‹ Histoire complète de Bordeaux (volume 2)Chapitre 38 sur 177 · Livre XII. Cest ators que Ton oommença à parler do la démoliiioD de · texte numérisé non relu

Livre XII. Cest ators que Ton oommença à parler do la démoliiioD de

^^ ' plusieurs maisons dans un certain rayon autour du Château ,

*®^* de la porte Saint-Germain et des Piliers-de^TtUelle ; ces

édifices tombèrent plus tard, en 1677.

Chronique bor- Bordeaux reprenait, avec son ancienne activité, le cours

deiaise. prospère de ses affaires ; mais les besoins étaient urgents et

13 août 1665. .

très-multipliés. On tint plusieurs assemblées, où il fat reconnu qu'il fallait faire un quai depuis la manufacture jusqu'à l'extrémité des Ghartrons, espace immense, presque partout sans pavé et presque toujoui's couvert de vase. On délibéra aussi qu'il fallait construire les bâtiments de l'hôpitaî de la manufacture, qui étaient insuffisants pour recevoir tous les pauvres de la ville , et augmenter les revenus de rhô|>ital de

i668. Saint-André ; qu'il était nécessaire d'établir un fonds d'amortissement pour éteindre l'ancienne dette, 80,000 livres, dans l'espace de six ans, et la nouvelle dette, 40,000 livres, dont l'extinction définitive devait s'effectuer en quatre années, après

4669. la liquidation de l'ancienne dette. On s'occupa aussi dans ces assemblées de nettoyer et de paver les rues , d'augmenter les gages des officiers de guet et de réduire ceux des jurats. On y arrêta aussi qu'aucun marchand ne serait élu juge de la Bourse , ni jurât, s'il n'avait deux mille livres sur un vaisseau de fabrique française, ni reçu bourgeois s'il n'avait mille livres (1).

Outre ces propositions faites et soutenues parle sieur Pellet,

(t) En 166S, on vit arriver à Bordeaux, le 21 août, les ambassadeurs de Pierre le Grand, duc de Moscovie, revenant d'Espagne. Ils s'arrêtèrent quelques jours li Gradigoan, en attendant la réponse d'ane lettre qu'ilsavaient 6eritc tu roi de France pour les défrayer pendant leur voyage dans son empire. Ils étaient suivis de sept carrosses à six chevaux et furent reçus avec pompe par la ville, d'après les ordres du gouvernement ; et, après avoir séjourné deux jours k ThMel de Pny-Paulin, ils partirent dans un bateau que les jurats avaient fait préparer pour eux et leur suite. On était loin de prévoir alors la future grandeur des successeurs de ce petit duc, ou l'accroissement prodigieux de cet empire naissant de la Russie , qui pèse tant aujourd'hui (1859) sur l'Europe.

inteodaDt dans la province , le Conseil eut encore à délibérer Livre xu. sur l'utilité qui résulterait pour la ville, de la réunion des ' J- ' deux hôpitaux, de la suppression du collège de Guienne et de cf^ronique borremploi de ses revenus consacrés à l'établissement d'un collée deiatêe. de marine. On discuta beaucoup ces différents sujets; enfin, les procè^verbanx de ces diverses séances et des délibérations ({lû en furent la suite, furent envoyés au roi, avec prière de les faire examiner par des commissaires compétents et impartiaux. Toutes ces demandes, ces plaintes renouvelées, btigaaient le roi; il s'habituait à faire peu de cas de ces importunités de son peuple; il commençait à comprendre qu'il pouvait être et qu'il devait être maître chez lui. Cependant quelle que fût la servilité des Français en présence de ce grand roi, les Bordelais osèrent lui dire tout haut, par leurs jurats, que, puisqu'on ne daignait pas prêter l'oreille à leurs légitimes récUmatioiis , ils craignaient que les intérêts de leur cité ne fassent compromis et môme les libertés publiques. Le Conseil Mai i670. des Cent-trente fut convoqué; on y parla beaucoup de la dette publique, de l'arrêt que les paroisses circon voisines avaient surpris pour l'entrée de leurs vins, au préjudice du privilège du vin des bourgeois, des moyens nécessaires à prendre pour obtenir de Sa Majesté qu'il fixât les qualités de la bourgeoisie et ses droits conformément à l'arrêt de 1664, et enfin, des prétentions du bureau des greffes sur le greffe de raôtel-de-Ville , que le roi voulait assujétir au contrôle commun à ceux des justices royales, de même qu'il avait le projet de priver l'administration municipale des bénéfices des amendes. Us délibérèrent à l'unanimité qu'il fallait charger quelqu'un de défendre leurs intérêts à Paris. Jusqu'alors les villes envoyaient des députés au roi ; mais , ne voulant plus être importuné de la sorte, il défendit de semblables députations, prétendant que c'était toujours des intrigants, des mécontents, des ambitieux qui recherchaient ces charges pour les faire payer cher aux villes qui seraient assez aveugles pour leur

Chap. 5.

