Livre VU
Cliap. tt.
18ii.
Thiers , H'utmrt éu Contutot,
compensé un jour; Dieu ii oublie» a pas ses sacrifices affeeiueux en faveur de Pie IX.
Bonaparte voulait voir tout le monde à ses genoux , mais le Pape protesta contre la spoliation dont il avait été rob.jet. et lança une excommunication cont re le vaiiujueur de l'Europe. Le nouveau Cyrus, dans sa colère, le fit enlever, la naît do 6 juillet 4809 et le transféra prisonnier à Savone , et plus lard (en 18i2] à Fontainebleau, pour l'avoir sous sa main. Qw rivresse du ^pouvoir est fatale à l'homme qui en est revéto ! L'Empereur oublia bien vite ce qu'avait dit le premier Consul; il se démentit lui-njème : « L'institution, disait li(jnaparte 9 premier Consul , qui maintient l'unité de la foi, c'est-à-dire » le Pape, gardien de Tunité catholique, est une chose adml- » rable. On reproche à ce chef d'être un souverain étranger. » Ce chel est étranger, en effet, et il faut en remercier le ciel. » Quoi J dans le même pays se figure-l-on une autorité pâ- » reille à côté du Gouvernement de TÉtat? Réunie au Gouver-^ » nemcnt, cette autorité deviendrait le cle^p«Jtl.sIlle du Mihan; » séparée , hostile peut-être , elle produirait une rivalité af- » freuse, intolérable. Le Pape est hors de Pari^, et cela eA » bien; il n*est ni à Madrid ni à Vienne, et c'est pourquoi » nous supportons son autorité spirituelle. A Vienne, a .Madrid. 1» on est fondé à en dire autant. Croit-on que s'il était à Paris, » les Viennois, les Espagnols consentiraient à recevoir ses dé- » cisions ?
» On est donc trop heureux qu'il réside ho^ de chez soi . » et qu'en résidant hors de chez soi , il ne réside pas chez de»
» uvaux ; qu'il habile dans cette vieille Home, Unn de la main » des empereurs d'Allemagne, loin de celle des rois de France j> ou d'Espagne , tenant la balance égale entre les souveroinj^ » catholiques , penchant toujours un peu vers le plus fort, et » se relevant bientôt, si le plus fort devient oppresseur. Ce M sont les siècles qui ont fait cela et ils ont bien fait. « Voilà le langage de ta sagesse; il est beau, il est admira-
ble, parce qu'il est vrai. Hélas! pourquoi ce nouveau César hivn vji. s'est-ii oablié si vite , jusqu'à traîner le Pape dans les environs de sa capitale? En renversant le trône de Saint-Pierre , il minait le sien : .^^ts malheurs avaient commencé; mais 1812, SI fécond en déplorables événements, les acheva entièrement, et anéantit ces prestiges de puissance, cette auréole de gloire dont le ciel semblait l'entourer (I). La France dépeuplée, la jeunesse moissonnée, les larmes des pères et des mères, le commerce anéanti , la guerre impolitique et malheureuse de i L^paiîne, renh'îvement du Pape, les déplorables désiislresde la Russie, toutes ces calamités, toutes les fâcheuses circonstances de 1842 se réunirent, comme de concert, pour hâter la chute du colosse français. Bordeaux avait été singulièrement éprouvé (2); son commerce n'existait plus; on ne voyait se glisser furtivement le long des côtes que de rares caboteurs ou quelques bricks armés en course; les corsaires même avaient été en grande partie pris ; les emprunts forcés achevèrent d'exaspérer les négociants, déjà presque ruinés; et on peut voir, dans les rapports adressés au maire par \es commissaires de police des difl'érents quarliei s de la ville, combien le mécontentement populaire avait fait de progrès. Pour comble de misère , les grains étaient devenus si rares et le pain et les comestibles en général si chers, que des caiHtalisles crurent sage de se réunir en société pour faire venir des provisions par le cabotage ou par terre, et maintenir le bon marché.
L'année 1813 s'inauLrma sous les plus iik lieux auspices; 1813. Bonaparte venait d'arriver, eu décembre, de sa désastreuse expédition de Moscou : son armée périt en grande partie, et, au lieu d'un triomphe, il ne rapporta que du chagrin, dudé-
(1) Le 14 mai 1812, on Inaugura la synagogue des juifs, me Causseronge, pour remplacer plusieurs autres petites synagogues qu'Os avaient dans le quartier des AugusUns. >- Le 7 décembre, le préfet posa la première pierre du peut de ftordeaux.
<2) Le Gouvernement avait été obligé de prêter, au commerce de Paris et de Bordeaui , doute millions ? La détresse de ces deux places était immense !
