‹ Histoire complète de Bordeaux (volume 2)Chapitre 12 sur 177 · Livre XI. Louis XIY laissa Bordeaux calme ; on y goûta enfin les · texte numérisé non relu

Livre XI. Louis XIY laissa Bordeaux calme ; on y goûta enfin les

~" douceurs de la paix ; mais cette paix ne devait pas être bien

longue ; l'avenir réservait aux Bordelais de nouveaux orages. D'Épernon , qui se trouvait alors à Loches , n'était pas encore remplacé ; il conservait toujours l'espoir de revenir à Bordeaux , et ses partisans faisaient circuler les bruits les plus inquiétants sur sa prochaine rentrée. Dans le but de calmer les alarmes des uns et de prévenir les complots des autres , le parlement rendit un arrêt , le 20 décembre , par lequel il fit inhibition et défense à toute personne de reconnaître le duc d'Épernon pour gouverneur de la province , de déférer à ses ordres en cette qualité , de recevoir ses gaixles , et aux dits gardes, de porter la livrée du gouverneur, sous peine de quatre mille livres d'amende , etc. , et d'être punis comme infracteurs de la paix et perturbateurs du repos public.

Le grand danger n'était pas là : d'Épernon n'en pouvait faire naître ; il devait venir de plus loin. En quittant Bordeaux , et surtout en se séparant de la princesse de Condé , le duc de Bouillon , qui allait se rendre à Turenne , et le duc de La Rochefoucauld, qui se retirait à Verteuil, se promirent de saisir

la première occs^ion ponr rallamer la guerre civile ; la liberté Livre xi. des princes était le but proposé ou au moins le prétexte ; ^^' ' les discordes dans Tintérieur devaient leur servir de moyen. L'aDoée 1651 commença cependant assez bien dans la Guienne ; rhorizon paraissait serein, mais Forage n'était pas loin. Les frondeurs de Paris se montraient très-exigeants et faisaient cause commune avec les partisans des princes et les mécontents de toutes les conditions. Les choses allaient si mal que la cour jugea convenable de mettre les princes en liberté, et de renvoyer Mazarin, qui était, par son impopularité, le prétexte de tous les désordres. Il avait été condamné , par un arrêt du Parlement de Paris, du 15 février, à sortir du royanme en huit jours. Le cardinal se retira dans Télectorat de Cologne , d*oîi il continua toujours , par sa correspondance secrète avec la reine , à diriger le Conseil. Les princes de Coodé et de Conti , ainsi que le duc de Longueville , sortirent presque en même temps (février) de leur prison au Havre, et rentrèrent triomphants à Paris. La princesse s'empressa d'informer ses amis à Bordeaux de l'élargissement de son époux. Jamais peuple n'a montré plus de joie , plus d'exaltation, ni commis plus de folies que les Bordelais, en apprenant que Hazarin avait quitté la France; ils se vengèrent par des Mazarinades, des Archi-Mazarinades ; c'étaient des chansons, des pamphlets burlesques , des diatribes de toute sorte contre son Altesse Épemonienne; on fit des Mazarins en paille , en note i. toile peinte , habillés de la façon la plus grotesque ; on les promena en ville, au milieu d'un peuple ivre de joie et proférant mille malédictions contre le ministre disgracié , et après sen être servi pour l'amusement de la basse classe , on les brûla sur les quais et sur les places publiques.

Les Bordelais écrivirent de suite au prince de Condé la lettre suivante :

« Monseigneur, il est difficile que la réjouissance soit mo- » dérée quand la douleur a été extrême. La ville de Bordeaux ,

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Livre XL » qui avait presque succombé sous la vio^jpce du déplaisir n de voir Votre Altesse eu captivité, se trouve encore, moins » capable de supporter les excès de la joie que votre liberté » lui Cduse ; mais, soit qu'elle ait cédé à la tristesse ou qu'elle » se laisse maintenant emporter au plaisir, ses faiblesses sont » illustres , puisqu'elles sont les effets de la passion qu elle a » pour un prince qui est l'admiration de tout le monde.

