CHAPITRE PREMIER
Du droit public des Aquitains. — Des libertés et privilèges des premiers Burdigaliens. — Les duumviri, — Les décuriotCs. — La charte constitutionnelle d*Honorius. — Les assejublées particulières (conventm), — Les assemblées générales. — Assemblée d'Aire. — Glovis respecte les anciens usages. — Les rois francs n'avaient pas un pouvoir absolu. — Les assemblées nationales aux VI«, YI1« et VIII* siècles. — Les seigneurs mettent un frein k la puissance arbitraire de Louis le Bègue. — On voit dans presque tous les siècles les assemblées des peuples. — Ce droit public des Français et des Aquitains fut reconnu par toutes les puissances de l'Europe.
Avant d*aller plus loin , nous croyons devoir consacrer quelques chapitres à constater l'existence et le maintien des franchises et privilèges de Bordeaux, dès I époque la plus reculée de nos annales; ce sera un tableau des droits des peuples, des libertés locales et du gouvernement du pays. Qu on ne vienne plus nous dire que nous devons aux Anglais nos libertés municipales : le germe en existait au fond de Tancienne société aquitanique longtemps avant le règne d'Êléonore et des Plantegenets. Du temps des Romains , les assemblées populaires n étaient pas chose rare, et nous croyons qu'il y en eut une à Narbonne , lorsque Auguste y donna une nouvelle organisation à l'Aquitaine. Sous cet empereur , les Burdigaliens ne payaient pas d'impôts , mais ce privilège d'exemption leur fut ravi par Caracalla, qui cependant laissa subsister le sénat ou assemblée municipale (curie), chargée de l'administration locale.