‹ Histoire complète de Bordeaux (volume 2)Chapitre 97 sur 177 · SUR LE DOMAINE DE LA VILLE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

SUR LE DOMAINE DE LA VILLE DE BORDEAUX

Nous reproduisons ici un document assez curieux sur le domaine de la ville de Bordeaux, qui se groupait sous trois titres : domaine propre, domaine direct, charges ou ofiices domaniaux. Ce document, qui porte la date de 4764, se trouve dans les archives du département ; nous croyons devoir le reproduire dans cette note :

« 4® Domaine propre.

» Ce senties hôtels, maisons, bureaux, jardnis et places; les uns ne produisant aucun revenu, les autres donnant lieu à une perception de revenu qui figure aux budgets.

» § I«r.— Domaine ne produisant pas de revenus.

» 4<> L'HAteMe-Ville, occupant une supei*ficiede 1,520 toises carrées, et d'une valeur de 452,000 livres.

» ÎP Le collège de Guienne et maisons en dépendant, couvrant une surface de 4,450 toises carrées, et d'une valeur de 92,000 liv.

» 3^ L'hôtel de la Mairie , servant au logement du gouverneur de la province , d'une surface de 883 toises carrées , et d'une valeur de 70,640 liv. Les bâtiments neufs couvrant une surface de 488 toises carrées, et valant 443,400 liv.

)» i^* L'hôtel des Fermes du roi, bâti sur le terrain de la ville, dans le notes. pavillon du midi de la place Royale, couvrant une surface de 700 toises ^

carrées, et valant 98,000 liv.

D 5^ L'hôtel de la Bourse, bftti sur le terrain de la ville, dans le pavillon opposé à celui des Fermes du roi, couvrant une surface de 940 toises carrées, et d'une valeur de 964,000 liv.

» 6^ La halle aux Poids, bâtie sur le terrain de la ville, le long du port, servant aux fermes du roi , pour le poids des fers et des marchandises, soit nationales, soit des colonies, sur une surface de 448 toises carrées, et d'une valeur de 4 42,425 liv. (Les bâtiments au-dessus de la halle servaient de logement à l'architecte, au fontainier de la ville et au capitaine du port. Les intendants avaient disposé du reste de ce bâtiment. ]

» 1^ Le bureau des Fermes, dont le rezHle--chaussée était estimé 45,000 liv. ( Les étages supérieurs avaient été affermés, le cens annuel était porté dans l'état des censives de la ville. )

» 8<> Les collèges des Lois et de Médecine, d'une surface de 243 toises carrées un quart, et d'une valeur de 42,325 hv.

» 9^ La salle de Concert, joignant le jardin de l'Intendance, d'une valeur de 50,000 liv.

» 40^ L'hôtel ou maison commencée près l'église Sainte^Eulalie, destinée à recevoir le couvent de la Visitation , estimée dans l'état actuel 400.000 liv.

440 Une grange hors ville, dans le faubourg S&int-Seurin, servant d'écurie pour les bœufs employés à l'enlèvement des beurriers de la ville; trois glacières joignant avec un petit magasin, d'une valeur de 8,000 liv. » 42*^ La tour près la Fon-de-l'Or, dans laquelle est un réservoir et des machines élevant l'eau; écurie, grenier à foin, le tout d'une valeur de 6,000 liv.

» 43^ Une maison hors ville, joignant le pont Sainte-Ëulalie, occupée par les Frères des écoles chrétiennes , et qui doit être démolie pour l'exécution du projet de porte et de place Berry, acquise par la ville du sieur Gastaing.

» 4 4<» Deux classes pour les écoles chrétiennes, dans le faubourg Saint- Seurin, rue des Tanneries, près le Jardin-Public.

x> 45^ Une maison dans la paroisse Saint-Michel, servant aussi aux écoles chrétiennes.

» 4 6^ L'église paroissiale Saint-Louis, dont les fondements seuls sont jetés, d'une valeur de 443,000 liv. dans l'état actuel.

NOTES. » n° La maison presbytérale occupée par les écoles chrétiennes,

■" d'une valeur de 20,000 liv.

