‹ Histoire complète de BordeauxChapitre 43 sur 172 · Livre ui. » Bu/ot, que iou assure être à présent à Bordeaux, soient · texte numérisé non relu

Livre ui. » Bu/ot, que iou assure être à présent à Bordeaux, soient

Clup.6.

» arrêtes;

1785 * Q***^ ^® National soit réinstallé; et jMjur prouver » que ie bon esprit a toujours guidé les amis de la liberté et » de régalité, qu'ils soient les premiers à mettre de o6té tout » esprit d'animosité, et qu'ils soient de francs républicains ; » qu'ils demandent eux-mêmes aux corps administratifs l'exé- » cution (!(» la loi, et que les uns et les autres ne concourent » qu'à la 11 anquillilé de la cité, qu'au bonheur de la républi- » que

» Salut et fraternité.

» Signé : UàMiBMoaT. »

Tout cela était formel; il y avait de quoi trembler en présence de ces tyranniqucs injonctions, qui n'exigeaient rien moins que la «lispersion et l'anéantissement de tout ce qui avait tlu cnuir, des sentiments eénéroux . on qui jMHinact oppostT quelque résistance au despotisme de nos deux proconsuls et à leurs snniçuinaires séides. Grâce à eux , le clob National était déjà réinstallé aux Jacobins: les Bordelais paraissaient abattus, découragés; mais ce n'était pas assez : la section Franklin se chargea du reste.

Livrés aux appréhensions sérieuses, et accablés des impressions du inomciil ot des craintes <le l'avenir, les Bordelais m» sivaiciil (pic tiiii*': tous les corps coiisliliics m' voyaient à la veille d rire chasst^ de leurs fonctions et lrait<'*s comme ennemis de lu patrie, en vertu du décret du 6 août. On crut un moment qu'il fallait tenir tête à l'orage à Bordeaux; mais c'eût été la guerre civile avec toutes ses désastreuses conséquences. Il parut plus sage d'en écrire à la Convention même. Le conseil-général du district de Bordeaux s'assembla donc le 13 septembre, et rédigea la lettre suivante» qui fut envoyée à Paris :

« BoHerax , le 13 septembre Tan II« de la rtpubli^e fhui<al$e, ^'^"^

» niM et iodiTiiiUe. ^'

« Lbgislatbcbs,

)) Forts de noire nmscienco, tranquilles sur noire iM)rl, nous

• avons jusqu'ici gardé le silcacc sur les inculpations caloiii' » niciL%s qu on a répandues contre nous , au sein même de » la vîUe où nous tenons nos séances , et qui sont propagées » jusque dans les départements qui nous environnent : notre

> premier crime, aux yeux de ceux qui veulent nous pcr- » cire , à quelque prix que ce soit , est d'avoir siégé dans la » ci-devant Commission de Salut public . créée par la seule » volonté du peuple ; et , de là , les conséquences les plus » absurdes, les plus perfides, ont multiplié, sans choix comme

> sans léûexion , les délits qu'on nous impute : représentés » d'abord comme rebelles à la volonlé nationale, comme cher-

> chant à détruire le centre d*unité , à diviser la république,

> à la morceler en gouvernements fédératifs; accusés aujour- » d'hui de royalisme , d'entretenir des rorres|)on{lances cri- >« minelles avec les despotes élrani^ers, d'attiser le (eu de la » Vendée , de préparer dans nos murs une contre-^'évolution » pour la rétablissement de la monarchie, nous avons livré » au mépris qu'elles méritent ces accusations , aussi contra-

• dictoiresqtt*invraisemblabIes; nous avons cru que notre con-

• duite seuU^ y réi)ondrait, et que la calomnie , bientôt la$«e

> de ne trouve! au( un aliment, cesserait de nous poursuis re. » Ce calme (jue donne l'innocence ne s'esl pas un instant

» démenti : les bons citoyens, qui connaissent notre vie passée » et notre conduite administrative dans les temps les plus » périlleux de la révolution , ont su apprécier notre silence. » Mais aujourd'hui que notre contenance a dérangé les pro- » jets de nos détracteurs, aujourd'hui qu'ils essaient de nous «enlever la confiance |)ul)lique, qui taisait notre force et » notre consolation , en présentant notre existence politique

Urrcin. ,) cumine la seule cause <1< - maîlieiirs (lu'ils préparent à la Clnp.6.