Livre VII. couragement et tle tristes prévisions. Décidé , c<* pendant , à
-1 * tenir tète à la fortune, (]ui ne suivait plus ses aigles dans leur
^ ^ ' ^' vol audacieux, il ordoQua une levée d'hommes extraordinaire,
et demanda à la Gironde 422 cavaliers, indépendamment de
leux que devait tlonner noire cité. Celait porter l'etfroi parmi
ta jeunesse, déjà décimée [m les ex()éditions prccedeole^. Go
avait soif de gloii e; mais, en 1813 , on ne soupirait plus qoa-
près la paix. L'agitation fut extrême lorsque le maire, confor-
iiM'inent aux ordres du ministre, publia un arrête en date du
18 janvier, ordonnant une levée, par voie de réquisition, de
Tbicrs, quatre-vingts cavaliers, équipés aux frais de la ville , pour
Hiitoire partie du don volontaire (le Uiot est curieux !) d'lioniuie>
du Consuiai , * ^ ' ^
i. XV, p. âiî. qui serait offert au Gouvernement pour en faire un corps d'élite, sous le nom de garde-^ honneur > Le peuple o^était pas
dupe (le ces belles f)aroles. On se couvrait d'un voile de sraze; grâce à sa transparence , on voyait à travers, en caractères assez gros, ces mots signi6califs : Besoin public, la nécessilé, une autre armée! On recruta ce [tendant quelques volontaires pour la garde-d' honneur; mais ils étaient rares et peu pressés, ceux qui voulaient ihœmeurde la garde!
Le 10 mars, le conseil de recrutement ouvrit ses séances jKKii" l'examen des conscrits de 1814, appelés au service par anticipation. Le contingent du département était de 1,600 hommes, indépendamment des 766 hommes qu'on allait lever sur les anciennes conscriptions de 1807 jusqu'à 18 li.
Le temps était dillicile, les travaux pénibles et multipliés, les hautes fonctions accompagnées de mécomptes, de déboires et de chagrins. M. Gary, préfet, donna sa démission, el fat remplacé, dans la Guonde, par le baron de Valsuzenay.Toul i'cdiûce impérial craquait de toutes parts et se disloquait à chaque instant; le beau-père abandonna son gendi*e et le roi de Rome; l'antique fidélité des R^pagnols renversa la couronne de la léte de Joseph , qui passa incognito à Bordeaux le io juillet , fuyant devant ses sujets d'un jour. La bataille de
LeipMk acboNa la ruine des aiïaires de Na[joltk)n, et le sang Livre vii. français arrosa eocore ies champs dévastés de i Alleoiagne. ''"!!::'^ Le Corps législatif retrouva son esprit d'indépendance; il niODlra quil avait encore le sentiment de sa diunile, dans un rapport rédigé par M. Laine, député de Bordeaux, sur la nécessité d ouvrir des négociations avec les puissances de l'Europe qui dirigeaient leurs armées contre la France. Bonaparte prononça la dissolutiou du Corps législatif et lit décréter, par le Sénat , les lois dont il avait besoin. Ce Corps asservi consentait à forger ses propres chaînes ; c était la sentinelle avancée (lui était chargée de veiller à la conservation de la Constitution ; on n'y trouva pas une seule âme pour protester contre son asservissement ou pour crier : Vive la liberté!
Nous voici en 18H , année célèbre dans les ainiales de Bor- i«i i. deaux, féconde en événements politiques, que la perspicacité humaine n'avait pas prévus ni ne pouvait prévoir. Jusqu'ici , rétoile de \a[)oléon le Grand n'avait presque jamais pAli ; de souibrcb nuages, surtout en 1812, en avaient parfois terni réclat; mais, en 4844 , elle disparut de notre horizon et alla porter ses pâles clartés sur l'île d'Elbe. Les revers de ce grand capitaine ne provenaient pas d'un manque de génie et de résolution ; ils avaient leur source dans la désaffection de la France , dans l'inconstance de la fortune et le besoin , généraleineut senti et bruyamment proclamé, de la paix, et aus.si dans la répugnance de la jeunesse pour de nouvelles campagnes ou des expéditions aventureuses. Comme d*autres villes, Bordeaux gémissait sur ses inloi tunes et pleurait, tout à la fois, la partie virile de sa population moissonnée par la guerre, la perte de ses 6nanoes, l'absence de cette majestueuse forél de nuUs qui ombrafreait ses pacifiques ondes, et la désolante perspective de l'avenir de la France. Sous le reiine de la terreur même, l'esprit public de Bordeaux se manifestait de mille manières et toujours hostile aux agents de l'autorité; il s'y forma don associations politiques sous plusieurs noms inolTcn-
r ivi c vil. 5ifs; mais, toujours comprimées par le pouvoir, elles se tenaicoi dans une impatiente inaction et guettaient un moment favorable pour briser leurs chaînes. Tne société hoslile au pouvoir fut réorganisée, en 1794, par le malheureux Cornu, qui expia ses courageuses imprudences et ses fautes royalistes sur Téchafaud , le 24 juin 1794 ; elle se composait de la jeunesse bur- Exposé fidèle, delaise, sous le nom de Socitla de Belleville, M. Ravez fui iKtr Ruiiac. app^i^ ^ |3 présider après Cornu ; mais, à la mort de Robespierre , ces jeunes gens s^étafolirent en ville , sous le nom de Socivlé du Gouventcmenl. Ces sociétés paraissaient suspectes à plus d un litre à l'autorité; on en ordonna la dissolution; mais la jeunesse protesta contre cette violence , et son obstination faillit engendrer do nouveaux désastres; au lieu de calmer les esprits, les imprudents agents du pouvoir ne iireot (pie les aigrir et élargir la plaie. Toutes ces circonstances étaient rapportées aux princes sur le lieu d'exil ; ils y voyaient un germe de inécontenteiueut et une ombre d'espérance. Ces factieux de Bordeaux étaient leurs amis; c'étaient des royalistes quand même!,... des jeunes gens de cœur et de bonne volonté, qui entretenaient le feu sacré du royalisme dans le sein de la population, et continuaient à rêver une restauration que beaucoup de gens croyaient impossible. C'étaient des conspirateurs, non pas de ceux qui cachent le poignard pour commettre des forfaits, mais de ceux qui parlent et agissent à visage découvert.
