Livre VU. cardinal Fesch , archevêque de Lyoo , le % avril. Des félcs
iL * splendides furent c()nima[i(lcii.>> pni loiil en France : Bordeaux ne resta pas eu arrière, el sa Municipalîlé, empressée de manifester sa courtoisie, son obséquiosité et son esprit de flagornerîo , fit choix de sept do ses membres pour aller, au pied du irône, portera l'heureux couple couronné les respectueuses félicitations et les r€Connai$$anU hommages des Bordelais. Des adresses furent rédigées de suite et confiées aux heureux dépotés, pciicJaiit que M. Graiiiiuoiil , premier adjoint, eiiibuucli.ni la trompette pour annoncer aux échos étonnés de la Garonne, les spirituels et prophétiques élans de son poétique épiihalame. SI Hars. auquel le public nous saura gré d'avoir emprunté quelques lignes comme écbanlilloa du style municipal de l'époque :
« Cette union mémorable , dit-il , qui consolide notre boa- » heur, qui assure le repos des peuples et qui devient Tobjet M des plus chères, des plus douces espérances des Frant.ai", » est dans ce moment célébrée avec éclat et comme à lenvi, » par l'Attlriche consolée, par les nombreuses nations alliées » que protège notre illustre monarque, et surtout pm I lien- » reuse capitale de l'Empire. Habitants de bordeaux, bientôt » vos sentiments pourront aussi se montrer au milieu des fêtes » solennelles, qui ne paraissent différées de quelques jour^ » que pour recevoir de la pompe des arls et de la tijagniO- » cence de la nature tout l'éclat si digne de leur majestueax
» objet Que la vive expression de vos sentiments rende
» ce jour comme le précurseur des jours heureux qu'il assure » à la France ! »
Parmi les adresses présentées à l'occasion du mariage , il y en avait une bien remarquable : c'était celle de Borde4iox. dont la rédaction avait été contiée à Philippe Fcrrère, avocat célèbre, homme de cœur, le rival de Lainé et de Bavez, et que , sans ces deux noms, nous allions appeler le roi du barreau. Dans cet acte, Ferrère voulut être à son aise; il croyait, dit-il, le moment venu de faire retentir les mots de|Hitir, de
Mes Souvenirs.
commerce et de bmhewr pubHe. Il lui semblait que la politique l^^^ri' vrr. même de Napoléon et sa soif immodérée de gloire se réunissaienl pour l'en L;a 1:1 r à poser les armes et à laisser respirer rbomauité. 11 développa ce thème eo phrases aussi respec- Ferrèr^, tueuses que substantielles ; la lecture de son travail reçut lapprobalion du Conseil municipal et de ses concitoyens, et h'8 députés turent chargés de porter ces nobles paroles au pied du trône. En arrivant à Paris, il fallut, suivant l*usage, soumettre Padresse au minisire compétent ; le lendemain , le nuuislre manda les députes Bordelais et leur dit : « que leur adresse était inconvenante, presque irrévérencieuse » et qu'il fallait absolnroenl la supprimer; qu'il ne pouvait point concevoir comment Bordeaux avait pu penser que I événement do monde le plus simple ( le mariage de Napoléon et de la petite nièce de Louis XVI), changerait quelque chose aux vastes desseins que Sa Majesté avait congus potïr le bonheur du monde. Assurément l'Empereur en serait mécontent. »
L'adresse ne fut pas insérée au Moniteur. Ceux qui l'avaient a|>[M ouvée » MM. Lynch , Portai et quelques autres trouvèrent r«^la très-naturel 1 Ferrère se\il , dans tout Bordeaux , s'en étonna ; il n'était pas assez flexible pour être un homme des circonstances ! Il ne naquit pas cl ne devint pas courtisan.
On s'amusa beaucoup à Bordeaux le dimanche suivant , jour indiqué : comment ne pas le faire, en présence d'un [événement qui promettait tant de bonheur ! Selon la jurande iiU'e du magistrat qui prescrivit les réjouissances publiques, c'était l'aurore d'un beau jour qui allait commencer une nou- ^^elle ère de prospérité, couronner toutes les espérances, consolider le bonheur des naiions et luire sur 1 Europe paciûée, avec tous les charmes que devaient lui donner la pompe des %ri$, les riches produits de Flore et la magnificence de la na- 'are !