» ville de Bùrdcaux, ce n est plus de nous qu'il faut s'occuper;

1793 » c'est de préserver les habitants de cette vaste cité des maux » dont on la menace à notre occasion.

» Nous oublions alors nos dangers personnels, et nul sacri- » fice ne nous coûte pour ôter tout prétexte aux vengeances » terribles qu'on dirige sur nos concitoyens , pour les punir » d'avoir honoré la vertu , protéi^é l'innocence et repoussé » 1 idée seule d'une lùchclc qui les aurait rendus l'opprobre » des nations.

» Pourquoi, nous sommes-nous dit, ces divisions intestines » qu'on alimente par tant de moyens? Pourquoi cet isolement » d'un petit nombre de sections, qui, au mépris des lob, délî- » bèrent, administrent et si'annent à llnsu des autres et contre

» leur vœu? Le nombre des Mctimes s'est-il donc tellement » accru , qu'il faille une guerre civile pour les saisir? Cette » idée nous a fait frémir d'horreur et nous a dicté notre » devoir.

» Fermes à notre poste pendant que nous avons cru pou- » voir y faire le bien, nos dangers personnels ne nous ont point » occupés ; il suffisait, pour nous y maintenir, que la volonté

» du peuple se ftM e\pli(piée j)ar les éneriîiques représenta- » lions qu'il a Jailes à la ('.om ention nationale; mais, dès Tin- » stantqu'on est parvenu à lui faire croire que la persévérance » à exercer des fonctions que nous ne tenons que de lui, ser- » vait seule de prétexte à Tincroyable sévérité qu'on déployait » contre une ville entière, nous nous sommes écriés : Nous ne » sommes ici que pour le {xuiple, sachons en sortir dèsquesoii » intérêt et sa sûreté l'exigent ; prouvons que nos sollicitudes » n'ont eu jamais que lui pour uLjet , et (jue le dernier acte m de notre administration soit la dermere preuve de notre » dévoùment pour son bonheur et son repos.

» Mais ne pensez pas , Législateurs , que cette résolution , » dont vous apprécierez sans doute Timportance, soit une

I désertkni subite de dos postes. Non! aucune lâcheté ne i^>vre m. i aottillera jamais des élus du peuple , des hommes de cou-

1 rage, qui ont fait tant de sacrifices à la chose publique. 1795

» Nous renonçons, il est vrai, a li'spoir d'vUv (onxTvés » à <îeç fonctions que nous n'avous jamais de remplir

* CD \ rais républicains; nous avions lieu de croire que, mieux » ioâtmits de notre conduite, en rapportant le décret terrils le

> lancé contre nous et le peuple , dont nous n'avions fait

> qu'exécuter les volontés, vous no nous auriez pas confondus

> avec des rebelles ou des satellites étrangers, armés contre

• la soQveraineté d'une grande nation ; et qu'en détournant » de dessus nos ttHes le p:laive des lois, vous auriez encore p lal<5« à des a<liiiini<lraleurs, j>ur.s el sans reproches, l'honoj> rable Ukhe de luainlenir la paix au dedans, et de repousser I au dehors les vils ennemis de notre liberté.

» Celte justice, que nous aurions regardée comme la récom- » peDsede nos pénibles travauK, comme un dédommagement j > des sollicitudes de tout genre que notre courage nous a fait « SQ^rter, nous y renonçons , et nous y renonçons pour le » pt iijili' ; niais la chose publique n'en souffrira pas : des suc- » cessi'urs el nos comptes, voilà ce qui nous attache encore à ' DOS places : nous sommes pnMs à tout instîinl ; nous venons

* vousdemaDder de 1 accélérer ; et si le peuple veutsc charger » loiHDDènie, en attendant votre décision, de nous en fournir

> les moyens provisoires , nous le provoquons aujourd'hui » même; il va connaître dans peu d'instants le sacrifice que

• nms lui faisons.

» Ne croyez pas. Citoyens Représentants, qu'aucun sentî- » inenl de faiblesse ait dicté cette démarche : nous ne clier-

' '> ebonj^ pas a nuu> xaislraire an jugement que vous allez " porter sur nos actions ; nos vues ont été pures , notre con- " «luite, franche el républicaine; qu'avons-nous à craindre?