Napoléon savait tout cela ; mais que pouvait-il faire contre
des hommes qui avaient de légitimes sympathies fjour une cause autre que la sienne et dont les vœux ne se traduisaient jamais en faits? Ils voulaient ce que voulait la France, la cessation des lio>lilités. La cause de Napoléon était si compromise aux yeux des peuples et des rois, que la paix avec lui paraissait impossible ; les Bourbons seuls pouvaient la donner. Abandonné de l'opinion , il ne lui restait que l'appui de ses soldats: conduite de triomphe en triomphe , admirée de l'univers el
couronnée de gloire, i'armée ne pouvait pas déserter ses ban- ^ 'vr*^ vu. nières, oi cette fidélité dans le malheur reflète de rhonnenr ^''^Çi^* %
sur les soiciats et l'ait Teloge de leur chef magnanime. Mais les généraux , engraissés des dépouilles des peuples vaincus, fatigués, d'ailleurs, d*arpenter toute l'Europe pour assouvir la %'engeance ou satisfaire raïubiiion tl un seul , n'avaK iU plus la môme ardeur guerrière; nenteadant plus les fanfares de la république qui les avait créés et mis au monde, ni les cris de la liberté qu'ils avaient adorée dan.^ les rêves do leurs jeunes années, ils n'aspiraient plus qu'au repos; ils étaient devenus des flatteurs égoïstes, des habitués des boudoirs , des soldais énervés, sans courage, sans patriotisme; la cour était pour eux une autre Capouei iSapoléon, seul peut-être, était resté ce qu'on l'avait connu, supérieur à la fortune, plus grand que les circonstances, inaccessible à la pour, et toujours, dans ses revers mèaie , la terreur de ses ennemis. H ne pouvait pas comprendre, en 184 la froide indifliérence de ses maréchaux, de ses généraux , de ses anciens compagnons d'armes , qu'il avait élevés, enrichis, honorés et décorés sur cent champs de bataille ; il ne leur pardonnait pas leur ingrat oubli : « Ils ne » veulent plus de la guerre, disait-il , il leur faut maintenant » des hôtels somptueux, des lits de duvet au lieu de la paille » de nos bivouacs ; il faut les remplacer par de plus jeunes » que je n'aie pas encore enrichis. »
Voilà l'état des choses et des esprits eu 18 1 4 et 18 1 5 ; mais si l'on veut connaître l'origine de l'antipathie des Bordelais, il faut remonter jusqu'à la fin de 1804, à la création de l'Empire et à la protestation de Louis XVni. Ils avaient admiré, applaudi et aimé Napoléon comme grand capitaine; mais ils ne voulaient pas le voir s'asseoir comme' empereur sur le trône des Bourbons.
