IX. d
» tion de Toeil, ne résident qu'en noas-mémes; » elle disparaît avec la vision ; mais la cause » qui imprime en nous celte image j réside » dans les objets, extérieurs; elle est en eui )) durable et permanente (i). »
Mais , voici un mérite entièrement propre a Aristote y une vue aussi nouvelle qu'importante ; c'est celle qu'il présente sous l'expression du sens commun : ce En recevant des sensations , y> nous apercevons les diûerences qui existent D entre elles. Il &ut donc un centre commuu , » unique, dans lequel ces perceptions poissen: j) être réimies et comparées. 11 est évident qiu '» des agens séparés ne peuvent juger ce qui o distingue des objets séparés ; ain deux honi- » mes qui percevraient chacun de leur côi )) des choses différentes^ ne pourraieai en faire !. D comparaison. Il faut encore que les deux per- D ceptions soient réunies dans le même temps . » car, elles ne pourraient être comparées, > » elles n'étaient que successives. Ce centr D commun ne peut être dans les oi^ganes (?
s> C'est ainsi que nous obtenons la peroeptio
(i) Des Couleurs ,
(a) De l'Ame , \vr. II, ch. i , a. — DelaMémoirr ch. 9. — De la Jeunesse j ch. i. — Des Songes^ ch. 2
" dé 06 qui est commun à la fois à plusieurs * 1 objets ; car, cette perception , comme ceile de
)a grandeur , du mouvement , par exemple ^
ne pouvant nous parvenir par un sens isolé »
elle ne se produit que dans l'unité du foyer ' où sont reçues ces sensations diverses (i). i»
Arîstole ne donne poin t à ce foyer intellectud
' nom de conscience , adopté plus lard par les
^•liilosopbes ; mais y il désigne , sous un autre
^^rme , le même phénomène fondamental qu'il
1 !e premier mis en lumière»
» Plusieurs des anciens philosophes ont ^a* " lement confondu la faculté de sentir et celTe ' dépenser: c^est une erreur manifeste ; de cette *» erreur sont nées les opinions contraires qui
considèrent toutes nos perceptions comme » vraies, ou toutes nos pensées comme des il-*
Insioos : ces deux facultés sont essentielle^ *" ment distinctes; la première est commune à • toos les animaux , la seconde est le privilège " de la raison. La première ne trompe point ;
la seconde est sujette à l'erreur» Lorsque V noua disons que la première ne trompe
point ^ il faut bien entendre que c'est en tant ■ qu'elle perçoit pne sensation et non en tant
; Dr VÂmr^ li?. Il| ch. 3 el 4»
» qo'etle la wippone.à tel objet diilcrminé [\'^. D L'inidfgîoaliôn diffère à la fois de la 5in- » dation et de la raison. Uimagination s'exerc ;> même en l'absence des objets; elle s'eier^. 7> Tolonmirement ; toutefois, elle a une ann- 7) iûgie niarqaée avec la sensation ; car^ elle re- » produit et elle imite les modifications <]<>./ » celle - ci se composait. L'imagination c : » arbitraire pendant que la raison est sourui^ » à des lois; mais l'imagination est néccs- » saire a l'exercice de la raison ; lorsque noi D concevons une notion , il est nécessaire (]: j » tious nous retracions Timage de quel')!* 3) pbjet particuliet auquel elle s'appl^'v » Quoique cette notion soit indéterminée . : >> faut que nous ayons l'image d'un objet dct^ : s> miné; quoique cette notion soit exempte il )} conditions de Keu et de temps, il faut r- '^ cette îmnge se *f appointe à un temps et à i -» liéù '(i>.
'l>'Iii'ïma2ination diHere aussi de la mémo i 3> cèllc-ci s'exerce lorsque l'image est rapp< * )) a un objet antérieurement perçu ; elle rc\' . » ainsi nos perceptions passées, en les £ii .
(i) /^iW, ihid, ch. 5. — De la Mémoire, ch
» recoonattre comoiQ 'passées. Or , cq rQveil D a lieu> ou en vertu de la siviultanéité » om en " vertu du coolraste^ ou en verl^dA Tanalc^e u ()iû lie la seosalioB passée à celle qui la reqou- ;) vetle (i). » Voilà les trois IqIs foudamei^talef de rassociatÎQO des idées.
tt EaHn ^ la réaûniscence diOere encore de '* la Âiuple mémoire, eu ce que la preqiiçre^ ) eiîge uue coopération active de Fesprît^ un ' exercice du jugement; c'est Tiiivestigatiou du *' paasé; elle eq tire les inducûox^ de l'e^pé* V rieooe (z).
0 Pendant le songe , les sens extérieur^ SQnt
inactîfs ; le sens intérieur ou commun^ agit :) seul ; il s'exerce sur les images (3).
D 11 y a un entendement passif et un en* i tendement aciif. Le premier reçoit les forqies
des représentations que les objets nous pnt ' transmises; les sensations et les images ep
• sont la matière. Le second combine, élabore ces élémens; il forme les notions intelligi-
• blés et générales , en les détachant , par Tab- ' su-action, des perceptioits individuelles. C'e^t
(i) De la Mémoire, ch. a.
(s) Ibidf cb. a.
^2} Des Songes^ ch. 1)3, 3.
9 par le jugement qu'il s'exerce. L'objet oflên » à l'eatendement peut être on composé ou y> simple. Dans le premiercas^ ilneconsiitne eo- » core que l'opinion ; dans le second seulement » il constitue la science. Dans le premier cas, i> le jugement peut être vrai ou errond; dans » le second y il est nécessairement vrai. L'objet » peut aussi appartenir à la nature^ à l'ordre » des choses immuables ^ ou à l'esprit de la » volonté humaine 9 à l'ordre des choses ar- » bitraires ou mobiles ; c'est le fondement de », la distinction des connaissances théoriques et y» pratiques (i).
B L'entendement passif est d'abord comme » une table rase , ainû qu'on l'observe dans la » première enfance. Il est simple ; il ne réside D point dans les organes du corps. L'entende- » ment est intelligible à lui-même ; il se conçoit. » Ici , comme dans tout ce qui n'est point 1^ objectifj l'intelligible est identique à l^teU >> ligence (2). »
a II y a une double opération de l'entende- » ment : l'une s'exerce sur les idées simples ; )i elle n'est point sujette à l'erreur : l'autrr
(i) De VAme, liv. III, ch. 3, 5 , 6. (a) Ibid , ibid , ch, 5.
« ft'exeroe sur les objeu compose» y en (orme n no toiU unique; cdle-d peul errer (i). b
a D y a une raison théorique et une raison * pratique ; la connaissance est Tobjet de la » première ; Faction, l'objet de b seconde. La >» raison théorique a trois (onctions : oo de re- ^^ connaître les principes , ou de les appKqner u par la science y ou de les coordonner entre ') eux par la plus haute sagesse (a). )»
c Résumons : les êtres sont sensibles ou in- ' leUigibles. L'âme est comme la main^ c'est? B s^dire nnstrument suprême- L'entendement p est la perception des perceptions , le sens la n perception des choses sensibles. Or, comme > îl n'y a rien hors des objets sensibles , d^ns 1» leors perceptions résident aussi les notions B btelligibles. Celui qui serait privé des sens n ne pourrait ni apprendre^ ni concevoir..... » Mais en quoi les premières conceptions de ' l'âme d^ffigrent-elles des vains fantômes ? n Sont-elles exemptes d'illusion ?.... » G;tte -{uestion termine la théorie de l'entendement. Aristotela poseet ne la résout pas(3) . Nousavons^
i) lUd^ Mdf cb. 7.
'») EAic. ad, NicoAiach , Ht. VI , ch. a , 5, 6 , 7. 3: De r Ame, IW. IH, ch. 9.
m commeot ailleors il a essayé d'y répondre. Dans le traité Z>^ lAmej Arisvoiese réfcre plus d'une fois à ses systèmes métaphysiques , et Jes définitions qu'il leur emprunte répandent plus d'un nuage sur Te^position des phénomènes de l'intelligence. H est temps de le suivre dans cette splière nouvelle.
Les sciences purement spéculatives 9e partagent en deux grandes branches : la Métaphysique et les Mathématiques (i); mais la première de ces sciences est encore supérieure à la seconde^ parce qu'elle a un objet universel. Aristote emprunte constamment de nombreux exemples à la seconde ; mais , il ne nous reste de lui que deux petits traités qui s'y rapportent directement* Arrêtons-nous un instant à sa métaphysique; nous y verrons se développer et s'appliquer les maxime^ que nous avoii> reconnues être le fondement de sa doctrine.