» 18° Les maisons des portiers et deux bureaux à chaque porte pour les commis des fermes du roi et de la ville, savoir : aux portes Bourgogne , de la Grave, de Sainte-Croix , du Cailhau, de Saint-Pierre, da Ghai-des-Farines et celles des deux côtés de la place Royale, du Ghapeau- Rouge, de Saint-Germain, Dauphine, Dijeaux, d'Albret, de Saintc- Ëulalie, actuelle d'Aquitaine, des Gapucins, le tout estimé 46,400 liv.

X) ( Les logements des portiers et les bureaux des portes de la Grave, de la Monnaie et du Pont-Saint-Jean doivent être reconstruits, j

» 19° Un corps-de-garde pour les patrouilles, situé place Ganteloup, et estimé 500 liv.

» 20° Le Jardin-Public avec deux maisons aux deux bouts, dans Tune desquelles on avait projeté d'établir une machine hydraulique pour élever les eaux de la fontaine de Figuereau, qui, de là, devaient être distribuées dans la ville; deux vastes péristyles et galeries sur la façade du midi, avec un vaste manège, écurie, et logement pour l'écayer. (Le jardin a été établi par arrêt du Gonseil du 23 août 1746.)

» 21° Le Jardin des Plantes joignant le Jardin-Public.

» 22° La place du Marché, avec le pilori où se vend le gibier, la clie où se vend le poisson et une paneterie. (C'était sur cette place que se percevait le droit appelé de Bigueyrieu. }

» 23° La place du Marché-Neuf.

» 24° La place Royale, construite en vertu de l'arrêt du Conseil du 7 février 1730, et où est érigée la statue équestre du roi, formée par arrêt du Conseil du 5 mars 1754.

( La ville, à qui appartient le droit de placage, y louait des places aux petits marchands étalagistes, pendant les deux foires de mars et d'octobre. Le parlement y a formé opposition.

» 25° La place du Marché-Royal , construite en vertu de l'arrêt cidessus mentionné, du 7 février 1730, et au milieu de laquelle est nne fontaine.

» 26° Les places intérieure et extérieure de la porte Bonrgoguc , formées en vertu de l'arrêt du Conseil du 10 juillet 1750. Sur la place extérieure se vend le fruit, et tous les lundis le vime, le sarment et autres denrées ; tous les lundi et mercredi , un marché de volaille se tient dans là place intérieure.

)) 27° Petite place xlevant les Capucins, place ovale intérieure de la porte des Capucins, sur laquelle débouchent la rue des Menuts,la

iionvelle rae Marbotin et les rues projetées de Sainte-Thérèse et des rotes. Hemparts , entre la porte d'Aquitaine et la présente place. ~~

D â8<> Grande place hors ville, devant la porte des Capucins.

» 29° Grande place extérieure, devant la porte d'Aquitaine, avec une petite place intérieure.

» 30« La place intérieure de la porte Berry.

» 34^ La place du Ghauf-Neuf, entre les fossés des Carmes et ceux des Tanneurs. (MM. les jurats ont désigné cette place comme étant le lieu où devait se vendre le pain apporté en ville des paroisses circonvoisines.)

» 32® La place Saint-Projet, qui s'étend devant l'église de ce nom.

D 33° La place Sahite-Colombe, au milieu de laquelle on a construit une nouvelle fontaine.

» 34° La petite place Saint-Remi et celle de Puy-Paulin joignant, et an devant de<;esdeu\ églises, celle de Canteloup, joignant le cimetière Saint-Michel , au milieu de laquelle place est un corps-de-garde servant aux patrouilles.

» 35° La place Saint-Germain, joignant la porte de ce nom, sur laquelle est situé l'hôtel que la ville a donné au roi pour les bureaux des classes de la marine, afin d'acquitter la somme de 50,000 liv. offerte au roi pour l'augmentation de la marine.

» 36° La grande place Dauphine , située entre les portes Dauphine et Dijeaux.

» 37° La place de l'Ombrière , au devant du Palais ; le port et bord de la rivière, les fossés et murs de ville, tant des deux premières enceintes que de la dernière.

» S 2. — Domaine produisant un revenu.

» L'enclos d'Arnaud-Guiraud, hors delà ville, servant d'hôpital pour les pestiférés , composé de deux petites échoppes et jardin , et dont une partie est occupée par la Maison de Force; l'autre partie louée 500 liv.

» 39° Une maison dans le massif de la porte des Capucins, louée 300 livres.