Encouragé par tes symptômes d'un revirement de l'opinion publique, le comte d'Artois écrivit à M"*^ la marquise de Donissan, en 4806, l'engageant à devenir le centre de ce mou»
Livre VII. vemeiU géuéreux (1). Femme courageuse et dévouée, aduiicbap^ 5. ^^^^ ^ grandeur d*âme et la noble élévation de ses sentimeots, la marquise commun iriua ses idées à BIM Dudon père et fils, el aj»j)rit par eux que la Société du Gouvernement , présidée alors par M. Dupont-Constant , Américain de naissance , tendait au même but, était dirigée avec beaucoup de prudence el méritait ses sympathies. La fortune coninuM^rait à sourire à sou entreprise. Mais ne pouvant pas tout faire par elle-même, et voulant s'entourer d'appuis et de lumières, elle
(1) La iBarqnise 4ie DoniiMn était ftlle du duc de Civne, mère de niiiMtKct héroïque marquise de La RocbejaqaeleiD, devenue k dix-oeuf ans^ 27 octobre 17BI, répouse de son eousin , 11. de Leseure, qui succomba dans la lutte ûfB géants de la Vendée. Forcée de quitter la France avec son oÊM unique, oldet précieuide toutes ses |»eii8ées et de son amour» M>Mde Donissan pressa sa lOede ne pas laisser s^éteindre cette race de héros qui devait plus tard jeter tant de g^ire sur la terre classique de la féodalité , la Vendée. Sa flile se rendit aux désirs de sa mère et épousi M. Louis de La RochejaqudeiD, frère de Henry, ce briHont et immortel général de la granrio arnx c. I>c cette union naquirent huit enfants : M. le marquis Henr? de La Rocliejaqueiein; M. le comte Luuis, tue ^>u(ls les murs de Lisbonne, le 5 septembre 1833; M la comtesse d'Albertas; M™« lu b:ironne de La itiboissière, dëredi*e en 1833; M"' la comtesse de Foucault , diM edée en 1830; la marquiso deChaa^ velin; M""* la marquise de Mallet et M»'" la comtesse de Poalac.
Lrs graves événements de 1814 appelèrent enlin ii une vie plus active les aDci««n8 el (l'Iclrs amis du roi. La mnison dp >!"»« d»^ Donissnn, en Mt'dor, qui appartient aujourd'hui il M. Cliiusel , fut pendant (|ii« li|uc t<'riijis li nr n ndez-vous habituel, fl iM^^ntnt aprt's ce tut dans i'hùlcl de son gendre. M. de La Hochejaquelefn, au centre (If li'trdf'Miix , qne se tenaient ces i lui. ions, dit l'un préparait le retniir du roi. .'recoud! s par de iiDiiilireiixnniis, MM. Tuflard, Qiicyi ianx. S.-ihK es, Mniidi riard. .'îi-.,i'tr., M. et M'"" ilf La Rochejaquelein parvinn iu a di joiii r l'incessanle surveillance àe l'ombiageusc police du temps, et, aprèsavint iiiiin it-alisé leurs vœux, le 12 roar<, M. le Marquis fui tliarjie par le dm d'Angoulème d'aller recevoir le roi a ('. lu-. « C'est à t ous, mon cher ami, lui dit le roif que je doit le mouvement de ma bonne ville de liordeaux:. »
Les événements de 181a soulevéïeiil de nouveau la \ cudee ; Lùiui, de La llorhejaqut'UiJi tomba, au mois de juin, frappe d'une balle ennemie, au combat des Mothes. Sa femme, la magnanime uiarquisc, se vit seule avec ses enfants; seule, elle soutint tout le poids de sa tiche de mère et de chef des royalistes; elle supporta toutes sortes de fatigues et eut enin la consolation de rofolr la bmlUe de tes rais h laquelle elle tvait voué sa foi, son ccpur et sa vie. L'usurpation de 1830 vint Tiver ses douleurs; elle se retira à Orléans, oft elle rendit sa bf^lle Ame à Dieu, as milieu de tes enftints aeconrus auprès d'elle, le 15 juin f SK7.
forma un conseil composé <]c MM. Dndon père el fils» Deynaud, Livre vu. Magnao, Papta et l'abbé Jagaail. Par l'adresse et les soins de M. Queyriaax. M. Dupont-Conslant et ses amis furent enrAlé; dans cette nouvelle association qui prit, dès lors, le nona àinslilut philaïUhropique , dont M. Dupont était toujours le chef civil. Papin, ex-mîlilaire, homme de cœur, demeurant il Hayonne, devait ^tre le général do la fulnre armée libératrice» dont on forma de suite rélatr-major; et bientôt après « grâce au zèle intelligent et actif des chefs, on pouvait compter sur une armée de 30,000 hommes. >ute 2i.
Tout marchait an gré des royalistes; l'organisalion s'étendait sur une vaste échelle. M. Taflaixl (de Saint-Germain) y jouait un grand rôle; M. Bollac entretenait une correspondance suivie et active avec les agents des [yriuces en Angleterre. Mais la police soupçonna l'existence d'un complot : on arrêta quelques individus; les autres s'échappèrent, et la société fui forcée de se dissoudre, au moment même où la faiblesse du Gouvernement aurait pu favoriser le mouvement que quelques imprudences venaient de faii-e avorter.
