CHAPITRE VI
La sltiutloii de b muoicipalité. — Les exeès de la sectioD Franklin.— DèUbératioo du eoDseiHièiiinl* — Lettre de DanrenoDt, député à Paris par la niuiielpalitt. — La Société populaire de la Jeunesse bordelaise. — On veut la dissoudrr. —
Leltredu conseil-général U la Convention. — Pi-otestation de la Jeune/tte boràe- ^ laUe par Torganc de M. Ravfz, son présicicnl . contre sa dissolution — Nt>uvi-1
oHre des représentants, La Heok, pour dissoudre la Société de la Jeuue»*e. — Kfli rveseeacc parmi les jeunes gens. — AUucutioo de M. Saigc, maire. — Kcpuai.r^ de H. Ravet. — Les laeoUiis» heurem de vofar se dissoudre eelte société, s^emparent du pouvoir. — Us forment une nouvdle municipalité.
Livre III. Cet insolctil billet do quelques audacieux démagogues ^ frappa de stupeur la municipalité ; c'était quelcpies jours avant 1795 la fête funéraire de Marat. 11 avait été écrit sous rinspiralion des repi'ésentants, et peut^^tre dicté par eux; c'était pour nos municipaux l'annonce de leur mort prochaine et le signal dn • triomphe de lu section Franklin. Frapper déjà par le décret ilu 6 août, qui atteignait presque tous ses membres, la municipalik^ avait à se défendre conti-e les commissaires de la GonventioOt qui Tavaient représentée comme fédéraliste; contre la secUon Franklin, qui dictait ses lois à tout le monde; contre le club National , qui usurpait aus^ une espèce d'omnipotence politique et demandait une nouvelle municipalité qui s luunionisài avw le progrès de l'esprit public; et, enfin, contre le> exigences toujours croissantes et plus pressantes d'une popolatioii en délire, qui croyait voir le terme de ses souffrances dans la cesBatiqn des pouvoirs qu*on avait confiés aux officiers mnoicipaux.
La section Franklin menaçait de s emparer des places: ses
— 3il —
?nembres restaient constamment sous ics armes, et avaient Livre m. demandé, exigé môme, qu'on procédât, dans l'espace de douze heures, à l'exécution du décret du 6 août. Leurs menaces, |^ leur attitode hostile, pouvant en même temps disposer des canons qu'ils avaient enlevés du ChAteau-Trompette, comme nous Tavons vu plus haut, et qu'ils menaçaient d'employer contre ceux qui refuseraient d obéir à leurs injonctions; lout ft'Ia répandit partout la consternation.
Toutes les autres sections se montraient moins hostiles à l'administration ; elles renfermaient dans leur sein plusieurs citoyens dont les biens et la vie avaient été frappés par le décret du 6 août; c'était là le grand danger pour le moment. 11 fut enlin convenu qu'on enverrait à Paris une députation • ihajgéedt' «h'inandcr \v ra()j)('l d»' ce mallicuicux décrL'l, qui, par sa vague rédaction cl par les inductions qu'on en pourrait tirer, devait frapper hi moitié de la population do la ville et da département. Les députés n'étaient pas encore de retour ni n'avaient écrit, mais rien ne semblait désespéré ; et se confiant à la justice de la Convention nationale, et se laissant aller a SCS espi Tances , le lonseil-^éiici al , loin d obloinpérer aux i>nire» de la Société Franklin, s'assembla cxtraordioaircmeot leO .septembre, et prit la délibération suivante :
I Vu la délibération de la section Franklin , portant som-
> mlion d*exécuter, sous douze heures, le décret du 6 août;
> et que, ce délai passé, elle rcxécuterait clle-m^me, » Le 0»ns(Ml-i;(''n<''ral de la cointiiune considérant :
« l" Que le décret du 6 août ne lui est pas parvenu orti- » cicllcment ;
» 2" Que les termes généraux dans lesquels il est conçu
> enveloppent, non-seulement toutes les autorités constituées,
* mais encore la miyorité des habitants du dé()artement de la
* Gironde ;