» Il y a déjà trois mois que nos contentements ont pris » naissance. La même main qui ouvrit vos prisons ferma » le passage à nos afflictions , et Sa Majesté , reconnaissant » entièrement votre innocence et faisant du Havre-de-Grâce D un port de justice pour vous , éveilla tellement notre joie , » que, pour faire voir qu'elle est entièrement libre, elle n'a » point voulu souffrir de bornes. Depuis ce temps bienheureux , » nos cœurs, qui ont toujours brûlé pour vous, ont toujours » fait connaître leur ardeur sans mesure, pour montrer, Mon- » seigneur, qu'elle est sans dissimulation, et que, s'ils ont de » l'artifice , ils le mettent dans les feux qu'on lance si souvent » des théâtres et des pointes de nos clochers.

» Ce sentiment est aussi universel qu'il est extrême. Tous » les corps de cette ville florissante font voir à l'envi qu'ils » en sont vivement touchés , et, au milieu de la paix que le » roi nous avait accordée , nous nous sommes trouvés dans » une espèce de guerre à votre occasion , personne ne voulant » céder à un autre la gloire de vous honorer. Il est vrai , D Monseigneur, que nos différents n'ont rien dé tragique ; x> nos défenses sont toutes innocentes ; les corselets et les cui- »' rasses de nos combattants ne sont que de taffetas ; si nos » canons grondent, ce n'est que pour faire peur a la tristesse, » et la plus grande partie de nos poudres«ne sert qu'à mettre » de nouveaux astres en l'air et qu'à y produire des étoiles » qui ne sont pas soumises à l'examen des astrologues, et » dont la lumière est indépendante de celle du soleil.

» Tels sont, Monseigneur, les petits témoignages de la

graode afieclion qui nous attache à vos intérêts et qui se Livre xi. rendront bien plus sensibles lorsque notre passion sera ani- Chap. 4. mée par Thonneur de votre présence. Ce sera alors que ce *^*' peuple, qui voit avec tant de plaisir vos prisons brûler au milieu de ses feux de joie , aura le bonheur de voir ici celui qu'elles lui ont si longtemps ravi, et de lui témoigner, autrement que par écrit , avec combien de respect nous sommes, de Votre Altesse, les très-humbles , très-obéissants et très-fidèles serviteurs. »

» Les Enfants de Bordeaux. »

Cette singulière lettre n'a d'autres défauts que ceux de la littérature du temps ; elle n'est que le naïf épanchement de cœurs dévoués, l'expression vive , naturelle, mais exagérée , de rattachement des Bordelais au prince de Condé. Le poète Gay ne voulut point rester en arrière de ses concitoyens ; il écrivit an prince une lettre d'un goût un peu plus épuré , en lai rappelant les services que son caractère sacerdotal ne l'avait pas empêché de rendre à la cour du prince. Il l'encensa avec servilité et le flagorna en courtisan. note 2.

Le {n*iQce de Condé fut sensiblement touché de cette preuve d. Devienne de l'attachement des Bordelais. Il répondit aux jurats pour les '^^* ^remerder de leurs généreux procédés envers la princesse et son fils ; et , pour leur donner l'assurance de sa gratitude et de son dévoùment , il écrivit une autre lettre au parlement. Le prince de Conti fit la même chose.

Quinze jours après , l'avocat général du Sault déféra au parlement un libelle intitulé : le Curé Bordelais, comme contenant des calomnies et des injures contre l'honneur de la conr , et tendant à exciter une sédition et à troubler le repos pablic. « C'est pourquoi, dit ce magistrat, j'ai cru être obli- » gé, par le dû de ma charge, d'avertir la Cour de condamner

> cet ouvrage comme un libelle diffamatoire , et de faire en-

> courir les peines de droit à l'auteur d'icelui , si on peut le » découvrir, à l'imprimeur qui Ta imprimé et à ceux qui le

1«Par1.p. 4

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Livre XL » débitent et publient. » L'arrêt fut conforme au réquisitoire • Le livre Curé Bordelais fut brillé par le bourreau, le 16 mars, à midi, devant la porte du palais de TOmbrière. Le curé bordelais dont il est fait mention dans cette pièce , était le fameux Bonnet , curé de Sainte-Eulalie , qu'on a vu figurer dans ces troubles.