Bordeaux avait joui d'un certain calme pendant 4803 cl 1804 ; mais on s'organisait en secret, et Ion formait de nouveaux plans avec de nouvelles espérances. Dans ce iemj^ , MM. Forestier et de Cérès venaient d'arriver d'Angleterre , avec des piomcsscs de secours et des encouragements. M. do Cérès devait aller en Vendée pour se concerter avec Georges Cadoudal et ses amis ; Roger était chargé de recevoir les poudres el de les renfermer dans des sacs de coutil , au milieu de balles de laine dcsliuces pour la Vendée : il ét^it un de ces braves dont le nom seul est un éloge; il était colonel et chevalier de Saînt-louis. Son enthousiasme royaliste était tellement connu , qu'il était sévèrement surveillé. Rollac partit pour Londres en 1810, aiin de présenter un plan de soulèvement aux princes : M. de Blacas le reçut et n'eut qu'à se louer de son activité et de sa fidélité. On se délcM mina à tau e
Livre VII. coniiattre à Lonflres la sitoation des aflaires politiques eh
Chapes. Praoce. Rollac désira voir le ministre; mais il n obtint d'au-
loi I
dieace que de M. ArlhbutDolh, sous-secrétaire, qui lui répondit que le ministère anglais exigeait que sa propositions
fussent présentées par une autorité qui leur donnât un caractère o/licieL M. Koilac n'a va il pas qualité pour cela.
Pendant ce temps, M. Taffard (de Saint-Germain) travaillait avec une noble ardeur à la réussite de Tentreprise ; il s'entendait avec M. de La Rochejaquelein, qui organisait la Vendée, et venait parfois incognito à Bordeaux. Il était puissammeat secondé par le loyal Georges Bontems-Dubarry, qu'il chargea de plusieurs missions importantes, soit auprès des ministres de Louis XVlll, à Londres, soil à Sainl-Sever, oîi il fut envoyé au-devant de Monseigneur le duc d'Ângoaléme , qui, rayant apprécié à sa valeur, le jugea digne et capable de remplir les charges les plus délicates. Ce fut lui qui déterujïua Wellington à envoyer des troupes à Bordeaux. M. Julien Pessan de La Tour jouissait de la confiance des miatstres de Louis XVIII et rcm[)liL uiio nii5.>iuu délicate en se chargeant des dépêches de M. de Hlacas, eu date du M mars 1813, pour les royalistes de Bordeaux. Nous ne pouvons passer sous silence M. le chevalier de Perrin, envoyé de Sa Majesté, avec des instrucLions à M. Taflard de Saint - Germain ; ni M. Marmajour , qui se chargea d'aider à roi^anisation des troupes; ni M. Bacquey, à qui fut confié le recrutement ainsi que la transmission des ordres de Sa Majesté ; ni M. de laiizi;i, adjoint. On verra les noms de plusieurs autres Bordelais à la Note 21.
\"oiIà quelques-uns des chefs de celle fameuse association qui conçut, mûrit et lit exécuter le retour des Bourbons en France! entreprise hardie, dangereuse ^ habilement dirigé, sans qu*aucun de ces agents reçût un sou des Bourbons on puisât ailleurs que dans sa propre fortune les moyens matériels d'exécution, à l'exception des 300 livres sterling remises par
M. le comte de La Ciiâtre au chevalier de Perriii , f ur fraU de son voyage de Londres à Bordeaux : poar eux , l'honneur ^''^^''* était le mobile, et le succès la seule, la meilleure récompense '^^^* de leur dévoûment. etc.,
Tout marchait vers un heureux déooùment, avec une ré- ^^'^ serve et un secret admirables. La police se doutait bien , en 1813, qu il bc [jassait quelque chose de grande importance daos les régions mystérieuses du royalisme , où son œil ne put jamais percer et dont il ne transpirait rien an dehors. iNapoléon même le savait ; mais que faire contre des hommes houorables dont la coi^luite extérieure ne lui donnait pas d'ombrage?
Leschoses étaient bien avancées, comme on le voit, en 4843;
ropiniou publique presque mûre pour de grands événements et les Bordelais prôus à agir. Les ministres anglais apprirent avec bonbem* la défection de Tesprit public en France et le mouvement rovalistede Bordeaux. M. de Blacas, ministre de Louis XVIU, engagea; au mois de mars, M. Tafiard à se mettre es rapport avec les notabilités du pays et à envoyer, auprès de Wellington , M. de La Roeliejaquelein et quelques antres députés, pour lui apprendre l'état des choses à Bordeaux et pour le décider à appuyer le mouvement royaliste. Les démarches de M. Taffiird furent sans effet; Wellington resta sourd à son appel et ne voulut rien faire sans un ordre de ix>Qilres, où l'on désirait la chute de Napoléon , mais où l'on ne voulait rien faire encore.
Alors le généreux Bonlems-Dubarry partit pour Londres, sous prétexte d affaires de commerce; il portait à Sa Majesté des lettres de M. de La Rochejaquelein, de M">* de ûonissan et de M. Taflard. C'était l'exposé de tout ce qui était fait et de tout ce qui restait à faire. M. Bonlems-Dubarry devait dire ce qu'on n osait pas confier au papier; il s'acquitta de sa mission d'une manière honorable et à la satisfaction de tout le monde; il conquit l'eslinie et raflcction de M. de Blacas i* Part. B. m
Chap. 5.
