et de Vlnfini auquel il revient si souv/cut.

Piatoo avance la division des sciences en conservant le lien qui les unit entre elles. Il insdltie la philosophie comme une sâence qui assigne aux autres leur rang, leur but, qui leur Iburnit les premiers principes , savoir :' f absolu y t universel , les essences des choses ^ ^t qui règle le monde réel par le monde des in-t^lligibles. Nulle part il ne donne à ses vues la forme systématique; mais leur sympathie ressort au milieu de ce désordre apparent ; c'est une vaste et immense harmonie qui resonne de tontes paris et repose sur les mêmes ac-

cords î elle a pour centre et pour r^;ulâleur cet idéal qu'il semble avoir empranté aux arts d'imagination, et impose , comme sa loi suprême , à la plus abstraite des sdenoea , cet idéal qui défiait Platou tout entier , et qu'il a livré à ses successeurs comme une sorte de flambeau dérobé aux riions célca-

C'est par là qu'il a exercé une influence si puissante et si variée sur la marche de l'esprit .humain; cette influence se répand comme un fleuve majestueux au travers des âges suivaos/ elle captive le christianisme dès sa naissance , nous allions presque dire j le subjugue au moment de son triomphe; ou plutôt , elle est aspirée par lui, elle en est réelamée comme une sorte de notion .anticipée; si elle s'en sépare, c'est pour lutter encore avec lui. Pendant plusieurs siècles^ les travaux des philosophes onl pour but ou le développement ou la critique de sa doctrine, et l'hisloire de l'esprit humain semble en être le long et vaste commentaire. On a beaucoup dit que la première Académie d'une part , la seconde et la troisième Académie de l'autre, se sont éloignées de l'enseigpemeni de leur fondateur, et on a peine à reconnattro en effet comme issues d'un auteur commua des

( ^«7 ) école» qm^ à plusieurs çgards» ofiVeot dans leurs opioioQS un contraste auaaî frappant. Ma», ces divenes écoles ont été peut-être moins infidèles aux traditions qu'elles avaient reçues> qu'elles ne nous le paraissent aujourd'hui. La première, qui avait recueilli l'enseignement oral) se sera attachée principaleraent à la doc- Irine secrète, et aura donné par là naissance au nouveau Platonisme et à sa doctrine mystique. Les deux dernières auront eu pour guide la doctrine publique qui se trouvait consignée (iins ses écrits , et dont il avait composé le domaine de k science humaine. On reconnaît cotre les écoles le même contraste fondamental qneoous avons remarqué dans sa doctrine. Du «iooble principe auront germé ces deux grandes i^nmclies de systèmes. L'une exploit^ l'héritage <ies hautes théories j l'autre s'empara des armes l^e Platon avait dirigées contre cette raisoa 'iTrée à elle-même ^ qu'il a réduite à la simple ^aioQ. De là le dogmatisme toujours crois* m de l'une , U semi-septicisme toujours plus i^rvé des deux autres; la divergence sera de^ venue de jour eu jour plus sensible, comme le développement de Fexsgération de chacnn»

'^'clies , dès l'instant où la séparation aura eu lien.

Si les deux Niémen» essentiels dont se oom*posait )a philosophie de Platon^ ont dâ, en se développant séparément, produire des efieu divers dans diverses écoles, la {>art qu'il avait accordée à l'enthousiasme moral dans Pensemble même de cette philosophie y qui en constituait la vie , si Ton peut dire ainsi , a dû rendre aussi l'influence pratique qu'elle a exercée y aussi mobile que l'est de sa nature le principe qui l'animait. Cet enthousbsme^ renfermé dans de justes limites, a dû seconder le génie de rinveoûon ; en se refroidissant , en a'éiei* gnant , il a dû laisser sans force et sans appui une doctrine que son auteur avait trop négligé d'asseoir sur une logique rigoureuse; abandonné à lui-même, il a dû franchîrtoutesles bornes, s'égarer dans d'oiseuses spéculations , dans des rêveries mystiques. La pliilosophiede Platon a dû subir ainsi toutes les vicissitudes que les temps, les mœurs, les dispositions particulières font éprouver â cette énergie spontanée de l'àrae et de l'imagination. De plus, la philosophie de Platon , à raison de ce caractère vague et indéfini qui lui est propre , s'est prêtée plus que toute autre au syncrétisme, et a reçu sans résistance, dans son sein les mélanges les plus contraires; elle manquait de ces formes fixes et

liëtarmûiées ^ de c«s limites positivée, qui seules eussent pu la préserver des altérations.

