‹ Histoire comparée des systèmes de philosophieChapitre 15 sur 38 · II · texte numérisé non relu

II

naissances j la doctrine des Pythagorlâens suc les nombres lui a offert l'exemple de notions abstraites réalisées , transformées en principes et en causes ; il a ensuite cherché ces types primitif dans un plus haut degré de généralisation , leur a donné ainsi une valeur plus universelle } et les a puisés surtout dans les notions morales. C'est ce qui nous parait résulter clai rement de l'opinion qu'il exprime en divers endroits, sur les vérités mathématiques ^ et d degré qu'il leur assigne dans son échelle. Ces aussi 9 en ce qui concerne la doctrine dePyiha gore^ ce qui nous est' expressément confirme par Sextus l'Empirique (i). Nous avons dtj remarqué quTIéraclite avait écriisur les idées ^ Aristote et Sextus s'accordent à dire que 1^ doctrine d'Heraclite a eu une grande influcDCt sur celle de Platon.

Nous avons dit que cette théorie des idé est le seuil du sanctuaire de la doctrine occulta' et c'est sans doute pourquoi elle est géoérale^ ment exposée d'une manière si obscure dan tous les écrits de Platon , obscurité qui a tour mente tous les commentateurs. C'est un nua^ formé à dessein. Essayons de le pénétrer.

(i) xiVv. math,, IV, lo; VII, 93 ; LX, 2t j-

u Les IDÉES sont les exemplaires et tes for^ 9 mes éternelles des choses^ le genre, Tes- ) sence; elles n'ont point été produites, elles

> ne reçoivent rien d'ailleurs; elles existent 0 par elles-mêmes, elles ont une Valeur B propre ; elles consistent dans ce qui est V toujours, dans ce qui est un et le même. 1^ EQes sont affranchies de toute condition de 4 Tespace et de la durée , de toute forme sen- ^ sible; elles seules méritent le nom â^étres^

> EUes sont l'objet présent à la raison de Tauleur de toutes choses; elles composent le monde intelligible ; mais ^ elles He sont point la divinité même'; l'homme aussi est

• admis k la participation de cette limiière ' éternelle et pure. Us sont semblables à des •» ayeogles ceux qui ne peuvent atteindre à

ce type primitif et universel; celui-là seul est Traiment éclairé qui contemple cette nature des choses^ laquelle persévère toujours sem<> ' Uabte à elle même, et contemple tout le reste en elle ; à lui seul appartient le titre de philosophe ^ comme a Dieu seul appar-

• lient celui de sage. Ces idées sont les nouons générales de l'ordre le plus relevé, les plus hautes universalités ; car, la nature est toat entière contenue dans ces geftres princtp^ux.

.tt L'idée est lai clef de cette unité opposée .m )) . KQ^i^tiple > Qu plutôt la. source du multiple, » soqrce qui se découvre au sounnet de toutes le> » échelles doç êtres.. Gir ^ il n'y a qu'une seule » et mêiue idée pour chaque genre; elle en D cpnstitue l'essence ; elle représente toutes le^ » espçqes et to^s. Iqs individus; elle en rcny> feroie tout^ les çondidons; elle leur sert de y> lien, con^niup.

, » L^ IDÉES ne SQnt point déduites ) à la di(R'^ » rerice de ces notions générales dont nous D parlions U)^t à l'heure , et qui se forroci:: )) par la comparaison spccessive des percep- » tiens partii[;ulières ; elles n'ont point la rot ni' » origine^ Rien ne leur correspond dans !< » inonde extérieur et sensible. Il serait dov' » inupossible d'en expliquer la génération < '- » elles n'étaient indépaidantes de rexpérienc , » et par conséquent innées, c'est-àdire, play> cées. dans l'.ç^prit in^médiatement par Die^. »; n^éme , popr servir de principes à nos couï> nai^sapcf^,. Avant de nous être ainsi corn- T> nsuniqucesy. elles résidaient dans l'inicli-ii gçnce diyipp ^ comme autant de formes et <!