IBU.
VII. et ue rentra a Bordeaux qu'au mois de mai , avec des iaslructioDS verbales et écrites, pour les chefs de la conspiratioa aDli-boaaparttste. Le leodemaiD de son arrivée, tl donnamuieKvous, sur la place du CliAleau -Trompette, pour la nuil suivante, à M. de La ilochejaqueiem , alors caché à Bordeaux, el à M. Tafibrd. 11 leur fit ooDDattre les désire de Sa Majesté et ses plus chères espérances.
Oq apprit, par lui, qu'il était nécessaire de se metti e encore en rapport avec Wellington, qui faisait alors de grands progrès en Espagne, et dont la moindre démonstration sur Bordeaux soulèverait le Midi et accélérerait le mouvement. On ne se trompait pas à Hartwell, où se trouvait le roi, sor les effets que l'appui de Wellington aurait produits dans laGnienne; mais ce général résista à toutes les offres, à toutes les prières qu'on lui adressait.
Au mois de juillet suivant, le général Trant . au service da Portugal, se rendit à Londres; il venait de faire la guerre en Espagne, sous le maréchal de Beresford, et, comme ami reconnu de la cause des Bourbons, il fut bientôt entouré des fidèles serviteurs de nos anciens rois auxquels- il apprit que Wellington illiait enfin pénétrer en P'rance et réaliser leurs voeux. Expoté, etc.. Cette nouvelle enhardit les amis des Bourbons; ils doonèreat par RoUac. général l'assurance que Wellington serait accueilli avec enthousiasme, surtout s'il avait avec lui un prince du sang des rois de France ( I). A celte époque, on croyait à llartwell que le vénérable archevêque de Bordeaux était impliqué dans la conspiration bourbonnienne. On ne connaissait pas le saint prélat ; peu soucieux des intérêts de la terre, sa pensée était dans le ciel; il désirait, sans doute, le triomphe do droit, mais il ne conspirait que contre le vice et pour la cause da Koi des rois. M. de Perrin réfula ces ridicules bruits dont se nourrissait l'entourage de M. de Blacas.
(1) Je ne rite Rollac que lorsque sa narration coïncide am de» docoiof ois pks inportanU.
Les choses suivaient lenloineoi leur cours ; les mouveoieDU (-^^ru vu. de Wellington étaient combinés avec ceux des alliés dans le
Nord , ot n'avaient presque aucun rapport avec iippols et les eiïorts des Bordelais ; il désirait peut-élre ce qu'ils espe^ raient; mais il n'avait qu'un seul but , celui de chassa Naj)(>léon, sans se préoccupor de son remplaraiit sur le trône. Oq voit bien ce qu'il pensait dans sa lettre au comte de Grammont, en date du 29 décembre 1813 :
« M. (le Maillies, ({iii vient de l'inlérieur de la France, Becueii choisi
1 I r • desdèptches et
» m ayant exprime sa lernic persuasion que le peuple trançais ordres ju jour
B désirait voir un des princes de la maison de Bourbon , et ^" ^ Wei^
» m'ayanl témoigné le plus vif désir que le comte de Gram-
» OQont allât eu Angleterre, afin de donner connaissance aux
» princes de celte maison de l'état, de la situation des aflai-*
» res et de l'opinion ; le comte étant dans le voisinage avec
» son régiment» jai consenti à son départ, et je pense qu'il
» est à désirer qu'il aille remplir cette mission.
» Je lui ai recommandé, toutefois, de faire bien attention à » ce qui suit :
1» Aucuuô démoostratioQ publique des désirs du peuple » français en ftivenr de la maison de Bourbon n'ayant encore
» eu lieu , et aucune preuve n'existant de la vérité des asser- » tiens de M. de Mailhes (quoique je la regarde comme très- 9 probable, d'après ce que j'ai éprouvé, vu et entendu] , et » comme les alliés ont toujours déclaré que le but de leurs » opérations militaires était de taire la paix avec Bonaparte, » et qu'il court des bruits de négociations, je recommande au » comte de Grammont d'avertir les princes de la maison de » Bourbon d'y bien réfléchir et de penser à toutes les consé- » quences, avant de faire les démarches qu'on leur propose.. .