Nous n'avons aucun des nombreux écrits que Diogène Laërce attribue à Speusippe ; cet kisto* rien nous atteste seulement qu'il conserva les^ maximes de Platon; puis il ajouté, d'après les comnientaires de Diodore, que le preœiei* îl découvrit le lien commun des diverses' sciences, et les coordonna entre elles , autant qu'il Itn fut possible (i). Speusippe admit deux critériunis de la vérité, suivant Sexttis l'Elmpiriqne (a) ; qui correspondent, l'un aux choses sensibles , l'autne à celles qui sont du domaine de la science» a Celles-ci sont jugées par la raison seule, celles-Ili par les sens que Part a formés; carj l'art peut', en réglant les sens, les introduire à ia vérité et le» mettre en rapport avec la raison ; 7> c'est ce qu'il explique par l'exemple de l'éducation que reçoit la main du musicien pour l'exercer à toucher un instrument.

Déjà on avait remarqué que le .langage de Speusipiie se rapprochait de celui de Py thagore.

(i)rV,S3et7.

(a) Jdi^. maih. , YII, i45, 146.

( ^lo )

et cette remarque devint plcm sensible encore dans Xénocrate. Ce dernier reproduisit k monade^ la dyade y et la terminologie empruntée au système des nombres. Aùi deui eritériums de Spensippe, il en ajouta un troisième qu'il appela éomposé on opinable. Les sens jugent ce qui est au-dessous du ciel; la raison^ ce qui est au-^lelà du ciel^ ou V essence ^ le troisième arbitre prononce sur le ciel lui-même; les jugemens du second ordre ont seuls la vérité et la certitude entière ; ceux du preniier scHit vrais encore, mais non au même degré; les 'troisièmes composent l'opinion , sont mélangés de Ttai et <le &ux (i).

Polémon , Cratès ^ Crantor^ qui , avecles deux précédens , sont rangés dans la première Aca* demie , confirmèrent leurs leçons par une vîc qui leur mérita la vénération de leurÀ contemporains. Les deux premiers , étroitement unis pendant leur vie , furent ensevelis dans le même tombeau ; et, dans rinseription qu'Antagoras avaitcom|K>sée, il les appelle a des hommes célèbres p^r leur amitié, dont la voix divine faisait entendre des discours sacrés^ et dout la vie

(I) Sextus TEmp^, ibi4., ilfi^ 149.

( S7» ) pore et sage était romement de leur aîéde. 9 Polëmon s'élevait contre les abus de la dialectique ; il recommandait d'abandonner cet art fiÎToIe qui ne s'exerce que sur des questions mbatieuses^ pour s'attacher à la réalité des choses (i).

Nous devons attendre , pour arriver à la s^ oonde et a la troisième Académies , que nous ayons exposé les systèmes d'Aristote^ d'Épi- Cure y de Pyrrhon et de Zenon ^ qui se placent sous divers points de vue en regard de la doctrine instituée par Platon , qui sont nécessaires pour expliquer le caractère des nouvelles Aca«« démies , et les causes qui la firent dériver de la route smvie par la première.

(i) Diogtat LwM^ liv. lY , S 36, 45, 48.

MM

NOTES

DU 0^Z1ÉME CHAPITRE.

(A) On est ^urpris de t oir , non-seulement qot Uot ie gens parlent de Platon et de sa philosophie , sans avoir abordé le problème dîffidie de sa doctrine secrète, sans avoir remarque que cette solution est indispensable pour connaître ie% vraies opinions ; mais , t^né la plttj^art des historiens eux-niemes de la pliîlotophie ne se. sont point 'Occupés de cette sohxtiott, et nbtt^ ont exposé, la pb^^sopbie d^ P]atoji)d*apf es ses senls écrits , oubliant qu'il avait annoncé lui-même , n^avait rien écrit snr ses vrais sentimens. Il faut cependant excepter le professeur Tennemann , qui , soit

dans son système' de la p^ilçsophie'Platonicievmev^^^ dans son histoire de la philosophie ( tome It, pag. 200 et 222} , a compris toute l'importance de cette question et a mis tous ses spins â l'éclairer ; il arrive au mémo résultat que nous présentons ici , mais par une voie différente de celle que' nom 'avons suivie ; et la conformité des conclusions obtenues par lui avec celles auxquelles nous nous trouvons conduits y prête unenoovello force k la solution que nous cherchons à déduire de la corrélation que devaient avoir entre elles la doclrine publique et la doctrine secrète de Platon , corrélattoa