Sous le nom de cette science^ Aristote comprend ce la connaissance des premiers princij)e> » et des premières causes j c'est en cela qu^^ )) consiste éminemment la sagesse. Elle corn- ^ prend donc les connaissances les plus rcl^-
(i) Mtiaphys.^ liv. Xlll, cil. 4
r xéeSy les plus universelles ^ les plus certaines. D Cest la science suprême, la scieDce-mère; » elle est entièrement spéculhtive ; elle est née j> de FadmiratloD jointe au dbuie. Elle est sou* )) vcraînementindépendtiute; elle est son propre 9 but à elle-même ; elle a quelque chose de » divin (i). »
Or, il y a den:c sortes de principes ; ceux qui appartiennent à l'entendement, ceux qui c^partieniiout aux êtres. On peut aussi considérer les êtres ou dans leur essence commune et d'une manière |:enérale, ou dans letn* cause première, dans f être par excellence. Ainsi , la métaphysique pourra k' diviser en trois branches ; la première coni- |>rendra les principes rationnels , la seconde roQtologie , la troisième !a théologie. Mais , oQ comprend qu'aux yeux d'Aristote les deux premières rentreront souvcntl'une dans Tautre.
La métaphysique d'Aristote comprend la iliéorie générale de laquelle découlent toutes ses autres théories ; elle domine tout sou enseignement ,^ elle en forme le lien systématique. Les bornés qui nous sont prescrites ne nous [crmeltent d'en donner ici qu'un aperçu rapide, en la considérant sous les trois points de
0 Ibidj ibidy cb. 7.
( 346 ) vue principaux que nous venons d'indiquer.
1^. Recherché des premiers principes.
a Le désir de savoir est naturel & 111001016(1); D mais^ pour atteindre à la vérité^ il faut com- » mencer par le doute (a). 3> C'est par là qu'Aristote a commence lui-même. D a étudié > examiné , comparé les opinions des anciens sur les premiers principes ; il rapporte , il discute leurs différens systèmes, a La plupart D de ces systèmes se rapportent à deux poiots D de vue opposés et également erronés : l'an , y> celui des anciens matérialistes , qui soumet- » tait tout à la nécessité et k un hasard D aveugle ; l'autre , celui des Pythagoriciens et » de Platon, qui tendait à tout spiritualiser, D et à faire, des simples notions de l'esprit, 1» lesprinclpes constitutifs des choses, m II t^uie successivement l'une et l'autre erreur (5). I! combat l'opinion de Pythagore , en montrant que souvent les apparences sont trompeuses (4)* Il combat celle d'Heraclite, en montrant que l'objet perçu est distinct d.:
(0 /W*,liv. I«sch. I.
(3) Ibid, H?, m, ch. I.
(3) /«rfjiv. I.r,ch. 3*7.
(4) /Airf, liv. lV,ch. 5,6.
(347) iujet qui perçoit I et que le premier a une existence indépendaote du second (i). ( E )• a Cependant nons devons leur rendre grâces ; 9 car leurs erreurs mêmes nous ont préparé la n voie (a). Cest une spéculation très-difficile » que celle qui se dirige k la vérité ; mais la » raison des difficultés qui Fentourent n'est pas B tant dans les choses qu'en nous-mêmes. Nous » ne devons point chercher en toutes choses la » certitude mathématique; elle ne convient qu'à 9 ce qui n'a point une réalité extérieure (3). d a II y a plusieurs espèces de principes : la B première exprime le commencement d'un 1^ mouvement^ son point de départ; la seconde, ^ les vues qui nous dirigent , comme les ^ maximes de la science; la troisième , la partie » dont un tout se compose ; la quatrième , la y> cause efficiente; la dernière, ce qui nous &it » connatire les choses, comme les axiomes ou 1» les définitions. Quelques-uns de ces principes >' sont donc intérieurs, d'autres extérieurs ; '* ceux-là déterminent ce qui fait que les choses » sont ; ceux-ci, ce qui fait qu'elles, sont con-
(i) Ihidf ihidy ch. 3 et 4i] Ibid^ liv. II, ch. i.
:3) Ihidy ibid, ch. 3.
» npet(i). ArisiQie parait ici déftifaer ,. 80QS U M nom. plus Maci d^prmâpeSf W' qa*aUleur:i D îi a. désigné? 90U& oriuî de caue^, pria dani> D son eiteDsioQf la plus générale» Les ancîena> )) ont erré quand Us ont oonfondu les éléœens y> avec les principes; Si Ton peut considérer les » notions géi^rales conmiedes priacâpes, ce D n'est que sous un rapport SQuLoqient, et non » d^mc manière absolue (d). Rép<kon9-le : toub » les matériaux sont fournis par les sens ; les » sens les livrent à la mémoire , ceUe-^i à l'eii) périence , ceUe-ci à la raison qui eo tire les » notions universelles (5). »
a INéanmoins îl n'y a point de soîenca fon- D dée sur les accidens; la cause d'un ac*- » cident ne peut être qu'on accident diei> même (4). d On touche ici au do^C le vide qui existe dans la doctrine entière d'Arislote ; faute d'avoir compris la vraie théorie des lois générales de la nature p il n'a pu admettre que les faits accidentels dérivent d'une coordination générale et permanente.
(0 làidy ]iv. V, ch. a.
(2) Ibid, Hv. m , ch. 3, 4 Liv. Y, 3-
?3) Uid, liv. !•», ch. i.
(4) lùid, lir. VI , ch. 2.
a II y a encore une vérité dans les choses, » suivant qu'elles sont ou ne sont pas ; une vë« )> rite pour r^ntendemem , si son jugement est )) conroriue aux choses. Car, H y a dans les y> choses, comme dans l'entendement, com-^ )) binaison, association du sujet et de l'attribut. )) La simple appréhension est sujette à Tigno- To ranceetnon à Terreur (i); les conceptions » de Vesprit peuvent être considérées sous » deux rapports : ou comme concrètes^ dans >' leur application à un objet, ou comme ab- B straiies, sî elles en sont isolées. Elles ne peu- » vent être erronées que sous le 'premier. »
« Trois genres d*erreurs peuvent être rom- » mis relativement au:c choses : si on sïssooe i> cequiest incompatible, comme, par c'tem|]fle, » si Pon dît que la diagonale m commtertsui> raUe ; sî Ton associe acinéllemput ce Tpti D n*e$C point en effet luii^ comme (si Ton dit » queSocrate est assis quand il est debout; y^ si en6n on prête à une apparence .Feii* B stcnce réelle qu'elle n'a pas, conome dans cer« » taines illusions qui accompagnent les phéno-» i> menés de la vision (2). »
(0 Ibid, ïiy.lXfCh. 10.
(1; /AW,liT. V,di. jg.
En réunissant ici les maximes les plus clai' res et les plus expresses d'Aristote sur les caractères du vrai et du faux , nous detons faire observer néanmoins qu'il n'y demeure pas toujours fidèle , et qu'ici , comme dans un grand nombre de sujets ^ il change assez souvent de langage.
a L'existence des objets réek ne se démontre » point ; elle est aperçue immédiatement par D les sens, ou immédiatement conçue parl'en- » tendement (i). »
*(ç Un principe domine tous les autres prio* » cipeSj c'est celui de la contradiction : le D même ne peut être à la fois et n'être pas (a}, p Aristote se donne la peine de l'apjiuyer sur de longues argumentations. A ce principe vient s'en joindre un second qui lui est connexe : n/aui qu'une chose soit ou ne soit pas.
2^. Le même principe va encore r^ner sar l'Ontologie.
a n y a une science qui spécule sur ¥Être » eu tant ^p.*ètre ; recherchons ses causes pre- » mières. Comme il y a une uoité dans toutes
(i) Ihid^ liT. XI, cb. 7.
(a) Ihid, lÎT. IV , ch. 4, 5 ,6, 7 H 8.
( 351 ) » les percépiions qui nous parviennent par un » même sens^ il est une unité commune à )> lOQs les genres dç perceptions diverses. Cette V onité n'est pas absolue» elle est tirée de t Tanalogie (i). )>
a Distinguons Vétre par soi y et Vitre par » acàdent (2) ; distinguons encore la matière ît ^ la forme , la réédité et la prhation f » la puissance et Y acte y la substance et n la qualité. »
Snr ces distinctions repose toute l'ontologie d'Aristote. Cette ontologie n'est elle-même (p'one suite de distinctions multipliées presque à riûfiniy accompagnées de quelques propositions qui expriment les rapports les plus gênértn des abstracUons ainsi obtenues. C'est une Domendattire des notions les plus abstraites de Tesprit, une suite de définitions des termes destinés k les exprimer. Nous ne le suivrons pas dans le développement qu'il leur a donné; ooas nous bornerons à remarquer que l'abus qu'il en a fait a répandu une triste influence non-seulement sur l'ensemble de ses spécula-
j) Ibid, iiid, ch. i , a.
(1) Hid, Ht. V , ch. 7.
tîons y mm ïïot un grand nombre d'applica-^ fions qui promenaient une issue {)lns heureuse ^ et que dans la snite des siècles elles sont de- Tenues la source prineîpale des subtUités de l'école.