» Je parle ainsi , afin que ces princes envisagent clairement » l'état de la question et qu'ils voient les dangers auxquels ils » exposent leurs amis et leurs adhérents, et parce que, dans n le cas qu'un membre de leur famille se déciderait à faire la
Uvr,. VII. démarclie qu'on leur pioposo, il soit bien entendu qucce^i Chapes. ^ ^^^^ propre fait, et que moi , au rnoios eo ce qui
» regarde ie gouvememenl de la Grande-Bretagne, j*ai signalé
» les dangers nuxqnols sorait exposé le salul de lous leurs » adhérent» en France, bi l'on réussissait à conclure une paix » générale. 9
Ce langage était sévère ; c'était la pensée du gouvcmeni^Qt britannique, dont le généralissime était l'écho. Les alliée ne se souciaient pas de rétablir les Bourbons sur le trône ; ils y oot contribué en quelque sorte involonlairemeni, et c'esl le inoovcment de Bordeaux qui ébranla le corps de la nation el ûi avorter le congrès de Chàlillon ou Ton traitait de la paii. L'Angleterre était moins disposée à ramener les Bourbons que toute autre puissance ; elle se souvenait des secours que Louis XVI avait louruis auiL Étals-Unis coulre la mere-patne; Sûo indifférence apparente n*étail qu*ane haine réelle, comme nous le verrons plus loin , une véritable vengeance.
Wellington se décida enliii à péuélrer en France.; l'alarme se répandit partout : Bordeaux partagea la crainte générale; mais les amis des Bourbons contribuèrent beaucoup à calmer le peuple el à em[)èrlier uu grand noinbrede Bordelais de qiiillpr 1814. leurs demeures. Le sénateur Cornudet arriva dans nos mors, le 9 janvier, avec le titre de commissaire du Gouvernement dans la 4 Indivision, et prescrivit diverses mesures qo*onnesé- • cuta (ju avec une lenteur signibcative et désespérante pour la cause de Napoléon. Il ordonna une levée en masse de la population; mais cet ordre ne fut pas exécuté. Le 40 février, le nmseil de révision ^e réunit; le contingent de la Gironde éliiit de 4,303 hommes, auxquels devait se joindre la classe des conscrits de 4845, appelés au service par anticipation; mai^. au grand étonnennent du commissaire, la moitié des jeunes gens manqua à l'appel, fl prescrivit la formaliou d une inilut urbaine; cet arrêté fut exécuté avec un empressement ioleressé qui u avait rien de politique : il s'agissait de défendre
les piopriélés, et, |K>ur les royalijiles [»eut-èliL', J'uvoir des Livre VIL armes eo cas de besoia pour le succès de leur cause. <^iiap^i».
Dans cet intervalle, tout était en mouvement à la petite cour
de Louis XVlll. Ou v savait la froide indifférence de Wel-
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Imuton; mais on y était sûr que le ministère anglais désirait la chute de Bonaparte, qui lui inspirait tant de craintes et lui causait tant d'embarras. Il s'agissait donc d'être sur le terrain au momenl où 1 Empereur serait renversé, el de donner de la consistance au mouvement de Bordeaux , afin d'empêcher des négociations ultérieures en faveur de son (ils, que l'Autriche serait [)eut-èlrc intéress»»o à protéger. Après avoir envisage cette question sous toutes ses faces, le duc d'Angoulèmc se détermina à se rendre en Espagne , auprès de l'état-majoi' du général en chef de l'armée anglaise ; le ministère anglais ne s y opposa pas, mais il ne l'y encouragea point. C'était le vosQ de la duchesse d'Angouléme, dont l'âme virile et la haute raison , mûrie par tant de malheurs , finirent par triompher des tiiiji<les résolutions de son mari. 11 s'embarqua le 14 jan- isu. vier et arriva dix jotirs après au Passage, d'où il se ût transporter à Saint-Jcan-de-Luz, ou était déjà Wellington. li se mit en rapport avec quelques notabilités du pays, lança dans toutes les parties du Miili des manifestes chaleureux, et chargea des émissaires fidèles de distribuer à Pau , Dax , Mont-de-Marsan et Bordeaux , une proclamation oii il dit : « J'arrive au milieu 'le vous, en rrance; je viens briser vos » fers et déployer le drapeau blanc 1 Ralliez- vous, Français! 9 marchons ensemble au renversement de la t M annie. Mon » espoir ne sei a pas trompé ; je suis ûls de vos rois et vous » êtes Français ! »
Cette proclamation fut répandue par milliers et portée mémo dans le camp de Soult. qui arrêtait la marche triomphale de Wellington sur les i^yieuées. Soult fil publier de suite une adresse où le patriotisme et la fidélité repoussaient cet appel à la défection : « Soldats I leur disait ce général (alors fidèle,
Livre VII. » maj^ transfuge plus tard et plus d'une fois în6dèie à sfesaerciMp^S. im iits), soldais, le général qui comniande l armée, conlre 18U. y laquelle nous comJiaUons tous les jours, a l'impudence de 9 vous provoquer à la séditioa ; H parle de paix et nous ap-