fie ce iavant admet sent prëteadre le AémmnÈwn» II se Coude esientiellement sur Je dialogoe du Phmdre^ sur quelques passages d'Aristote, et sar deux passagéa de Platon méjpse , que nous avons indiqués ; dans l^in , tiré du premier Alcibiade , après ayotr élevé la qnes<4 lion : fMVjZ-ee que thommO et y avoir répondit ^ne rime constitue proprement Thomme j Platon ijoQte : « Cette vérité ne peut être parfaitement saisie

• qu'en la considérant dans so)i exemplaire , dans sa

• source , dans Tessence divine elle<-*méme : » pnia il ajoute que « ce n'est pas le moment de s'élever à cette » rechercbe. » Dans l'autre, tiré du quatrième livre de b République, Platon examine si la justice politique e^t de même nature que la justice individuelle et privée,: et à cette occasion il demande s*il y a dans l'âme troii ordres de facultés , con^me il y a trois pouvoirs <isiis l*État ; puis il ajoute : « Nous ne le comprendrona

• jsmais par des discours tels que ceux dont noua " Qioos dans cette discussion ; il y a une autre

• Toie qui y conduit , voie pins longue et plus âi&-

• die, etc. » On reo^arque un parfait accord entre l'es deux passages et ceux que nous citons ici et plus ioa , page a48 ; il convient de lire , surtout en entier, '^ texte du t*r passage. L'abbé Sallier , dans son io^* tcmsant mémoire sur l'usage que Platon a fait des U>1es , fait observer que Platon , dans ses dialogues , n approfondit jamais les plus hautes questions de la métapfaysiqne ; cette observation n'e&t-elle pas dd le conduire k supposer qu'elles appartenaient i la doc- 'fine secrète de ce philosophe, surtout s'il edt mnsrqoé que parmi des questions qu'il indique >

ir. 18

tt tM»ttyin!iii<É>i1 cvUM^'Arittôto MiuMaToir

0ft cmmfwmii ^p» nmii' mHHm imft k émmn de a«cnit> idduclidii èe 1« dôdriii^ ém n^wftâiox Vbawdemp^ ce ferait , d'^eprëf ism idAir « Mpj^oier la fMit!bu« ttftMpA^ffît, e« effet, atoir d^ferminé avant fMMeqaelfOfafeaaPlatOfthDatepêtitayeirde conunaa aladocfiriae vecittede Plafion lUMBéme. Les moder* i^qain^lMateatfoiisresyeiir queféi ëerityde Flaton, wtii ^enératemeiiV poiles h coiiiidefer lei noiiTeaax Hatflwicîwi» ciMWie l'ëaiaV fort dMgtiét* de l'easei-* feioatd» IbadaMiiP da PAcadéttie, et Von ne peut «ealeiter ^jaTHi^T'cmt'diviiioiiia afuméBeaooaop d'en!- ]»natt finl^ on systiMoe de Pythagercr et aox traditions a^filîyiii'èe rAafet C'eal teulentcwt api4s^ amir bien JuauMM a#^ ceasiitae eHentielleiiiettt ladaotrine êÊmêrUfU9 à& y lâfoii , qn'oir peot Ari>lir le lien da aaiMnganiiië q|û lui fatCMllerëcoTed^AlaaanMe. La iaiMiode> ^e «eas prepocont ici poona aépa«dlRe na anMietav )oae iw «eft» maCftte.

« (B|r6ar^a, Ahu ta disaertatMi intitnlA» Legemdorum ptnkKopimnurp iteiêmim prmcepta nanmUla tn^suB^pUF^ # Art bieftiiaHMitré comment il Aat en-* laadae cette oondâtioiiv et qu^il aa faot pat prendre alla )ettralc»efcpi«Mion»da Platon qui aemblent snppMBT nae' aorte de tenae moyen rUL entre Tobjet paiyu et IlrMiîal^ipK perpoit z ila eapKqaé avec la aaème sagacité les idëet de Platon fur le caractèrp^ tefelpf 'dip perceptions sensibles , too)OQrs susceptible*

4'iiijfli«i»èliMt , êé àiimàiAîHn , e\ luKitâélfès éK b« petit acéATdti-' l'àttribiit ik érànâétii-, ^é pëtit^sl , 6« Mtm lembliblM ^ qàe pïr lé réintfit a*Uiiè èômpâttisoà, et le càraètëre dé ai ïb'solii, immuable, qm M te ^u'il eit pit M-Saèmé, et dbqdél on ^éii{ bo- )oan affirmée et taiéi- là tiiêifaé bliose. (Mélangèi de FiUdwrti, tonié Ht, S^cillfiëf, page* 167 étftaiV.)

