‹ Histoire comparée des systèmes de philosophieChapitre 23 sur 38 · DU TREIZIÈME CHAPITRE · texte numérisé non relu

DU TREIZIÈME CHAPITRE

(A) Nous noas sommes bornes dans les notes de ce chapitre à renvoyer an rësnmë de Gassendi , poar ne point multiplier ici les citations inutiles ; mais y nous n*aTons point adopté la méthode suivie par Gassendi dans Teiposition de la doctrine d'Épicure, parce qu'elle nous a paru, en plusieurs points essentiels, n'être pas conforme à Tordre des idées qui est néceS"» Mire pour bien caractériser son système. II manque au travail d'ailleurs si recommandable de Gassendi une condition que ne devraient jamais négliger ceux qui exécutent de semblables résumés ; il a pris trop peu soin d'indiquer ses sources. On peut au reste y suppléer facilement en consultant Diogëne Laërce qui a consacré à Epicure son lo' livre tout entier, et qui a traité ce philosophe avec une complaisance toute particulière ; — Sextus l'Empirique ( Ifyp. Pyrrfi. , liv. I, S 33, 88, i55. — Liv. II, § i5, aS, 38, 107, 194. —Liv. III, §32» 137, 187, ai8, aig, 229. — Adi^. Math., liv. l, $ 3, 5, 21 , 67 , 171, 173, 28a , 283 , 284 , 299. — Liv. II , S a6. — Liv. VI ,

§27* — Liv. VU, 5 '4 > ^^9 i^^^i ii^i2o3,ao5, 167, 3ii, Sa;, 528, 35i , 368. — Liv. VIU, § 8, g, i3, 63, 139, 177, f85, .258, Sag, 33i , 336, 337, 335, 336 , 355. — Liv. IX , $25,43,58,64, 72 , 178, 212 , 219 , 333 , 335, 363.— -Liy. X, § 1 , i8y 19, 4^9 4^ « ''9» '4i et suiv. , 181 y i85, 188, 219, 227, 238, 240, 248, 257,318. — Liv. XI, S 73, 77 1 '69, 173, 179, 226); — CicéroD (De Jinib. — Dcnat. deor, — Acad. quœst, — Tuseulan. — De div.) ; Plutarque {Àdv. Cololem,)] Sénëqae {Epistolœj etc. ) ; Thémistius ( Orai. ) ; Aulugelle ( NqcL atiic. IX) ; Quintîlien , Saint-Gl^ment d'Alexandrie , Lactance, etc. ; mais surtout Lucrèce qui professa une ddëlîté scrupuleuse à la doctrine de son maître , et sur lequel nous reviendrons dans le S** yolume de cet ouvrage.

Ta Pater et rerum inTentor-: tu patria noblu Suppedilaspraecepta, tuisquecx , inclyte, chartis , Floriferis ut a))€s in saltibus omnia libant , Oronia nos ibidem depasciniur aurea dicta , Aurea , perpétua semper digntssima vitâ.

( Lucrèce , III, V , 14. )

(B) Cicéron a indiqué déjà ces deux denuères circonstances : et t/uadquœriiur stej^è curtàm mutti sint Epicurei ; sunt aliœ quoque causœ ; sed mul" tUudinem hoc maxime aliicit , quod ita putai dici ab Uloj recta et henesta quœ sunt y eajacereipsa per se tœtitiam^ idest voluptatem. (De finib. I, 7. )

Praptereà nihil oleret ex académie ^ nihU ex lycœo , nihil è puerilibus quoque disciplinis , alios

quoque ah us delerruerit grammaiicam poeticam , rheioricam , diaUcticam , artesque mathematicas contempseriu (De nat. Deor. , I, a6.) De cœiero veliem equidem aut ipse doctrinisfuisset instruc^ tior ( est enim , quod iià tibi videri neccsse est, non saiii politus lis artibus quas qui lenent, eruditi appellantur ) , au ne delerruisset atios à studiis, ( Idem, , ibid. 1,7.)