Louis Bonnet, homme d'esprit, d'un caractère vif, peu réfléchi , orgueilleux et porté à l'intrigue , était natif de Poitiers. Il entra d'abord chez les Oratoriens; mais ne trouvant paS) dans la vie ascétique, assez de liberté pour suivre ses penchants , assez d'aliment pour son imagination , il abandonna son ordre et vint offrir ses services à M^ Henri de Sourdis , son compatriote. Dans les démêlés de ce prélat avec le parlement , Bonnet ne voulut pas manquer de dévoû— ment envers son bienfaiteur ; il épousa vivement sa cause et écrivit contre la compagnie. Ses écrits furent condamnés comme attentatoires à l'autorité royale , scandaleux et séditieux.

Le saint et vénérable Jean-Baptiste Gault, curé de Sainte— Eulalie, ayant été nommé évéque de Marseille, Henri de Sourd is désigna, pour lui succéder, Louis Bonnet; celui-ci continua ses intrigues et ses agitations ; mais Monseigneur de Béthune , d'un caractère très-pacifique, ne témoigna pas à Bonnet autant d'estime que ses deux prédécesseurs. Celui-ci en fut piqué, et voulant faire sentir à son archevôque l'étendue de sa puissance à Bordeaux , il prit fait et cause pour le parlement et s'efforça de se rendre populaire et chef de parti.

Ce fougueux prédicateur ne négligeait rien pour soulever le peuple; dans un mouvement de la population, il poussa vivement les Bordelais à s'unir contre d'Épernon et Mazarin « et à faire serment, sur les autels de leurs paroisses respectives , de ne jamais se soumettre à leur joug tyrannique. Ses conseils ne furent que trop fidèlement exécutés, «c Son église, » dit un écrit biographique du temps, était une halle pour

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9 assembler les factieux ; son confessionaal , une mine ; sa Livre xj » chaire, une machine contre lautorité royale; sa langue, on 1 glaive pour mettre en pièces le gouvernement ; et son près- 1 bylère, un magasin de toutes sortes d'armes. » Cet homme était infatigable dans ses courses et dans ses prédications; il prêchait partout, dans les maison^ et sur les places publiques; il courait partout où il se croyait utile , et allait partout où il y avait des dangers à braver; c'était un ardent partisan de la république parlementaire à Bordeaux. On le crut digne de siéger dans le conseil de guerre. Il fut fait prisonnier au siège de liboume , ayant les armes à la main ; il prit une part active à l'afiSaire de La Bastide ; il prononça l'oraison du marquis de Cbambarret ; il se trouva à la tête des factieux qui forcè-^ reut l'arche vêque de sortir de Bordeaux, parce qu'il ne voulait pas excommunier d'Ëpernon et Mazarin , et flit l'un des coryphées les plus exaltés des séditieux de la cité. Sa mort , qui arriva en décembre 16S0, fut le sujet d'un deuil général; on lui fit cette épitaphe t Ici gtt le Père Bonnet , homme , de wn nom, bon et net. — Un ennemi du parlement écrivit sa vie et y distilla toute sa haine contre cette compagnie. Cet écrit fut brûlé par la main du bourreau. On publia un supplément sur la manière dont on avait procédé contre cet écrit biogra* phiqne. On y trouve du feu, une ironie fine et des traits asse2 remarquables , dont nous ne citerons que le suivant. On suppose que le conseiller Malvin prend la défense de l'écrit incriminé. Il s'exprime ainsi :

« Tavoue , Messieurs , que ce livre ne nous adore et ne V nous flatte pas ; qu'il ne tend pas à nous corrompre , et » qu'en peu de mots , il nous représente ce que nous avons » été : Olim tenebrœ. Dieu veuille que je puisse ajouter t > Nune autem luœ in Domino. Il expose agréablement des » fautes odieuses et nous reproche ce que tous les gens de 9 bien de cette compagnie ont en horreur et ce que la pos- 1 térité détestera. Nous sommes bien délicats , si nous ne

Livre X!. » pouvons endurer les paroles qui expriment nos vices , et Chop^ i. ^^ j^j^j^ bizarres, si nous avons en horreur le nom des choses