A>..niQdfIe^^4'^ï;^ Iç^qpels la divinité a o;- )>. dopué l'iffjÂyçrs. ^ voilà pourquoi tout <i y^ q%l0 n(His .p^|!^6SQo^ ap{) rendre n'est au (v :

i> que réminiscence ^y^ maiime qiic Platon *reprodalt souvent et s'attache siiftotu à démontrer dans le Phnedon , le Ménon , ci te Tiffifée. <( Il Tant qae nous ayons appris dans un. àatt^ » temps les choses dont nous noUs rapj)efc>hs »> dans celte vîe. » Cest encore ce cpie PlîttoH rhcrchc â faire comprendre , lorsqii'H compai^ rime aune tablette qtria clé endwîte de-iîlre Afji*éè avoir reçu Pemprein te de certains caractères î si ^» ouenlèvcceitecire^les caractères reparaisSwttP. D L'înteHîgence suprême remplit, enlï^ \t M raison et le monde mtelRgtble^' ht biérb^ > fonction que le soleil remplit , dans le tnuVtde n sensible» entre l'organe de la vi'Kî'^féso/bjeffe ) qui s'offrent i nos regarda- C'est xle sa pM-lî^ ciiiatton à Tessence divine ^ue fânife tiré 'ces lumières ;Vésï par la même voie qu'eue eut appelée à en jouir; c'est péiii^ifu<yi otf-jHîdft •' Tappder afHée par une iiorê^ de peêrenté ki *^ celui qùî est lu cause uni^er^ïle'. (t) ï> • '^

■ ■■ I ^ > I ■ . Jumff *»« III n< I ■■■■ , fc.i., ,^ ,

I) Tom»V',PkmdûnyJ^^%. yil^\^f «63,^65, i;o, tT^, 179, 327,230, a37,etç. — II, Tfétœièie^ ■ 41, 142, 148. — Sophiste j 2i5, 261, 264, 26$. — i'djCraijrle^ 286,345, /\3o. — IV, Gorgias^ 1^1. — Phitêbe^ 217, 219, 255, 3o5. — Ménoky 36j.^ V! , Politique , 63 , 64 , 73 , I i3 , r22.— VU , De la tlepublique^ 116, 119, 123, i33, 160, 162, i66y

Ici coBimance^ ici se dévoile la doctriiie ésotérique. Elle consistait, suivant nous , dans le développement et l'application de ces niaiir mes qui rattachent à la contemplation inunédiate de la nature divine toutes les notiopadu vraii du bon et du beau. Cette image sublime ^ resplen* dissante au sommet dfi l'échelle* des ôires^a

captivé les regards de Platon ;. c'est en elle qu'il place le foyer de toute lumière; c'est d'elle quiyi ùit décojuler toute science ^ parce que ;oute existence en est dérivée. Continuons à le laisser parler lui-miâmiB,

a, Nous appellerons donc les notions puisées » à cette source divine, du nom d'iDiBS, idée$ » essentielles et pqres, pour les distinguer de » ces notions obtenues par l'élaboration de 1» l'esprit 5 qui dérivent des perceptions sensl- » blés y et qui ne sont que super6cieUes. Il y a p cependant quelque rapport entre les unes et m lesautres. Les secondes soitf en quielque sorte

M les ombres, le reflet^ l'image des premières » (ideœ umbratiies). » Cest ce que Platon eiprime par cette belle fiction du septième Kvre

167,2864 348. — IXj Timée, 28, 233, 3aif 3o2, 341 , 348. — X , Pomufitûfi? , 82, 85, 89, 125- Fhmdre. 222. — lil.LcUres. l3i, etc.

