CHAPITRE VIL
PersécutfQD du clergé. — Ripport de M, Baronnes, procureur de la commnne. — Le clergé placé sous la aattvegarde des lois et de la maQicipalité.— Champion de Cicè, arelievéque de Bordeaux. — St condniie. — Son discourt sur la ConslitnCioii. — Le langage du club National k son égard. ~ Il ne prêta pas le serment constitua tfoand, quoi qu'en disent quelques écrivains.^ Ses lettres k cet ^rd. — ' La coQ' duite de quelques ordres religieux. — Réclamation des religieux de la Merci.
Livre I. Longtemps avant la spoliation du clergé et la prestation du scniieiU civique, proscrit par ic décret du :i5 octobre 1790, les ecclésiastiques de Bordeaux eurent à essuyer bien des tracasseries et des insultes de la part des démocrates de toutes les classes : leurs richess(»s réelles ou supposées, la fai— hicsse des hoiumcs, que la rclit^Mon laisse désarmés devant le glaive des tyrans ou la malveillance des impies, et à qui la résistance est interdite , hors les cas qui intéressent la foi ; la patience, le j)ardon, la résignation, les nobles vertus que le sacerdoce exige ; la cupidité, qui, pour s'emparer des biens de rËgllsc, poussait les malveillants à décrier, à abattre les possesseurs pour s'approprier leurs dépouilles; tout cela exposait le cierge ù des vexations gratuites et incessiintes , malgré sa soumission aux lois qui ne blessaient ni sa foi ni sa doctrine. Au mois de juin , la municipalité fut obligée , sur le rapport de M. Baronnes, procureur de la conmiune, de le prendre I»mci;iiiiuUoa sous sa protoctiou, pour le mettre à couvert des injures et des les Main' t t ^^^^ Taccablait. Dans ce réquisitoire, M. Barennes,
Jurais, après des lieux conununs sur le desjx)tismc, sur la bonté du
du 2 juin 1700. ^ i . * i , i
roi, sur les opérations liuaucieres, sur les assignats, parle,
avec des accents d*admiration et de respect, du clergé et de son union avec les autres citoyens du royaume : « Hâtez-vous,
» Messieurs, dit-il, de prfx laiaer cette réunion des esprits et » des cœurs, si honorable pour nos concitoyens et pour la » religion; il faut que toute la France apprenne que les Bor- » délais n'ont qu'une ()[)ini(m, qu un seulinient ; tpie tous nos » cœurs brûlent également du feu sacré du patriotisme.
» Que nos vertueux ecclésiastiques de tous les ordres soient » donc tranviitillo, ({u ils jouissent de toutes les doueeurs de » la paix qui règne parmi nous; qu'ils soient bien convaincus • qu'ils ont autant d'amis et de frères qu'il y a de citoyens. i>
Le procureur rejeta sur des étrangers les outrages dont les prêtres avaient eu à se plaindre, et requit qu'ils fussent mis sons la sauvegarde des lois et de la municipalUé, et qu'il fût fait if^ibiiicns et défenses de les molester en injures et en e.iri's. Ces lignes montrent assez l'étendue du mal et la profondeur de la plaie que les innovations politiques et religieuses avaient faites à la société, et que nos édiles impuissants se chargeaient de guérir avec des réquisitoires.
Le clergé, cependant, s était soumis jusqu'ici à la forée des choses; il imitait le sage exemple de son archevêque, M'*^ Champion de Cicé, qui, quoique garde-desHSceaux , était impuis- Siiut à arrêter le torrent, et n'avait qu'à gémir sur le sort du eiorp:o f»t de i Eglise, et à se résigner. Sa jiopularité, que M. Thiers reconnaît, ne fut pas de longue durée : le peuple porta ses affections et ses hommages à d'autres idoles, et Tarohev(>que quitta un poste où il lui était inq>ossiblc de faire le bien. 11 se montra toujours conciliant, toujours disposé à accueillir tout projet de constitution qui pùt rallier tous les Français autour de leur roi et alli rniir son trône ; il vit la France placée sur une pcutequi conduisait d uu cùlo à la république, et de l'autre à un schisme. Ne pouvant arrêter le cours des idées et des choses, il se rapprocha sagement du |)ani du mouvement, non pas |)our oi>struer la route où il devait passer, mais pour s'emparer, s'il était possible, de la direction générale des esprits dans Fintérôt du trône et de