* 3" Que les représtuitauts du peuple, Vsiiboau et Baudot, » ont promis soieuDeUement rinexéculion de ce décret jus-
Livre lU. » qu'an retour cies (•oniiiii'--;urrs envoyés par les scellons au- » près de la Convention nationale pour en demander le rap- I7D3 " P^^^' déclarent aussi qu'il était inexécutable; et qoe, » d'ailleurs, la Gommission populaire s'étant dissoute sponta- » nément depuis le % aoti, il portait à faux ;
n Considérant que, depuis, la Convention ayant renvoyé la i> (k iiiande en rapport du décret au Comité de Salut public, » il est notoire que ce Coinifr a déclaré ne devoir s'en occuper » qu'après les renseiguemeuts qui lui seraient transmis yar » les nouveaux commissaires, pour l'exécution du décret de » la réquisition pour la force armée ;
» Considérant que la partie du décret du 6 août, qui devait » plus particulièrement être exécutée par la municipalité, » savoir, la rcîmise des piastres au dépôt de la Monnaie, » i a^alt été par elle-même av;int 1 existencn du décret;
» Considérant que tous les membres composant le conseil- » général de la comnmne faisaient partie de la Commission » populaire , par la volonté expresse de leurs concitoyens et » commettants;
» Considérant, enfin, que le vœu de la section Franklin ne » forme que la vingtr-huitième partie de celui de la coaunone,
» Arrête :
» Ouï le procureur de la commune ; l'' qu'il ne peut, ikni^ )» de t^'Uoscirconstancos, s'occuper de l'exécution du décret du » 6 août; âl** que le présent arrêté sera néanmoins commoni- » qué aux vingt-sept autres sections, pour qu'elles énoncent » leurs vœux sur les motifs qui déterminent la réponse du » conseil à la délibération de la section FVanklin;
» Entin, que, notamment, un exemplaire du présent sera » sur-le-champ adressé à la section Frauklui. »
Quelques jours plus tard , on reçut des nouvelles des dé* putés qu'on avait envoyés a Paris pour demander le rapport du décret; c'était une réponse à des lettres qu'on leur avait écrites, et des détails sur leur mission :
■ PttrU, 10 wptenbre 171». ^-'^i^
r.Uap. u.
• Au Citoyen Président du Comité des sections. {7(^
>i Vos deux lettres, des i et du courant, me sont jmi ve- » nncu hier» à midi, ainsi qui' l'adresse du couseil-général
• de ia commune de Bordeaux [note 1 5*). Je n'ai pas perdu un ]|qt£ i». » iofitant pour me rendre au Comité de Salut public, où je n'ai
> pa être introduit qu*à dix heures du soir, et n'en suis sorti » qu'à une heure du matin. Voici, Qtoyen Président, le résumé
• â*ii]ie explication frateroelle que j'ai eue avec les représenliants:
» <°Oue los citoyens Mirandon, Duvigncauel Lavau (i.iuui, » qui Rmi reconnus jKmr des Otres très-dani^ereux , iloivent
> subir le coup du décret du 6 août, qui les regarde spécia-
> lemenl.
> Je puis vous assurer, d'après tout ce que j'ai entendu,
• que ce n'est pas le sang de ces trois particuliers qu'on dé- » âre; mais il est de toute nécessité qu'ils s'expatrient;
* Que l'on découvre les malveillants qui se sont (X)rtés » mw excès contre la M.iUire des représentants Vsabcau et
> Haudot, et que toute satisfaction leur soit donnée sur cet » objet;
» 3*^ Que la cavalerie bordelaise, qui est à la réquisition
• du rainistre de la guerre, parte sur-le-Hîhamp; ceux que t leor santé ou leur âge empêcherait de suivre l'impulsion do » tour patriotisme, pourront se faire remplacer par de braves » saoMïulottes, auxquels ils donneront leur armement et leurs » chevaux ;
» V' Que les bataillons, de retour de la Vendée, soient » sur-le-rhamp remplaces par deux autres bataillons de la » Gironde, alin que toute la république puisse juger des sen- » timcQts d'unité qui nous ont tocyours animés ;
" S« Que les citoyens Grangeneuve, Guadet, Le Roy et