. (C) Epicurei , dit Sëaëqae , dua$ partes philo" sophùt putaverunt esse, naturalem atque moralem ; rationalem removèrunt, Deindè , ciun ipsis rébus cagertntur ambigua sectmere , falsd sub specie yeri latentia coarguere , ipsi quoque iocum quem de judicio et reguld veri appellant , alio nomine ra^ tionalem induxerunt , sed eam accessionem esse na^ turalis partis existimant. ( Epist. 89. )

(D) Voici à cet égard le témoignage de Cicëron , et les paroles qa'il prête à Epicure : Si nihil aliud quœreremus , nisi ut Deos piè coleremus , et ut superstitione liberaremur , satis erat dietum ; nam , et pnestans deorum natura hominum pieUUe coU" retur, cum et œterna et beatissima, (De nat. deor. ,1, 17 ). Deum colunt, tanquàm parentem^ dit Sénëque, nulle spe, nullo pretio inducti, sed propter majestatem eximiam supremamque na» turam, (De Benific. lY , 9. ) " Observons envers les Dieux , dit Epicare lui-même dans sa lettre ï Hérodote , une vënération sans bornes ; adressons-leur

des prières suggérées par un ordre de pensées qui ne donne lieu à aucune opinion que désavouerait ce ^ juste respect. »

(E) Le système d'Epicnre sur la félicita ^ dit Teo* nemann , se distingue en deux points . de celui des Cjrénaiques. i* Epicore fait consister la félicité plutôt dans un état agréable â^ cœur , qui résulte de Tabseoce des sensations pénibles et de la satisfaction des besoins naturels ; les Cjrénaiques la font consister plutôt dansiles émotions agréables et l'activité ducœor. a* Epicure subordonne les jouissances sensuelles aux jouissances morales sous le double rapport de Teitension et de la durée ; les Cyrénaîques accordent aux jouissances sensuelles la prééminence sur les secondes. > ( Hist. de la pkiL y tome 3 , pag. 34? à 349^ )

(F) Omne genus quoniàm paMim simalacra feruntuv, Partlm sponte sua qtiae fiuot aère in ipso \

Partim quae Tariis ab rébus cumque recedunt , Etquae consistant ex horum facta Bguris. Quippe et enim multo magis bec sunt tcnuia texta, Quàm que percipiunt oculos visumque laceasunt ; Corporis haec quoni^un pénétrant per rara , eientque Teoucm animi natoram in tus , sensumque laceasunt.

( Lucrèce^ IV , vers 739, 7a5. )

(G) Non ab Epicwro impuUi luxuriahantur y sed vitiis dediii luxuriant suam inphilosophùt sinu abscondebant » et eb concurrebant ubi audiebant

{oiidiarK yoUipUitem \ nec œstimabani iUam v€>iuj^ tatem.Epicurifjuœ sobria et sicca esset^ sed ad nomen ipsum advolabant quœrentcs libidinibus suis patrocinium aliquod ac vèlamentwn. C'est ainsi qo« ('exprime Sénëque, Sénëque stoïcien , Sénëque censeur si sévère de la philosophie d'£piciire. ( De viid beaîd^ chap. fo.)

(H) Yoyez sur Epicure et sa philosophie , ' indëpoidamment de Gassendi , de Sorbière ( Lettres sur la fie, les mœurs , etc., Paris, 1660) ; Jacques Rondel ( la fie d'Ëpicure « et ses mœurs , Paris , 1670 , Amsterdam, 1693); Pierre de Yillemandy (ilfanu<fuc/io adphilosophiœ Àristoteleœ^ Epicureœ et Carlesianœ paraUelismumf Amsterdam, 1681}; le baron des Coutures (la Morale d'Epicnre, à la Haye, 1686); L'abbé Batteux ( la Morale d'Ëpicure , Paris , 1758) ; Restaurant (l'Accord des sentimens d'Aristote et d'£pi« cure touchant la physiologie, Leyde , 1682 ) ; Gustave Perioger (Dispui. de Epicuro y Upsaly i685); Frau"çois de Quevedo ( Défense d^ Epicure , Barcelone , ^691); Will. Temple (Essaj upon the gardens of Epicnnis , dans ses mélanges, Londres, 1696); Bremer (Apologie d'Epicure , en allemand , Berlin ^ 1776; ; Wamecras ( idem , idem; Gceiswalde , ^95) ,. Tragilli Arnkiel ( De philos, et schola Epicuri,^ Kiel, 1671); Hill- (P^Yoj. Epicuri ^ Geuève, ibig); Plouquet (Diss. de Cosmogon. Epie, Tul^inge, 1755); Gualler Charliton (Philosophia , etc., Londres, i654)t l^crn (Diss. Epie. prolepsis,, etc., '^'«UtDgue , 1756) ; SchAvatlz {Judicium de reconditœ

theologid Epieurif Çoboarg, i738); Faast {Dûs. de deo Epicurij Strasbourg, i655) ; Weiaer(sur le caractère d'Epîcure | etc. | dans ses mélaoges , en allemand) I etc., etc.

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