» 40° Autre maison sur les remparts, entre la porte d'Aquitaine et celle des Capucins, comprise dans la démolition pour le percement d'une me, et louée 400 liv.

» 44° Autre maison sur les fossés de porte Bourgogne, au bout de la rue des Faures , comprise dans la démolition pour le percement de la rue des Menuts sur les fossés de porte Bourgogne , estimée 700 liv.

» 42° Deux échoppes au Chapeau-Rougc, louées 400 liv.

NOTES. » 43^ Les baraques adossées à la Bourse, du côté de la rivière, louées

- . 4,400 liv.

» H^ Une échoppe joignant la Bourse , rue du Pont-de-Ia-Monsque, louée 75 liv.

» 2^ Domaine direct.

» Les domaines de cette nature consistent dans les fiefs et ceiisi>es que cette commune possède, soit dans la ville, soit dans la palu , et, en outre, dans le comté d'Ornon : la baronnie de Yeyrlnes, le fief du Parc , les prévôtés d'Ëysines et d'Enlre-deux-Mers.

» § l«f . — Gensives dans la ville.

» k6^ La haute, basse et moyenne justice, exercée par les jurats, gouverneurs de la ville.

» Philippe le Bel, par son édit du mois de décembre 4295, confirma les maire et jurats et communauté de Bordeaux dans la jouissance où elle était de toute ancienneté de la justice haute, moyenne et basse, tant de la ville que banlieue d*icelie, se réservant la souveraineté et Ja juridiction civile entre les étrangers , qui était exercée par le prévôt de rOmbrière.

» Henry, roi d'Angleterre, la 2® année de son règne, par ses lettrespatentes, en confirmant celles données par Edouard, son aïeul, qui avait restitué au maire et jurats et à la ville de Bordeaux, la banlieue de la dite ville avec la justice haute , moyenne et basse, comme appa^ tenant à la ville de toute ancienneté, ordonna que les maire et jurats fussent remis dans la possession et jouissance de la dite banlieue, avec la justice moyenne et basse, pour la tenir et posséder à perpétuité.

» Les censives, ainsi qu'on les connaît par les recherches qu'on a pu faire jusqu'à présent sur 835 maisons, ont été reconnues dans dix-sept différents terriers, depuis 4487 jusqu'en 4758, censives qui, eu égard aux rentes annuelles et au casuel des lots et ventes, peuvent être estimées 300,000 liv.

)) ( Ne sont pas compris dans cette estimation , la palu de Bordeaux, les droits de bian et de débet , les censives litigieuses avec la baronnie de la Lande, avec le fief de Saint-Jâmes, les maisons de la nouvelle rue Richelieu, bâties sur le sol de l'ancienne Monnaie, quoiqu'elles soient de la censive de la ville, selon divers jugements, et notamment celui rendu en 4262 par les quatorze prud'hommes. )

» S 2«. — Censives du comté d'OrnoD.

» 46® Quoîqae la \ille de Bordeaux eût la justice dans la banlieue de cette Tille, néanmoins, le comté d*Ornon, situé dans l'enclave de cette justice, conserva la sienne propre, peut-être même une partie des directes et droits seigneuriaux appartenant à la ville; c'est ce qui détermina les maire et jurats à faire l'acquisition de ce comté, le 4 7 décembre U09, des mains de Henri de Lhoet, archevêque d'York, pour la somme de 500 marcs sterling d'or de la monnaie d'Angleterre (4), prix équivalant à une valeur actuelle de 300,000 liv.

» Henry, roi d'Angleterre, en donna la permission à ce prélat, par des lettres-patentes du 20 août de la deuxième année de son règne , dans les termes suivants : Henricua, dei graiid,.. sciaiis quod de nosird gratté ipeciali concessimus et licentiam dedimuspro nobia et hœredibus no^ irUy quantam in nobis et venerabili in Christo Patri Henrico Arekiepiscopo Ebor . domino domini loei potestatis et comitatus d'Ornone ac prœpositurœ ûe Camparriano prœdicto cum omnibus regalibus , jumdictionibus altis et fousts , francheiiis , redditibus, conventibus et po88e$8iofUbu9 quibuicumque eisdem pertinentibus et otnmbus aliispertinentiiainducatunosiroAquilaniœ quibuscumque et de obedientid nostrd plus afferenti alienare, vendere et am~ gnarepomt (4).