le la République , par laquelle il représente l'homiiie eochaîné depuis son enËince dans une Civeroeoù la lamiÀredu joqr pénètre seulement 'ar une ouyerture placée derrière lui^ où les •^hjets lui sont également masqués, mais où les ombres de ces objets viennent se dessiner à ses veux sur une muraille par le jeu des rayons de la iimière. a II y a d'ailleurs, dans* les ope* » rations de la pensée , une loi d'^assoolation en 1) vertu de laquelle les impressions sensibles * senrent d'excitateurs aux idées placées en i) nous dès notre naissance ; enveloppées des "> voiles matériels du corps, elles detoenrent 9 en quelque sorte ensevelies, jusqu'à cequ'tme T> occasion vienne nous en rendre le sentiment ^ et mettre la raison en possession de toute *» son actinté et de toute son indépendance, m a 11 y a donc pour l'bomme deux ordres de » connaissances. Le premier dépend des sens » et ne mérite, qu'improprement le nom de '' connaissances f il né comprend que de rim* j pics opinions ; il manque de certitude ^ •' de fixité et de clarté; il ne nous apprend s que ce qui est. Le second ordre de cou* j naissances , qui constitue éminemment la ii science, nous montre ce qui doit être; il ^ s*excrcc sur la possibilité des choses ^ sur

9 ieui^ eeseaces;. c'est par le ministère des idet^ B qu'il exerce cette foactioa. Ainâ les idée^ » som le priocipe de toute science. En effet, )> U mepeut^ avoir de aàence pour les chosefi » tnobUea et, passagères ^ïà sôeace doit donc y> avoir un caractère absolu , Aéoessaîre , uni^ )) versel; oooHnont le po6séderait*^Ue , si ce )) n'est ï l'aîde de ces exemplaires qui r^ëseni^'t^t là coédition fondaoïencallg de ^^toute» i> choses (i)? »

. -Aufaic^Ue besoin maintenait d'être justifia rindieation que nous présentions tout^à-l'beure (f>ages al^ à :228).pour résCXidre le probïçi#ie de 1^ doctrine ésotérique de Pkton ? Ce double ordre de connaissances ne correspond- »l|iasévidemit3entà la double doctrine? Et > lor^ ^'on voitPlaton,danâseséorits,seb<>r>ier exclusivement au premier de ces deux ordres, peut-on

>'(i>Tonie V^yPhcsdon^ i4^, i6S, 170, 189.- \\yTh4ceiqte , 68, 117, 142., iSg, â85, 188, 2i)ti. —m, Cm/yfe, 345, 346. — IV, Gor^ias, j43.- ^rrt/^/e, 299 à 3o6, 35a, 369.^ Y. Premier AlçiHiadc , 58 à 62.— CAarmi(/ej , i33.— Vil, De U République, 5^, 60, 122, 124, i63 à 166, 424» 26^' ^L>C, Tintée y 3t>i, 348.— X, J\zrmi^iA,9'"'

hé&iler à coDcIore que le second formait Pobjet de sod en^igûement ^eeiel? Et, lorsqu'on Toit que la théorie desi(]^s>esl 4a hMi sur laquelle repose le système du second ordre de coDAaîs* soDces, que iom ies écrits de Platon tendent à iàire ressortir la aécessiié de cette tbëorie , la Gorrélaiion ^es deax* dbétriiies ne devient-elle pas ma&ifëste? L'une ne %tt% donc que le reflet de Tauire > elle sera la «nurattle de la oaverne décriie dans le septième Kvre de la République. Si <^tte indicsoion «ivait besoin d^ctre encore coMiirftiée,!! suffirahde reprendre les divers passages dans «lesquels Plarton Ibît illusion à sa doctrine secrète^et de les parolnirir en entier. Ainsiy daas le Timëe, par exeolple, c W après avoir disliiigné a oe qui n'est jattiaîs produit, de ce qui est » engendré et «atis existence pro^^re ^ l'un qui se » révèle à I-eotendenaetity rsutre qui se montre 7> aux saasD j que Platon arrive à « cette nôtibti A du grand ouvrier > du père de l'univers^ qui ne s doit point être néfële eu Vulgaire (i) ; d ainsi^ dan» ie Pbilèbe , c'est ou monaent où Protasqne fifcnt de demondei* queltj^ sont n ces mérverHes » qm u'ocit point erioofè été divulguées » que Platon répond par la buuclie de Socrate :

(i; TvmelX, pag. Soa, 3o3.