Ce n était pas assez de se marier à Paris, il fallait que d'au- .i-os couples heureux sentissent aussi, en province, un peu du
Livre VII. bonhcur conjugal de leurs maîtres. L'adminislratiou de Bor- ^ ''''^ ^' deaux fut chargée, en exécutioo du décret du 25 mars, de choisir dix anciens militaires qu'elle devraituair à dix jeunes filles recomniand.ihU's par louis bonnes mœurs et de leur donner six cents francs comme dot à chaque couple. Celte cérémonie fut NOTE id. renvoyée au 22 avril. Nous donnons , dans une note , les noms des heureux époux de Bordeaux ; il est probable que , dans leur humble sphère, leur félicité conjugale a élé aussi réelle, aussi bien sentie et moins éphémère que celle de Napoléon et de Marie-Louise : ce n'est pas toujours dans les hautes riions de la socit'lo qu'il faut cluTclior le bonheur !
Nous ne sommes pas encore à la tin de nos fêtes matrimoniales; ces choses-là ne passent pas facilement de mode. Le ciel couronna les vœux de l'Empereur en lui donnant un enfant, le 43 mars 4811. Son baptôme devait laisser des souvenirs; de nouveaux bienfaits émanant d'an père heureux et reconnaissant envers le ciel , devaient consacrer à jamais cette époque, qui allait, au moins dans l'esprit du pouvoir, afiermir pour toujours les glorieuses et brillantes destinées de la France. Hélas ! que nos espérances sont trompeuses et que les prévisions (l'un amour même légitime sont bien diO'éi entes de la pensée (le Dieu I
Conformément aux bienveillantes intentions de Sa Majesté, le préfet ordonna des réjouissances publiques pour le jour du ôj Avril 1811. baptême du nouveau-né. Il fut ordonné de choisir neuf militaires (quatre dans Bordeaux et un dans chaque arrondisse- NOTE 30, ment) qui devaient se marier le 2 juin 18f 1, avec des filles |)auvres vA orphelines de leurs conuuunes rcspoclives, à qui le Gouvernement accordait des dots (600 fr. à chacuoej. Les choix devaient se porter de préférence sur les hommes qui avaient servi avec le plus de distinction , et sur les filles qui jouissaient d'une bonne réputation. Il serait trop long, trop fastidieux de donner, en détail, le programme des réjouissances du 9 juin : les fêtes- de commande se ressemblent
presque toujours. Ce âout^ d'ordinaire , le sou des cloches, des l ivre vji. salves (l'artillerie, des bâtiments pavoises, des maisons illuiiii" ^''-'i^ ».
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uees» des secours distribués aux mères-Dourrices , aux indigeots et aux bureaux de charité. Célaieut un obélisque, orné tnagnitiquement d'emblèmes et d'inscriptions en Thonneurdu roi nominal de Rome, des mûls de cocagne, toutes sortes de jeux publics et gratuits , au Champ-de-Mars; des fontaines de vin sur le grand marché et sur le marché des Chartrons; des danses, des orchestres organisas au Cliainp-de-Mars; des images allégoriques au milieu des plus resplendissantes illumioations , et mille autres diverses sortes de cérémonies et de démonstrations joyeuses , sans parler du Te Dexim solennel exécuté, le même jour, avec pompe et à grand orchestre, auquel avaient été invitées les autorités civiles , militaires et judiciaires , et des détacheiueuls des deux gardes d'honneur de Bordeaux.
Par son décret du 14 mars 18 11, l'Empereur rendit au déparlement Tancien fort du Hc^, devenu une prison d'État depuis le cuuiiiieucemeut de la révolution. On y fit de grands changements; mais, après bien des débats et des délais, on commença à bâtir des prisons plus saines et mieux aérées, et elles furent mises en activité en 1843. Eu 1847, on exhaussa le quartier des hommes d'un étage , et on sentit le besoin d'agrandir cette prison. Elle peut recevoir 240 hommes et 40 femmes.