I » Rentres dans la classe de simples citoyens , nous y attcn- » droQs, avec le calme de l'innocence , non pas le jour des

Livre III. » vengeances , nous ne le redoutons pas , mais celui de la cbap. 6. ^ jusiioe. Déterminés à n'accepter aucnne fonctioD publique, 1795 » nous donnerons à nos oondtoyens l'exemple de l'obaer- » vation des lois : nos veille^ étaient consacrées à la patrie, » nos bras seront à son service ; et si ses besoins devenaient » extrêmes , si ses dangers augmentaient encore , noiis sao- » rons, s'il le faut, mourir au pied de l'étendaixl de la liberté; » tandis que nous verrons fuir les lAches , les faux rëpubli- » cains , aujourd'hui nos détracteurs et nos ennemis secrets, » qui seront les premiers à donner l'alarme et à se vendre à » tous les partis.

» Les admimsiralcun composant le comeU-général » diik district de Bordeaux.

» Signé : Lkhoinb, préndeni; Bernaiia, Péibt, Paar, » Lbgux, Boité, Dehbtèbb, admimsiraieurs; » Loustbau-Lamotue, procureur-syndic*

» ParlcsadmmMtMteun:

» Pagès, secrétaire» »

Cette lettre ne produisît pas on grand efet à la Convention: elle était la timide et respectneuse expression des hommes

abattus. Tj's anarchistes ne les craiî^naient pas; ils voyaient, pai It ui (U rouragement, qii'ils m scraicut facilcincnt maiti is: mais il y avait une autre plus grande dillicullé a vairirr»- : c'était la Sociëfé populaire de la Jeunesse bordelaise. Quoique à peine formée, elle inspirait déjà des craintes aux anarchistes et contre^balançait l'influence usurpée de la section Franklin. Elle comptait au nombre de ses membres tout ce que la ville renfermait de jeunes gens riches, influents par leur positioD sociale ou leurs relations, ou distingués par leur esprit, leurs talents ou luui- l)^a^ou^e. Quelques personnes les soupçonnaient de regretter l'ancien régime et de vouloir la rentrée du roi légitime, qui seul pouvait cicatriser les plaies de la pa-

lue. il autres les accusiiieni do duMvlicr, par tous les moyens Livre iiL

, ... Cbap.6i.

pK^îibles, à supposer a iu Un qui les mettait en réquisition;

d autres, enfin, ne voyaient dans leur conduite et leur lan- |^ latge qa*ii]k senlimcnt de rivalité à l'éi^ard des tu rbuUmts chefs des anarchistes, et un désir de réprixoer ie progrès du mauvaisesprit du club National. Quoi qu'il en soit, on en demanda i grands cris la dissolution : les sections, en général, adressèrent à ce sujet de vives réclamations à laulorilé supérieure : lef (■(iiiiriii>snr('s de la Omvenlion nationale écrivirent dins le même sens a la municipalité, et représenléi ent ces rasseniblements de jeunes gens exaltés, sans expéfienc(>, comme duigereux pour la paix publique , et pouvant devenir le Doyaa d'une guerre civile. Par suite de ces pressantes réclamations, le conseil--général adressa une proclamation à la Société de la Jeunette bordelaite, avec invitation de se séparer immédiatement. Les jeunes gens connaissaient leurs droits et leurs devoirs; ils se réunirent encore , sous la pré&ideuce de M. Ravez. qui a joué depuis un bran riMc dans nos fastes pnrleoicntaires, sous le ministère Vilièle, et rédigèrent, par forgaoe de leur président, la Réfwnse suivante à la délibéraiioQ da conseil-général de hi commune. Cette pièce, quant à a tédactiou, lait honneur aux jeunes gens et aux talents de teoT organe, comme protestation contre la pression des partis fcofitiles et contre l'action extra-légale de Tautorité. Elle môrileunc place dans riilsloirc de Bordeaux; nous la donnons eosoD entier :

« MAdSTaATS ,

» La Société populaire de la Jeunesse bordelaise venait de » w réunir pour délibérer sur la proclamation qui l'invite et, » partant que de besoin, la requiert de se dissoudre, lorsqu'un » cri d'alarme , frappant à la fois toutes les parties de cette

> grande cite , a aimoucé que la tranquillité publique était

LhrraiiL » menacée. Volons ao poste oh le danger et l'honneur nous ClMp.6* a()))('IIent , se sont alors écriés tous les mombros do celte 1703 sofit'lc; allons onVir dans nos sections, dans iU)> compiignies

» rcspcclivcs , et nos bras et nos lumières, et ne nous occu- )» pons de nous que lorsque nous n'aurons plus à craindre pour » la chose publique.