Livre XH. confier des missions semblables. C'était un prétexte , comme nous venons de le dire; mais, au fond , il y avait dans ce prétexte beaucoup de raison et de vérité. Ne pouvant donc pas envoyer dés députés, les jurats écrivirent à M. Barbet, qui se trouvait alors à Paris, le priant de vouloir bien, sans émoluments, employer son influence et ses talents pour la défense des intérêts de ses concitoyens. La dette publique de Bordeaux occupait alors beaucoup l'attention des Bordelais et celle du roi; on proposa, pour l'éteindre, d'établir sur le froment un impôt de cinq sous par boisseau , sur le méteil quatre sous, sur les seigles et les fèves trois sous, et enfin deux sous sur chaque boisseau de toute autre sorte de menu grain qui se vendrait dans la ville, faubourgs et banlieue. Ce moyen ne suflSsait pas aux yeux de M. Pussot, commissaire du roi, qui tenait toujours à ce qu'on maintînt l'impôt d'un écu sur chaque tonneau de vin. M. Barbot et M. Duribaut, que la bourgeoisie envoya comme amis pour travailler avec lui à Paris, répondirent que la suppression de l'impôt sur le vin nécessitait la création d'un nouvel impôt pour le remplacer; qu'il fallait par conséquent en trouver un autre moins vexatoire et capable de réaliser les vœux de la ville et du roi.

Le Conseil des Cent-trente répondit qu'on mettrait un impôt sur les agneaux et chevreaux qu'on tuerait en ville et dont on faisait un grande consommation. Cette nouvelle ressource ne paraissait pas suifisante ; mais la favorable impulsion donnée au commerce par Colbert , le développement de l'industrie manufacturière et viticole , le progrès de l'agriculture , l'organisation des comptoirs et des compagnies de commerce , les faveurs accordées à tous les genres de mérites par ce nouveau Mécène, fournirent de nouvelles ressources à la ville, la mirent à même de faire face à une grande partie de ses besoins et à surmonter les difiicultés de sa position. En présence de

31 Juillet, circonstances si favorables , on fit enregistrer un arrêt du Conseil d'Ëtat portant règlement pour l'extinction des dettes

Chap. 5.

de la ville et pour les gages des officiers, pour la reddition Livre xii des comptes du trésorier de la ville et de toutes les autres administrations publiques, pour le pavage et le nettoiement des rues, pour régler à l'avenir le mode de Téleclion des jurais , dont les fonctions jusqu'alors étaient partagées entre les gentilshommes, les avocats et les marchands; mais qui ne seraient plus exercées que par un gentilhomme, ou un officier de la cour, ou un avocat, alternativement , et par deux marchands. D'après le même arrêt , on ne pouvait être élu consul ou juge de la Bourse, sans qu'on eût justi6é avoir un fonds de 2,000 liv. sur un vaisseau construit en Ifrance, pour le moins de cent tonneaux, ni être reçu bourgeois de Bordeaux sans un semblable placetnent de mille livres, ou sans avoir part pour la dite somme dans la compagnie du Nord. Cet arrêt portait l'empreinte du pouvoir absolu; il violait toutes les ordonnances des prédécesseurs de Louis XIV; il anéantissait les statuts et les privilèges de Bordeaux; il renversait les libertés publiques et faisait de la volonté du roi la loi souveraine du pays. On l'enregistra docilement, cependant , sous la réserve pure et simple de faire des remontrances ; mais l'édit fut littéralement exécuté, car au lieu d'élire pour jurats un gentilhomme, un avocat et un marchand , on élut à Bordeaux le sienr de Malet , écuyer, et les sieurs Noguès et Lostau, marchands.

Dans ce temps, le maréchal d'Âlbret fut nommé gouverneur deGuienne; il arriva à Bordeaux le 31 mai 1671, accompagné de M. le comte de Miossens, son frère, de sa fille, do sa belle-sœur, et d'un grand nombre de gentilshommes du pays; il fut complimenté sur le port , devant la porte Gailhau , par tous les corps constitués de la ville et par M. le président de Pichon, au nom du parlement. Le cortège se rendit directement à la cathédrale , ou le nouveau gouverneur prêta le serment accoutumé entre les mains de Monseigneur l'Archevêque.

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