(c Si , par ht pensée , nous détachons d'un objet tout ce qui lui donne un caractère déterminé, ce qui subsiste après ce retranchement est la matière suivant Aristote ; ce qui lui a été enlevé, ce qui détermine'Oe même objcJt, est SB forme. Ni la matière ^ ni laijonne , séparées Tune de l'autre, n'ont d'«xis«ence pu* sitive ; leur Téonion est ce qui •consiitoe la réalité. Li^ puissance n'exprime encore que Tordre du possible ; Vacte le transpoite dans la région de ce t}ui existe. La substance uak de l'bynirnéc de la matière et de la forme ; de telle manière qu'elle est le fondement et le pivot de -toos les attributs, sans pouvoir être elle-même attribuée k aucune autre chose (i). i>
Piutarque et Simplicins ont déjà remai^uc l'analogie qui existe entre ies formes d'AristoK* et les idées de Platon, ce Aristote, ôh 4e-premier(2), conserve les notions universelles om
(î) Ibid, Hv. Vlï, ch. 3, 4, ï3, 17, été. (2) De PlaeitphîL , liv. T', ch. 10.
V les idées ^ ^ur lesquelle» ont été . mode-
1/ lés les divrages de la Divinité, avec cette
JifTérence seulement^ que^ dans la réalité,
. il ne les a pas séparées de la matière. La ma-^
' iièrcj dit Aristote,estcedontoiicomposequeT«
D (]ue;ftuvrage, comme de Fairain on ti re une sta-
i' lue; la forme est un moule ; elle est la xaîson
> diaprés laquelle cet ouvrage est exécuté; elle
1' en détermine le genre (i). » La forme et
../("e ont au fond le même caractère, avec la dif-
: rence que Platon la sépare de l'objet, qu'A-
:»'ote rimprime sur l'objet et ne l'en détache
; :c par une opération de la pensée.
\Jêire exprimant à la fois et ce qui existe
utilement y et la notion que l'esprit humain se
1 rme de eette existence, il n'est pas de sujet
û oflGre une plus abondante matière aux illu*
i '05 qui naissent de la confusion introduite
^'îre Tordre des vérités purement logiques et
lai des vérités réelles et positives. Déjà nous
• OQs remarqué combien Aristote était fré-
^emmeni sab jogué par ces illusions , alors
<^aie qu'il (^rcfae k s'en débndre; dans son
'incline il y est entraîné ploa que jamais ;
raisonne comme s'il était véritablement trans-
Pkr^^'f >>▼• Hi ^* >> ^•
porte k Torigme de tonte existence^ comm^ s!il résidait dans le sanctuaire mystérieux où It^ possible se prépare, pour être enfanté à la realité. On aurait pu s'attendre qu'en traitant à' cette science il aurait donné à sa théorie <]^^ causes le développement qu'appeloit la litière , mais il se borne à reproduire à peu près la cIa^sification des diverses espèces de causes. 11 sup pose trois principes de ce qui arrive : la nature. l'art, le hasard; ce dernier signale d'une manière évidente l'imperfection des idées qu' s'était faites des lois de l'univers. Enfin, il t'u blit deux propositions assez faiblement démontrées^ mais dont l'une du moins a une haut importance : a // n^y a point de prt^rès c causes à V infini; les êtres par accident n^o^-^ point de causes par eux-mêmes (t). »
Ces deux propositions peuvent servir d'inlr^J duction à sa théologie.
3^ Théologie.
Des spéculations sur les êtres en génêr.Vt Aristote s'élève aux considérations qui r»pour objet l'Etre suprême; il est le pren;)' qui leur ait donné la forme d'une acienct'
(i) Ibid, liT. II, A. 2 L». YI, eli. a.
i a inathoé le nom que celte soîenoe a reçu* Ses premiers commentateurs ont pensé que sa métaphysique entière n'était qu'une inuodoction à la théolo^e qui la termine ; et> en effet f dans le dernier liyre qui est spécialement réservé à celle-ci ^ il résume sa métaphysique en rappliquant à cette haute investigation.
ff La caoseefficiente occupe le premier rang; » car, la cause finale n'est un principe que dans * l'intention de la précédente; l'idéal^ l'exem- ^ pktire n'est point séparé de la cause réelle ^ ment active. La cause efficiente est le principe ') de toutes les transformations. » Aristote dé^ signe ces révolutions sous l'expression générale (le mouuement* a II faut au mouvement un B premier moteur^ immuable lui-même; car ^ tout ce qui est mû est nécessairement mû par >■ un autre. D Tel est le fondement principal SOT lequel Aristote établit la démonstration de i existence de la divinité (i). U admet cepen* bnt aussi les inductions téléologiques : a L'unir » vers a été constitué et coordonné de telle ■^ manière que chacune de ses parties se rap- ^ porte aux autres, que toutes se réfèrent à un
'0 Uétapl^s.f lîv. XIV, ch. i à ô.-^P^sU.j Vin , ch. 4 k 9^-rDu Monde j ch. 6.
(8fl6)
» bttl «ommim , iiooiqM d'oits HMoiàr* 9 fente. Les naes, comme les oîeux^ sctni soq> HT mises à on ordre plus eonstanl et plus parfait , » les autres^ comme les phéoomèoes saUu*j> nsires^ k une disposition moÎM régulière ; 3> maisy les unes et les aotres conspirent an bien » général ^ et ne dépendent que d*an seol prin- B eîpe. » Arisloto compare Punîiers à ane fiimiHe sagement dirigée par Pautorité dn père de fiimille^ à un empire gonTcmé par «n monarque, à un concert que diiîge un artiste ha- Mie. Ici encore^ il s'élève contre les idaeè de Platon ; il les accnse de ne composer de 1 essence universelie qu'une £iUe mal oonçw , un drame sans unités de placer le système des êtres sous le gouvernement de principes multiples ex qui ne s'accordent point entre eux(i). Aristote, ordinairement si froid ^ si seo, s'anime subite- Bieat et s'élève lorsque la pensée de la divioitt se présente à lui ; son langage devient éloquent; il en appelle au témoignage de tous les siècles. tf Cest la tradition de l'antiquité ; c'ess la vériit 1» annoncée à tous les hommes parnoepremier» » maîtres^ que tout a été iasûtné^ coordonn*
■•i"i^^W^*"^i""^^^^^^^""^™"""^*i*iW.^^— ■♦■
(i) Métapl^s^j liv.XIV, ch. lo.
(567) » de Dîttty •! par Dim; que la nalurs tt'a iMtr- 1 dW-'inéiiie ancttoe Ibroa {iropre qui lui par-* f mil de eubsister sans eeite proteciion et ceila
> tateUesaprâme.Austi^qaekiiaes-uns desaii^ 1 câena aUirefit4Is jusqu'à prétendre que l'u«i* » Ters eet plein de Dieux ; msis , une telle pro-
> poniion est peu conforme à la nature dîyioe, B IXeu, sans doute, est l'auteur de tous les
> outrages qui composent le monde ; il en est
> le conservateor ; ma», il n'a point opéré à la V manière des ouvriers tnlgaires ; il n'est iujei » à aucune lassitude ; il a en Ini-méme tiM n iS^ree supérieure li tous les obstacles ; toutes s choses sont contenues dans sa puissance svh s prème ; son regard embrasse tout^ et il n'eut s point pocnr lui d^objet lointain (i), n Aristotè fonde sur une suite de démonstrations tous hm •uribou^e la divinité , son unité y sa perflNï^ ûon, son immatérialité, a Dieu est Pétre absolu^ D Fêtre nécessaire ; il est à lui-même l'objet s unique de sa propre pensée (a), d Cest un grand et beau spectacle pour les amisde la vraie pbiloeophie y que de voir le^ deux plus beaut génies de l'antiquité^ Platon et Aristotè , si o(>-
ff) Du Monde ^ A. 6, 7.
(3) Mëtaphyt,, Hv. XIT, «h. 7.
poiés d'ailleurs, te retreoTer dans un si parfait accord à Tégard de la doctrine sar laquelle repoaeul les plus grands intérêts de la morale et de l'humanité, se réunissant sur les pas d'Anaxagoras et de Socrate, pour offrir l'hommage de h raison humaine au suprême auteur de toutes choses !
• Les hyveê physiques, ceux de la génératio n et delà cofTupUony du mond^ du ciel, appartiennent à cette science miite ou subordonnée qu'Aristote fait dériver desapplica^tions de la mé • taphysique à l'étude de l^nature; car^ il s'est pou oopupé y même dans les deux dernièces > di ^ applications de la géométrie, et il n'a guère desûné à celles-ci que ses queêUans mécaniques. U semblait cependant, dans le chapitre 11^ du deuxième de ses Upres physiques ^ %TOÎrsai^i les rapports de la physique et des mathématiques , de manière à faire espérer qu'il en aurait lui-même tiré plus.de fruits.Hais, dans l'étude de la physique générale, il a été préoc- /îupé d'une idée dominante qui devait ^ surtout à répoque et dans les circonstances où il étai' placé , en partie égarer ses recherches , eu partie les frapper de stérilité. C'est ici l'écueil qti< n'a pas su éviter le génie d'Aristpte^ ici se foroi
( 55^') le nuage qui a obig^cîr^i;^ partie sas mérites ft . u gloire.