(C) Voir les refs io'o et 1I7 àeà Oracles attribués

I Zoroastre s

« De rentendement da Père, s'ëlancént comme ûrî

trait ces idées qo'ii à connues dans ses desseins ,

étemels , et qài sont la fo'riiië de toutes choses ;

elles découlent d'une Source unique ; car , dans le

Père résident le dessein et là fin ; elles se dî-

ttsent en d'autres intelligibles. Car, le Roi suprême s'est proposé nn type intellectuel et incorruptible aii monde varié, lui imprimant sa forme ; et le monde esê tpptra répéta ttUléè^ dé tout génfé éiAànéès d'tinè même sonéce... he$ idées iritelirgibles , les langes f coDçaes par le Pere^ conipôHént èltes-ménles ,'iiifmées par d'ineffables desseins , et intelligentes. » Hîcomaque ( In Arithmet.) attribue à Pythagore la

ètSiSttoû imvante des iJéès : « Les réalifeli vérita-

• UeiàefaC éxîstautei , qui iont' toujours parfaites,

• semBIablès k elles - mêmes' et suivant le m^mé

• mode , et qui ne stibisséut pas un instant le plus le'ger » c&ingemeAt. ElFei sont pures de toute matière ;

• thiê , M reste iei cboiès y participe , en reçoté » fempreinte, et célTéiki sont appelées improprement ■ uuBuiafif* »

rD) £a exposant la doctrine des philosi^bes aniéneury à Platon , dont les écrits ne nous sont point panrenus , nous nous sommes attaché à réunir et à rapporter teituellement lea paroles que les historiens ont mises dans leur bouche , et à disenter les passages de ces historiens qui expriment lenrs opinions. Ici , ayant les écrits de Platon sons les yeux , noua nous sommes borné à en indiquer, à en rapprocher les textes les plus essentiels, et nous avons négligé d*y joindre les citations des historiens qui ne feraient que les confirmer.

On trouve cependant, dans Sextus rEmpiriqae en particulier , un grand nombre de passages relatifs à la théorie des idées de Platon ; et leur conformité avec les lumières que nous tirons des écrits de Platon lui-même prouve la confiance que mérite l'exactitude de cet historien , dans les témoignages qui ne peuvent subir l'épreuve des mêmes comparaisons : Pyrrkon. Ifypot.^ III, S'^* — Adv* math» I, § aS, 3oi. —

IV, S lo à 14.— VII, S 93, 143, 144.— Vin,

§ 6 , 7 , 56 à 6a. — IX , 364 » ^^'^' ^^^*

(E) La fin du Philëbe mérite aussi de fixer Pattention ; on y reconnaît d'nne manière sensible ce caractère propre aux dialogues de Platon d'être tous une introduction à un second ordre de vérités qu'il laisae seulement entrevoir ; on y reconnaît aussi la natare toujours constante qu'il assigne à cet ordre sapërieor de vérités en se bornant à l'indiquer.

« Il me parait que ce discours est déformais achevé.

• Noos voilà iiMlin tenant parvenus aux veUibule, è > l'entrée du bien suprême

> Ce premier bien est la mesure , la convenance , » et renferme toutes les autres qualités semblables

• qu'on doit considérer comme le partage de la nature

• éternelle. ...»

Dans le Philëbe , Platon élève une sorte de pyramide; la base, ou le premier rang, comprend la volupté ; le second , les sciences , les arts , et ce que Platon appelle Us opinions droites; le troisième , l'intelligence et la sagesse ; le quatrième , la proportion, la beauté , la perfection ; le cinquième, la nature divine; è peine a-t-il atteint cette sommité qu'il s'arrête. « Socrate : Vous me laisserez donc partir? — Pro- " tasque : II y a encore une chose à éclaircir , Socrate ;

• aussi -bien vous ne partirez pas avant nous , je vous

• rappellerai ce qui reste à dire: » C'est ainsi qu'il termine ; c'est là qu'il laisse le lecteur ; le reste de Pentretien ne nous est pas communiqué.