M Magistrats , si nos alarmes ne sont pas entièrement cal- » mées, elles sont, du moins , suspendues. La section égarée » (jui avait oublié qu'une portion du souverain n'est pas le » souverain lui-nieine, et (jui voulait s'arroger un jxnnoirqui » n'appartient qu'aux ministres mômes de la loi, paraît avoir 1» reconnu la funeste erreur dans laquelle des mains étran- » gères et perfides l'avaient entraînée. Nous pouvons donc un » instant quitter le champ de Thonneur, pour nous réunir » dans le temple de la liberté , et notre premier objet doit » ùlrc de répondre à votre proclanuition.

» Vous nous inviUv., Magistrats, c/, parlant (juc dv besoin, » vous nous requérez de nous dissoudre. Mais nous sommes )» citoyens français, nous sommes libres, nous sommes assem- » blés en vertu de l'acte constitutionnel que vous nous «m » vous-mêmes présenté; nous avons rempli toutes les fomuii> lités prescrites par la loi* et, à ces titres, nous avons le droit » de vous demander sur quels fondements repose l'invitation » ou la réquisition que vous nous faites * r.' irhui .uic est pour » janiai.s banni de la France : la loi seule peut ordonner, la » loi seule peut exiger notre obéissance. Les Français ne I» connaissent plus d'autre maître que la loi et les magisirals » qui parlent en son nom.

» Quelle est donc la loi , Magistrats , qui vous autorise à » requérir notre dissolution? Quelle est, du moins, ta loi qae » nous avons violée, el dont la violation puisst^ servir de bas*'

» à la r<''(iuisuif)n qn(^ vous nous adressez! Ici, la mal-

» veillanœ et la calomnie sont eiles-mômes muett(^ et con- » fondues; et ce silence, preuve énergique de leur liootc,

> i>st aussi ic gage du triomphe que la loi assure à luus ceux Livre m. i qui en sont les fidèles sujets. ^

9 Vous invoquez. Magistrats, le salut du peuple comme loi |^ i u^ffême. Ce grand prioeîpe n'est gravé nulle part en carao- I lères tneffiiçables que dans les cœurs ardents et sensibles » de la jeunesse bordelaise. Mais ne craignez-vous pas vous-

> mêmes que les fauteurs du désordre et de l anarchie ne » profanent bienUH cette subliuic vérité, en la laissant servira ï leurs sinistres projets? » rraignez-vous pa^ (juc les dcsor- I gaiiisitcurs qui semblent vouloir punir la cité de Bordeaux I de l'heureuse paix dont elle jouit au sein des orages révo-

> IfltîooDaires qui ont agité , bouleversé , ensanglanté même » kmtesles antres parties de notre nmlheureuse France, n'exi- » gent aussi, comme mesure de salut public, de douloureux

> sacriBces, et n'amènent au milieu de nous, au nom du »alut

> p6/iV, ces malheurs et ces forfaits sur lc>iiuels la justice et ï ihujiianUc verseront des larmes éternelles?

» Le salut du peuple est la supn^me loi , sans doute. Mais

> ce principe, dont on a tant abusé, il ne faut l'invoquer que

> hMsque les lois écrites sont sans force , les magistrats sans

> aaiorité, les citoyens sans vertus. Sommes-nous donc dans » cette affreuse situation I Non, les lois sont toujours la règle

• du peuple bordelais, ses magistrats sont toujours ses guides » et ses pères , les vertus sont toujours chères à son cœur.

> Vous le savez, Maaristrats. vous en avez fait plus d'une fois » la ninsolante l'xjR'rience , et l'opinion que vous avez dù

> prendre du peuple bordelais aurait dù , nous devons vous

• le dire avec franchise, vous tracer en ce moment la marche

> que vous aviez à tenir.