» En conséquence de cette permission , Hessire Henri de Lhoet vendit et transporta aux maire et jurats et ville de Bordeaux, le chftteau d'Omon et prévôté de Gomparrian , la juridiction et seigneurie haute, basse, mère, mixte, impère, avec tous les droits, devoirs et appartenances» rentes, revenus, fiefs, hommages, exporles, seigneuries, lods et ventes, arrière-ventes, hommes questaux, etc.

» Si on rapproche les droits seigneuriaux vendus, de la permission de vendre, accordée par le roi d'Angleterre, on reconnaît que les termes des lettres-patentes cutn omnibus regalibus ne peuvent s'entendre que des droits dont le roi lui-même jouissait dans le comté , c'est-à-dire les hommages, les droits d'aubaine, deshérance, bâtardise, etc. ; et cependant, quoique les hommages fussent taxativement vendus, les préposés du domaine de Sa Majesté jouirent de leur possession, n Le comté d'Omon comprenait les paroisses de Saintr-Genès, de

(i) Cette charte et plusieurs autres documents, sur le comté d*Ornon, ont fait l'objet d*une publication : Contrat d'acquisition du comté d'Ornon,par MM. les hratt, avec laprise de possession. ( Bordeaux, Jean-Baptiste Lacorné J730, in-4<^.)

NOTES

NOTES. Talence, de Gradigiian, deLéognan, de Canéjan, de Gestas, de Ville- ** nave, d'une partie de la paroisse de Bëgles, et d'une partie de celle de

Martiilac.

» Saint-Genès. — Le terrier de cette paroisse n'avait pas été renouvêlé depuis U75. Les rentes foncières consistaient alors en 4 liv. 40 s. en argent et en agrières au septain des fruits sur quelques tenements. Ces rentes ne paraissent pas avoir jamais été servies.

» Cette paroisse ne produit aucun revenu casuei; ce qui ne peut dépendre que de ce que les censives de la ville ne sont point connues depuis près de trois siècles.

)> Les possesseurs sont les habitants les plus qualifiés de la ville , et les principaux bourgeois qui, pour le moins , prétendent posséder en franc-aleu ; plusieurs même se sont formé des directes au préjudice des droits de la ville.

)) Taknee. — Les titres féodaux relatifs à cette paroisse ont disparu dans les incendies de l'Hôtel-de-Ville. La cité est donc vis-à-vis les possesseurs dans le même état que pour la paroisse de Saint-Genès.

)> Gradignan. — Les censives de cette paroisse ont été reconnues dans douze différents terriers, depuis 4490 jusques en 4740. Mais, comme on n'a fait reconnaître les dites censives qu'à l'occasion des différentes mutations qui survenaient, ces terriers sont presque sans liaison et sans rapport, les uns par rapport aux autres.

» Les rentes, suivant le terrier de 4740, qui finit en 4742, s'élèvent à 54 livres en argent.

» Selon le même terrier, plusieurs tenements doivent l'agrière au septain des fruits; et, en s'en rapportant aux précédents, plusieurs autres doivent le sixain des fruits. Aucune de ces rentes , pas même celles reconnues depuis 4740 jusqu'en 4742, n'est servie.

» Léognan. — Les censives de cette paroisse ont été reconnues dans sept terriers différents, sans liaison entre eux et s'étendent depuis 4490 jusqu'en 4649. Elles donneraient en argent de six à sept livres par an.

» On ne connaît actuellement que les rentes qui ont été établies par les baux à cens qui ont été faits de certaines portions de landes, vacants, depuis 4733 jusques en 4762, qui s'élèvent annuellement à 24 livres. Ces censives, quoique récemment établies, ne sont point servies.

» Canéjan. — Les censives de cette paroisse ont été recommes dans différents terriers, depuis 4490 jusqu'en 4746 , sans liaison entre eux. Les rentes reconnues dans ces différents terriers pouvaient s'élever annuellement à la somme de 40 à 44 livres.

» Les parties reconnues en 4746 et 1717 s'élèvent annuellement à yoirs, 3 livres 10 sous, qui ne sont pas même servies. ~^

* )> Cestas. — Les censives de cette paroisse ont été reconnues dans onze différents terriers, depuis 4484 jusques en 4743, sans liaison entre eux. Les rentes reconnues pourraient s'élever annuellement à 451ivres.