Eo ftisaoc dériva ]a physiqme général^ de iootolqgfe i Ari^loie a donné ani, QOïi<>ns ab-. itraiiea qm imposent cdle-pinne valeur r^lo qu'elles ne sauvaient avoir; il a fq^tjr^ioça^r sur U preaiière toutes les cons^quencJBS f})^- Vimpeivfecdoa qu'il avait laissée dans la .sç,epod|ç ^ il s'est détourné des investigations qui » sur. ,y.Qe voie plus légitime ^ promettaient des résukats p^ 4bondans et plus utiles ; il a mis obstacle à la vraie sdntion des questions qu'il avait d*ayanc#
Aristote ayût très^bien aperçu comineinty dans la fornotation de sas idées ^ l'esprit s'élève graduellement des individus aux éspèoes, des espèces aux genres;^ mais, il q'ayait point déoou* ^ert en quoi consiste le juste emploi des nouons générales aux connaissances .positives.. Aristûte avsdt coraprb l'utilité des classifica^ ûoos qui distribuent les phénomènes consiaelés connue des faits isolés ^ ot le principe qui doit présider à ces classifications ; mais, il n'a* \ajt point démêlé le lien qui unit ces phénomènes entre eux , et le moyen par lequel l'esprit humain parvient à le saisir. Tout en admettant ' ^ l'ipérience pour base du système des connais-
sancës , il n'aVait pas 90Cipc6h>ifië ^^ômineot l'expérience se décompose par une suite de cbmparaisons ihéthodiques , commeht elle se transformé pàt Tifiduclràn. • Dès lot^s > il t^^it ù'\t une idée fâb^sè des lois géhërales dé la nature, il avait jpartâgé l'empire de* la nature eu deui réglons bieh distliiôles, presque isdlée^ et indepeniîàntès' : Initie, régie paï* destiiTéts absolus, nccëssàif'es'; l'autre ^ livrée k la mobilité des acc^dèhs." ÏI u'avâit pas eolitoù ce rapport fécon i par lequel là généralité des lois k^ésulte de h yanété même des phénotnèues particuliers , et par lequel la mobilité des phétiomÂiies particu- Kérs n^est qu'une suite de la constance métnc des lois qui y président. De là^ la part qn^l attribué a la fortune et au hasard datis les événemens; de là^ la' puissance exagérée qn^I prête aux axiomes dans le domaine des réalités.
11 Êiut lui savoir gré sans doute d'avoir exerc une censure sévère àPégard desliypothéses th. ses prédécesseurs , d'aVoir exprimé une extréni*: défiauce contre Pemploi de ce genre de spéculations^ d'avoir en particulier (i%)mbattu le systèmedé Parménide , qui confondait tout dans l'identité absolue (i) ; mais il est k regretter qtte cpr
PI ■ .1. I ■ lia .
(i) PhjrsiCf liv. I, ch, a et 3.
tsprit iiiveslîgatear n'ait pas indiqué k son siècle commentles faits connus et séparément observés peuvent s'eipKquer les uns par les autres ; il est a regretter que cette défiance ne fait pas garanti loi -même d'ériger certains principes absolus qui , dans leur application , ont tout l'effet d'une hypothèse gratuite, comme celui qui établit que la nature agit toujours pour une fin (i). On doit lui savoir gré aussi de s'être attaché à déterminer certaines notions fondamentales, comme eelles du mouvement^ du lieu, de l'espace; mais les définitions en physique ont aussi leur danger ; lorsqu'elles sont déduites y non de l'examen des iâits, mais des simples spéculations ntionndles , lorsqu'elles sont introduites avant qu'une masse suffisante d'eipériences ait été recueiOie.
a Comme la connaissance et la science » ; dit Aristote au commencement de ses livres phy-^ siques , ce dans toutes les recherches qui ont V pour objet les principes, les causes et lès étéd mens, partent de l'étude de ces notions y> fondamentales , comme nous ne connaissons a réellement une chose, quelle qu'elle soit, que » lorsque nous en avons atteint les causes pre-
(i) Ph^sic, liv. II, ch. 6.
)i BÙères , les premiers principes ei les elemcns » constilun& y il est évi4ent que nous devon» li tendre avant tout à définir ce qui appartient )» aux principes des sciences naturelles. U faut yi donc descendre de l'universel au partîcu- » lier ; l'universel est un tout qui comprend les n singuliers eomme ses parties ; les enfiins i> commencent par donner le nom de père à D tous les hommes ; ils arrivent ensuite à ^^ )) tinguer les hommes entre eux (i). i» En conséquence, Aristote établit d'abord que let principes sont contraires / puis, il pose trois principes de toutes choses : la matière y la privation et la forme (a). Sa physique minérale n'est encore qu^une noipendature des notions «tbstraites qui appartiennent à cette science. Aristote tombe manifestement en contradiction avec ses propres maximes , lui qui avait tk souvent répété qu'on ne peut s'élever au général que par la comparaison graduée des objets par-tiouliers. Une telle manière de procéder avait d'auunt plus d'inconvéniens que le ^stème des faits particuliers était encore plus incomplet, et laissait par conséquent subsister une plus
(i) Physicy liv. I*', ch. i. — Liv. VU, ch. i. {^) Ibid^ liv. P',ch.6,7, 8.
eraada iniMrfeetion dans les ootiou» eé qM Fetprit humain avait pu eo déduire.-
Yenons enfii^ àoet ordre de sciences qu'Anstote à appelées pratiques y et qui ont cela de propre, qu'elles se rapportent à un but, à ane Go, que choisit et se propose , dans ses acâoQs ) Tiâtre libre et raisopnable.
U se, divise en. trois branches principales ; X Ethique p la PoUUque y V Économique ; mais ces trois branches sortent du même tronc , et soot'iiitimement liées entre elles, a Car , la sor* âété n'esl instituée que poqr procurer à chacun de ses nifombres le plus grand degré de félicité et de perfection morale (i) ; la morale, à son tour, tend à reiylre chaque individu ^yissi utile ^oTû est. possible à la société dont il Ëiit partie; Téconomie privée ou publique est l'un des moyens de contribuer au bien-être indi* fidoel on commun, d
«lia priorité appartientàrEtbiqueou morale, parce que c'est elle qui détermine le but et la fin que l'homme doit se proposer; mais la prééminence appartient à la politique , en ce
(i) Etkic. ad Nieom.^ lir. T*^, ch. ly^^PoUtic. liv. I** , ch. 8 , 9. -«-Ltv. m I ch. 6.
leâsque Téthiques^adrefi^e iettlemMt à lliottiiiM privé y et ^tie la pôlitii[iie s^adresse a la iométë entière; ainsi les influences de celle-ci embrassent dans leur généralité tou^ les bienfatts qù^on peut attendre de la morale particulière (t). i»
Ici encore, Aiistoté, dès le début, Relève contre la tbéorie des idées de Platon , «tqaoiy> qu'elle ait été produite, dit<^i!,' ptar des D hommes qui étaient mes amis ; mais la téiï rite doit nous être plus chère qtie F^miûé 1^ méme^ Le vrai bien est tout entier danàa ta D réalité ; il se compose d'élémenà trè^^^Mnés; )b il ne peut donc consister dans cette abstne* v tion universelle que Platon a inanitllée {%). o
a L'homme est un agent libre et raisonnable ; » comrafe agent libre, il n'est point cônCraiin^ D mais il eierce une activité spontanée ; ooiîiflM )) agent raisonnable , il réfléchit et déKbère pour >i choisir (3). i)
(( Dès lors^ il doit se proposer un bm en D agissant ; chaque action ^ cbaque art a te fin ^ particulière; maisilyd^entrecesfinSj, comme D entre les arts , une certaine progreasiod ^ une
^i) Ibid,^ liv. I* , ch. i et 2.
(a) EÛùc. ad Nicom.^ liv. P', cb. 4.
(3) jWrf.,Hv. IV, ch. 3,4,5.