» Âves-vousdit à ce peuple que l'acte constitutionnel nous

• permet de nous rassembler, .et que les lois postérieures

> pnoisaient les ma^^istrats et les fonctionnaires publics qui

> portaient atteinte «à ce droit [)récieux ? Lui avez-vous dit

• nous ne nous assiMublions que pour maintenir les lois

Ltrre III. » qui nous gouvernent, défendre les propriétés de nos pères* C]iap.tt. ^ amis, de nos concitoyens, proléger les per*onîi«'S

1793 " injusIt'iiuMil compromises, vl anéantir les tyrans sous

» que loiuie qu ils s<' tlétruisent? Lui a\e/-vousdil que . ni » vous, ni aucun autre citoyen, n'avez encore d'autre droit » que cciui de nous sur\'cilier, et non de nous dis^udre , ot » que cette surveillance même est, en quelque sorte , inolile » pour une société de jeunes gens qui veulent tenir leurs » séances en public, qui feront imprimer à des époques pério- » diques le résultat sommaire de leurs travaux , et qui déjà M (pesez bien ces mots) oiil iusité leurs niMçristrats à venir » dans leur sein pour élre les témoins de leurs puiMbies upe- » rations?

» N'en doute/ pas. Magistrats, si vous eussiez tenu ce lan- 1» gage au peuple bordelais , il eftt eu le succès que la \oix » de la vérité aura toujours auprès de lui , et vous ne vous » fussiez pas mis vous-mêmes en opposition avec la loi.

» Vous avez inséré dans votre proclamation une partie de » la lettre que vous avez reçue des commissaires de la Con- » vention, en séance à ï.a Réryle. Cette letire, dites-vons. ne » laisse aucun doute sur 1 iiiqjrohation des represcuLuntô tiu » peuple à l'égard d'un établissement qu'ils regardent comuiu » dangereux. Magistrats , nous ne sommes pas les seuls qui » avons été calomniés auprès des représentants du peuple ; » mais le règne de la calomnie est aussi court qu*il est bon- » teux, et la réponse que nous allons faire à la partie de leur » lettre qui nous concerne , ramènoi a sCtrement leur opiniiui » en notre faveur. Les représentants du ix'uple ont tiit dan? » cette lettre qu'une jmrtie de la jtMinessc ne s'assend)lail » que pour s'opposer à la loi qui les met en réquisition . Depuis j» que cette société existe, il n'a pas été un seul instant qucs- » tion du recrutement; nous offrons de communiquer nos M procès-verbaux à tout magistrat, à tout citoyen qui voudra » s*en convaincre.

» Cetto lettre \)i\r\o encoro (]c notre sociétt' comme d'un Livre m. noyau de guerre civile. Luc inculpation aussi grave sup- Cl»p.«. pose des faiLs certains, des projets connus, des intentions manifestées. Queis sont ces fûts, ces pn^ts, ces mtentionsî Nous défions id nos détraetears les plos acharnés \ et ce défi, anqoel ils ne répondront certainement pas, achève de démontrer que les représentants du peuph^ ont été trompés eox-roémes par les envieux secrets qui redoutent l'aspect de la jeunesse bordelaii»c, réunie sous l'élcodard de la loi.

» £ii$te-i-il, d'ailleurs, daas la lellre des représentants du peuple une réquisition de dissoudre notre société? Et comment exisleniit-eUe? Les représentants du peuple n'auimt pu le faire sans violer la loi qui est leur ouvrage , et sans tenir une conduite qu'ils devraient punir dans les antres? Quand ils seront mieux instruits, quand ils sauront qiip nous sommes assemblés paisiblement et sans armes; quand ils aj)|iri iidront qne nous n'jivons (i aiilrc oh'jvL (juo d'opposer, en defeadanl les lois, les |)ersonne> et les propriétés, un rempart insurmontable aux anarcliistas , ils regretteront, sans doute, d'avoir écouté trop facilement nos ennemis; ils nous vengeront eux-mêmes en applaudissant «x vues qui nous animent.