Nous pourrions faire des remarques semblables sur {tlosienr» autres dialogues.

(F) Nouvel exemple du soio qu'il faut -apporter 4 n'entendre les philosophes anciens que dans la langue qa'ib s'étaient, donnée. L* infini j suivant Platon, rxfiime ce qui est suaceplible d'augmentation et de dimimlion ; il suit en cela le langage de Técole pjthagoriciaine ; lejini est l'absolu ; le mélange dajini et ée V infini est l'application de la forme à la matière*

Platon n'avait point établi avec netteté l'abstraction

réunie avec sei attri(>9tt.esMQiii|l|.

.(^) Or P?WW^ ÇWWP^ff W? kîbliotfwqpie des *H^w:f W Aftf ««^J^i^^ m Platon. P«Uiici|t9 « c^n^ , parmi les anciens seulement , soixanie-ciqq coiiu|i«n-». tj^çu^-s ^ ç? pbito&opbe , ayai^t Annonius Sacc^^^ vers Tan :(2..Q. Borfioqs-nouf à indiquer ici ceux^qui peuvent ^re çoDs^lt^és ^^vec le plus ^e fruit.

P^rmi les anciens : Applëç, Ufe dagmat. Plaiomù; AJcinouj. , J)e 49.çtjw4 Phlçnis ; Diogëoe lAir ce , Ûljrmpiodorç , Q^sycbius..

V^mi les (noderoçs : Guarini de Yérone ./^«ra Pla^ tonis ; M«rsi}e Ficin , idem ; Mélanchtcm | Ofq4jU> dq viffi Plaioni^ ; Bosch, idem ; Tabbé Flçury , Discours sur Platon ^ dans sQn traité sur le choi:^ et U méthode 4«s études, ; Dacier , f^ie de Platon , ayec Vcofpowiûm ^C/ principaux dogmts 4c sa pbilosapbiç , en tétfi de sa traduction de qqelques dialogues. Sam* Parker : -^/ree und ii^parfiat fç^^ure qf Platonic piilo-^ sophjr, Lond. , i666, in-4*. — He^naçdi , a» tome de son Seminarium toîius philosophiœ , Venise , i Sgg , in-*folio. — Coclenius , Idea philosophiœ Platonicœ^ Al^rbourg, 161a. — Fr. Patriciua , Blaso mys^ tic§^ et exotèricus^ Venise, iSgi , in-foHo.— Kenke, Hisseru de philosoph. mysticd Flatonis , ùnprimis , Behnstatd, 1776.— Weigenmeier, JDifffirr. dephi^ iosQpkid P/atoAÙ , Tubingea , i6a3, i»-4**— Les abbés Frag^ier , Gamier, Sallier et Araaad, dbat les Ménoiresderacademiedes inscnplipiuetbelkalfUraa; Tkammum^Sysième d€ la philosophie ptaiomideine.

Cl alIciBaiid), Leîpiick, 179311 i;95| 4^ûI. itt-Ot.

^Remarks onthtlifc andFFriiing' ^^^fP.4.f3?:i. Lood. f 1760 , 1780, eto.

Snr la théorie des idées ^ en particulier t Scipioa A^IK, Venise, i6i5, in-folîo.-^lâéqaet Thomasiiu» 1 3* lettre. — Sibeth , Rostock, 1 7»© , iii-4*. — Sdml», Wittemberg, ijK^it^i''. — Faehse,Leip8ick, 1795, in«4'*- — Plessingdant Caesar, 3*vol. » 1786^ ia-8*.— SchanU » Lond.» i7g5.*^BarUtedt| Erlangen, i;6i , in-ia.

H. Consixi noua fait eipéreruoe traductioficqiiapl^t^ , da fleuTrcsdaPlaioa ea£r«o(aiS|:précfBdée d-uo»d^ertalîoa ior la pUloiophieé^ Noua déti#oiu vivemMt^pi^ UiamdiUoa jeune et etlimaUe prefeeseur lui^ger- ■eue de noua iûre bientôt jouîÉ d'au travail an^Nl lei cemAutBancéft et set tateos ne piuifen^^ddMwr qa'on grand pria, et nous partageons ce Bidt WHc lou ks amîa des leiues et de là ^bîiosoiAiie: ''

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