ce qu'elles consistent dans ce qui est vëroable^ /) ment UFfy lorsque cet un n'est point pris D parmi les choses sujettes à la génération et à D la corruption^ comme celles , ajoute-t-*il, 9 dont nous venons de faire mention (i), (£). Dnfin , Atticus le Platonicien y dans Eusèbe (2) ^ dit en. propre termes : ce Xa doctrine des choses ï> intelligibles est le sommet et le pivot de toute )) la philosophie de Platon. Le premieret le plus D élevé de ses dogmes réside dans cette na^ )> tu re spirituelle et éternelle; celui qui,pounra 30 y atteindre, en jouir , sera parvenu au comble 1) de la félicité. Aussi , Platon 9 en chaque oc- D casipn , dirige-^t-il tous, ses efforts à dé- D montrer IVnergie et la puissance de œtte j> nature compréhensible, m S'il est un de ses dialogaes dans lequel il semble toucher de plus près à cette haute spéculation^ et soulever vm coin du voile, c'est dans le Pha^don j et, il ne faiit. pas s'étonner s'il la met alors dans la boucher du sage eipirant martyr de la vérité. Quelle plus digne occasion de laisser entrevoir cette doctrine telle que nous venoos de la re^ connaître? et Platon , en saisissant ee moment

(1) Tome IV, pag. 216, 017.

(a) De Prepar, ei^ng^j lib. XP\t\ cap. |3t.

ioleonel, en plaçant oeue révélaùcm dana soa traité snr l'imoioruUté.de rka^p n'était-il pai en accord avec lui-même, lui qui disait aussi que a l'âme du sage mourant s'ouvre aux vé^ ^ rites les plus sabliopes , d loi qui, dans le Craiyle, comparait la mort à une sorte de ré-r surrection, et le corp$ à une aorte, de tombeau où elle ealmomentaQément ensevelie» «c L'âmoi 1» dît-il, dans lePhasdpn, est une v^imisorteUt JD enfermée dans unç |)ri$on périssabku ^

Platon avait été fr^pf)^ de Timpor^MP^t de b fécondité des notions .|^oé>^9lesj. c'était sa pensée dominBoiey-niais^ il n'avait pM etplji(|uer pr les opéradon$ prdinaiirea de* , Tesprif .une partie de ces notions ; ceDea qui ne sont pOini somniaea ai;x formes do temps et du lieuj de \k TÎent^ qu'il s'est cru» dans la nécessité - de- lev aiuîbuer une autre origine.,. : r i

Noos n'avons, pas l^soin de di;*e que cette belle fiction de Platon ne doit.4tre.co^isi4éré& ^ soua 1/a rapport de l'ai^t; gavdons^OOPsite' nnterroger sur le genre djQ réalité, qju'il pcétend attribuer aux idées y il e&t , à^c^t ^td^ teUen^ent Tague^ incertain , qu'Arisiote lui-même s'y est trompé, et en a. Eût des substances. pour en iâire quelque cboae. Ne discutoq^ pas même les raw ^nnemens sur lesquels il essaie c^'^tablû: ceths»

hypothèse; on peut voir dans le Pliaedon , daii^ le Tbéœtète^ dans le Philèbe^ dans le Mënon , dans les livres de la République, quelles se réduisent à quelques subtilités peu dignes d'un tel génie. Il a transporté dans la nature des choses^ il a transformé en une loi positive , universelle , cette opémiion de l'esprit qui rapporte les idées particulières aux notions générales. Il a idiilé ces auteurs dramatiques qui font intervenir les Dieut , pour opérer un délîotiemekit qu'ils ne pouvaient obtenir du cours natui^el dès évéMnatens;