» Les parties reconnues depuis 4743 jusques en 4740, y compris trois baillettes à fief nouveau, qui font 4 livres 40 sous de rente , donnent annuellement 44 livres 44 sous , qui ne sont pas servies.

» Villenave. — Les censives de cette paroisse ont été reconnues dans différents terriers, sans liaisons entre eux. Selon ces différents terriers, les rentes pouvaient s'élever annuellement à 6 ou 7 livres.

)» Les parcelles de ces censives, reconnues en 4735 jusques en 4737, montent à la somme de 2 livres 46 sous , qui ne sont pas servies.

» Bègles, — Les censives de cette paroisse ont été reconnues dans cinq différents terriers, depuis 4544 jusques en 4649; et les rentes qui sont reconnues peuvent s'élever annuellement à 48 livres. On ne peut se permettre d'en faire rentrer toutes les directes , on ne saurait dès lors en fixer la rente annuelle.

» Martillac. — Les censives de la partie de cette paroisse qui dépend du comté d'Ornon, ont été reconnues dans quatre différents terriers, depuis 4484 jusques en 4558. On y remarque qu'aucun terrier n'a été consenti en faveur du comté d'Ornon ; que les fiefs nobles sont entre les mains de Sa Majesté, quoiqu'ils soient taxativement vendus du consentement et par la permission expresse de Uenry, roi d'Angleterre, duc de Guienne.

» En résumé, le comté d'Ornon présente :

» Gradignan 54 liv. » s.

» Léognan 24 » »

» Canéjan 3» 40 ^ 93 liv.

» Cestas 44 » 44

» Villenave 2 » 46

» § 3®. — Censives de la baronnic de Veyrines.

» Les mômes obstacles que la ville avait trouvés de la part du comté d'Ornon, pour jouir paisiblement de la justice haute et des censives qui lui appartenaient , lui furent opposés par les barons de Veyrines ; ceux-ci , de même que les comtes d'Ornon , par leur influence et à Taide des troubles de la province , restèrent en possession de la haute justice et des directes qui appartenaient à la ville. Ces circonstances

l'* Part. B.c i3

ROTE<ï. déterminèrent la ville de Bordeaux à faire racquîsitiou de cette baron- ■" nie , le 26 octobre 1526 , de Messire de Boucquaulx et de dame Ga-

brielle Dailly , son épouse , pour le prix de 950 écus d'or , ce qui produisait, en 4764 , une somme de 228,000 livres environ.

)) Cette baronnie comprend les paroisses de Mérignac , de Pessac et de Saint-Jean-Hl*Illac. Elle avait aussi des fiefs situés hors de la banlieue de Bordeaux et dans les paroisses d'Ëysines, du Taillan , du Pian et de Parempuyre.

Ki Mérignaa. — Quinze terriers, depuis M\\ jusqu'en 4731, indiquent les censives de cette paroisse. Les rentes foncières pourraient s'élever en argent à 400 livres; froment , 6 boisseaux; millet, 3 boisseaux; 42 poules ; 50 manœuvres à bœufs. Selon ces mêmes terriers, plusieurs tenements doivent payer l'agrière : les uns au quint , d'autres au sixain et au septain des fruits.

» Les rentes foncières des parcelles de ces directes reconnues depuis 4734 jusqu'en 4740, s'élèvent annuellement à 53 livres qui ne sont pas servies.

» Pessac, — Les censives de cette paroisse ont été reconnues dans huit différents terriers, depuis 4506 jusqu'en 4649. Depuis le milieu du XVIf® siècle, aucune rente foncière n'était servie; elles pouvaient s'élever annuellement à 3 livres , non compris quelques agrières au septain des fruits.

» Les landes et vacants.de cette paroisse furent l'occasion d'un long procès entre la ville et le propriétaire de la maison deBieuzac. La possession par cette maison d'un fief et franc-aleu donna lieu à de nombreux envahissements et à des concessions à fief nouveau par la maison de Bieuzac. Elle percevait un droit de pacage par tête de brebis; et, sur le refus de paiement , le troupeau était confisqué. Une action fut intentée devant le parlement, les dossiers acquirent lentement un volume effrayant, et l'affaire ne fit que se compliquer d'incidents nouveaux ; on y remarque qu'un procès-verbal de transport sur les lieux coûta 15,000 livres.