0 €6rlaiii6 soborâkiaiîon ; il y a donc im bat S) sttpëneor MMjuei tous les autres dqîveDt coi>- » spirer ; ce bat doit être recherché pour lai** i> même ; loos les autres ne sont recher- » ehés qu'à nâson de lui; c'est le souTerain » bien (i)« D
a Le souverain bien consiste dans la pcrfeo* s tion ; le bonheur et la vertu ne sont qu'un » avec lui (a), a
« Le droit se fonde sur l'égalité ; h justice y s dans le sens rigoureui , . est le rcsfiect pour s le droit ; le droit est anté(*ieur aux lois posi- V ttves , et leur sert de base (3). a
De ces principes découlent à la fois la morale et la politique d'Aristote; ils fondent l'alliance de ces deux sciences; car^ a ruiiliié a commune, le bien de tons, est le but de la D politique 9 et^ pour y atteindre^ elle doit a avant tout garantir les droits de chacun , et '• s'appnyei* sur la )ustice. Le règne des Ims A doit être supérieur à celui des hommes (4). a
Cest dans cette double carrière que se déploie
(i) lùid, , lîT. I*, ch. I y a ,
(a) Jbid. , ihid. , ch. 7 , 8 et i3. — Lit. Il, cb. 6.
f3) /WiJit.V, ch. 5,6.
!:4) PoKHc.lir. l^^ ch. i Liv. III, eh. 6 et ta.
louie k tnpërionté du génie d^Aristote ; ici $ rederenu fidèle à ses maximes premières , c'est sur Pexpërience (qu'il a fondé la théorie j la counaissance des hommes y le commerce du monde, l'étude de Thistoire, lui ont fourni en abondance les faits et les observations ; leur variété en a rendu la comparaison plus complète et plus féconde ; il a pu obtenir des nomendatnres exactes, que leur richesse même rend plus exactes encore ; les résultats qui se sont offerts sous ses yeux lui ont servi à vérifier les notions spéculatives; il a pu reconnaître le vrai par l'utile. 11 est admirable lorsque , dans son Ethique, il énumère ^ définit, distingue, classe, subordonne les unes aux autres toutes les vertus humaines; lorsque , dans sa Politique, il détermine les trois grandes formes essentielles des gouvernemens^ les trois altérations qui les dénaturent, recherche l'esprit de chacune d'elles , les combinsûsons par lesquelles elles peuvent se modifier en s'unissant, applique ces considérations 'aux constitutions des divers états , aux révolutions qu'ils ont subies.
Aristote, comme on voit, n'a point fondé la morale sur le principe de l'obligation ou du devoir ; il Ëiit consister essentiellement la verta dans la modération ; non pas précisément dans
l'obsemllion d'un juste milieu, comme Vont cro les commentateurs^ mais dans cet empire sur soi-même ) qui triomphe tout ensemble et de l'impétuosité des passions et de la faiblesse de la volonté , qui préserve ainsi de tous les excès, en même temps qu'il donne la force nécessaire pour accomplir ce qui est bon et juste (i).
Aristote n'a point considéré le code de la morale comme une loi qui émane delà divinité; mais y il a considéré le but de la morale comme quelque chose de divin , sa pratique conune un exercice qui rapproche l'homme de l'être sou* verainement parfait ; <£ car , la vertu consiste à ressembler k celui qui est la perfection suprême (2). 7> Ainsi il s'éloigne de la doctrine de Socrate; mais, il paraît de nouveau se réunir à celle de Platon (F).
Aristote fait dériver l'état de la fiimille et la société civile , de la société domestique. Il montre comment il y a des rapports primiiifr et individuels entre les hommes , des biens pri-vés pour chacun d'eux ; comment ensuite ces rapports s'étendent , se multiplient ; comment
(i) Elhie, ad Nicom, , liv. II , ch. 2 tt 3. (a) lèid. y lir. I** , ch. 10.
des biens communs et indivisibles demandeni une gefstion générale. Il distingue Fadroinisiralion delà législation. Considérant, à Texemple de tous les législateurs de l'antiquité , l'éducation eomme la base des insUtutions politiques , il lui consacre une part essentielle dans ses études, et la dirige éminemment vers un but social. Dans cette erreur célèbre et cruelle sur l'esclavage, qui dépare sa politique, nous retrouvons la même cause qui Ta plus d'une fois égaré ; il a converti un fait présent en principe absolu ; il a généralisé trop aveuglement un axiome ; car, son raisonnement se fonde sur la maxime déjà citée : lue droit suppose Inégalité {i)i et c'est pourquoi il n'admet aucuo droit dans les enfuis, aucune limite dans l'autorité paternelle.
Il nous reste à considérer le troisième et dernier ordre des travaux d'Aristote , ceux dont la matière est instrumentale, y c'est-à-dire ceux qui ont pour objet l'institution des méthodes » l'emploi du grand instrument de l'homme, son intelligence , et des instrumens secondaires qui Tassbtent dans ses opérations»
(i) Poliiieky liv. l", cb. 5,6.
Dfl peut dire à quelques égards, que, mSnie dans l'élude d'une partie des sciences théorétî- (|ues, Aristote a souvent traité plus encore les règles de l'exposition que les principes générateurs, qu'il a créé aussi des instrumens plutôt que des connaissances réelles ; car, sa métaphysique ei sa physique se composent essentiellement , comme nous l'avons vu , de définitions et de nomenclatures. Aussi y dans ses traités didac- {iques, reproduit^l souvent, ei jusque dans les nièmes termes , «'des séries entières d'idées rjui appartiennent a ses doctrines spéculatives.
L'esprit de l'homme est son propre instrument à lui-même ; le langage vient ensuite lui prêter son secours; l'art de démontrer, l'art de rorateur, celui du poëte se partagent l'emploi de cette puissance qu'a instituée l'alliance du langage et de la pensée. La connexion qui unit naturellement la grammaire générale à la logique 'Icvienc bien plus étroite encore dans les vues •i'Aristote qui a fait consister exclusivement la togique dans l'art de former les propositions et ' le les enchaîner par le lien de l'identité; car, cette hlentité repose sur la valeur attachéeaux termes, 'H la logique, telle qu'il l'a conçue, consiste '^sentiellement à retrouver dans les exprès^ ^ions ce qu'on y a mis en créant la langue. II. • Pi
Lm trailÀiliAmtote que les iiiierprèti8sgrec&, •t les modernes cPspris eux , ont réoni scmis le sitre oommim A^Or^anony ne forment évidemfnenl qn'un corps ; U a voolu y réunir le sjsléane complet de tout ee qjui concerne k vé viiéyla certitude de la connaissance iMunaine, teUes qu'elles dépendent de la nature de Ten- Rendement , des limités qui lui sont posées , des lois qui les régissent.
Une vne grande et neuve a présidé k ce vaste plan qu'Aristote a imaginé gour instituer le code de la raison humaine. Les conceptions de Tesprit , ou les idées y en prenant ce tnot dans Tacéeption oixlioaire^ sont lès -matériaux de Tcdifiee que la logique est appelée à construire ; Il ftntdonc d'abord faire la revue et l'inventaire de cet immense approvisionnement dont Tesprli est pourvu^ le mettre en ordre y déterminer la naVire deaiîcliessesr<|ui les composent , les cUnaer, lés distribuer en genres à la manière dos naturalistes ; de là les Catégories. On peut supposer que la décade pythagoricienne an suggéré cette invention au Stagyrite; cepcndai cqmbien il y a loin de l'une à l'autre ! La prc» itHere, formée presque au hasard, n'a qu%in aymétrie apparente , confond les espèces dan lesgenresy et laisse beancofpp- de laennes. L
(371) teoonde est nu vém&ble trait degënieé EUd^appardflDt i la pajcologieauiaiit qu^A la logique ; elle ibnne leur consangiiiiiitc»
<K Comme les notions de reniendement sont les ima^ des objets (i) ; comme toute cotmai»- «saoce commence' aux objets particuliers et individuels » classons d'abord les idées que nous nous en fi>rmons d'après cet aspect sous lequel Ils nous sont offerts par la nature» Or, les objc(s nous sont ofièrts d'abord distincts les uns (les autres 9 cooune ayant cliacun une existence propre et individuelle ; et c'est la substance* Après les avoir distingués entre eux, nous les réaniasons ou les séparons ^ et de là la quantité. Noos les rapprochons ^tre eux, nous observons comment ils se comportent réciproquement, et de là la relation. En les comparait, uous remarquons ce quîTait que chacun est tel ou tel, et non pas un autre; c'est la qualité. L?s ot^els agissent les uns sur les autres ; l'un produit, l'autre reçoit l'effet qui en résulte; ils !oot dans un espace , dans nn temps; les parues qui composent un objet observent une ceruine disposition entre elles; un objet peut
(i) Jf€ inurprttat* , db. i
apparieûir à l'autre comme sa partie ou sa dépendancej de là les six dernières catégories, qui ne sont guère que les sous-KUTisiolis de la trobième (i). ii>
Aristote donne le nom de premières notions à ces catégories. Les secondes noûcHis^ ou les catégorémes sont :,le genre , V espèce ^ la différence j le propre, Vctccident; elles constituent tous les attributs possibles (2). (G). P
(C Jusqu'id, il n'est rien encore qui soit sujet à la vérité ou à l'erreur ; car^ il n'y a rien encore qui constitue l'affirmation ou la n^ation. L'opération du jugement viendra com- . biner ces élémens épars. Le possible et l'mpossible y le nécessaire fi le contingent , s&roni les liens divers employés à les unir en un &isceau (5). »
S< La proposition qui exprime le jugement est donc composée de trois termes : les noms eu sont la matière ; le verbe en est le nerf (4' ; l'affirmation ou la négation en est le caractère et le' signe. Plusieurs propositions liécd
(i) De Categor. , ch. 3 à 9.