: %àft théorie des fltées est pour Platon la solution Vië$ graïkls problèmes relatifs à la certitude istàla t^éalitédescoi^naissances; car/ oc les idées <>nt une réalité objective; elles ont servi de lype-a l'ordonnateur suprême ; elles ont ét^ appliquées comme atftam de formes \ une matière brute, passive ; leur eonnaissâtice ^ que 4'ânie avait jp^sée dans le sein de la diiiinité , :i 'i%é obàdutx^'^ assoupie par son ti'nton avec \v ioorp^j. la j^tosoptiiiB ia fait renaftre* ^ Phion Ae-^meiM a iéùMi , ^u^ mis du mofns dans cotit -son ^our^ cette distinction des apparences et de» riaUtés , diM phénomène» tiâtsnoumènes, ^ iaqtfelle l'école de Kant^ dans l'es temps mo- ^dernes , a rendu une si grande importance. «Lo

premier ordre compreod ce qui est perçu par les sens; le second 9 ce qui est conçu par la raison; le premier^ ce qui est mobile, le second 9 ce qui est immuable ; le premier «^ tfji est corporel; le second ce qui est immatériel ; le premier ce qui est complei;e ; la siepood ce i]ui est un ; le premier ce qui es( cQQditiQnpel^ le second ce qui est absolu. Le premier peut toujours être, conçu , le second ne peut être aperçu ; le premier est l'image du second ; le second est l'archétype du premier, comme il est celui de tout ce qui existe .(^i). u

« Ne.rejetons cependant point , contipiiie Pla** ton, cet ordre des apparendes^ comme inutile. Il a une utilité relative, eu ce qu'ij sert de préparation et d'introduction à un ordre de connais*^ saoces plus relevé. D ailleurs, en tsint qu'il repose sur une impresâon reçue » il a une valeur rela-

^n^m^mmÊÊ^m^mimma^mam'm^mmtmmtmmm^^mmmm^i^^^f^mm

(1) Tome I", Eutyphron^ 11.— Pfutdon^ 178 k 189, a49*-^ll9 Sophiste j 266» yj'j.-nr^Théofiète^

i55, 191, 192 UI,Cm(r/c, 346.— lV,PA*<è6e,

3i6, a55, 299, 3o5. — Menons 35i , 385. — VI^ PoUtique, 16a k i65.^V)I, De la Bépul^lique^ 65 , I iG, 1 19, a54 , 28a et suiv. — IX , Dks lois , 84. -^EpinomiSf 252, — Timéc^ 3oi,3o2,34i9 347. —X, Parménide ^ 83, 98, nj,-^ Banquet, 241 , 347. — Phnedrèj 821 , elc.

Wye pour le su{et qui les possède. Il y a dans chaque image quelque ebose de réel ; c'est son rapport avec un objet citerne (i). »

De la théorie des idées dérivent pour Platon la métaphysique , la théologie naturelle j la morale et la logique. Indiquons rapidement comment cette déduction s'opère ^ surtout à l'égard de la première et de la dernière.

La métaphysique a deux objets principaux : Vétre et la cauéalité.

1/étte , dans le latigage de Platon ^ n'a pas une acception rigoureusement déterminée ; a c'est l'objet conçu , c'est le positif, ce qui existe > ce qui subsiste ^ en lui l'unité est associée au multiple, l/eséetice est l'ensemble des attributs qui ne varient points sans lesquels Pétre ne peut exister ni être conçu. La substance est l'être lui-même en tant qu'il persévère sous les modifications changeantes (a). » Ces nouons

(i) Tome II, T/iéœlète, 68, 86, 148, i85.— VU, De la République, 62. — III, Cratyle, 345.

(2) Tome Û , Phœdon, 178.— II , Thiaslète, iSa , ttfi, 18a. — Sophiste , :io6 , 14" > 265, a^Ô, aSo, îi85 , 295.— III, C/Tflîr/c, 3i2.-*lV, PhilèbejniSy 241. — VII, De la République, tJi6.^îX,Des lois, 83. — Timée, 3oi , 343. — X, Parménide, 76. — XI-, Lettres, i33. — Définitions, 1287, etc»

de yan et du multiple, du même et de Vautre f qui reparaissent si souvent dans Platon^ sont empruntées à Fécole Pythagoricienne, mais ^^S^^éeê par lui des conditions mathématiques^ et portées à un plus haut degré d'abstraction* Cest encore à la même cause qu'il puise les idées du Jini et de Vinfini, qui, dans la langue ^ philosophique actuelle, seraient mieux nommées le complet et t incomplet (F).