» Bordeaux, — La directe sur plusieurs maisons, situées dans la paroisse Sainte-Colombe et dans la rue dessous les murs, appartenait à la ville , en vertu de l'acquisition de la baronnie de Veyrines ; mais la directe sur ces maisons n'avait pas été reconnue depuis 4427.

» Prévôté d'Eysines, — Les directes sur plusieurs tenements dans la paroisse d'Eysines , au village du flaillan et à Bussac, n'avaient pas éi('^ reconnues depuis 4429.

» Le Taillan. — Sur un grand tenement en prairie , appelé à Fon- notes. d&-Castel, qui n'a point été reconnu depuis 4432. '"'

» Le Pian, — Sur deux villages appelés du Freyche et du Pouyau , qui faisaient annuellement 45 livres de rente. Cette directe n'a pas été reconnue depuis 1426.

)» Parempuyre. — Sur les tenements en prairies appelés La Seinte de Langoiran , la Seinte de Queyssac et la Calhanengue. Ces trois tenements étaient chargés d'une rente foncière annuelle de 58 boisseaux froment.

» Les reconnaissances de ces tenements ont eu lieu dans l'intervalle deU44à4448;ilya donc plus de trois siècles que ces directes ne sont ni connues, ni servies.

» La baronnie de Veyrines ne présente donc qu'une valeur de 53 li-* vres dans Mérignac.

§ 4«. — Fief du Parc , anciennement d*Espaigne.

» La ville , autorisée par lettres-patentes de Sa Majesté, a fait l'ae^ quisition de ce fief, le 47 février 4758, moyennant la somme de 430,000 livres. 11 est situé dans les paroisses de Mérignac et de Saint-Jeand'illac , dans l'enclave de la banlieue.

» La ville de Bordeaux était exposée, vis'à-vis des seigneurs de cette maison, aux mêmes tracasseries qu'elle avait essuyées de la part du comte d'Omon et des barons de Veyrines. Les seigneurs d'Espaigne ne lui disputaient pas formellement la justice, mais ils prétendaient être en droit de pignorer les habitants, lorsque leurs bestiaux leur causaient quelque dommage , et de les retenir jusqu'au paiement dudit donmiage i dans le parc qu'ils avaient érigé dans Tintérieur de leur château. Ils I prétendaient en outre obtenir les honorifiques dans l'église , un droit [ de trezein sur le pain et sur la viande , presque la totalité des landes et vacants dans les deux paroisses de Mérignac et de Saint-Jean-d'IUac; enfin , les censives de la ville , par leur autorité sur les habitants , tombaient journellement en leur pouvoir. Ce fut pour terminer tous ces différents que l'acquisition ci-dessus mentionnée fut faite par la ville.

» Mérignac. — Les cens et les rentes foncières de ce fief ont été reconnus dans seize différents terriers, depuis 4457 jusques en 4745, et les cens reconnus dans ces différents terriers pouvaient s'élever annuellement à 55 livres 46 sous, 5 boisseaux 4/4 de froment , 24 boisseaux 4/2 de seigle , une barrique 4/3 de vin , 433 poules et 4 manœu-

NOTES. vres à bœufs. Plusieurs tenements doivent en outre Fagrièrc , les uns ~ au quint , les autres au sixain , d'autres au septain des fruits.

» Depuis le terrier de 1659 qui a servi de premier terme de eoiiiparaison, comme paraissant le plus complet, il a été reconnu depuis 1 745 comme parcelle de ce fief et il a été consenti plusieurs baillettes à fief nouveau de vacants appartenant aux dits seigneurs du Pare.

» Les rentes foncières de ces paroisses reconnues montent annuellement à 36 livres 12 sous 3 deniers, y compris les baux à fief; plus, 83 poules , 8 boisseaux de seigle , demi-boisseau de froment , 6 manœuvres à corps; le tout d'une valeur de 433 livres 12 sous 3 deniers.

» Saint-Jean-d'Illac, — Les rentes foncières de cette paroisse, faisant partie de Tacquisition des fiefs de la maison , se réduisent à une seule rente générale annuelle de 3 livres.