(a) Topic. ^ liv. P' , ch. 4-
(3) De interprétât.^ ch. 2^ 3, ti, 12.
(4) /Wrf. , ch. 2, 3.
piitre elles constituent le ^ai^onneme^(. Le
{ aisûttoement le plus simple , le raisonnement *1
rlémaataire y est celui qui unit deux idées au
moyen d'une troisième, qui se compose ainsi
de trois propositions : les deux prémisses et
la conséquence. Yoilà le syllogisme ^ dont le
Dom indique cette association qu'il opère. Aris*
tote l*a reconnu, défini; il en a tiré un art
nouveau , dont il a suivi tous les développe-
mcns y institué tdutes les règles. Le livre de fi/i-
terprètation a pour objet l'exactitude de la proposition ; les analytiques. y la légitimité du rai-
sonnement; les topiques enseignent a trouver
des démonstrations ; les livres des jàrgumen"
tations sophistiques, à prévenir les erreurs où
les vices du rabonnement peuvent conduire.
Aristote j le premier^ a analysé la nature de la proposition et du raisonnement abstrait; il a porté dans cette analyse une exactitude si rigoureuse' ]ue ses résultats sont demeurés tels qu'il les a¥ait fixés , et que jusqu'à ce jour on n*en a ieii retranché^ on n'y a rien ajouté} elle a pris dans ses mains le caractère d'un théorème ::t^métrique.- En faisant cette remarque ^ nous Ne prétendons poiut^ au reste, adliérer à ropi7 'lion générale qui considère cette analyse comme î^irfailc ; mais, ce n'est point ici le lieu d'exa-
( 57-4 ) miner ai /comme nous ie pensons, elle e^t incomplète en ce qui concerne le jugemoat des faits.
Ayant une fois détermine tomes les sortes d'élénxen^ qui entrent dans le double ordxe de combinaisonsi le jugement et le r^iisonnement, ayant déterminé également les divers modes suivant lesqueli ils peuvent s'unir cptre eux pour foraicr ces combinaisons, on cooçuit qi<c les eombin^isons cIles-Hiêmes qui en résulteront seront susceptibles délrc prévues et rangées , à leur tour, eh un certain nombre de classes qui auront leurs conditions propres , layrs caractères dis^nctifs. Des lors; on |X)urra construire • l'avance une suite de formules qui représenteront tous lés résultats possibles, leprs propriétés constitutives et leurs signes extérieurs. Pès lors aussi on pourra composer un code de règles qui fixeront d'une manière invariable la légitimité xles conséquences auxquelles ces déductions viendront se terminer. Telle « été Id , conception ingénieuse qu'Aristote, sous le nom de figures du syllogisme ^ a «xécutc avec une rare sagacité et une singulière patience.
Cette conception, au reste, par sa nature même, n'embrassera que la foràie du raisonnefoetit, et non çon essence ; elle r^ra le ian-
g»ge plu qu'elle n'édairei^a les opénuou He Yeêftn; elle fera à quelques ëgafds pour eserôoes* de le nôsou ce que l'algèbre s été pour la gfio^
métrie* Noos n'autiona garde de suivre Arisiotedana
rimmeuse travail qu*il a entrepris ; il est gooligné dans toutes les logiques des écoles* Ou ne peut a>nte6ter à ces formulas le mérite de. I exactitude, a leur créateur, le mérite d'une invention irès-ingénieuse; mais, il reste à oonâdérer ensuite cet instrument sous le rapport de son utilité ; et ici quatre points de vue ae piésentent^ quatre questions peuvent nattre.
x\ Quel peut être l'emploi des formes arit* UMéliqoes dans Tordre des vérités réelleset posir ûves ? peuvent-elles même y recevoir une application quelconque ? leur auteur a-t-il prétendu les faire servir à cet usage, ou concentrer mnqnement leur application aux vérités bypo-
tbéuques?
U est évident que ces formules sont dépourvues de toute valeur en ce qui concerne les rapporu de Tesprî t humain avec les objets réels, qu'des peuvent seulement sai»r et gouverner les rapporu qu'ont entre elles les idées qu'il s'en est formées. Les objets étant donnés, elles serviront à iaire retrouver les conditions qui y sont a t-
( ^'5?^ ) tacnécs ; niais, cites supposent ion joiKScette routière extérieure déjà existante^ et sont inliabîles k la créer. Ea effet, leur principe général estceluici : a si on affirme un attribut d'un sujet, de ^elle y> manière que y sous l'idée de ce sujet , on n e » puisse concevoir aucun objet auquel cet ai~ j> tribut ne convienne , l'idée de l'attribut sera D entièrement contenu dans l'idée du sujet j ce ^ cet attribut conviendra au sujet d'une ma- » nière générale (i). i>
Mais, c'est en vain que nous interrogeons la pensée d^Aristote sur ce poim; elle nous échappe an travers d'assertions vagues ou contradictoires ; non qu'il n'ait bien distingué les deux ordres de vérités qui résident l'une dans l'esprit, l'autre dans les choses, niais, parce qu'il n'a pas ^déterminé le raj)port qui existe entre eux, ainsi que nous l'avons déjà remarqifé plusieurs fois. Tantôt il reooonaît lui'-Doeme que le syllogisme n'a qa'ome force conditionnelle, se bornant à déduire ce qui a été supposé dans les prémisses (3). Tantôt
(0 Analyt* Prior.^ liv. 1, ch. i.
(2) Ibid, ibid. Métaphys, , Hv. V , ch. 7, 2g. — Liv. VI , ch. 3.
J &uppo«e au GOQlraire que la science obtenue or les déductions jouit nécessairement d'unt vériie ol^ecûve et matérielle , et il se fonde sur ce que les idées oouini&stent la présence . •les objets , sur ce que nos percejpdons corresçlK>Ddent aux objets eux-*mêmes, comme des '.ifeis k leur cause , supposition qu'il admet 'n iàit^ «ans chercher i la justifier (i); il disliogue las principes nécessaires , on cuciomes y e( les principes conditionnels, ou thèses s les principes ^niieZf et les^priocipes matériels (a); taatot il rattache tous les principes à un principe unique , celui de la contradiction; tantôt il leur associe ceux de la conpeaancey ou de ^exclusion ; untôt il admet encore un fonde* ment réel, on la cause (3). Enfin ^ si on le suit iaas la pratique, on voit qu'il conseille l'emploi iii syllogisme dans l'ordre des connaissances teUeSy el quHl en prévoit, quHl en règle l'ap* • licaiîoa , comme si elle était possible (H). '
(i) De interprétât, y I, De Famé y lîv. III, cb. 6. — MéCaphis.y liv. IX. ch- lo.
'2) Jnafytie. Pose. , lit. !•' ch. a, 3a. — Anafyt. Pnor. , Uv. II, ch. %.^Post. , Hv. I»'' » ch. a, 3a. — iî, ch. 17 — Topic, Ht. II, ch. 3.
'3) ÇaHegor.^ ch. ip.
^. Quelle sera la caritiude des coDmiatuices fondées surune lemblable légialatioo ? Au delà èe là certitadb absolue , n'y a^t-il pas une sphère deà probabîlitës ? quelle en est la natufe î quels mnt les degrés dont elle se compose ?
Icreneore, méines hésitations, mêmes doutes. H n'y a de certitude que pour les choses^ néces^ êerirea. La nécessité est tour à tour expliquée ou par une lot rationnelle qui n^est au (bad que ^identité , telle que oeUe qui préside aux vérités acmlhématiquesi ou par je ne sais quelle oondition mtureUe et matérielle des olioses , qui ëchap|)o è toute définition* Le contingent est ahaodonDé aune destinée vagoe et indéfinie qui semble ue reconnaître aucune régie; c'est Fopimoo,1a eroyanoa ; c'est ce qui parait vraîsembbJ^le au oommundes hommes. Aristote n'y distingue, n y détermine point les divers degrés de Traisenibtaoce,ue donne aucu» moyen delea étalaer* 11 ne paraît pas même soupçonner qu'il y aie une lo* glque des probabilités, que cette logique ail se» principes aussi certeinSf &e$ règles aussi absolues, ^ùe celles des proposiûoxis nécessaires ; que , IH^ exemple, quoiqu'on ne pwse savoir ^^^^ Mrtitnde quelle face noua prisentena un o* ^té an hasard , on sait avec oertitadei qu'il y a une chance égale pour chaque face, et quVn
( 579 ) peai m déduira combîeii il j a de eba^ees ponr obtenir td ou tel nembre dans leB oombmai^ soos que le jet da dé peut donner. U dooue cependant lé nom de dicUeoiique à Vairt de rai-» sonoer sur les éveotualités des choaes con^ tingeoies ; et , d'autres fois , il donne encQr» U nom de dialeotique & Pari delacontrorerae; comme s'il pouvait y avoir, logiquement par* Lini I ua autre art pour démontrer la vérité ea réfuter Terreur dans les discussions avec lea autres hommes ^ que pour recopnatire la vérité OQ démêler l'erreur ^ dans la méditution soli^ laire (i) (I).