*®^*" » qui nous plaisent le plus et pour lesquelles nous hasardons » nos biens et nos vies. Pouvez-vous , en condamnant cet » écrit , empêcher la vérité de paraître ? Mettez-la dans le » feu , elle en sortira comme de lor et de l'argent : Igné » eœaminaium, probatum septuplum. Rendons gloire à la vëy> rite ou plutôt à Dieu même , qui est la vérité souveraine : » Peccavimus in omnem justitiam, iniquitatem fecimus. Nous » avons commis, à la face du soleil, des choses quon nous y> reproche , les uns à dessein , les autres en dissimulant , » les autres en fuyant et en abandonnant leurs places; le nom » de la compagnie, de laquelle nous sommes tous les mem- » bres , a servi à de pernicieuses entreprises , à des desseins » criminels. Profitons de nos maux et faisons voir qu'ils nous » déplaisent , et non pas les médecins qui les traitent. Nous » ne pouvons devenir des gens de bien qu'en transportant » contre les vices la haine que nous avons pour les remèdes. » Si nous sautons jusqu'aux nues pour quelques traits d'une » innocente raillerie , comment supporterions-nous des dis- )) cours qui porteraient le fer et le feu jusqu'au fond de nos » ulcères ? Les ferons-nous aussi brûler ? Le bois nous man- » quera à la fin , et nous ne pouvons brûler l'histoire, qui est » déjà trop grosse de nos folies. »

La Guienne n'avait pas alors de gouverneur : d'Épernon , croyant que le passé n'avait pas laissé de souvenirs fâcheux chez les Bordelais, se donnait du mouvement pour ressaisir Registres du SOU pouvoir; le bruit même de sa rentrée se répandit et poussa Pariemem. \q peuple à dcs démonstrations séditieuses. Le parlement rendit un arrêt propre à calmer les esprits et députa au roi le président de Gourgues , qui |harangua ce prince et sa mère en ces termes :

« Sire, les fruits de la paix sont si doux et si avantageux, » qu'ils excitent puissamment les désirs des hommes, et quand

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cedon du ciel leur est commuDiqué par l'autorité et la bonté Livre xi de leurs souverains, il remplit solidement leurs espérances. » Ce sont , Madame , les sentiments d*estime , de gratitude et de soumission , avec lesquels le parlement de Bordeaux a reçu et insinué dans le cœur des peuples les grâces que Vos Majestés ont accordées à la Guienne avec leur bonté et justice ordinaires.

9 Sire , cette province est dans Tattente qu'il vous plaise loi faire sentir et recueillir les fruits de cette paix , par lobservation entière de vos déclarations et principalement par la nomination et établissement d'un nouveau gouverneur, prince du sang , qui , dans cet emploi , fasse goûter à vos sujets la douceur et l'amour que Vos Majestés ont pour eux, et les remettre dans le calme qui est la véritable production de la paix dont ils ont joui , tout autant que des personnes de cette naissance ont été pourvues de ce gouvernement.

» Madame , il est du devoir du parlement de Bordeaux de vous faire connaître que les pratiques et les menées du duc d'Épemon , en divers endroits de la Guienne , pour rendre sa révocation douteuse et donner des soupçons de la fermeté de vos promesses, n'apportent pas seulement une nécessité à cette nomination, mais même font que le retardement en est très-nuisible au service du roi et au bonheur de votre r^ence , puisque l'exécution des paroles de Vos Majestés est un des plus solides fondements de la sûreté publique, laquelle est le nœud qui maintient les forces de votre royaume, en soutient la grandeur et rend les armes > du roi redoutables à toute l'Europe. Voilà, Sire, ce qui sert » de r^le à tous les mouvements et délibérations de votre

• parlement de Bordeaux et d'objet à tous les vœux de vos

* irès-humbles , très-obéissants et très-fidèles officiers et » sujets. »

La reine écouta avec bonté ce discours^ mais elle ne promit

Livre XI. rien. On avait demandé 1 eloignement deMazarin; la cour Tao- -1 ' corda. Maintenant,on demandait un prince du sang, et ce prince