» Rentes, — Les habitants de Martignas paient annuellement, pour la permission de pacager sur les landes dépendantes de la maison noble du Parc, 24 livres 15 sous.

)) Les rentes suivantes ne sont point servies ni reconnues depuis 1626. Les habitants des villages des Places et du Jard , 1 sol par habitant; les habitants de Caudeyran , un sol par habitant; les habitants du village de la Forêt , 10 sols et une poule; les habitants du village du llaillan , 15 sols et une poule ; les habitants du village de Gajac , 5 sols et une paire de poules ; les habitants du bourg d'Ëysines et du village des Combes , 15 sols et une paire de poules; les habitants du village de Corbiac , 5 sols et une paire de poules; les habitants de Magudas, 2 sols 6 deniers et une poule.

» Ainsi, le fief du Parc présente en valeur :

» 1« Dans Mérignac 133 liv. 12 s. 3 d.

» 2° Dans Saint-Jean-d'Illac 3 » »

» 3*» En pacages 24 15 »

» Total 161 liv. 7 s. 3 d.

» En résumé, le comté d'Ornon présente.... 93 liv. » s. » d.

» La baronnie de Veyrines 53 » »

» Le fief du Parc 161 7 3

» Total 307 liv. 7 s. 3 d.

§ 5«. — Prévôté (rEysines et d*Entre-deux-Mers.

» La ville de Bordeaux ne jouissait, dans ces deux terres, que de la justice haute, moyenne et basse, sans fief ni directe.

-a prévôté d'Ëysines coraprend les paroisses d'Eysiiiès el de Bruges, ^elle d'Enire-deu\-Mers est composée des paroisses de Cenon , de ic , de Bouliac, de Tresses , de partie de celle de La TresDe, d'Ari , de Cari^nan et de Lormont.

.es titres de ces deux prévôtés qui faisaient l'ancien apanage de la sont entièrement perdus depuis 154 S, époque à laquelle ils furent s par le connétable de Montmorenci ; depuis ce moment , ses homrs se sont soustraits à sa suzeraineté ; ses censitaires, à sa directe ; •eiiiiers, pour se donner au roi; les seconds , aux seigneurs qui y daient quelques Refs; d'autres se sont érigés en francs-^leux. ^ l'occasion de la perte des litres de la ville de Bordeaux, Henry H, :ttres-patentes du 17 avril 1588 , ordonna que les tenanciers et ux des comtés d'Ornon , baronnie de Veyrines et autres lieux , ïtit tenus de montrer et d'exhiber aux dits maire et jurais , les

en vertu desquels ils tenaient des biens dans ces localités ; faute ir à cette obligation , ils devaient en laisser la possession aux t et jurais , nonobstant la coutume, usancc et observance du pays dais , selon laquelle ce sont tes seigneurs qui sont tenus d'exhiber enanciers les titres ern vertu desquels ils tiennent des biens dans

tiefs. Mais les agents préposés par la ville au recouvrement de efs , se bornèrent à recevoir les reconnaissances de ceux qui vou- : reconnaître ses directes. Aussi vit-on plus lard plus d'un tenanlisputer les droits de la ville et la forcer à ériger en fief les rotures

possédaient.

» 3° Charges ou offices liumutikuj^.

.es offices domnniaux de la ville de Bordeaux consistent dans les ;es de procureur-syndic , de cleic et secrétaire de la ville , de er des informations et de notaire de la ville. Ces offices furent s à l'Hôtel-de-Ville , par lettres-patentes du 7 novembre 1691 , pstrées au parlement le 32 décembre 1691 ; la ville paya alors une ne de 6,000 livres.

Les mêmes lettres- patent es prononcèrent la réunion à l'Hôtel-de- , moyennant une somme de 60,000 livres, des offices de dix poisers, huit compteurs de poisson , cent vingt taverniers, quatorze rcursdescl, sixjaugeurs, vingt-quatre empaqucleur.-i, deux marrs de vin, soixante sacipiicrs, quatre visiteurs de rivière, quatre iteurs , six auneurs ( alors en procès ] . six affineurs de poids et res , affineurs de boisseaux, m

?IOTES.

Detchcvcrry.

NOTE XIV, po^re 365.

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