3*. En quoi les formules aristotéliques peu-' veQi-«lles servir a l'investigation et à la découverte de la vérité ? peuveot-eJles même prêter à cet égard quelque seoours utile ?
Si nous considérons ces formulea en eUes* i&émesy la réponse sera Sicile ; tt, xïomme Arisn tote n'a pas compris en quoi les propositiona abstrsites et générales servent à transformer le^^ propositions concrètes et délerminéas, ass fon* ulules aont^ pour l'invention^ d'une
(i) A0i^yi. Fast. , IW. I , eh. 6 , 8, 3e. — Topie, « itf. i, ch« I ta» 8.
maiiiio6le« Elles sont pour l'espiit huniaîn ce qu'est pour le .proprîéuîre d'une* bibKothèqiu' 1^ catalogue qu'il on a dressé, et qui lui sert à y retrourer. les livres qu'il y a fait entrer, san** pouvoir lai procurer aucune acquisition rcello. Gependaut Aristove ëiait sur la- voie de ccut^ grande et féconde discipline; il y avait prcluilt' en instituant sa théorie des causes. On ne peut assez s'étonner de la lui voir abandonner, pour se jeter dans les artifices, ingénieux sans doulc, mais si peu énergiques , qui sont Pobjet de ses Topiques^ réduire l'investigation de la faison \\ trouver les termes moyens des syllogismes , ci à fouiller -dans ces cases , si l'on nous permet oette expression ; qu'il a disposées à l'avaDco pour i^ormr. les élément d'une argumenutiun quelconque/deleToir retombant encore icidans ses fluctuations accoutumées, nous représcnM tour à tour ces lieux ou rnoyens comme instromens de controverse , comme servant à éprouver, à contrôler, à réfuter les opinioD>, et comme de vrais ressorts de la philosopliic , contribuant à procurer l'avancement de toutr^ les sciences (i).
(i) Topic,^ H?. I f cfa. a.
4%£iAfin^ en quoi la logique d'Aristoie peut-^' elle GODtribuer à Implication de la raison , k la lioane direction de Fesprit hûmàin> à on exercice salutaire de ses facultés ?
Celte question^ Arîsiote ne parait pas se letre adressée à lui-même. Nous sommes suri»rîsde voir le philosophe qui avait si bien étu- «iié la nature de l'esprit humain , qui niettait en général tant de prix aux résultats pratiques, négliger cependant de tracer pour la raison le ré- ;'inie propre à développer et entretenir ses forces, 86 contenter de lui prêter des secours •xtérieurs, artificiels; lui donner des obser-*' vances au lieu de conseils, disons plus^ àvoriser même sa paresse et son inertie. Car, :tîl est le caractère des formules syllogistiques , ]nVlles semblent imaginées pour fournir un nuyen de juger sans voir^ de raisonner sans rêlléchîr, qu^elIes rédubent le plus noble exer- • ice de rintelligence à un travail presque méca- •liqae. Elles composent Tart d'argumenter , non i^irt de penser. Elles font descendre celui qui en ûi usage, de la dignité de philosophe, à une sorte •le métier dans lequel il ne reste qu'un soin 1 exécution; il saura qu'il affirme la vérité, parce qu'il en a la garantie dans les règles sui- < les ; mais , il ne la posséclera pas en tant que
Vrnièf fMirM qu'il «un ëié dispané dm oMcevoir rmohato^meai dm idées qtd la fixidam ; U proBOBcera sar la foi des formulée^ et non d'après sa Gonvictioa propre ; ainsi^ cède vérité même ne fructifiera point entre ses maina, prce qu'il auraëte inhabile à s'en rendre ooospie^Oa dirait qu'Arisiote , par des médilatîoBS harpes ^ par de Tasus eombinaisons , s'est cbargé à l'avance de penser pour tous ses disciples, de prévoir tous les jngeniens qu'ils pouvaient porter^ et leur a légué ensuite les signes sensibles ft certains auiqnds ils pourraient reoonoaiire si ces jugemens sont ou non Intimes.
La législation qu'Aristote a imposée à lootc» les sciences et à tous les arts^ plus forte mille fois que celle que Lycurgue donna à Sparte , est encore en vigueur après viugt-troia siècles ; elle a dominé tout ensemble l'enseignement de la théologie et la cbaire de Févangile ; elle gouverne encore notre barreau , rèff^e encore sur notre scène tragique; elle a subsisté au milieu du mélange des peuples^ des révolutions survenues dans les institutions y les mœtirs et 1*> langues. Quelleest donc cette puissance delà philosophie à laquelle il a été donné de marquer d'avance au génie les orbites qu'il lui est permis Je parcourir dans lotitas les' carrières et pen-
ètM b foiM im ^m 7 Et II ^wâk h»mâV «levait Vâirè ëlevë eeloi qui li^t cafttbla à$ •'<•»pirer d'iule toUe puùsance I L'euoifila mi ê'em produit qu'ttoe seule foU dans riiiftlgîfe f ^r ^ CaaùMée, Zoroastre ont dû aux iustitutiojit politii)ue8 ^ religieuses la durée de Tempirai qu'ila ont exercé sur des peuples à demi ci^ ▼iUsis; Aristote n*a dû, qu'à lui-mdme cév^ qu'il a obtenu sur des nalions éclairée9«
Ces conttdéraUons nous expliquent en qne^i llnfloeoce exercée par Aristote diffère de ceHa obtenue par Platon ; car , nous retrouvons en» cote ici entre ces deux philosophes un contrasta «smbbèleicdui que noua avonaremarquéentro ks diapositions qui étaient propres à chacun* LlnBuenoe de Platon a été plus prompte » mais plus md>ile; celle d' Aristote beaucoup pins tavdive^ ma» plua fixe. L'influence de rW ton. a été plus vagqe et plus générale; ceUa d'Ariaiotea été plus exclusive; elle s'est presque concentrée dans ses propres disciples. Platon a régné par la puissance de l'inspiration ; Aristote par Pempire de Pautorité ; Platon a légué ses exemples, Aristote ses préceptes. Platon a esdté rentbousiaacne des penseurs, il a fiivorisé les eomamplationa des mystiques ; Aristote a eu la tiftirage des érudits; il a gouverné lea
écoles* Platon s'est associé au cliristianismo dans les beaui siècles de son adolescence ; Ari^* tote s'est assis dans les chaires du moyen âge. 11 y a dans la doctrine de Platon une sorte de force excentrique et fécondante qui sert à produire dans ceux qui s'en pénètrent des vues toujours nouvelles^ quoique peut-être téméraires^ et qui les jettent même quelquefois dans des spéculations faniasdques; les règles d'Arîsioie ont une force en quelque sorte cocrcilivc qui tend à prévenir les écarts^ mais en interdisant toute hardiesse dans les tentatives.
Hatons^-nous de le dire au reste, ce contraste ne s'est montré dans toute son étendue , en ce qui concerne Aristote, que relativement aux siècles et aux écoles qui se sont bornés à étudier sa philosophie instrumentale^ et telle a été la condition des écoles du moyen âge. Cet appareil de règles absolues convenait merveillensen^ent aux temps ,' aux pays qui proscrivaient toute liberté de penser.
II y a dans les formules mécaniques , dati-* les nomenclatures rigides^ une puissance secrè^i qui subjugue les esprits médiocres, qui ioipoy à la science une loi de fixité et d'immobilité, lu philosophe gouverne les esprits quand ij a |n
fiiire adopter une llingue, cotnnie Ite'fbndtfteufi (les empires gouvernent une natîoh ' qUakid iU OTU pu Kit donner des fntietirs. JE^en ii'ëtait plus commode pour les eispiits sefvilès qoé d'apprendre ainsi d'Ari^tote ce t^âHfei d^Talelit penser ; rien n'était pfns fiirdrabté pôiJir ceux qui avaient intérêt à maintenir la frivolité «les esprits., que de recevoir d'ArisfùCè des i(}5trtâk)ens propres i les relenfir ilons le
fOUg.