» La réquisition que vous nous avez adressée est donc votre propre ouvrage. Or, ix)uvcz-vous faire une pareille

réquisition? Devon^^nous y déférer? Maiïistials, i('(|uéreznoiLs au nom de la loi , placez la loi à eôlé de votre reciuisition, alors nous cesserons d'exister. Mais délerer à une requLsiticm qui n'est pas conforme à la loi , qui en est une violation expresse, c'est abjurer la qualité de citoyens français, e*est renoncer à la liberté, c'est faire plier des têtes libres sous le joug que la révolution a brisé. * Vautres sociétés populaires existent en cette ville : l'une le nom de Société des Amis de la Liberté et de tEga^

i' Part. A, 33

LWreni. » lité; l'autre, sous celui de club NtUional; une troîsièniG, Cliap.6. ^^^^^ jjj^p Surveillants. La liberté et les lois n'exisU^ ITfô ^' r;ii('nl-<>lU's (jiio |)our ces sociétés? Si c'est nn crime tic le M penser, si la liberté est un bien commun à tous les houiiues, » si les lois sont égales, notre sociélé doit donc exister auââ; » elle ne doit donc pas se dissoudre, et personne au monde, » pas même vous, Magistrats, n'avez le droit d'en requérir » la dissolution.

n Nous redoutons peu les vaines menaces dont les emieDis » de la loi , qui seront toujours les nôtres , cherchent à noos » effrayer. Jamais les magistrats et les foncliouuuu e.s publics, » dont nous soiiMues les amis; jamais la brave garde luilh»-' » nale, dont nous partageons et les stînliments et les dangers; » jamais les citoyens , dont nous sommes les enfants ou les » camarades , ne se laisseront assez aveugler par les mal- » veillants pour exercer aucun acte de violence contre une » société paisible et sans armes, qui ne veut qu'user d'un droit » que le despotisme seul pourrait lui ravir. Qu'ils apprennent » du moins que la jeunesse bordelaise , ferme et intrépide » sons le (lra|Kniu de la liberté, les atten<lra avec le cal/no » qui convicnl à la cause , et <]w . converle de l'égide de ia » loi, elle ne cessera d exister qu'avec la loi même.

» Il nous reste, Magistrats, un autre devoir à remplir. Tous » les citoyens ont le droit imprescriptible de se plaindre d'ooe » infraction à la loi et de la dénoncer aux autorités supé- » rieures.

» Votre proclamation est une infraction de ce genre.

» Nous déclarons donc que nous allons la déférer à l'ad- « ministralion du district et du dé|>iu temeiit , et que nou> en » poursuivrons la cassation par tous les moyens que la lui » nous autorise, noua ordonne môme d employer.

» Fait en séance , et délibéré que la présente réponse » sera portée à la municipalité , au district et au départe- » ment; qu'en outre, elle sera imprimée pour être envoyée

» dans toutes les sections de la cité et à la garde nationale. t'^re m.

» A Boideaux, le iO scpleuibre 1793, l'an 11« de la ré|ia- ^ » biique française, une et indivisible.

» Signé : Art.i siE Ua\ i / , président; » Ladonne (ils, » Degbasgbs, » DcpoiTT jeune, » Paris fils.

secrètairei* »

On voit par ce document si bien pensé et si bien écrit, si admirable de logique, de clarté, de grandeur et de patriotisme véritable, tout ce dont était capable la jeunesse bordelaise. Ardente, mais réfléchie, elle voulait le bien et le règne de la

loi; elle visait à maintenir l'union et la paix dans le sein de la cité; m i- Ho ne voulait pas de tyrans, quel que fût le nom ou le niasijue dont ils voulussent s'affubler. Ou pouvait lui imposer silence, mais on ne pouvait pas la réfuter; il était lâcilede la calomnier, mais impossible d'alléguer des preuves qui pussent motiver sa dissolution. Elle était trop puissante ; elle avait la confiance des riches, du commerce, des honnêtes gens de toutes les conditions. C'était trop aux yeux des misérables qui voulaient {oui Iwuleverser, qui u'a\aii'ii( ricu à perdre, mais louL à £j:aiiner dans la destruction de l'ordre social. Toutes les langues, toutes les passions, fuient donc ameutées contre les jeunes gens de Bordeaux. La municipalité, les corps constitués, tout le monde, bons et mauvais, les tms par amour pour la paix , les autres mus par des motifs vils et coupables, tous demandaient que la sodété se séparât de suito.

Indiiîiiés (le se voir calomniés, les jeunes pons envoient à la section Franklin des député pour s'expliquer sur leurs propres princii)es et conduite , et pour demander à ces seolicmnaiTes turbulents raison de leurs calomnies et de leur persécutioD, ou pour s'entendre même avec eux par une franche

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