‹ Histoire complète de Bordeaux (volume 2)Chapitre 22 sur 177 · Livre XL Aa commeDcement de juillet , tout se passait à Bordeaux · texte numérisé non relu

Livre XL Aa commeDcement de juillet , tout se passait à Bordeaux

1652 ^^^^ Tagitation et le désordre. Des rixes, des collisions fâcheuses, des rassemblemeuts illégaux et tumultueux, des accusations, des récriminations , des craintes, une défiance générale de tout le monde, voilà Tétat de Bordeaux à la fin de juin, sous la domination de Yillars et de Dureteste, dont les princes étaient devenus malheureusement les complices par une infernale politique, comme nous allons le voir par la lettre que Condé écrivit au prince de Conti, le 3 juillet 1652 : « Vous créiez » bien que c*est avec un extrême desplaisir que j*ay appris » les derniers emportements des bourgeois de Bordeaux les » uns contre les autres , et que c'est une des choses du monde » qui me donne le plus d'inquiétude. Il fault promptement y » pourvoir de façon ou d*aulre; et si, par négociation et » par adresse ou aultrement, on ne peut obliger TOrmée à se » contenir, il vaut mieux se mettre de son côté que de la » voir chasser de Bordeaux. C'est néanmoins le parti qu'il ne » fault prendre qu'à l'extrémité. Mais, dans l'état présent dos

« choses , je n'en vois point d'aultre à suivre , après- que tous Livre xi. » les moyens qui se pourront inventer pour apaiser la farie -L '

« de rOrmée auront été employés. Priez tout ce que j*ai « (f amis à Bordeaux de tenter toutes voyes possibles avant » que vons en veniez là , et continuez d'y agir avec ta même

> vigueur que vous avez faict jusques icy . »

Lenet était le seul et le meilleur confident des pensées et des projets de Condé ; il instruisait de tout ce qui se passait . à Bordeaul, de l'audace des ormistes, qui ne connaissaient plus de bornes, et de leurs exigences toujours croissantes, ainsi qoe de la nullilé complète des magistrats municipaux. Condé lui répondit, le 12 juillet, en ces termes : « Tay reçtf » vostre lettre le 8 du courant et veu ce qu elle contient avec » beaucoup de satisfaction , par le bon ordre que vous appor- B tez à toutes choses, et par le rapport qu'il y a de vos sen^

> timents au^ miens , touchant TOrmée et tout le reste des » aultres affaires dont vous m'écrivez , vous assurant que je V p^sîste toujours dans la pensée de nous joindre à tons ceux » de rOrmée , puisque ce parti se trouve de beatKX)Up plus » fart que l'autre , et qu'on n a pu le réduire ni par adresse , » ni par autorité, ce que je crois qu'il vault mietix faire que » de bazarder de perdre Bordeaux en fesaat aullrement.

» Quant aut jurats, mon ad vis est qu'on les face de ceax » qui sont dans les intérêts de l'Ormée , pour nous acquérir

> tout à faict ces gens, pour arrester leur fougue. Après quoy » les mêmes jurats estant obligés de maintenir l'autorité de la 9 nidglslrature , ils travailleront eux-mêmes, avec le temps, » à la destruction de l'Ormée; c'est ce qu'il faut que vous » expliquiez à M. de Mirât et à mes aultres amis, leur don-- » nant assurance que tout le plus tost qu'il se pourra, je tra*' t vailleray au rétablissement de leur autorité.

» le vous envoyé des lettres que vous m'avez demandées » pour quelques-uns de l'Ormée; vous les remplirez des rtoms » que vous jugerez à propos. Louis na Bourbon, a

Parlement.

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