Atistoie , auprès des esprits Supérieurs , au-^ ]>rô$ des esprits indépendans , a pn obtenir^ à imVit^ d'obtenir un autre genne d^dât^ettce. It nmi soulevé une multitude de questions et l'ordre le fhâs relevé, posé des probièitfies , W«l>naié des doutes, sou vtsnt sans oser les résoudrez 1^ parallèle qu'il avsit établi entre les cphiioas (le ses prédécesseurs , lès Ao<nbréut eiemples (loot il avait déroulé le tal^lean ^ fouriMssâieBftit ^jet ^es méditations les )»Ius fructueuses* Il ^affisatt de prendre sa doctrine oomme ufn [)OÎnt (k départ , au lieu de la considérer comme tournant les colonnes dliercule des etplpratioDS "^cîentMLques.
Platon Cl Arlstote^contolér^danstduireii»
^^^mbte de leur doctrine , ont été cemoie ha Henx repréac>itans des deux graYid$ besbins de II. a5
là raiion humâina , qui tendent Tun à la MntMiplation y l'autre à ractîon ; ils le3 ont en quelque sorte personnifiés en eux - mêmes ; et de là vient qu'ils se sont en quelque sorte prtagë l'empire des générations qui les ont suivis. Par ,un dernier contraste dont on ne peut assez s'étonner , Platon , qui (âbaît dériver toutes les connaissances des notions exemplaires etarehéty pes empruntées au plus haut degré de l'abstraction y a cependant ordinairement procédé dans ses récits d'après cette méthode analytique qui part des exemples particuliers et qui opère parla voie de l'indacûon. Aristote, qui disait reposer le système des connaisaances sur l'expérience , a souvent, dans ses écrits f procédé par ceU6 méthode synthétique qai descend des axiomes aux vérités particnlièresy et c'est sur cette méthode qu'il a fondé M logique.
• Quelque opposés que soient ces deux graDd> philosophes dans leur esprit , dans leurs former, nous avons eu occasion de remarquer , cependant, qu'il y a entre leurs opinions sur certain^ points essentiels bien plus d'analogie qu'on tk serait porté à le supposer. Aussi, a plusieurs époques, et spécialement dans les siècles où a régné une plus grande liberté de penser, on .1
(-387 ) esstyë de les mettre éQ accord| et ib ae tout prèles à cette oobciliation aveo.ude esses grsnde facîKlé (K).
L'eDseî^^iD0fit ^'Aristote Tut laîa d'obtenir dans les premiers temps l'écltt et le succès quHl méritait. Il n'avait rien qui s'a^ dressât à rimagination , ni qui flattit le goût des Grecs ; ses écrits furent long*tecnpa ignorés. Le Lycée , à sa naissance , demeura donc dans uoe sorte d'obscurité. Les premiers pécipaléti*oeos semblent d'ailleurs avoir été peu capables de FeD faire sortir; nous ne voyons pas qu'aucun d'eux se soit distingué par des vm/çs onigirnalesy ait rien ajouté d'important à l'héritage du fondateur. Ils sont restés comme accablés sous Je poidsd'un si vaste système; le soin dç le cpmmen* ter leur offrait un suffisant exercice. Théo[^raste et Eudéme se livrèrent les premiers à ce travail que Tobsconté dui texte d'Aristote et soO' extrême concision rendaient d*ailleurs asses nécessaire; leurs écrits ne .sont guère a regretter (que sousce seul rapport ; mais , iisuffit pour les faire regretter. Nous voyons, par exemple, queThéophraile avait développé la notion du moupe-^ rnent^qui dans le texte d'Arisiote paratt ordinairement trop restreinte , considérée comme et primant le grand ressort des operaiions de
^la AaCttie'^ et qii'il l'ospbque, aiimi<)urAritlole liiÊÊB doine l!«f ait eotendae loHinâiiiè^'eQ y comprenant toutes les transformatîoiis ^i|ui rc- -stiltent -d'une foroe actWc f càim^^k même qui 'tfésblteiii dès opérations de i'eajirîL «î Tkéo- ^> pbraste*^ dit Sextus V empirique^ admettait '» avec Aristote deux critérium ^ les sens pour o les b}>îetB extérieurs^ l'enieBdemeet poar 'V tes conceptions de Fesprk^ aocordaîtàFan et -)i à Pautœ uiM égale éridenoe. Ilajoulak que '!> le preinîcsr de oes deux critérium , étranger ^ a Ipi ^Bi^on et neVappciyant sur aucune déo) inonstratîon , a la priorité dans Fondre dn o» temps; tBais^qo'au second apparient la ^rériy^ laUe prééminence de la puissance et de la *» dignité. Le premier rempKft la fonodini de y^ l'instrument; le second celui de l'ouTrier. ti Car^ de même <|Ue nous ne panvoas sans > une balance peser les corps gravaaou légers; 71 salis une i^gle, comparer les tignw droites ^)l ou obKqnes, l'esprit ne peut lîatt Térifîer ^ sans les sens (]). ^y
^ l'béopbraste et Eudenye* remplit^ent ^ an rapport de Bocce (2) ^ la lacune qti'Arisiotaayni'
{i)'Adv. Logic. f liv. VU, § 218, 226.
(2) pe Syllogismis hypoAeticîs.
lies ajfUogUme^ hy{>aihéiiques ; a TlifppbrMfce i )) M les exposa qae d'une insmère sovi-t' » oMÎre; £odéai« leur doona .plus de ddiKe* ^ lo^ettieptj uiais, cf^ ne sai^t que d^t^cp^il**. n ces d^ot il paraU avoir recueilli p^ d^.
^) fruits» »
Dicçeitrque. et Arisloxéoe voului^eni d^fferr • miner )a notion de YentéUchie, et la d^*, Daterèrent; ils revinrent à cette opioion %ujf/ tait consbter l'âme dans une triple harmonie j opinion qu'Aristoie avait combattue avec tant de soin. lU firent dépendre cette harmonie de l'organisation du corps, et c'est [ourquoi quelques» anciens , Cicéron entre autres p les ont rangés parmi les mfttéria- .stes (i).
Stralon de Liampsaque succéda à ThéQ-^i l'hraste dans la direction du Lycée. U reçut l^> nom de physicien^ parce qu^il s'occupa essenr t ellement des systèmes de cosmologie» Il se
f) Stobée, CeL Phys., % 795. — Seitus TEmpique , Byp. Perron. , llv. 2 , § 3i . — Adv^ Logîc* ,
f.. "Uj TitSCltl. I, 10, 27.» *
(390) .Ht»p%^M «tTidemmeoi de rivalitt^r avec Ëpîcare ; cublis6ttul en piincipe la divisibiliié de la uittûère à riniiiii, il ne construisit point, cuinoie Epicure^ la nature avec des atomes», mais avec des forces. Abandonnant la doctrine d'Aristote sur la cause première, il bannit nnlelligence et la sagesse des phénomènes de ISinivers , comme il se refusa à reconnaître dans ces phénomènes le caractère d'un plan et d'un dessein, a La nature , suivant Straton , possède y> en elle-même une certaine force de vie et D d'action ; elle n'a ni sentiment , ni forme ; » toutse produit de soi-même , sansl'înterven- D tion d'un ouvrier et d'un auteur, n Ce système que lui attribuent Cicéron (i), Sextus l'Empirique (2), et Lactance (3) , flotte entre ratbélsœe et le panthéisme. Straton fit consister exclusivement l'exercice de la pensée dans la sensation; le premier , il donna un caractère absolu à cette hypothèse. U imagina, dit Sexlus l'Empirique 9 a que l'entendement aperçoit les 9 sens, comme par autant d'ouvertures qui
(1) De natur. Deor.y I, 11.
(a) Hyp. pyrrh. , liv. IH , § 3i.
(S) De nai, Dei, cb. 1.0.
3 M dirigent iur les objets. II ne diatiogiia p que deux sortes de vérités, Tune qui fé- » side dau^ les choses , dans Tautre le lan*^ « gage (i). D On cite sa définition du temps qu'il appelait la mesure du mouvement et du repas (o) (L).
Parmi les disciples deThéophraste, se distingue encore Déœëtrius de Pbalère qui obtint une grande réputation comme orateur, qui i gouverna dix années Athènes avec sagesse et modérsiiion , et qui y s'étant ensuite retiré en Egypte, sous Ptolémée Soter , y créa la bibliothèque d'Alexandrie , et présida à la traduciioa des Septante. Les écrits qu^d traça dans sa ra* trûte se rapportaient principalement à la phb»
losophie morale.
Après Aristote , et par l'effet de b diTÎsion (ju'il avait introduite dans les sciences, l'étude des sciences positives, rendue désormais à rmdépendvnce ) suivit dans ses progrès un cours paisible et régulier. Les connaissances
(0 yidy. ItJgic.Jiv. Vn,S35o. — Vil, S35o.—
VIII, S iS.
(2) Ibid» Advenus physie. , Iît.Xî , S *55, 177.
inalhéna»tiquc# , astronomiques^ lliiftioÀre ua- Uirelle, eurent leur histoire propre ^ et, trausiérée9 à Alexandrie^ &'eDrichirentcha({ueîour sous la protection des Plolémëes.
NOTES