a Rien n'a lieu sans cause; or, il y a deux sortes de causes : des causes mécaniques ou physiques , des causes libres ou intelligentes. Les premières ne méritent point proprement ce titre; car, elles sont subordonnées et dépen-^ dan tes; elles agissent sans dessein et sans régu-* brité. Or, il y a un ordre de causes cond'^ion-' nelles, qui sont mises en jeu par d'autres, qui leur empruntent leur énergie , il doit donc y* avoir une cause première, une cause absolue, quî^ dans son action , ne dépend d'aucune condition antérieure , qui ne su{>pose rien au^-dessus d'elle , qui ne peut nattre, qui ne peut disparaître (i). »

Ces principes devaient conduire Platon à cette démonstration de l'existence de Dieu qu'on ap^

(I) Phœdon , 221 k 224. — IX , Des Lois , 86-— Epiêiomis, 254. — TiméCy 337.

pelle de Vétre nécèsacùre. Aussi, IVt-il asscôice anx preuves téleologiques y comme oa peut le voir daoâ le Pbîlèbe> et <lans le dixième livre des Lois. Dans le. nombre des preuves iéléalogiques, ii donne la prëféreBCe à celles qui sont déduiies des phénomène» célestes > suivant eu cela l'exemple des Pythagoriciens) et s*éloignant de oekû de Soorate q;^i s^élait particnlièrement attaché qux phénomènes de Torgaiiîsation des êtres aaimés% La noûoo qufil a donoëe de la divinité a captivé la )uste admiralioa des siècles ; elle a obieni:^ I^ suffrage de la plupart des Pèreade l'église; elle e^ l'un d^ses preioiers titres à la gloire, a Dieu est la perfection j la raison suprême; lé^slatour et juge, exempt de passions > comme d'erreurs, source de tout ce qui est bon , comme de tout ce ^/ai est vrai^ il est la loi morale personnifiée , Tidéal éternel , infîoi) un astre dont la majesté, la pureté, éclairent toutes les créatures intelligentes ; un but dont la créature libre doit tendre à se rapprocher saqs cesse (i). ))

On sait d'ailleurs que Platon admettait ,

I ■ ■ Ml lin- I »J-^II ■ »■■■■ ■

(i) Tomo I ', Euiyphronj 12, i3. — III , Cratjlr^ aSi , aô5.— IV, Pliilèbe, 241 à %ifi, — DelaRé^ publique y \\\, 2 , p. 2-'î8, 255. — VII , idem , liv. 6,

( ^5? ) ^ mme toiu les anciens , la ma^^ère eoëterp/^ljl ^

\a divinité. C'est dans son système iine.ÂuUo ^u contraste général entre runité et la variétés

II ne faisait point reposer la morale .sur. la principe de l'obligation , sur la déCnitiQQ: dn 'vvoir, mais sur la tendance àla perfection. Avec \>crate , il plaçait dans ïe souverain bien le termeauqud l'homme doit aspirer par sa ns^ture, I:i, encore, Platon distingue des biens qu'il, ap^ {éïeiilpins^ d'autres humains, ce Les prenpâiei^

:>nt tels par eux-mêmes^ se suffisent à eux* '::*:mes, sont permanens et nécessaires à l'être n4:}raL Trois conditions les constituent : la vérité, l'harmonie^ la beauté; toutes trois ap;r ;ârùeonentà Tordre des idées ^ leur réunion î^nne la perfection. La divinité en est ^Ufc le ^.t^e, la source, la règlç, comroeJâindisiiii k la divinité en est le type. La vie «entîâre i% rhorome doit «tre consacrée , par la sa4 :esse9 a se rapprocher de ce modèle. » Anssf '.Qte la philosophie de Platon n'est. iqpi'fii ne

^ntre-épreuve , une émanation de sa morale. ^/>maie Socrate encore, i\ îdentiâe la^pojî^qujf

:• 1189 lao, i3x— Liv. 7 y p. i33« — IX. f Deti Loùl^

r. 10, p. 70, T06.— li?. ia,p. 177, ^^g^-r-Epij

'^omis , a54 • aSg. ^- Timéç , 3oi à 3a5 , etc. , (ÇU., .^

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