était Condé, qui, peu reconnaissant d'avoir recouvré sa liberté, suscitait de nouveaux embarras à la régence et devenait plus exigeant par ses desseins ambitieux. Débarrassé du cardinal, il se crut maître de l'État; il recommença ses procédés Iracassiers envers la reine , et voulut avoir des forteresses , des places pour ses amis , des dignités pour ses créatures et de l'argent pour le peuple qui épousait sa cause. Outre le gouvernement de la Guienne , il aspirait aux droiU régaliens; il portait ses vues ambitieuses sur la couronne , si l'on en croit le comte de Coligny, et voulait renverser Louis XIV. Toutes ces prétentions fatiguaient la cour; mais, ce qui la contrariait le plus, c'était le projet de mariage de Condé avec M"^ de Chevreuse, dont la mère, dit D. Devienne, était, aux yeux de la reine , la personne la plus intrigante de Paris. Comment faire pour empêcher cette alliance? Il n'y avait qu'un moyen, c'était d'accorder à Condé le gouvernement de la Guienne , à la condition qu'il romprait tout engagement avec la famille de

6 Mai, Chevreuse. Condé souscrivit à la condition proposée, et le jour même en donna avis aux Bordelais. Les provisions ayant été

12 Juin, adressées au parlement, l'avocat Fonteneil les lui présenta. L'avocat général du Sault lui répondit, et s'étendit beaucoup sur Jes avantages qu'on était en droit d'attendre du gouvernement d'un si grand personnage. Le peuple se trompe bien souvent : il avait demandé le prince de Condé pour gouverneur ; c'était rouvrir toutes les plaies et rallumer encore la torche des discordes civiles. On ne prévoyait pas les conséquences qui devaient découler de la marche qu'on allait suivre à Bordeaux , et l'on ne se doutait nullement de tous les désordres qui allaient assombrir de nouveau l'horizon de la patrie. L'avenir se chargeait de tempêtes.

Anne d'Autriche se croyait faible sans Mazarin ; elle résolut de le rappeler. Mais, pour cela, il fallait s'assurer de Condé,

qui était le principal appai de la Fronde. On forma donc le projet de l'arrêter au sacre du roi , qui allait se faire bientôt après; mais, înstroit à temps des perfides intentions de la reine, leprioce se retira, le 6 juillet, daas sa terre, à Saint-Maur, près de Paris, et écrivit, le 8 juillet, aux maire et jurais de Bordeaux, à tous les parlements du royaume, qu'au préjudice du repos de l'État et au mépris des arrêts des cours souveraines , on travaillait à faire rentrer Mazarin en France , et , ce qui (Ms était, au ministère; qu'on avait voulu l'arrêter, lui, prince de Condé , et qu'on l'avait mis dans la nécessité de se retirer dans ses propriétés. Cette lettre du prince afiligea les parlements ; cependant , avant de rien faire , on résolut de renvoyer à la reine. Le parlement de Bordeaux arrêta que Lenrs Majestés seraient très-humblement suppliées de maintenir Tanion dans la maison royale, et d'éloigner de leur conseil lessiears Servien, LeTellier et de Lionne, auteui's ou fauteurs présumés de ces intrigues secrètes; il ordonna qu'il serait informé de tout ce qu'on faisait pour ramener en France le cardinal; il défendit aussi aux treize ou quatorze officiers qui avaient été exclus de la cour pendant les derniers troubles, d'assister aux délibérations où il serait question du cardinal ou des intérêts de la compagnie. Ainsi, le président Duberaet fut obligé de s'absenter du palais une seconde fois. Le président de Pontac étant à Paris pour des affaires importantes et le président Latrêne étant à la chambre do TÉdit , le présent d'ASis se trouva de nouveau à la tête du parlement.

Dans cet intervalle eut lieu la déclaration de la majorité <1q roi; Condé en fut mécontent et antipathique au nouveau ministère; il n'alla pas assister à celte cérémonie à Paris, et le 6, c'est-à-dire la veille du jour, il en écrivit ses raisons au roi. Il n'osait pas prendre les armes et soulever le peuple ; cependant il voulait agir ; enfin , poussé à bout par la duchesse de Longueville, La Rochefoucauld , Montespan

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