» jMîlle à la guerre civile! On a Tinfaniie de vous exciUr
» a trahir vos sei ujents à 1 lîuipei eur ; c<^tle oliense ne peul M être vengée que dans le sang. Aux armes!... « Vouons è » l'opprobre et à fexécration publique tout Français qui bn voriserait les projets audacieux de nos ennemis. CombaUoas i> jusqu'au dernier les ennemis de notre auguste Ëmpereor el » de notre patrie ! haine aux traîtres ! guerre è mort à ceai » qui tenteraient de nous diviser ! (Ajuieni pions les etîoi is pio- Lamartine , » digieux de uotro grand Empereur et ses victoires signalées, *H'!tiZratiol^ 9 et mourons les armes à la main , plutôt que de survivre s
» notre honneur ! »
Soult se trompait; Wellington n'était pour ricudaus la proclamation du prince français ; il n'en était que contrarié ; il necueii choisi, refusait tout secours, et sa correspondance, à celte occasion. i;if!vr«. • ""^ certaine sévériié de langage qui luiuoignail de sa
prudente réserve et même d'un mauvais vouloir mal d^pitep. « Vingt ans, disait-il à son Gouvernement, se sont écoulés » depuis que les princes de la niai>uii de Bourbon oui (juiué ji la France; ils sont plus inconnus à la France que les princes » de toute autre maison royale de l'Europe. Il faut, sans doaie. » pour la paix du monde, que l'Kurope expulse Bonapnrlc: » mais il imprie peu qu'il soit remplacé par un prince de U » maison de Bourjwn ou par tout autre prince d une maîsoo » couronnée. »
Voilà Wellington; voilà, à l'éi^ard des Bourbons, la pensc'C du gouvernement anglais. Dans toutes ses lettres ao duc d'Angouléme, Wellington parle en termes semblables, montre la même réserve et lui défend même de rien dire qui [)uisse fiiirc croire a la France que les Bourbons étaient appuyés par l Aogleterre.
Peodaat cet intervalle, on ne savait que faire à Bordeaux., i^'^^e ^ h* La dissolattonde la Chambre des députés, la colère de TEm- — *
pereur, ses constants et miraculeux succès, son lani,agc fier et menaçant, tout semblait encore lui assurer l'avenir, tout concourait a enchaîner les langues et à leur ôler la puissance
d'ex primer les seiitiuients et les vœux des cœurs des Bordelaii».
On exigeait des adresses, et le Gouvernement voulait au moins des paroles , en attendant les faite. Le Conseil municipal de Bordeaux s'assembla le 20 janvier 181 4 , et , sous l'empire de la peur, sous l'impression des nouvelles de Paris, oo y rédigea une adresse ainsi coTirue :
tt Sire, pendant que Votre Majesté balance, avec une sage • ciroonspecCion , les besoins et les ressources; lorsqu'elle 1» n'exige qu'à regret des sacrifices nécessaires, le dévoûment » des peuples à volt e auguste personne et à votre dynastie , » oœ noble iderté, l'honneur national, font taire tons les cal-
» culs Un seul besoin se fait vivement sentir, c*est celui
» de seconder vos projets contre les éternels ennemis de notre » patrie.
1» Vous avez repoussé vers le Nord leurs sauvages alliés ;
» vous avez triomphé de leur rage incendiaire; il n'était pas
» douué à des forces humaines de dompter les éléments
« Vos ennemis, Sire« ont eu recours aux armes des lâches; » ils ont employé la perfidie ! ses succès sont encore moins » durables que l'intempérie des sai.-ous.
» Si tous les Français avaient pu être réunis autour de leur » souverain, lorsque la nouvelle de la d^ection d*un général » allié est venue soulever d indignation son âme grande et
généreuse, un seul vœu serait parti de tous les cœurs » animés par le même sentiment ; un seul cri se serait fait
1» entendre Disposez, Sire, de tous nos moyens, et que
» la grande nation soit noblement vengée!
» Heureux les Parisiens d'avoir pu les preraiers faire eo- « leodre ce cri qui retentira dans toute la France I
» Aussi glorieux du nom de Français, non moins jaloux de » l'honneur national, les habitants de votre bonne ville de » Bordeaux s'empressent aussi d'apporter au pied du trùne » i'hommage de leur respect et le tribut de leur dévoùment.
» Orsianes de leurs sentiments, fidèles interprètes de leors » vtt'ux, les iiieiiibres du Conseil et le Corps municipai vuu> » supplient, Sire, d'accepter l'offre d'une compagnie de quatre- » vingts cavaliers montés et équipés. »
Singulier langage que celui de la peur dans la bouche des hommes qui, accoutumes à la servitude el à une basse ûagprnerie, apportent à leur divinité d'argile un encens flatteur dont elle ne doit plus savourer le parfum ! Le soleil d*Auslerlitz ne brillait plus au iirmament, et bientôt nous verrons nos obséquieux édiles se prosterner, nouveaux parsis, de gré ou par hypocrisie, devant un autre astre qui se levait à Fhorîioo.